SITE DE TOULOUSE. — PREMIERS IIARITAXTS
LES VOLRES TECTOSAGES.
TOULOUSE ROMAIIVE.
à la Méditerranée.
I. — La position de Toulouse ressemble à celle de Lyon, Position
d'Orléans, de Bâle et de bien d'autres villes fluviales. La ^^ Toulouse
, . . sur
ville s'est établie au point où la Garonne, changeant de la Voie Aquitaine
direction, fait un coude marqué. Le fleuve, qui se dirigeait de l'Océan vers la Méditerranée, tourne vers le nord-ouest, pour emprunter, jusqu'à l'océan Atlantique, la grande vallée aquitaine. Celle-ci, trait fondamental du relief du vSud-Ouest français, se prolonge à l'est de Toulouse, entre les derniers contreforts des P^^rénées et du Massif Central, par le sillon du Lauraguais et du Razès, parcouru par l'Hers mort, le Fresquel et l'Aude. Elle ouvre, par la dépression de Naurouze (191 m.), une voie naturelle entre l'Océan et la Méditerranée, distants, en suivant cette direction, de 400 à 450 kilomètres.
Lorsque la Garonne pénètre dans la vallée aquitaine, sa pente s'adoucit; le fleuve abandonne l'allure torrentielle qui, dans la région subpyrénéenne, le rendait impropre à la navigation; les bateaux peuvent alors le parcourir. Là se soudent la route de terre vers Narbonne, la route d'eau vers Agen et Bordeaux. La nature avait désigné ce point pour un établissement humain; tel L3"on, l'ancien Condate, au point où le Rhône, se coudant à angle droit, reçoit la Saône et emprunte le couloir qui mène de la Méditerranée au Rhin, à la Seine, à la Meuse et à l'Escaut; tel
Centre d'une plaine d'alluvions.
Orléans, au point où la Loire, renonçant à s'unir à la Seine, s'en approche pourtant à une centaine de kilomètres, avant de s'infléchir vers l'ouest armoricain (^).
La région où la Garonne fait sa courbe vers le nord-ouest est formée d'une plaine qu'ont comblée les alluvions déposées par le fleuve et ses affluents, au sortir des pa^^s pyrénéens (2). Ces terres de transport, accumulées à la période tertiaire et à l'époque diluviale, sont tellement abondantes et épaisses que, si profondément que l'on creuse, elles constituent le sol et le sous-sol de la plaine sur une largeur de 50 kilomètres et une longueur supérieure. « Terre forts » {^) moUassiques du Volvestre et du Pédagués, larges croupes argileuses du Lauraguais poétisées par le génie de Jean-Paul Laurens, mamelons boisés et séparant Toulouse de Saint-Sulpice-la- Pointe, graviers de la rive gauche, grès tendres et marnes grises de la rive droite toulousaine, tous ces terrains, dans leur variété, sont l'œuvre du fleuve aux temps lointains où il avait la largeur et la pmssance de l'Amazone ou du Congo actuels. La Garonne a reculé son lit vers l'est, rongeant
1. Strabon, daus sa Géographie qui date de près de deux mille ans, décrit la situation de Tolossa dans la partie la plus étroite de Visthme compris entre VOcéan et la mer de Narbonne, ainsi que l'élément de prospérité de notre région grâce à la ligne de trafic à travers cet istlime subpj-rénéen, par l'Aude et la Garonne, avec colportage terrestre jusqu'à Tolossa. Et il énonce cette géniale prédiction à propos de l'admirable contrée qui devait devenir la France : « Il semble qu'une providence tutélaire éleva ces chaînes de montagne, rapprocha ces mers, traça et dirigea le coiurs de tant de fleuves pour faire un jour de la Gaule le pays le plus florissant du globe. »
2. l,a Garonne naît de la réunion de divers torrents de la vallée d'Aran; elle atteint, dans la région toulousaine, plus de loo mètres de largeur. L,es fortes crues sont moins le résultat de la fonte des neiges, donnant seulement une élévation de I mètre à i m. 50 au-dessus de l'étiage, que la conséquence de pluies abondantes tombant à peu près simultanément sur ime grande étendue. CeUe du 23 juin 1875 est la plus importante des iaondaUons historiquement connues (1727, 1772, 1875). Après soixante heures de pluies consécutives dans les régions garonnaises et ariégeoises, après avoir reçu les flots grossis de l'Ariège, dont le confluent est à 9 kilomètres de Toulouse, la Garonne atteignit 9 m. 70; un millier de personnes disparurent, plus de douze cents maisons s'écroulèrent dans le faubourg Saint-CjT)rien, qui fut ruiné par cette catastrophe. I^es causes de cette crue exceptionnelle peuvent malheureusement se reproduire. De nombreux projets de lutte contre les inondations de la Garonne ont échoué sans cesse, mais l'espérance renaît des projets même renversés. Actuellement, l'Etat, le département, la commune envisagent la possibihté de paralyser les effets des grandes crues, notamment par la substitution d'un barrage mobile au barrage fixe du Bazacle, par l'élargissement ou l'approfondissement du lit mineur. I^a réalisation de ce projet entraînerait une dépense de 120 millions de francs environ.
