LES EXIGENCES DE LA GUERRE
La guerre. Ces ressources allaient être indispensables, en prévision de
Mission de Carnot. l'extension du conflit qui divisait déjà la France et les deux puissances allemandes, Prusse et Autriche. Depuis l'internement de lyOuis XVI au Temple, le roi d'Espagne, son cousin, et son ministre Godoy, avaient tout tenté pour le sauver; on accusait même Mailhe d'avoir été acheté par l'ambassadeur d'Espagne Ocariz. En même temps, les troupes espagnoles se concentraient à la frontière, et Charles IV offrait sa neutralité pour prix de la vie du ci-devant roi. On sait que la Convention ne voulut jamais se prêter à ces négociations; des mesures de défense furent prises, qui intéressaient Toulouse, réduit central de la ligne des Pyrénées. En octobre, l'Assemblée décidait la formation, sous le commandement de l'ancien ministre de la guerre Servan, d'une armée des Pyrénées de loo.ooo hommes, dont Toulouse était le quartier général et dont l'arrondissement territorial comprenait les neuvième, dixièmic, onzième et vingtième régions militaires, des Bouches-du- Rhône à la Gironde. Mais, trois mois après, cette armée n'était pas encore réunie; tout manquait, approvisionnements, hommes, organisation. Le 19 novembre 1792, arrivaient à Toulouse les représentants Lazare Carnot, Garaut- Sainte-Foy (^) et Lamarque, accompagnés de l'adjudant général Jean-Gérard de Lacuée, ci-devant comte de Cessac, ex-ofïicier du régiment de Dauphiné et spécialiste des affaires d'intendance et du service des 3:)laces; c'est ce remarquable et intègre administrateur, futur directeur de la guerre sous Napoléon, qui fut nommé, peu de mois après, major général de l'armée des Pyrénées, avec deux commissaires sous ses ordres. Carnot et Lacuée firent de Toulouse, en novembre et décembre, la place d'armes de cette armée, pour laquelle Kellermann devait détacher quelques éléments {^). Mais ils se plaignaient de la pénurie de toutes choses et tracent à la Convention un tableau fort sombre de la situation. Néanmoins, ils levèrent deux bataillons de volontaires, installè-
1. Garrau (Pierre-Anselme) était le vrai nom de ce conventionnel, né à Sainte- Foy (Gironde).