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I. V. Pescayre, Duboul, baron de Bouglon

2. « Décuplons nos procédés de terrorisme, écrivait Descombels (Arch. départ., série 4, f. 152), la Terreur est notre force; elle décourage, désorganise les meilleures résistances, détruit le moral, fait un poltron d'un homme courageux. »

Toulouse et quatre suppléants. Suivant ses indications, les districts désignèrent dos « patriotes prononcés, d'un caractère ferme, qui ne soient susceptibles d'aucune considération et qui ne brûlent que de l'amour de la chose publique ». I^a plupart sont membres des Sociétés populaires (^). I^e tribunal ne fut installé qu'après le retour d'Hugueny, parti pour Grenade, à la tête de l'armée révolutionnaire. Les audiences publiques commencèrent le 14 janvier, dans l'ancienne grand 'chambre du Parlement. Hugueny et les trois juges du district, Pouzols, de Toulouse, Jean Rigaud, de Villefranche, et Guimbert, de Revel, occupaient le haut de l'estrade, ayant à leur gauche l'accusateur Capelle, à leur droite le greffier Blanchard; au-dessous d'eux, au parquet, les jurés, en face du banc de l'accusé et de celui des témoins, séparés du public par une barrière. La délibération du jury avait lieu dans la Chambre dorée; les jurés votaient individuellement et à haute voix. Ils recevaient une indemnité de 18 francs par jour, mais tous n'étaient pas également assidus. Les audiences duraient de 9 heures du matin à 4 heures de l'après-midi. La guillotine, auxiliaire du tribunal, était dressée en permanence, place de la Liberté {^), et, à partir du 9 ventôse an II, à la demande de la Société populaire, place de la Révolution (Villeneuve). Le bourreau, Jean-Antoine Varène, fils de celui de l'ancien régime, nommé depuis 1791, recevait par an 2.500 livres pour tous ses frais, et 4.000 livres à partir de 1793. Il logeait, comme par le passé, à la tour Lascrosses.

Avant sa suppression (lois des 16-22 avril et 8 mai 1794), le tribunal a jugé quatre-vingt-sept accusés et prononcé trente et une condamnations à mort. C'est beaucoup et c'est peu, relativement non à Paris, mais à d'autres centres provinciaux d'importance égale ou moindre. Peut-être cette modération doit-elle être attribuée à la sourde réaction de la population toulousaine, qui supportait ce tribunal de

Les victimes

du Tribunal

I évolutionnaiî e.

1. Ex. : le médecin Couget, de Saint-Lys, président de la Société populaire du lieu; J. Dupau, médecin à Rieux, id.; Fortassin, de Montréjeau; Godin-Descazeaux, de Grenade-Beaumont; Jougla, juge à Castelsarrasin ; Sarrat; Joyeux, de Revel; Vidal, commissaire national du tribunal de Villef randie ; Barthe, maçon; Paillon, Romme, Atniel, Tarbès, de Toulouse.

2. A 5 ou 6 mètres en avant du troisième banc à droite eu sortant du Capitole.

sang avec peine et sous une apparente tranquillité qui l'humiliait. Mais il faut songer aussi que les membres du Parle ment de Toulouse détenus dans les prisoni: de la ville furent dirigés sar Paris, parce qu'on n'osait pas les juger au siège même de leur ancienne splendeur. Trente trois furent guillotinés place de la Nation ; six le i^^ floréal an II, six le 26 prairial, vingt et un le 18 messidor. Sur la trentaine de guillotinés à Toulouse, on compte sept nobles et six prêtres, ces derniers condamnés soit pour propos inciviqiies, soit pour rétractation de serment, soit pour complot contre la sûreté de l'Etat. Les trois quarts des inculpés et un peu moins du tiers des victimes appartiennent à la bourgeoisie ou même à la classe ouvrière. Les motifs de la condamnation dérivent de la législation révolutionnaire : avoir soustrait des armes à la réquisition, conduit un émigré en Espagne, agioté sur l'assignat, fabriqué de faux papier-monnaie, pratiqué l'accaparement, tenu des propos inciviques, outragé la Convention, favorisé l'aristocratie ou le fédéralisme, coupé un arbre de la Liberté, soutenu un prêtre réfractaire contre le curé jureur. Parmi les verdicts qui firent le plus d'impression à Toulouse figurent ceux qui frappèrent le chevalier J.-B. du Barry, alors septuagénaire C), pour intelligences avec les émigrés; le ci-devant intendant de Béarn Bertrand de Boucheporn, également très âgé, dont les deux fils servaient dans l'armée des princes; Jean-Joseph Virebent, ex-lieutenant-colonel de la légion de la Daurade et chef de l'artillerie au moment de la crise fédéraliste; David de Beaudrigue d'Escalone, descendant du capitoul de l'affaire Calas et compromis dans les agitations de fin juin; surtout M^^ de Cassan-Rabaudy, fille du dernier viguier, femme du conseiller au Parlement, accusée d'avoir écrit et fait parvenir des fonds à son fils, émigré en Espagne. C'est la seule femme condamnée. Aucune victime n'avait inspiré un intérêt plus tendre et des regrets plus douloureux. L'émotion soulevée par son exécution (12 ventôse an II - 2 mars 1794) (^) s'ajouta à

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