‹ Histoire de ToulouseChapitre 2 sur 317 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ecrire est une audace; écrire une histoire de Toulouse est une témérité.

La Ville, seule, évoque trop d' extraordinaires richesses, en laissant même de côté le pays dont elle fut longtemps la capitale politique. Pour rechercher son passé, les études de détail abondent, surtout dans les collections de ses Sociétés savantes, si 7iomhreuses, si vivantes, si peuplées de talents et de sagaces éruditions. C'est dans les comptes rendus, ou les mémoires, qu'on trouve les précieux matériaux de leur enquête sur les fastes de la cité. Et les archives diverses, publiques ou privées, éclairent de lumières nouvelles des précisions souvent simplifiées ou souvent embellies par les annalistes.

C£rtes, il a paru bien des monographies ; pourtant, il semble qu'une autre tentative n'était pas sans utilité. Quelques-unes, en effet, ont vieilli ; beaucoup sont tendancieuses, dans le meilleur sens du mot, car elles exaltent le passé aux dépens du présent ou inversement. En général, elles sont pénétrées de ces sentiments très légitimes, et même très touchants, que donnent le sens des origines et un peu d'orgueil local, comme de lointains héritages de l'antiquité romaine passés dans le souvenir, souvenir affaibli, des franchises du moyen âge. Ces sources ont inspiré aux anciens narrateurs bien des légendes, que quelques modernes n abandonnent pas sans regret. Et, cependant, on doit se défendre de l'hyperbole. Même, comme Toulouse est en France la ville d'art la plus remarquable avec Rouen, on a parfois sacrifié l'histoire aux monuments. Or, l'art est dans l'histoire et c'est par elle qu'il se comprend.

Nous avons donc pensé qu'il y avait place encore pour un livre mettant au point V autrefois de la ville d'après les recherches les plus récentes, pour un livre impartial, aussi complet que possible, mais avec des dimensions modestes, libérant des études minutieuses et savantes, renvoyant cependant aux documents ou aux travaux des érudits, pour un livre capable de satisfaire les lecteurs curieux de preuves et de détails, ennemi de la sécheresse et recherchant la vérité ; enfin, pour un livre s' adressant à un public fervent, mais averti. C'est une œuvre de piété écrite avec amour. Puisse-t-elle ne pas déplaire, puisse-t-elle intéresser et instruire les Toulousains, à qui je la dédie!

Henri RAMET.

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