pour le district de Toulouse
tes et surtout beaucoup de cultivateurs, dans le dessein d'affamer le pays. Le 5 mars, le Département nomme des Commissaires de district pour surveiller les opérations (à Toulouse, Douziech). Le 5 avril suivant, il autorise les citoyens qui le jugeront bon à se séparer des malintentionnés, à s'assembler en sections et à choisir le mode le plus convenable pour compléter le contingent (^) ; il ordonne aux municipaux d'assister aux réunions afin d'y maintenir l'ordre, se réservant au surplus de statuer sur les réclamations. Le décret du 30 mai régla souverainement le mode de réquisition des recrues en fixant trois classes : 1° Les citoyens âgés de 16 à 25 ans; 2» Ceux de 25 jusqu'à 35; 3° Ceux de 35 jusqu'à 45. Les célibataires ou veufs sans enfants jusqu'à 40 ans partaient avec la première; les citoyens pourvus de plus de trois enfants et obligés de travailler pour les nourrir ne partaient qu'avec la dernière, quel que fût leur âge. Entre temps, le 27 mars, le Département adresse un vibrant appel aux Toulousains pour les mettre en garde contre les libelles anti-révolutionaires qui exhortaient les citoyens « à se dérober à la boucherie où on veut les entraîner » {^). Les recrues convergent à Toulouse pour y être habillées, équipées et dirigées sur l'armée, qui fut dédoublée, le 24 avril, en armée des Pyrénées-Orientales (Perpignan) et armée des Pyrénées-Occidentales (Bayonne).
Réquisitions. Pour loger et coucher ces recrues, la Municipalité réquisi-
tionne les lits des hôtels d'émigrés et, chez les particuliers, tous les effets possibles, toutes les ressources. Mais, en mars et avril, il y avait pénurie d'armes, de munitions et de charrois : les ateliers s'étaient à peu près vidés, l'arsenal était dégarni, les fournisseurs n'étaient pas toujours honnêtes; au début de 1793, on dénonce aux Jacobins les malversations de Bouilhet, « capitaine général des charrois ». Toulouse devait fournir aux demandes des départements voisins, qui réclamaient fusils ou instructeurs pour l'artillerie. Rien n'est organisé; on se met à l'ouvrage, non sans tâtonnements. Dès le 17 mars, réquisitions des cloches, sauf une par clocher, et de tout le cuivre des églises. Le 10 mai sont désignés six conmiissaires pour hâter la fonte des canons, l'exploitation des forêts du