3. Les terres arables de Gascogne et de l,anguedoc, tn sous-sol, sont connues sous le nom de « terre forts », dénomination qui vient sans doute de la ténacité de ces terres au labour très pénible.
sa rive haute (rive droite), abandonnant la rive basse (rive gauche).
Vers l'ouest, ses anciens rivages sont encore marqués par quatre terrasses étagées, creusées dans ses alluvions anciennes; la troisième et la quatrième portant une file de villages installés sur ces ressauts, à l'abri des inondations : Léguevin, Pibrac, Colomiers, Saint-Elix, Plaisance-du-Touch, Tournefeuille. La partie du lit récemment abandonnée forme, au contraire, une terre basse, constamment exposée aux colères des eaux (Saint-Cyprien). Au sud-est, les alluvions de l'Hers et du Girou, son affluent, se sont confondues avec celles de la Garonne; elles ont, en obstruant son embouchure, forcé l'Hers à changer de lit, et, passant derrière les hauteurs de Guilheméry, à se jeter dans la Garonne vingt kilomètres plus loin. L'ancien confluent, aujourd'hui v'^aint-Agne et faubourg vSaint-]\Iichel, resta longtemps une plaine humide et marécageuse où s'épandait un ruisseau, le Sauzat, dans un pa^-sage palustre. Ainsi s'est formée la plaine de Toulouse, vaste et monotone, avec ses horizons immenses que cernent à peine, çà et là, de molles ondulations.
Toulouse est située à 9 kilomètres en aval du confluent Géologie,
de la Garonne et de l'Ariège, dans le bassin tertiaire de l'Aqui- i^^éatimie
taine, qui forme entre le massif de la Grésigne et la Montagne Noire, le golfe du Castrais et de l'Albigeois.
Les affleurements s'y succèdent depuis le Lutétien supérieur, représenté aux environs de Soupex (canton de Castelnaudars^), jusqu'aux mollasses burdigaliennes, qui apparaissent entre Thil (canton de Grenade-sur-Garonne) et Pujaudran (canton de L'Isle- Jourdain [Gers]).
Le faciès moUassique, prédominant dès la base, s'y maintient sans interruption depuis le Bathonien jusqu'au Miocène inférieur inclusivement.
Toulouse est en grande partie construite sur des alluvions quaternaires, partiellement recouvertes par des alluvions récentes, exploitées pour le ballast et les empierrements de chaussées. Ces alluvions quaternaires ont fourni des restes de vertébrés : Elephas primigenius à Pinsaguel et dans la partie élevée du sous-sol de la ville de Toulouse. Récemment, un crâne de Rhinocéros sans corne [Aceratherium) a été décou-
vert dans les marnes exploitées par la briqueterie de Ginestous.
Cette terrasse alluviale, située douze à quinze mètres audessus de l'étiage du fleuve, appartient au Pléistocène récent, marquant la fin des temps paléolithiques. Ses constituants sont surtout des galets quartzeux, plus rarement granitiques, enrobés de sables à micas blancs. Sur la rive droite, son épaisseur est de 2 à 5 mètres en général.
