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Tableau chronologique des capitouls

des meilleurs représentants de la société cultivée de son temps, en passant par l'abbé de Sapte et le président d'Orbessan (1709-1798), qui contribuèrent à la fondation de l'Académie des Sciences.

Dans quelle mesure cette société est-elle pénétrée par les Les idées

idées philosophiques qui ont si profondément modelé l'esprit philosophiques, français au xviii® siècle? C'est ce qu'on ne saurait préciser avec certitude. Aucune œuvre symptomatique n'est sortie des presses des imprimeurs toulousains. Aucun Toulousain n'a joué sa partie dans le chœur des ennemis de l'Eglise ou du despotisme. Mais un indice précieux nous est fourni par le palmarès des Jeux Floraux; la nature des sujets mis au concours, les œuvres couronnées ou analysées, pour médiocres qu'elles soient, nous montrent un catalogue assez complet des idées courantes, surtout dans la seconde partie du xviii® siècle. A côté des hommes à la nature, des effusions de la sensibilité, si communes à cette époque, nous y trouvons la glorification de la raison, du rôle politique et social de l'homme de lettres, l'éloge des grands « philosophes », des remueurs d'idées, Montesquieu, Voltaire, Ra^mal, Bufïon, surtout Jean-Jacques, dont le panégyrique est mis au concours en 1771; nous 3^ trouvons l'éloge des souverains ou des ministres philosophes, des précurseurs : l'Hôpital, Gui du Faur de Pibrac, vSully, Fénelon, Colbert, Frédéric II et Pierre le Grand. On y peut voir entrer dans le langage usuel les mots de citoyen, de liberté, d'égalité, qui seront la base du vocabulaire révolutionnaire; et on y retrouve l'écho des enthousiasmes suscités par la révolte des « insurgents » américains, ly'esprit philosophique, s'il n'a inspiré aucune œuvre intéressante, imprègne, sans aucun doute, nos classes dirigeantes et la moyenne bourgoisie. On l'étalé dans les salons par mode, par dilettantisme, non moins que par conviction. Nous savons que M^^e ^q Maniban, que M. de Sauveterre, frère de M^^^ de Rességuier, étaient des admirateurs enthousiastes de Rousseau. En 1780, un conseiller, Blanquet de Rouiàlle, fait parvenir à l'intendant un mémoire de réformes. Cet esprit trouve pourtant dans les oligarchies qui dominent à Toulouse de fortes régions de résistance, qui se révéleront aux premières rafales de la tempête révolutionnaire.

I/'art et les amateurs.

L'Académie

les Beaux-Arts.

Rivalz.

De Mondran.

lyC goût pour l'art ne reste pas moins vif à Toulouse que celui des lettres et des sciences. I^es amateurs d'art qui possèdent des « cabinets » ou collections sont nombreux dans la noblesse et le monde parlementaire. Tels sont : Martin de Saint-Amans, dont les médailles et monnaies forment le fonds du musée Saint-Raymond; le marquis de Gardouch-Belesta, qui loge dans son hôtel de la rue Bouquières une magnifique collection de tableaux et de médailles; le conseiller de Carbon, dont le médaillier passe pour avoir une grande valeur comme celui de l'abbé Bertrand, qu'acheta, plus tard, Louis de Hollande; le marquis de Fourquevaux, qui possédait une collection considérable; le marquis d'Orbessan; Jean-François de Montégut, dont le cabinet comptait parmi les plus riches de Toulouse; Marcassus de Puymaurin; le sénéchal Chalvet; l'abbé Audibert; l'abbé Magi; le trop célèbre Jean Dubarry, dont l'hôtel de la place Saint-Sernin contenait de belles peintures et des œuvres de maîtres, qu'il gardait jalousement pour lui; deux peintres, Joseph Malliot, le chevalier Rivalz, et le sculpteur François L-ucas. I^e conseiller au Parlement de Foulquier de I^abastide pratiquait lui-même la gravure. Quelques-uns de ces amateurs se réunissaient chez le libraire Manavit, rue Saint- Rome (M. Nous savons que les grandes familles possédaient de beaux tableaux des écoles française, surtout italienne, flamande ou hollandaise. I^e commerce des marchands de tableaux paraît avoir été actif dans notre ville.

La mort de Dupuy du Grez (1720) laissa à l'abandon l'enseignement des beaux-arts; la municipalité ne s'était pas résolue à subventionner l'école, à cause de l'étude du nu vivant, « outrageant pour la morale ». En 1726, Antoine Rivalz, fixé à Toulouse depuis 1707 et peintre de l'Hôtel de ville, réunit ses élèves dans son atelier et rouvre l'école; celle-ci devient municipale en 1727, avec 400 livres de subvention; les préjugés capitulaires avaient désarmé, fort heureusement. Après la mort de Rivalz (1735), son élève

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