A cause des troubles de Montauban
2. V. la description détaillée dans Connac et dans Braud, p. 275.
Toutes les troupes, y compris la ligne et la maréchaussée, se rangèrent; il y avait là, dit l'avocat Fauré, trente mille gardes nationaux. Au milieu du « champ de mars » se dressait un autel. L'abbé Barthe, aumônier de la garde nationale de Toulouse, y officia et prêcha patriotiquement. Tous les officiers et soldats prêtèrent le serment, en commençant par Douziech, acclamé commandant général des gardes du département. Les drapeaux furent distribués aux Bordelais et aux légions assemblées; ils avaient été confectionnés sur im dessin fourni par l'Académie des Arts (^). Le soir, il y eut un banquet de huit cents couverts aux Augustins. Le lendemain, nouvelle réunion autour de l'autel de la patrie, exécution d'un hymne en seize strophes (paroles de Romiguières), discours vibrant de Mailhe, Te Deum, banquets, jeux, danses et courses. Les réjouissances durèrent jusqu'au 9 juillet, date du départ des Bordelais par bateau sur la Garonne. On renouvela le serment fédératif le 14 juillet. Ce fut une orgie de joie fraternelle ; « On faisait danser, de gré ou de force, les femmes, les prêtres, les moines et autres ecclésiastiques qu'on trouvait dans les rues i^). » Certaines grandes dames, ajoute l'avocat Faure, se mettaient de la partie et embrassaient patriotiquement les citoyens. Le soir, beaucoup avaient bu avec excès. L'excellent homme, qui est fort rétrograde, déclare qu'il n'a pas bougé durant ces fêtes, même pour faire « sa petite partie » de chaque jour. « Les bonnes maisons de la ville restèrent fermées ce jour-là. »
Le décret du 8 juin avait ordonné le rassemblement, Toulouse
à Paris, de vingt mille citoyens gardes nationaux, u pour ^* ^^ Fédération y renouveler, avec leurs frères d'armes de Paris, le serment immortel d'aimer la liberté, la Constitution et de s'immoler pour la conservation de ces objets chers et sacrés » (^). Sans
1. Il y avait deux modèles. I,e drapeau cffert aux Bordelais était tui carré blanc encadré de deux bordures horizontales bleues et verticales rouges; une figure de guerrier au milieu, brûlant l'encens sur l'autel de la Concorde et tenant dans les bras les drapeaux des confédérés.