Entre l'amont de la chaussée de la Cavaletade et l'aval de la chaussée du Bazacle, sur une longueur de 5.800 mètres environ, la Garonne traverse Toulouse en effectuant une chute de 9 mètres. Ce régime torrentiel du fleuve est utilisé, à l'amont de la ville, dans l'usine hydro-électrique du Ramier et au moulin du Château Narbonnais, appartenant à la ville, et, à l'aval, au Bazacle.
lyC sol historique de l'ancienne ville romaine, dont le point culminant est au voisinage de la place Rouaix, résulte, comme dans toutes les vieilles cités, de l'accumulation des remblais provenant de l'édification et de la destruction des immeubles qui s'y sont succédé. Son épaisseur atteint 3 et 4 mètres.
lycs alluvions toulousaines sont supportées par des mollasses de consistance variable, formées par des alternances de marnes, de lots argilo-calcaires et surtout de sables et d'argiles diversement colorés en gris, jaune, rose, brun, vert... Les mollasses oligocènes du pays toulousain contiennent des gisements fossilifères : Pechbonnieu [Amphicyon leptorynchus [d'après Lartet], Aceratherium, Cainotherium Nouleti,' Dremotherium, Amphitragulus, Crocodiles, Tortues); Pech-David et Pouvourville {Dremotherium, Crocodiles, Tortues).
Des sondages ont révélé que leur épaisseur est supérieure à 270 mètres, Noulet l'estime en moyenne à 500 mètres. Leur face supérieure arrête les eaux pluviales et atmosphériques qui pénètrent dans les alluvions superficielles à travers lesquelles elles vont rejoindre les affiuents de la Garonne et la Garonne elle-même.
La nappe phréatique, sous la ville, s'établit par suite à la limite inférieure de l'alluvion graveleuse, c'est-à-dire à son contact avec la mollasse plus ou moins imperméable.
Les courants souterrains et les nappes qui en résultent . existent à des profondeurs variables dans une grande partie du sous-sol de la ville, et notamment dans le quartier Saint- Etienne. La construction du monument aux morts de la Grande Guerre, les travaux récents d'agrandissement et de restaiyration de la Cathédrale en ont confirmé une fois de plus l'existence. En effet, les anciens travaux d'édilité : aqueducs, égouts, etc., ainsi que les fossés des anciennes fortifications, aujourd'hui comblés, ont modifié l'écoulement naturel des eaux d'infiltration, favorisé leur pénétration dans la nappe phréatique et créé de petits ruisseaux souterrains, notamment rue Bida, rue Ozenne, au Capitole, au voisinage des anciens remparts, à la Cathédrale Saint-Etienne, où on a trouvé, au cours des travaux dont il vient d'être parlé, à 3 m. 64 du niveau du sol ancien, la terre glaise, et, à 4 m. 15, l'eau, dont la poussée était d'environ 16.000 litres par heure (^).
La plaine de Toulouse devait attirer les hommes par la Fertilité, variété,
fertilité des sols et la variété des terroirs propres aux cultures avaii âges
, du climat,
et aux bois. Elle les retenait par la séduction d'un climat
tonique l'hiver, sans froid excessif, chaud l'été sans être
intolérable, lumineux et joyeux, suffisamment humide, balayé
des souffles violents et sains de l'autan et du cers, climat
qui équilibre chez l'homme le goût du travail et la joie de
vivre sous le ciel bleu, au milieu d'une nature généreuse {^) .
1. Le débit de la nappe souterraine est une inconnue très variable sur laquelle on possède peu de renseignements. Aux travaux de la Cathédrale, vui captage effectué en 1919 a pennis d'établir que l'eau était étale à i m. lo de hauteur, par rapport au fond de la cuve, et que les plus fortes hausses se sont produites en juin 1919, en décembre 1931, en mars 1932 ; à ces dates, la hauteur de la nappe avaitatteint i m. 80. Mais ces indications portent seulement sur lui point du sous-sol. (Données fournies par M. Barthe, entrepreneur des travaux de la Catliédrale.)
