Fervel, II, io
2. V. Comte Bégouen, Les Caffarelli (Révol. française, 80-267); — A. Duboul, Un Toulousain oublié : le général Verdier (Revue des Pyrénées 1892, 633); — Chalande, Notice sur le général Dupuy (Journal de Toiilouse, n° janv.-fév. 1927).
François- Auguste, son cadet de 6 ans, lieutenant dans l'armée sarde, démissionne en 1791, s'engage comme simple dragon dans l'armée des Pyrénées-Orientales, devient adjudant général en l'an II, puis colonel de la garde consulaire et aide de camp de Bonaparte, qui se l'attache et le comble de faveurs. Un autre frère avait émigré et fut tué à Quiberon ; deux autres
Généra I Cet [fa m lli
iMuséc it. Toulousains de Toulo
furent d'Eglise et devinrent l'un, Charles- Ambroise, préfet sous Napoléon, et l'autre évêque concordataire de Saint-Bieuc.
Général Verdier. A cette famille d'aristocrates s'oppose le fils de
tailleur de pierre Jean Verdier, né en 1767, soldat à la Fere- Infanterie en 1785, simple caporal-fourrier en 1791. Engagé au deuxième bataillon de la Haute-Garonne, il gagna ses galons devant Figueras, commanda la quatrième demi-brigade en Italie et fut fait général à Castiglione. Parti pour l'Egypte avec sa jeune femme, il s'y distingua par des actions d'éclat,
notamment par la victoire du bogaz de Damiette sur les Turcs débarqués, qui lui valut un sabre d'honneur (aujourd'hui au Musée Saint-Raymond). Il fit toutes les guerres du Consulat et de l'Empire, particulièrement en Italie, où il s'illustra à la bataille du Mincio. Pair de France, il fut mis à la retraite en septembre 1815. Brave et désintéressé, il mourut sans fortune en 1839.
Dominique-Martin Dupuy, fils d'un boulanger \ de la rue de la Baruthe, né en 1767, fut, comme A'erdier, soldat (Artois-Infanterie, 4 novembre 1783, congédié « par
Général Dupuy.
Colonne du Général Dupuy. Place Dupuy
grâce » le 3 septembre 1784.) Le 2 décembre I79i,il était nommé lieutenant-colonel en second du i^^ bataillon des volontaires de la Haute-Garonne; le 10 novembre 1792, il commandait en chef le même bataillon; le 22 août 1793, sa belle conduite lui valait une nomination de général de brigade,
annulée, du reste, le 19 octobre. Il fut alors incarcéré et traduit devant le Tribunal révolutionnaire de Paris comme aide de camp du général Brunet, chef de l'armée d'Italie, ce dernier accusé d'avoir refusé une partie de ses troupes à Fréron et Barras pour marcher contre Toulon et Marseille révoltés et aussi d'avoir sympathisé et correspondu avec les fédéralistes. Mais, tandis que son général était condamné et décapité (25 brumaire), Dominique Dupuy fut acquitté et reçut, le 20 décembre 1794,1e commandement de la 21^ demi-brigade, où se trouvait amalgamé son ancien bataillon. En mars 1796, il prenait celui de la fameuse 32^ de ligne, formée des 21^, 118^ et 119® demi-brigades de bataille, à la tête de laquelle il remplaça Rampon, qu'il commanda pendant les campagnes d'Italie et d'Egypte et à laquelle il sacrifia le grade de général, offert par Bonaparte (8 décembre 1796 — nomination rapportée le 7 février 1797). La bravoure de Dupuy, celle de ses soldats, parmi lesquels beaucoup de natifs de la région toulousaine, sont demeurées légendaires. Il fut blessé au bras et à l'épaule gauche à Dego, à la tête à Saint-Michel, sous Vérone. Mais il contribua au gain de la bataille de I^onato (31 juillet 1796) et fut honoré d'un rapport flatteur du général en chef au Directoire (« J'étais tranquille, la 32^ était là »). Dupuy fut tué le 22 octobre 1798, au cours d'une insurrection au Caire. Ardent républicain et révolutionnaire plein de foi dans les principes nouveaux, comme Verdier, il mourait pauvre; sa mère et sa sœur, ses uniques héritières, demandèrent, non sans fierté, que le gouvernement se chargeât d'acquitter ses dettes (^). Un arrêté des Consuls (4 janvier 1800) ordonna qu'ime des colonnes de granit apportées de Grèce serait dressée au milieu de la grande place de la commune de Toulouse, mais ce n'est qu'un tiers de siècle plus tard que cet arrêté reçut son exécution.
I. V. Les bonnets à poil du général Dupuy, par A. P. (Revue hist. de Toulouse, 1930, 141). — Au moment de la crise fédéraliste, Dupuy demande et obtient aisément un certificat de civisme. Rappelons que ses lettres se trouvent aux Archives mtmicipales. Les renseignements ci-dessus proviennent des Archives historiques de la guerre. I,a 32* demi-brigade est l'ancien Bassigny, formé, en 1775, avec les 2« et 4« bataillons d'Aunis; en 1791, 32^ régiment d'infanterie. En 1796, 32" demi-brigade de ligne, 32^ régiment (1803), i^e légion du Pas-de-Calais (1816), 32» régiment d'infanterie (décembre 1820) à Metz. Elle se disUngua aussi à Rivoli.
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Entrée de l'ancienne Eglise des Cordeliers à Toulouse
Le général Pérignon se couvrit de cette gloire que la Général Pérignon société accorde, comme une récompense morale, aux vertus <^^"^^^^ maréchal d'éclat. Né à Grenade (Haute-Garonne), il fut un soldat intrépide et courageux (1754-1818). Ancien officier de grenadiers, député à l'Assemblée Législative, il reprit du service militaire,
uJIarécbal de Pérignon
dès la fin de la session, comme lieutenant-colonel dans la région des Pyrénées, où il gagna ses galons de chef de brigade à la suite de victoires qui le suivaient partout (26 juillet 1793). A quelque temps de là, le 7 frimaire (27 novembre 1794), après avoir investi Rosas, considéré comme imprenable, il se mit à la tète de ses grenadiers, méprisant le danger, affron-
tant la mort avec le calme le plus parfait, et emporta brillamment cette place (2 janvier 1795). 1/ admirable conduite de Péiignon et ses éclatants succès lui valurent le commandement des armées des côtes de Brest et des côtes de Cherbourg (22 brumaire an IV). Envoyé comme ambassadeur en Espagne (14 juin 1796), il y traita avec intelligence les affaires de la France. Mais, exercé aux armes par les guerres antérieures, il renonça à sa mission d'ambassadeur pour combattre en Italie, à Trebbie, à Novi, à Pasturano, où, criblé de blessures, il fut fait prisonnier (15 août 1799). Rentré en France, il devint successivement sénateur (29 mars 1801), maréchal de l'Empire, grand officier de la Légion d'Honneur, gouverneur des Etats de Parme (18 septembre 1806) et de Naples, avec le commandement en chef des Deux Siciles (23 juillet 1808), et comte de l'Empire (6 septembre 1811). Après l'abdication de Napoléon I^^, il adhéra à la première Restauration, qui, à titre de récompense, le fit pair de France et gouverneur de la dixième division militaire. A la suite des Cent Jours, Pérignon, prit la tête de la résistance organisée contre Napoléon dans le Midi, et, après la défaite de Waterloo, la seconde Restauration lui confia de nouveau le gouvernement de la dixième division militaire et lui décerna le titre de marquis (31 mai 1817), un an avant sa mort.