Démolie seulement en
dans sa partie occidentale, à partir de la rue des Pélégantiers (rue du May), le nom de rue Cervinières ou Serminières (^).
Cette voie longeait la place « de la Pierre » ou Saint-Pierre- Saint-Géraud, un des trois centres de la ville. Cette place, vingt fois plus petite que la place Esquirol actuelle, était très anciennement séparée de la rue des Changes par un îlot de maisons et la rue Bertrand-David (2) ; les immeubles furent démolis au début du xiii^ siècle et, parmi eux, trois constructions appartenant à ce même Bertrand David ; sur leur emplacement, l'on éleva la halle, dite plus tard « de la Pierre », qui donna son nom à la place.
Ce fut, à dater de cette époque, le centre des approvisionnements de Toulouse. Son nom lui venait soit de la mesure en pierre qui servait pour le blé, soit de la pierre où montait le crieur pour les ventes aux enchères (^). Un marché se tenait sur cette place, en plein air ou sous un couvert avant le xiii^ siècle, sous la halle à partir de cette époque; il avait lieu les lundi, mercredi et vendredi pour le blé, les fruits et la boucherie; il a duré sept siècles, jusqu'en 1863.
Iv' église Saint-Pierre-Saint-Géraud, une des plus vieilles de la cité, mentionnée dans les actes de 1187 et de 1203, ouvrait son portail au fond d'une ruelle (*), étant séparée de la place par des maisons au travers desquelles un passage permettait d'accéder. A l'église était annexé un prieuré qui dépendait de l'abbé d'Aurillac. De la place de la Pierre, une rue descendait vers le fleuve pour aboutir au Pont-Vieux ; c'était la rue Descente-de-la-Halle, disparue dans le percement de la partie sud de la rue de Metz.
lya rue Saint-Rome tirait son nom de l'église Saint-Rome ou vSaint- Romain, probablement aussi ancienne que Saint- Pierre-Saint-Géraud (^). C'était un prieuré dépendant du chapitre Saint-Etienne. Le couvent semble avoir été délaissé
hsL place et la halle de la Pierre.
Eglise Saint-Pierre- Saint-Géraud.
Eglise
Saint-Romain.
Rue Saint-Rome.
1. L,es pélégaii tiers et les cerviniers étaient des apprêteurs de peaux pour les gants.
2. Rue de la Colombe, disparue, au xv<' siècle, dans le prolongement de la rue de Metz.