2. Climatologie. Météorologie. Vents. — Notre région climatique, dont la latitude est pourtant celle de la Provence, appartient à la zone atlantique. La température moyenne de la plaine est de 4° en janvier, à l'époque froide, et de 22° pour les mois chauds : juillet et août. L'hiver est long et usurpe souvent sur le printemps. Les jours de forte gelée ne sont jamais nombreux. La neige tombe rarement et, habituellement, ne séjourne pas. Ce qui apparaît comme caractéristique de notre région, dit Lamic, c'est à la fois la douceur des hivers, la modération des étés, jointes à une grande humidité atmosphérique. L'automne est la saison la plus constamment belle.
Deux vents fondamentaux se livrent dans la plaine à des luttes fréquentes : l'autan noir et l'autan blanc; ils sont tièdes, humides, soufflent tantôt à travers les rivages bas et les landes s'étendant de Bayonne à La Rochelle, tantôt par les dépressions du seuil de Naurouze. L'un, du sud ou du sud-est, violent, chaud, sec, énervant, agit puissamment sur le climat et les saisons; en hiver, il amène ime température plus douce; en revanche, en été, il accable et influe sur la santé
Les premiers
habitants :
Ligures et Ibères ;
les âges
paléolithique
et néolithique.
Elle les fixait, enfin, auprès de la route d'eau à laquelle aboutissaient des voies de terre convergentes, venant de l'Albigeois par Saint-Sulpice, du Comminges par Muret, des pays de l'Ariège par Pamiers, de la Gascogne même et du Quercy par Montauban. Le site de Toulouse portait en lui-même la promesse d'un centre régional, le plus important peut-être du Sud-Ouest.
II. — Les hommes paraissent s'y être rassemblés de très bonne heure. De vagues traditions rapportent que le peuplement y était en voie de transformation continuelle, les premiers occupants n'ayant que des antres pour demeures et abandonnant le sol soit spontanément, soit chassés par de nouveaux ventis.
Lei) .u.v col lierai de Fenouil Ul
Découverts sur le territoire de Fenouillet lors du creusement du canal latéral.
Ils y furent contemporains des animaux diluviaux : rhinocéros, hyènes brunes, grands ours, mammouths, grands chats des cavernes (genre de lion), bisons, crocodiles, tortues, dont on a retrouvé les vestiges dans les cailloutis de la rive gauche ; des végétations luxuriantes, fougères géantes et palmiers puissants qui faisaient de nos régions, en ces temps reculés,
des habitants; lorsque la végétation se développe, son impétuosité détermine parfois des effets désastreux, couchant les blés, égrenant les épis à leur maturité, brisant les pousses de vignes; on le voit persister de quinze à dix-huit jours, sa vitesse atteint 20 mètres à la seconde; par sa violence, il parvient même à arracher des arbres. 1,'autre, soulïlant à peu près du nord-ouest, chargé de vapeurs d'eau, succède fréquemment au précédent; s'il parvient à régner et à vaincre son adversaire, il ne tarde pas à se résoudre en pluie, attribuée à ce dernier, qiu potutant ne l'apporte que rarement. Le vent du nord-est, habituellement modéré, est le vent du beau temps, les latins l'appelaient : divus circus, d'où le nom de Cers qui lui est resté dans le bas Languedoc.
d'exubérantes sylves tropicales. Ils y vécurent, sans doute, aux périodes glaciaires, comme le mammouth découvert à Pinsaguel, à I^alande, à Toulouse même, et y chassèrent l'auroch et le renne. De l'époque paléolithique ou de la pierre taillée, nous avons conservé des quartzites taillées, trouvées sur les coteaux qui avoisinent Toulouse, particulièrement sur ceux qui bordent la basse Ariège (^). Avec l'âge néolithique ou de la pierre polie, le renne disparaît et est remplacé par une sorte de grand cerf; cette époque nous a laissé des vases, à petits pieds mamelonnés, du gisement de Luchon-Saint- Mamet, et de nombreuses haches en pierre polie, que le sol de la banlieue toulousaine a livrées un peu partout {^). Que ces trouvailles soient moins nombreuses et moins intéressantes que celles qu'on a faites dans les grottes de l'Ariège, du Lot et de la Dordogne, c'est un fait incontestable. Mais il faut songer que, dans nos riches plaines, plusieurs civilisations successives se sont superposées et que bien des vestiges des plus anciennes ont pu naturellement disparaître. Peut-être est-ce ainsi qu'il faut expliquer la rareté des témoins de l'âge du bronze. Et, pourtant, on suppose généralement que le pays toulousain fut occupé, aux temps préhistoriques, par les Ligures, probablement mêlés aux Ibères, dont la civilisation est celle du bronze. Une seule chose est certaine, c'est que la région de Toulouse fut habitée, aux âges les plus anciens, par une population vraisemblablement clairsemée, puisque aucun gros gisement des âges antérieurs au fer n'a été découvert. De cette population, on ignore la race et l'origine; ce qu'on peut savoir de sa vie se réduit à si peu de chose qu'on peut presque dire que tout n'est qu'hypothèse plus ou moins ingénieuse (^).
