‹ Histoire de ToulouseChapitre 215 sur 317 · I. D'Aldéguicr, vol. IV, p · texte numérisé non relu

I. D'Aldéguicr, vol. IV, p

CAPITOLE. - Salle du Conseil Municipal RoucoLE - Entrée de Louu XI à TouLoude (146^)

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dignités. Ayant frappé la bourse, les Constituants blessent les vanités, particulièrement susceptibles dans une ville où vingt-neuf nobles sur trente tenaient leur noblesse et leur blason de l'exercice ancien ou récent du capitoulat. Ajoutons l'égalité civile des protestants et des catholiques, qui pouvait réveiller les haines religieuses ('),la réforme administrative et judiciaire qui jetait sur le pavé nombre d'employés des gabelleset du capitoulat, nombre de juges seigneuriaux et ecclésiastiques; enfin, la stagnation des affaires due à l'incertitude du lendemain, les difficultés venant des subsistances. Trop de gens profitaient de l'ancien régime. Les résistances commencèrent quand la Révolution, au nom de l'intérêt général, s'attaqua aux intérêts particuliers.

La correspondance de l'avocat Louis- Joseph Fauré, publiée par M. Pasquier(2), montre bien l'état d'esprit de cette vieille bourgeoisie d'hommes de loi vivant du clergé A de l'aristocratie, catholique pratiquante, qui voit se dérouler ces grands événements, avec curiosité d'abord, puis avec défiance, puis avec épouvante, persuadée qu'à l'Assemblée les « enragés » sont d'accord pour détruire toutes les vieilles institutions. « Les députés, écrit-il le 13 mai 1790, outrepassent leur mandat ; ils en mésusent. On murmure de toutes parts. » Fauré croit que les pillages des châteaux sont autorisés par ces enragés et effectués par les gardes nationaux. En mars 1791, il écrira que les « honnêtes gens » sont, à Toulouse, les jouets de « la canaille », soutenue par les autorités. Il espère, il attend périodiquement une contre-révolution. Cette illusion, qu'il partage avec tant d'autres, il la conserve jusqu'à la fin de 1791, où s'arrête sa correspondance. Et, s'il n'a pas émigré, comme tant d'autres, c'est que ce sexagénaire paisible, au demeurant bon vivant, n'étant en aucune façon un militant, a pu sans doute passer inaperçu. Mais il représente la moyenne des opinions d'une bonne partie de la population toulousaine et de la presque totalité de sa députation. Un seul des mandjitaires de Toulouse à la Constituante, Roussilhou, adopta les principes de la Révo-

Le Journal

d'un bovirgeois

1. Exemple : à Montauban (mai 1790), les protestants sont patriotes, les catholiques aristocrates.

2. Toulouse, 1917. Notes et réflexions d'un bourgeois de Toulouse au début de la Révolution.

Premières

résistances

aristocratiques.

En 1790.

lution. Il fit partie du club des Jacobins de Paris, mais il se spécialisa dans les affaires commerciales et coloniales. Monssinat donna sa démission le 3 avril 1789 (^). Viguier, au reste assez âgé; de Lartigue, presque septuagénaire, ne jouèrent aucun rôle, non plus que d'Escouloubre, que sa nullité sauvera plus tard des proscriptions. Le marquis de Panât émigré en Angleterre. Fontanges et Chabanettes suivirent le parti des adversaires des réformes religieuses.

Dès septembre 1789, l'archevêque de Fontanges publie un mandement où il attaquait les principes mêmes de la Révolution. Le censeur royal, de Villeneuve, arrête tous les écrits à la louange de Necker, le ministre populaire. Après les journées des 5 et 6 octobre, le Parlement condamne au feu une brochure intitulée La France libre {^), où on lisait ceci : « Puisque la bête (le roi) est dans le piège, qu'on l'assomme. » Le 16 octobre, la noblesse de la sénéchaussée s'assemble P), proteste contre l'attentat de Versailles, contre la division départementale projetée, réclame le maintien de la province de Languedoc, tout en acceptant l'égalité fiscale et l'abolition du régime seigneurial. Le clergé et quelques bourgeois adhèrent à cette déclaration. Le 26 novembre, à la réunion du Conseil de ville renforcé, le capitoul Duroux, tout en couvrant d'éloges l'Assemblée nationale, exprimait la crainte que la « régénération » ne fût une « perspective fort éloignée » et qu'elle n'attirât sur Toulouse bien « des malheurs ».

Les résistances vont se préciser en 1790, année où s'accomplissent les grandes réformes civiles et religieuses et où s'organise, sous l'inspiration du comte d'Artois, émigré en Savoie, une tentative de contre-révolution. C'est la réunion, au camp de Jalès (Vivarais), des gardes nationales royalistes du haut Languedoc et de la vallée du Rhône; ce sont, en mai, les troubles de Montauban, suscités par les catholiques (10 mai), où furent blessés cinquante-cinq et tués cinq gardes nationaux patriotes. Toulouse recueillit les protestants fugitifs et collabora, avec un corps de ses gardes, au

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