‹ Histoire de ToulouseChapitre 250 sur 317 · M. Albert, Le Fédéralisme, p · texte numérisé non relu

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pays de Mirepoix, ou pour surveiller, au Bazacle, la fabrication des farines destinées aux troupes ; le 24 mai, on commence à faire des affûts; le charpentier I/afontan s 'est offert à en livrer cinquante par semaine pour un salaire modéré; un antre vérifie les ferrures pour rien. Fin mai, Jean Bon Saint-André est à Toulouse; il y réquisitionne, pour établir une grande fonderie nationale d'artillerie, les cloîtres Saint-Etienne, Saint-Jacques et Sainte- Anne; mais le projet ne sera réalisé que plus tard. En attendant, on réquisitionne tous les ouvriers pour fondre les canons, tandis que les menuisiers du Port-Garaud confectionnent des lits pour les soldats.

Les corps constitués collaboraient de la façon la plus Les levées

active avec l'état-major de l'armée, alors à Toulouse; le 5 mai, et l'emprunt forcé

.1... ,. ^ , r .à Toulouse,

les trois admmistrations reunies arrêtent qu on fera partir

sans délai la légion des Pyrénées (2.500 hommes) formée par décret du 16 septembre 1792, trois compagnies de canonniers volontaires, 6 pièces de 4 avec 60.000 cartouches. Les engagements volontaires étant insuffisants elles décident, le 12 mai, de faire le plan d'une levée d'hommes choisis par réquisition directe et personnelle, d'abord parmi les jeunes gens célibataires, puis parmi les mariés ou veufs sans enfants. Elles devançaient ainsi le décret du 30 mai, dont elles appliquaient par avance les dispositions. L'emprunt forcé sur les riches, autorisé par la Convention (décrets des 19-21 mars), sera levé dans les huit jours : 6.664.000 francs. Dans la réunion du 8 mai, on avait décidé, pour l'organisation de l'armée des Pj^rénées, de remplacer le vieux Douziech, manifestement incapable, par Lacuée, investi de la confiance générale. Les 12 et 13 mai, les premiers contingents quittaient Toulouse. La ville, au reste, n'a jamais couru un danger sérieux; elle était solidement défendue par la barrière des Pyrénées centrales; le coup de main heureux sur le Val d'Aran (31 mars), opération peu utile militairement, eut en tout cas pour effet d'empêcher toute incursion espagnole vers la Haute-Garonne.

Il fallait nourrir toutes les troupes, et satisfaire aussi les Le Maximum, réclamations du peuple de la ville toujours travaillé par la crainte de manquer de pain et par la haine des monopoleurs. L'opération du 7 mars, complétée par une autorisation d'emprunt accordée à la Commune le 16 avril, avait abouti à

garnir les greniers d'abondance qui se trouvaient aux Grands Augustins et aux Pénitents bleus. Mais les administrations, comme la Convention elle-même, s'étaient toujours refusées, au nom de la liberté, à la réquisition et à la taxation. L,e vote de la loi du Maximum (4 mai) les mit dans l'obligation de changer de méthode. L'opération du 7 mars fut liquidée le 20 mai, et le i^^" juillet le Département remboursait 100.000 livres pour décharge des cautions des particuliers. Le 23 mai, les trois corps constitués, les tribunaux civil et criminel, le bureau de conciliation, les juges de paix et les commissaires de la Société populaire tenaient une réunion extraordinaire pour établir le prix maximum du bois, du charbon et des fagots, les grains étant déjà taxés. Des agents de police devaient établir la moyenne du prix des céréales à chaque mercuriale; des commissaires devaient centraliser les achats dans les communes, d'autres prendre livraison du blé chez le cultivateur, sur le « sol ». Toute cette organisation ne plaisait guère aux autorités, qui cro^-aient ces mesures temporaires. Au reste, l'application du maximum ne devait pas se faire sans troubles; il y en eut, dès le mois de mai, à Saint-Sardos, en juin à Saint- Jory, Caubiac, Merville, à Toulouse même (20 juin), en août à Rieumes, Castelsarrasin, I^uret. Les communes qui approvisionnaient Toulouse n'obéissaient pas toujours de bon cœur, les paj'sans refusant de vendre contre des assignats dépréciés et ne se soumettant qu'à la contrainte, cachant partie de leur récolte ou allant la vendre dans les départements voisins. Le Maximum, comme la levée de février-mars, fournissait aux intrigants contre-révolutionnaires leurs meilleurs arguments.

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