1. Clermont-sur-Ariège (Haute-Garonne), fouilles 1851 (Noulet), 1880, 1882, 1909 (V. Bull. Soc. Arch. du Midi, 1910). Le Musée d'histoire naturelle de Toulouse a de nombreux spécimens de cet art paléolithique, recueillis dans les foj-ers de diverses stations humaines disséminées autour de notre ville.
2. Notamment les coteaux de Saint-Agne (1916). Avec la néolithique (la nouvelle pierre), on peut noter le véritable point de départ de notre propre civilisation. Les découvertes qui sont sa base essentielle sont faites. Avec la haclie de pierre, l'homme cultive le sol. Il moissonne le blé. Il a le chien, le bœuf, le mouton, le porc. Son lendemain est assuré.
3. Déchelette et d'autres archéologues admettent que, dès l'âge du bronze, le Sud-Ouest de la Gaule était déjà habité par les Ibères, originaires d'Espagne, qui avaient rejeté les Ligures vers le sud-est (550 av. J.-C).
Age du fer.
Agglomération
de Pech-David.
Oppidum
de
Vieille-Toulouse.
Avec l'âge du fer et les découvertes archéologiques récentes (^) s'établissent un certain nombre de faits intéressants. Du VI® siècle au ii® siècle avant Jésus-Christ, antérieurement à l'occupation romaine, il existe à Toulouse deux agglomérations considérables : l'une sur les hauteurs de Pech-David, l'autre le long de la rivière, du faubourg Saint- Roch jusqu'au Bazacle. Dans toute la région voisine de Toulouse, d'autres agglomérations apparaissent, de civilisation semblable et, par suite, contemporaines. Sur le premier peuplement. Ligures et Ibères, de nouveaux éléments apparaissent : ce sont les Celtes, dont il va être parlé.
Le centre humain de Pech-David s'est constitué sur un plateau d'une altitude de 350 mètres en moyenne, dominant d'une centaine de mètres la vallée de la Garonne, près de son confluent avec l'Ariège. Ce plateau tombe à pic sur le fleuve, en pente douce du côté de l'Hers. Une échancrure et des ravins le divisent en buttes et en éperons, ceux de Vieille- Toulouse, de Pechbusque et de Cucurelle, j^rès des villages de Vieille-Toulouse, de Pechbusque et de Pouvourville. Le site, propre à la défense, attirait les hommes qui y trouvaient, de j)lus, l'eau et le bois en abondance.
De nombreuses trouvailles de monnaies, de poteries, de bijoux, de pierres gravées, faites depuis le xvi® siècle, avaient attiré l'attention sur ces hauteurs que le nom de Vieille-Toulouse, conservé par le village, paraissait désigner pour avoir été l'emplacement primitif de la cité. Les fouilles faites en 1901-1902 ont permis de classer en trois catégories les t^^pes de civilisation rencontrés. Le plus ancien, qui correspond à la période dite de Hallstadt {^) (vi® et v® siècles), est représenté, près de Pouvourville (^), par des poteries grises très grossières, des os d'animaux, débris de repas et des aires de terre battue constituant le sol des habitations. Non loin de là, apparaît une nécropole, avec de petits puits individuels renfermant l'urne d'incinération, dont certains appartiendraient même, selon M. Joulin, à la période plus ancienne du bronze; le mobilier est composé d'une grande coupe
1. Celles de Joulin, au quartier Saint-Roch (1897) et à Pech-David (1901-1902).
2. Ville d'Autriche, principal gisement du premier âge de fer.