‹ Histoire de ToulouseChapitre 243 sur 317 · LES ÉLECTIONS A LA CONVENTION · texte numérisé non relu

LES ÉLECTIONS A LA CONVENTION

La Législative avait aboli toute distinction entre citoyens L'AssÉiiiblée

actifs et citoyens passifs; mais l'Assemblée maintint le vote à deux degrés en ramenant de vingt-cinq à vingt et un ans l'âge des électeurs (décrets du lo au 27 août). En conséquence, les assemblées primaires se réunirent, du 26 au 29 août, aux chefs-lieux des cantons. Dans di^-ers endroits, les suspects d'aristocratie en furent purement et simplement exclus. Les électeurs nommés durent prêter le serment de maintenir la liberté et l'égalité; ainsi étaient éliminés les partisans actifs de l'ancien régime, dont beaucoup, du reste, avaient émigré. De plus, le club des Jacobins de Toulouse avait adressé une circulaire aux électeurs et aux curés constitutionnels pour éclairer l'opinion et guider le choix des députés, et ils avaient fait imprimer les noms des « mauvais électeurs ». Enfin, la liste des candidats avait été arrêtée par Mailhe, Delmas, Projean et Rouzet. Le 27 août, le procureur général syndic Malpel convoquait l'assemblée électorale à Rieux, où elle se réunit dans l'église paroissiale et dans les diverses salles de l'évêché désaffecté (^). Le 2 septembre, sur

I. V. Revue historique de Toulouse, 1914, p. 443 : Utie Semaine kisiorique à Rieux, par Damien Garrigues (d'après les documents d'archives).

électorale de Rieux.

huit cent six électeurs nommés, sept cent onze se trouvèrent présents pour nommer le bureau composé de Julien, administrateur du département, président Rouzet, procureursyndic du district de Toulouse, secrétaire Loubet, Pérès et Magi (^), sciutateurs. L'Assemblée siégea du 2 jusqu'au 12 septembre, procéda à la nomination non seulement des Conventionnels, mais encore de deux hauts-jurés {^) et à la confirmation ou au renouvellement des districts et du personnel des tribunaux. Elle évoqua devant elle des affaires qui ne relevaient pas de sa compétence, les réquisitions des chevaux d'émigrés, les troubles occasionnés à Noé par la présence des réf ractaires ; et elle se sépara après avoir voté une adresse de félicitations pour l'Assemblée qui allait disparaître.

Les élus. Les élections durèrent du 5 au 9 septembre. Les quatre

premiers députés, anciens Législateurs ou Constituants, furent élus au premier tour et à la presque unanimité (Delmas, Mailhe, Projean, Pérès), mais ils furent les seuls sur les douze sortants. L'élection de Julien nécessita deux tours de scrutin; celle de Calés, un tour; celles des six derniers, trois tours, avec une majorité fort modeste (Estadens, Ayral, Desacy, Rouzet, Drulhe, Mazade). Le 9 septembre furent nommés les quatre suppléants, par trois tours également (Dario, juge au tribunal de Saint-Gaudens ; Alard, maire de Montesquieu; Lespinasse, capitaine du génie, administrateur du district de Toulouse; Marrast, administrateur de celui de Muret), Sauf Desacy, tous les Conventionnels avaient exercé des mandats législatifs ou des fonctions administratives ou judiciaires. Delmas siégera à la Montagne, présidera la Convention en avril 1793 et sera élu membre du premier Comité de Salut public; thermidorien, il évoluera en 1795 et se déclarera contre les derniers Montagnards en prairial. Mailhe montrera encore plus de souplesse ondoyante et se fera oublier du 31 mai 1793 au 8 thermidor; après la mort de Robespierre, il deviendra l'ennemi des Jacobins comme des royalistes, soutenant la politique du juste milieu. Pro-

Page 1