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V. Dutil, Le Comité central des sections de Toulouse

accueilli avec déférence par les corps administratifs, puisqu'il émane du peuple lui-même. Il a son règlement, ses procès- verbaux ; il est admis avec sympathie aux séances privées et publiques des Amis de la Révolution (ou de la lyiberté et de l'Egalité). Comme le Club, il exerce une pression sur les autorités publiques et, comme lui, il a son Comité de dénonce (ou de surveillance) et délivre déjà des certificats de civisme. Sous l'influence de ces forces combinées, l'Administration accuse son activité révolutionnaire. En septembre, les Jacobins réclament la permanence de la guillotine et la mort pour les propagateurs de mauvaises nouvelles (i6 septembre). Dès le 5, les visites domiciliaires commencent; on recherche, chez les suspects, armes, munitions, charrois. lycs opérations ont lieu sans douceur, mais on n'a pas à déplorer les scènes sanglantes des prisons de Paris. I^es arrestations de prêtres réfractaires se multiplient. Le 23 septembre, la Société populaire réclame un local pour les religieux qu'on ne peut déporter à cause de leur âge et de leur santé : la commune désigne la maison de Sainte- Catherine, rue Villeneuve. Depuis le 10 août, au reste, l'émigration devient intense et le département ne peut échapper au reproche de délivrer trop facilement les passeports pour l'Espagne. Ricard, secrétaire général, est dénoncé aux Jacobins par Verdier, pour complaisances coupables. La municipalité est désormais chargée du service des passeports.

C'est ainsi que commence, pour Toulouse, la vraie période révolutionnaire. L'exaltation des esprits, qui ne s'est jusqu'ici traduite que par des outrances oratoires, se matérialisera désormais dans les énergies, excès de terrorisme, au nom du Salut public.

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