Journal d'un bourgeois, p. 59. I^ettres du 21 septembre
2. Arch. dép. I,. Rapport des autorités à l'Assemblée nationale (délibération du département). Il y avait environ cinq cents électeurs présents.
gnon, Gonyn, Projean et Cazes (^). A peu près tous avaient occupé des fonctions administratives, judiciaires ou militaires dans les deux premières années de la Révolution : Cailhassou comme président de l'Assemblée départementale; Mailhe comme procureur général syndic; Theule, Dorliac, Gonyn comme membres de la municipalité, du département ou des districts; Pérignon comme juge de paix de Montech; Projean comme commandant de la garde nationale de Carbonne; Cazes comme chef de celle de Saint-Béat; Delmas comme aide-major général de celle de Toulouse. Les plus remarquables furent Mailhe, Delmas et Pérignon. L'avocat Jean-Baptiste Mailhe, mainteneur des Jeux Floraux, en 1785, montrera à la Législative la même ardeur révolutionnaire que dans ses fonctions départementales; membre du Comité diplomatique, il fera un rapport en faveur des Suisses de Châteauvieux, appuiera la mise en accusation des ministres Delessart et Bertrand de Molleville, votera les décrets de juin et la formation d'un corps de douze cents tyrannicides. J.-F.-B. Delmas, né également à Toulouse, ancien officier de la milice, entrera au comité militaire, où il parlera avec compétence; il siège à gauche, avec les Jacobins. Quant à Dominique -Catherine, marquis de Pérignon, né à Grenade, officier d'infanterie démissionnaire et juge de paix, inscrit aux Jacobins de Toulouse, il abandonna son mandat législatif pour reprendre le métier des armes et commander une légion à l'armée des Pyrénées-Orientales, où il devait s'illustrer. Seul des douze, Cailhassou siégea parmi les Feuillants, Projean à gauche, les autres (Cazes, Veyrieu, Dorliac, Theule, Girard, Rouède, Gonyn) au centre.
Le progrès des idées révolutionnaires se manifeste dans le renouvellement de la municipalité, en novembre 1791. Si Rigaud est réélu maire de Toulouse, on remarque, parmi les officiers municipaux : Derrey et Ferrand, les futurs maires girondin et montagnard; Causse, Baras fils, le substitut du procureur-syndic Corail, républicains modérés en 1793, mais qui, en 1791, font figure de ce que l'avocat Fauré appelle
Renouvellement
des
autorités
municipales.
I. Orthographe des noms, d'après A. Kuscinski, qui les donne lui-même d'après le registre de la I,égislative {Les députés à l'Assemblée législative de 1791; listes... in-S" de 173 pages, publiées en 1900 par la Société de l'Histoire de la Révolution française).
« enragés ». Au reste, les responsabilités du mandat municipal, bien plus lourdes qu'aujourd'hui, rebutent les citoyens malgré leur bonne volonté : un grand nombre d'élus le refusent. Il ne reste, pour les fonctions publiques, que des hommes résolus, nommés par un corps électoral peu nombreux. Les aristocrates ou leurs partisans s'abstiennent par crainte ou par dégoût ; beaucoup sont émigrés ou sont partis ailleurs. Ainsi, Toulouse, de plus en plus menée par une minorité militante dont le noyau est formé par le Club des Amis de la Constitution, suit l'impulsion de Paris. La bourgeoisie moyenne, les artisans perdent le respect du roi et même le sentiment de la nécessité de la royauté; ils considèrent Louis XVI comme complice des émigrés, des prêtres réfractaires et de l'étranger, dont la déclaration de Pillnitz (27 août 1791) montre la collusion avec toutes les forces contre-révolutionnaires de l'intérieur. Une Adresse des Français à Louis XVI, signée de notables jacobins : Lignac, président ; Dupuy, Lafont et Rupé, secrétaires, et plus de quinze cents noms, montre bien l'état d'esprit de cette partie de la population, après les premiers refus de sanction du roi (15 décembre 1791). Ce libelle accuse celui-ci d'abandonner la conduite du navire qui lui a été confié par la nation : « Roi des Français, nous vous déclarons que notre intention bien déterminée est que vous mettiez à exécution le décret contre les Français transfuges. Nous demandons que les gouvernements qui nous environnent s'expliquent enfin sur leurs véritables desseins... Nous demandons que vos parents rebelles soient punis... Il est temps que le jour des grandes vengeances arrive... On parle de guerre?... Eh bien,^nous la demandons; mais ce sera une guerre à mort (^). »
Les Jacobins Même évolution au Club des Jacobins, jusque-là consti-
de 1792. tutionnel et royaliste. En décembre 1791, ils rayent le nom