Né en 1723, exécuté le 17 janvier
2. A ce sujet, Janole écrit : « Une correspondance toute d'affection, de la dame Cassan avec son fils émigré, était tombée dans les mains des clubistes. L,es vertus, la grâce, la jeunesse, rien ne put l'arracher à la fatalité. Elle parut devant ce tribunal inexorable avec le calme de la sagesse et le sentiment de sa dignité, se défendit
l'horreur provoquée par celle d Escalone (25 février). Ce beau jeune homme, ci-devant chanoine prébendier de l'église de Mirepoix, neveu de l'évêque de Cambon, faiblit devant la mort, se débattit dans les bras des gardes; sa tête ne tomba qu'à la deuxième tentative, la guillotine ayant mal fonctionné. A la suite de cette « senne dégoûtante et doreur « (sic) (^), Romme, juré, proposa aux Jacobins de transporter la guillotine place de la Révolution et de cacher la vue du sang à la foule. Cependant ces diverses exécutions avaient provoqué des attroupements et des murmures.
Le tribunal acquitte parfois; il condamne à des peines Acquittetnetits. légères deux terroristes accusés d'avoir trafiqué de leur influence pour extorquer de l'argent et il acquitte trois membres du Comité et de l'armée révolutionnaire de Moissac, pillards avérés, selon Paganel. Sur dix prêtres inculpés et non condamnés à mort, cinq sont déportés ou reclus, cinq sont acquittés. L'un des derniers, le curé de Nailloux, Parant, a dû son acquittement au fait de s'être « déprêtrisé », marié et consacré à l'enseignement. Parfois, les acquittements sont marqués par des manifestations de sensibilité : le président donne l'accolade et accorde les honneurs de l'audience à un vieux soldat illettré, faussement accusé d'incivisme. D'autres fois, on salue le verdict libérateur du cri de : Vive la Montagne! La Convention a3'ant supprimé tout autre tribunal révolutionnaire que celui de Paris (^), les derniers jugements sont rendus dans la troisième décade de germinal; mais, le 2 thermidor, le tribunal criminel prononce encore une condamnation à mort contre un prêtre. Tous ceux qui ont échappé à l'échafaud pendant cette fatale période seront libérés à partir du 9 thermidor.
elle-même, plaida la cause de la piété filiale et de l'amour maternel, invoqua la justice, la nature, l'humanité; les spectateurs fondaient en larmes; les juges parurent émus, quelque lueur d'espoir se glissa dans les âmes; on la crut un moment •auvée. Mais cette émotion n'était qu'apparente et hypocrite, cachait des coeurs de bronze; ils n'en prononcèrent pas moins le fatal arrêt. Cette mère infortunée marcha au supplice sans avoir démenti, un seul instant, l'aménité de son caractère, ne cessant d'allier jusqu'à la fin le coiu-age de l'innocence à la plus noble résignation. > (Damien Garrigues, Janole, loc. cit., p. 68.)