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hôpital militaire actuel

2. V. les mémoires inédits du général Pelleport, de Montréjeau (Revue des Pyrénées, 1892, 239). V. également les mémoires de Marbot.

présentait l'aspect de l'anarchie et de la désorganisation : les nouvelles levées n'avaient pas d'armes et n'étaient pas instruites, faute de cadres; elles remplissaient les bourgs et les villes de leur oisiveté et se gâtaient avant d'avoir été utilisées; les généraux ou officiers accordaient aux soldats de fréquents congés, renvoyaient les meilleures troupes en quartier d'hiver. Les corps constitués eux-mêmes mollissaient et négligeaient leur service : Toulouse était accablée de réquisitions contradictoires venant de Perpignan ou de Bayonne. I,e 20 novembre, une réunion générale des administrations, des délégués de la Société populaire, du Comité de surveillance, de l'état-major de l'armée des Pyrénées, présidée par Paganel, prit des mesures énergiques pour rappeler chacun à son devoir et mettre de l'ordre dans cette confusion. Mais ce n'est que vers le printemps de 1794 que les nouvelles dispositions militaires adoptées par la Convention, notamment l'amalgame, portèrent tous leurs fruits.

Ce travail de réorganisation, opiniâtrement poursuivi tant Les Toulousains à l'avant qu'à l'arrière, aboutit à former ces armées de l'an II où furent portées si haut les vertus héroïques : l'esprit de sacrifice, l'amour de la patrie, la fraternité entre officiers et soldats, la bravoure, le mépris des souffrances, le désintéressement, l'exaltation républicaine. Que de Toulousains ont connu ces grandes heures, dont Marmont et Soult parlent dans leurs Mémoires avec un regret attendri ! Si nous ne pouvons les suivre tous, il en est cependant qu'il faut citer, car ils furent à l'honneur : c'est le 6^ bataillon de la Haute-Garonne, commandant Duperron, major Boyer, dont les six cent soixante-dix hommes formèrent la garnison de la forteresse de Montlouis, en Cerdagne, que les Espagnols ne prirent jamais (1793) ; c'est le 2^ bataillon, celui de Yerdier, commandant Delpech, qui faisait partie de la division Augereau et qui se distingua, le 19 mai 1794, au terrible combat de la Fonderie, en Espagne; les volontaires étouffaient les fuyards espagnols qui se cramponnaient à eux pour éviter les baïonnettes (^) ; le même bataillon décida, par sa tenace vaillance, de la prise de Figueras. C'est, au siège de Rosas

I. V. Capitaine Fervel, Campagnes de la Révolution dans les Pyrénées-Orientales, Paris, 1861, II, 105.

aux armées de l'an II.

(24 novembre 1794-3 février 1795), l'héroïsme d'un vieillard des environs de Toulouse, Laplane, engagé avec ses cinq fils, et qui se place toujours aux postes les plus dangereux dans la tranchée. Ce sont les i^^" et 3^ bataillons à l'armée d'Italie, commandants Dupuy et Martin; les 4^ et 5^ à l'armée des Alpes, commandants Guiringaud et Ivichague-Quilhet ; les canonniers toulousains (3^ compagnie de la Haute-Garonne) à Nice et aux environs, héros de cette dure guerre de montagnes comprenant les années 1793, 1794 et 1795, qui nous donna toute la crête des Alpes et prépara l'admirable expédition de Bonaparte en Italie (avril 1796) (^) ; un de leurs officiers, Acène, envoie à la Société des Jacobins une lettre du général Dumas, le père du romancier, annonçant à la Convention la prise du Mont-Cenis.

