Archives départementales, L, liasse
4. Cf. Lucien Misermont, Le Serment à la Constitution civile du clergé, pp. 66 et 80. IVIisermont, qui écrit d'après les archives vaticanes, orthographie Charitas.
tions de nullité et surtout jetaient l'anathème sur la Révolution en proclamant que «toute puissance vient de Dieu». Dans sa protestation contre l' élection épiscopale, Fontange avait posé le conflit dans ses termes les plus clairs : « Celui que vous nommerez pour me remplacer, sans mission comme sans autorité, ne sera, aux yeux de l'Eglise, qu'un usurpateur et un intrus. I^es pouvoirs qu'il tentera de communiquer, les institutions qu'il osera donner seront frappés de nullité. Nul prêtre approuvé par lui n'aura de mission légitime, puisque lui-même n'aura ni pouvoir ni mission. Dès lors, tous les sacrements administrés par ce faux pasteur seront nuls et illicites. » Le 20 mai, l'ex-archevêque envo3^ait à ses fidèles une lettre pastorale, répandue dans tout ce département, où il développait l'anathème pontifical, tout en s'efforçant de ramener à lui les brebis égarées. Sermet répliqua par un mandement (15 juin) intitulé : Dans la communion du siège apostolique, où il tâchait de montrer que les assermentés restaient fidèles à l'Eglise romaine. A ce mandement répondit un factum : Réflexions d'un catholique romain. Les curés prirent part à la polémique. Drulhe, curé du Taur ; Lacoste, curé de Plaisance; Dardenne, curé d'Auriac, firent paraître des justifications de leur conduite qui provoquèrent des répliques violentes. Et, sur ces entrefaites, les pouvoirs publics a5'ant décidé de vider les couvents, les religieuses et religieux déclarèrent qu'ils ne les quitteraient que par la force (mai 1791).
Violence Dès lors, entre les catholiques « de la communion de
du conflit. M. de Fontange » et les catholiques qui ont suivi Sermet et les curés jureurs, le conflit devient de plus en plus violent. D'Aldéguier reconnaît que les constitutionnels ont sur leurs adversaires l'avantage de la modération. Les termes mêmes qu'emploie l'avocat Fauré pour les qualifier semble lui donner raison : « Les prêtres qui ont fait le serment, écrit-il le 7 avril 1791, seront l'exécration des honnêtes gens (^). » Sermet est l'objet des attaques les plus passionnées; contre lui sont publiés des pamphlets comme la Lettre du F. Félix, carme déchaussé {^), des chansons « plates et dégoûtantes » (^).