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Au n° 26 de cette rue; dépendances aux n™ 24 et

de bonne heure; en 1216, il fut la première résidence de saint Dominique et de ses compagnons, qui y firent construire un cloître; il est vrai qu'ils y demeurèrent peu de temps et qu'ils se fixèrent, moins d'un quart de siècle plus tard, aux Jacobins. L'église, seule, continua d'être fréquentée; tout près s'étendait le cimetière, le long de la petite rue Saint-Rome, ancienne rue Reneville du mo^^en âge, et de la ruelle des Lagagnous (^). La rue Saint-Rome, tortueuse et étroite, était remplie de marchands de poissons pour lesquels on installera, au siècle suivant, une halle spéciale, de marchands de viande, d'abats et de triperie. La rue Tripière et jadis la ruelle Bedelière demeurent, par leur dénomination, un témoignage vivant du passé. Dans la partie proche des Changes, la rue Saint- Rome portait, au xiv^ siècle et sans doute bien auparavant, le nom de rue des Bancs-Majous, par allusion aux grandes tables où ces marchands étalaient leur marchandise. Près du Capitole, elle s'appelait du nom de Cerviniers et Chamoisiers en attendant qu'elle prît, bien plus tard, celui des Libraires.

Les Puits-Clos. Au nord de la rue Saint-Rome s'étendait le curieux quartier des Puits-Clos, dont le nom s'est conservé, aujourd'hui, pour la place qui en constitue le centre. Ce quartier abondait en puits où la population s'alimentait d'eau potable : le puits Clos, à l'angle de la petite rue Saint- Rome et de la rue Baronie; le puits Verdal, sur l'actuelle place Saint-Pantaléon ; le puits de la Cadène, à l'angle de la rue de la Pomme et de la rue de la Barute; le puits Vert, au carrefour de la rue du Puits- Vert; le puits des Deux-Carres, à l'angle de la rue de la Pomme et de la rue du Fourbastard; les puits des Trois-Carres, à l'entrée de la rue des Arts; le puits des Quatre-Carres, au carrefour des rues Cantegril et Boulbonne; le puits des Augustins, nommé ainsi plus tard, au chevet de l'église du Musée. Toiites ces rues ou ruelles, exiguës et courtes, étaient habitées par des marchands, des artisans, des aubergistes.

Rue de la Porterie. La rue de la Porterie, qui prolongeait la rue vSaint-Rome,

Eglises était aussi sinueuse et aussi étroite; elle s'infléchissait vers

Samt-Ouentm .•,-,-,, • . . • -^

et du Taur 1 ouest pour éviter le redan de la porte romaine, et continuait

à travers les murs ruinés ou démolis depuis que bourg et

I. Qui unissait la petite rue Saint-Rome (n° 3) à la rue Baour-I,onjiian.

ville vivaient d'une vie commune. Une ruelle en cul-de-sac longeait l'ancien rempart et limitait la Porterie-Haute; c'est la ruelle Saint-Quentin (^). L'église de ce nom se trouvait hors les murs dans le bourg. Très ancienne (on a pensé qu'elle avait remplacé un temple romain ou le Capitole du martyre de saint Saturnin), elle constituait un prieuré dépendant de Saint-Sernin. Sa situation intermédiaire la désignait, avant l'édiiication de la maison commune, pour servir de lieu de réunion ou même de tribunal. En 1175, les consuls y condamnent une femme adultère. La rue de la Porterie était séparée de la maison commune par des îlots de maisons; on accédait cependant à l'hôtel de ville par un chemin établi le long de l'ancien rempart. La Porterie-Basse finissait à l'église du Taur. Cette dernière église remonte au début du christianisme; mais le premier oratoire, simple voûte abritant les restes du mart^T, fut remplacé, vers 570, par une basilique élevée grâce aux dons du duc Latmebold et de sa fennne, Bertrude. Cette basilique a disparu, remplacée, au xiv^ siècle, par l'église actuelle.

Du Salin partaient encore, dans la direction de l'ouest, d'autres voies fort anciennes, comme la rue des Marchands (rue Secorieu au xiv^ siècle et peut-être au xii^), défigurée et presque disparue dans l'aménagement de la rue de Languedoc; elle aboutissait à la place Roaix (ou Rouaix), qui a subi un sort analogue et portait un nom célèbre dans les annales du moyen âge toulousain {^) ; les Roaix y possédaient des propriétés étendues. C'était le point le plus haut de la ville (146 mètres); en 1180, les consuls élaborèrent un règlement pour l'écoulement des eaux pluviales et ménagères, qui devaient se déverser de ce point vers le Pont-Vieux, Saint-Etienne et la Porterie. De la place Roaix, on gagnait Saint-Etienne par le chemin de la Croix-Baragnon, croix édifiée à l'angle des rues Tolosane, Saint-Etienne et des Arts, probablement aux frais de la grande famille des Baragnon, aussi connue que celle des Roaix; la croix existait en 11 80, comme en fait foi l'acte cité plus haut.

Du Salin

à Saint -Etienne.

Place Rouaix.

La croix

Baragnon.

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