QUESTIONS D'ORDRE ÉCONOMIQUE
Les principes du Gouvernement terroriste, qui concen- Socialisme traient tout dans l'Etat, aboutissent dans la pratique à tme dEtat.
sorte de socialisme, inconscient d'abord chez les Enragés comme Jacques Roux et les Hébertistes, fort lucide chez Saint- Just à la veille de Thermidor. Ce socialisme, les autorités locales, dociles à l'impulsion des Comités et des Représentants, le pratiquent à Toulouse, avec une certaine souplesse qui s'adapte aux circonstances. Après la chute des modérés, adversaires de la taxation, le Maximum est appliqué avec rigueur; mais le marché est si mal approvisionné qu'il faut se résigner, malgré les visites domiciliaires, à augmenter le prix légal (31 juillet 1793) et même à acheter des grains, avec des avances du département et de la Convention, sans tenir compte de la taxe (23 août). Le 5 août, les boulangers n'ont
plus de farine; on doit emprunter aux magasins de l'armée et réquisitionner quarante-deux communes circumvoisines, dont le blé, arrivé par le canal, est vendu à la Pierre. Le 8 août est publiée la loi punissant de mort les accapareurs ; le 27 août, les autorités font procéder au recensement général de la récolte, qui est bonne dans l'ensemble de la région. Le Comité des subsistances, renouvelé au début d'août 1793 et accru de six membres de la Société populaire, assure la dictature des approvisionnements de la ville.
La taxe Le caractère socialisant est marqué avec force dans la taxe
sur les riches. g^^ j^g riches, ou emprunt forcé (^), votée par la Convention le 20 mai, et appliquée seulement le 2 septembre. Deux arrêtés de Baudot (23 septembre et 10 octobre) en règlent la levée et l'emploi dans le département. La taxe était établie par trois membres de la commune et trois de la Société populaire, qui pouvaient s'adjoindre six autres membres; elle était de 1.500.000 francs et perçue sur les riches, aristocrates, feuillants, modérés ou égoïstes; elle frappait les citoyens mariés dont le revenu excédait 10.000 livres, les célibataires dont le revenu excédait 3.000 livres; elle était payable, sans réclamation possible, dans le mois de la publication du rôle, en deux ternies, dont le premier huit jours après cette même publication. La taxe a produit 1.598.646 livres : un peu plus de la moitié (822.712) a été emplo^'ée à rembourser le trésorier de la ville de ses avances pour les approvisionnements et les districts de leurs dépenses pour le même objet, à construire des fours publics pour cuire le pain, à acheter du pain pour les sans-culottes nécessiteux, à entretenir les indigents de la commune, à se procurer de la viande pour les malades; une somme de 47.200 livres est retenue pour subventionner les représentations données au peuple à la Comédie, une autre de 6.000 livres pour l'armée révolutionnaire, une de 2.500 pour la rédaction du Journal révolutionnaire, organe officiel de la Société populaire, et enfin une autre somme de 1890 livres pour frais de banquet à l'occasion du mariage civique de quinze jeunes citoyennes. Le surplus de l'impôt (730.000 livres environ) dut être versé au Trésor Public (décret du 16 frimaire an II), ce qui, par parenthèse, signifie la fin de