D'Aldégtiier, IV. p
Un jour de mai, comme il passait place Royale, dit Fauré (i), deux dames, causant à leur fenêtre, crachent dans sa direction et deux autres femmes, accoudées à une autre fenêtre, se pâment de rire ; on les arrête ; on les soustrait, non sans peine, « à la populace ». Le Club réclame une justice exemplaire et nomme des commissaires pour assister au procès. Sermet fait face à l'orage avec sang-froid, souvent non sans esprit. Il s'efforce de conserver à la dignité épiscopale son ancienne pompe. Ses ennemis raillent son portier à épaulettes, sa chaise à porteurs, son écusson à ses armes, ses gants brodés d'or. Il présidera à la fête de Saint-Sernin, à la translation des reliques de saint Thomas d'Aquin, des Jacobins à la Basilique (novembre 1791). Il fondera un séminaire pour le recrutement de la nouvelle Eglise sous la direction de l'abbé Létu, dans l'ancien couvent Saint-Georges. Il présidera, malgré la famille, aux obsèques du ci-devant évêque de Mirepoix, Tristan de Cambon. Mais chacun de ses actes lui vaut une attaque injurieuse. Les constitutionnels n'ont pour eux que les patriotes; en général, le peuple ne les suit pas. Le curé Drulhe, dans sa lettre pastorale, le constate avec regret {^). On refuse d'eux les sacrements, même l'enregistrement des baptêmes, mariages et décès, ce qui conduira l'Assemblée à établir l'état civil. En mai et juin 1791, excédée des violences des réfractaires et de leurs partisans, elle les exclut de toute fonction publique (21 mai), les prive de leurs traitements ou pensions (19-20 juin). Le 17 mai s'est faite la dernière procession de la Délivrance; prêtres et moines s'abstiennent d'y assister, et la procession ne fut qu'un cortège de légionnaires de la garde nationale. Le jour de la Fête-Dieu, la municipalité est dans l'obligation d'ordonner qu'on ouvre les églises des couvents, qu'on sonne les cloches et qu'il y ait un prêtre pour recevoir le Saint- Sacrement. En août, les autorités interdisent le port de l'habit monastique (2 août), expulsent les non-jureurs (18 août). Alors commence l'exode des religieux ou prêtres réfractaires, qui se réfugient d'abord dans les villages des