‹ Histoire de ToulouseChapitre 262 sur 317 · Cité par Duboul, Le tribunal révolutionnaire · texte numérisé non relu

Cité par Duboul, Le tribunal révolutionnaire

2. I^a Société populaire, sur la proposition de Romme, demande vainement le maintien du tribunal révolutioimaire de Toulouse (3 messidor an II).

L'armée lyC dernier organisme du gouvernement de la Terreur

révolutionnaire. — celui qui disparut le premier — est l'armée de l'intérieur, ou révolutionnaire, ou des sans-culottes, pourvoyeurs de la guillotine, créée en vertu des décrets des 5 et 9 septembre 1793. Cette force devait assurer la garde des représentants, l'exécution de leurs arrêtés, la surveillance des prisons conjointement avec les gendarmes, opérer les réquisitions et les visites domiciliaires ainsi que l'arrestation des suspects. Déjà, le décret du 5 avril avait autorisé les grandes villes h lever parmi les pauvres une garde soldée. Un arrêté des représentants au département des Pyrénées-Orientales (30 août) permit à Toulouse de retenir, sur les effectifs de la levée en masse, six cents hommes nécessaires à la répression des troubles et à la protection de la Révolution. Le 21 septembre, Descombels fait adopter par le département la formation de cette troupe, qui se renforcera d'un escadron de soixante cinq chevaux et de la compagnie des canonniers. On la recrutera parmi les citoyens « reconnus pour vrais sansculottes »; on les paiera 20 sous par jour. Le 9 octobre, Baudot et Chaudron-Roussau donnent leur approbation. L'armée fut organisée par trois jacobins : Bonafous, de Saint-Porquier, général de la garde nationale de Castelsarrasin, ami de Descombels; Barateau, capitaine d'une compagnie fi anche de Toulousains, qui avait servi aux armées en 1792 et revenait de Vendée, et Gelas, employé d'administration, qui s'adjugea le grade d'adjudant général avec 6.000 livres de solde. Le noyau de l'armée fut la compagnie des Beaumontais, compatriotes d'Hugueny, patriotes sûrs. Tous portaient la carmagnole et le bonnet rouge et étaient chaussés de sabots : c'était le vêtement à la « montagnarde » qu' affectionnaient les Jacobins.

Opérations Le 7 brumaire, Paganel donna l'ordre de départ. Il s'a-

de l'armée, gissait d'opérer dans les districts de Grenade, Castelsarrasin "" et Toulouse, infestés d'aristocrates et de fédéralistes, d'y

réquisitionner les grains qui se cachaient, d'y confisquer les objets de luxe, d'arrêter les suspects, d'épurer les administrations, de défendre les sans-culottes contre l'oppression des aristocrates. Qui résisterait était réputé rebelle et puni de mort. Hugueny prit le commandement de l'expédition.

avec le greffier Blanchard et l'ex-ciiré de Beauinont, Delport, le capitaine «Sans-Quartier», pour lieutenants. Il connaissait bien Grenade, qu'il dénommait un repaire d'aristocratie, et soumit la ville à trois jours de visites domiciliaires. I^es sansculottes visitèrent de même Merville, Aucamville, Lagraulet, Beaupuy, le château de la Réole, Cadours, Caubiac, Sainte- Ivivrade. On les vit chez les Ysalguier, au château de Marguestaud; chez l'abbé de Percin, au château des Tricheries; à Rochemonteix, chez les Chalvet; à Beauzelle, chez M°^^ de Nogarède; à Pibrac, chez les du Faur; à Aussonne, à Cornebarrieu, chez les de Sarta et les de Pérès. Les missionnaires quittèrent Grenade le i8 décembre; ils venaient d'apprendre le décret du 14 frimaire, qui supprimait toute autre force que l'armée nationale et, en rentrant à Toulouse, ils connurent celui du 27, qui punissait de la mort ou des fers les actes de pillage commis par les Carmagnoles. Les plaintes, en effet, avaient afflué à la Convention : accusations de vols et de dilapidations contre chefs et soldats. Hugueny couvrit ses subordonnés. Mais la mission de brumaire-frimaire répandit la terreur dans le département et ne rapporta que 26 marcs d'argenterie au Trésor. Les excès des patriotes à 20 sous par jour discréditaient la Terreur.

Page 1