‹ Histoire de ToulouseChapitre 277 sur 317 · I. Emile Espagnat, Cazères pendant la Révolution, p · texte numérisé non relu

I. Emile Espagnat, Cazères pendant la Révolution, p

pouvait rouvrir : le chœur de Saint-Etienne, la chapelle N.-D. -de-la- Pitié, aux Augustins; le Taur, Saint-Sernin, Saint-Pierre des Chartreux, la Daurade et, en attendant son achèvement, la chapelle »Sainte-Ursule ; la Dalbade, la chapelle Saint-Jean; à titre provisoire, Saint-Nicolas, vSaint- Michel, Saint-Exupère, les Grands-Carmes. I^es églises furent rouvertes en hâte, au milieu d'une joie générale. La défense de sonner les cloches resta lettre morte à Toulouse; on entendit de nouveau les carillons dans les clochers, dont aucun n'avait été abattu. Le costume ecclésiastique, que les décrets interdisaient, reparut dans les rues. Du i6 au 29 messidor, vingt-huit déclarations de prêtres sont reçues sur les registres déposés à cet effet à l'Hôtel de ville, ainsi que le serment exigé par le décret du 30 mai, qui les engageait à se soumettre aux lois de la République. Le directoire du département accepta les déclarations des réfractaires jusqu'aux instructions du 22 thermidor, qui défendaient d'employer des formules de soumission et de serment autres que les formules légales. Le nouveau régime des cultes — la séparation de l'Eglise et de l'Etat — obligea les deux églises catholiques, la constitutionnelle et la romaine, qui allaient vivre côte à côte, à s'organiser. Mais la première, n'étant plus soutenue par l'Etat, qui ne payait pas les prêtres et ne leur fournissait plus les presbytères, tombe dans une rapide décadence; beaucoup d'anciens assermentés rentrent dans le giron du catholicisme romain par rétractation. A Toulouse, la vie religieuse, arrêtée par la Terreur, va reprendre comme autrefois. Le 19 juillet 1795, l'abbé du Bourg, en grand costume, procède, aux Grands-Carmes, à une abjuration solennelle des erreurs passées, au nom du peuple de Toulouse; le 26, il purifie avec la même pompe le chœur de Saint- Etienne. Mais l'apaisement ne se fait pas. Les deux églises ne peuvent vivre côte à côte. Les prêtres de la communion de Fontanges ne consentent pas à partager les sanctuaires avec les prêtres de la confession de Sermet, et le dimanche 2 août, une petite armée de dévotes interdit l'accès de la grande nef de Saint-Etienne aux officiels venus pour une cérémonie laïque. L'esprit de discorde persiste au moment même où s'opérait la pacification extérieure : la

proclamation du traité de Bâle, signé avec l'Espagne (19 fructidor — 5 septembre 1795), apporte à Toulouse non une sécurité, qui n'a jamais été menacée, mais un soulagement matériel, puisqu'elle cesse dès lors de s'épuiser pour les besoins des armées des Pyrénées (^).

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