Le i^r bataillon (celui de Dupu}-) fait, en 1792, partie de la division Dagobert, avant de passer à l'armée du Var; le 3e, de la division Dumerbion; le 4^ et le 5^ sont versés à l'armée de Carteaux, chargée de réprimer le fédéralisme dans le Midi (août 1793). Avec six mille autres réquisitionnaires venus de Toulouse sous le commandement de Marbot (2), ils prennent part au siège de Toulon, où ils font partie de l'aile droite. D'autres ont servi dans le Nord, à l'armée du Rhin, qu'on renforça avec des éléments de celle des Alpes; l'adjudant général Forgues (d'Auriac) écrit à la Société populaire pour lui annoncer les victoires de Menin et de Courtra^^ (septembre 1793). Ces troupes, celles de l'armée des Pj-rénées-Orientales, celles de l'armée d'Italie, presque entièrement méridionales, étaient aussi les plus mal approvisionnées, les plus magnifiquement déguenillées. Pourtant, on voit les Toulousains de la division d'Augereau, après le combat de la Fonderie, refuser la récompense pécuniaire offerte par les Jacobins de Paris à la brigade Mirabel, refuser « ce vil métal des esclaves...; ils ne sont affamés que

1. V. Krebs et Moris, Campagnes dans les Alpes pendant la Révolution, 1891-1895. — V. pièces justificatives.

2. Krebs I, CXXXIII et CLXI. — Ajoutons à ces renseignements les deux compagnies de chasseurs de la Haute-Garonne envoyées à Bayonne à l'armée des Pyrénées-occidentales (Moncey). Trois compagnies des volontaires levés en juillet 1792 sont envoyées en novembre à l'armée des Alpes. Enfin, la légion des Pyrénées commandée par Castelverdu-Pérignon, a été dirigée sur Perpignan. Consulter Hennet, Etat militaire de la France en 1793, Paris, 1903.

de gloire et de liberté, et ils vendent les armes conquises sur les Espagnols une somme de 6.612 livres, au bénéfice des orphelins et des veuves des soldats tués » {^). « Il n'en mourait guère, relate un officier, sans avoir sur les lèvres un bon mot qui renfermait un vœu pour la patrie. « Représentants, généraux, soldats livalisaient d'abnégation et d'héroïsme. L'amalgame, dès la fin de 1793, fait disparaître les unités locales : c'est ainsi que le i^^ bataillon de Toulouse est fondu avec le 2^ du Var et le i^r du ii^ régiment de ligne, pour former la 21^ demi-brigade qui fera partie, en 1796, de la fameuse division Masséna. Sans doute, tous les volontaires qui sont partis ne sont pas demeurés à l'armée; il en est qui sont revenus, leur année expirée. Ceux qui sont restés, absorbés dans cette excellente école des guerriers que fut l'armée du Directoire, serviront la France longtemps, non plus par devoir civique, mais pour la gloire, l'amour de la vie des camps et aussi pour le profit. Ce sont Pérignon, Dupuy, Compans, Caffarelli, Clauzel, Verdier, bien d'autres plus obscurs mais non moins grands par le courage et les services rendus.

Les plus populaires sont les Caffarelli, Jean- Antoine Verdier, Dominique Dupuj-, Dominique Pérignon {^).

Des six frères Caffarelli, du Falga (Haute-Garonne), l'aîné. Les Caffarelli. Max, officier du génie, après avoir refusé de reconnaître le 10 août, échappa aux proscriptions de la Terreur et reprit du service après le 9 thermidor. Amputé d'une jambe à la suite du combat de la Nahe, il fit partie de l'expédition d'Egypte, prit une part active à la fondation de l'Institut du Caire, et mourut devant vSaint-Jean d'Acre (27 avril 1799). C'est le glorieux mutilé dont Bonaparte pleura la perte dans un ordre du jour à l'armée. Son frère Louis-Mari us- Joseph, ancien officier d'infanterie, puis de marine, se rengagea dans le génie en 1792 et participa à la campagne des Pyrénées-Orientales, à la prise de Figueras et de Rosas; il devait entrer au Conseil d'Etat en l'an VIII, occuper le poste de Préfet maritime à Brest, être fait comte de l'Empire (15 juillet 1810). Marie-

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