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Ibid

3. I,e décret du Sénat décernant la coiu-onne impériale à Napoléon fut amioncé, à Toulouse, le jeudi 24 mai, à 5 heures du soir, au son du canon. I<es troupes, réunies sur la place d'armes, sous le commandement du général Gudin, prêtèrent serment. l,e soir, il y eut illumination générale. Un Te Deum fut chanté à la Dalbade, auquel assistaient les autorités civiles et militaires. Quant aux chiffres du plébiscite, qui eut lieu fin mai et début juin 1804, il n'est pas possible de faire fond sur eux, car les abstentionnistes ont été présumés avoir voté oui, si nous en croyons certains témoignages.

Toulouse sous l'Empire.

Ives fonctionnaires.

dernière irréconciliable depuis le meurtre du duc d'Enghien. On sait qu'un baron de Christol, complice de Cadoudal, fut arrêté à Toulouse, où il paraît avoir voulu préparer un soulèvement, en accord avec les Jacobins, selon les plans du Comité d'émigration.

Iv'Bmpire a accentué la restauration du passé : Toulouse redevient une ville de fonctionnaires, avec les multiples hiérarchies créées ou ressuscitées par Napoléon (^). Le préfet, baron de l'Empire, lors de l'établissement de la nouvelle noblesse, avec son secrétaire général et son secrétaire particulier, ses cinq conseillers de préfecture, ses vingt-cinq conseillers généraux, les sept bureaux de la préfecture, dirige l'administration et la police; il est aidé du sous-préfet de l'arrondissement de Toulouse, assisté de douze conseillers d'arrondissement ; ce département a été amputé de l'arrondissement de Castelsarrasin, rattaché au nouveau département du Tarn-et-Garonne, qui représentait le septième de sa population. L'archevêque, vrai fonctionnaire religieux, comte, sénateur de l'Empire et commandant de la Légion d'honneur {^) , est assisté de trois grands vicaires et du chapitre métropolitain (douze chanoines titulaires, trente-six honoraires). A la tête de la dixième division militaire — le numéro n'a pas changé depuis la Révolution — est un général de division (^), avec quatre généraux de brigade, qui commande à sept départements (Aude, Ariège, Pyrénées-Orientales, Haute- Garonne, Hautes-Pyrénées, Gers, Tarn-et-Garonne). L'Empire a établi une école d'artillerie dans l'ancien couvent des Chartreux. Le tribunal d'appel, puis Cour d'appel, est devenu la Cour impériale (1810, installée en 18 11), composée d'un premier président, trois présidents de chambre, vingt conseillers « de Sa Majesté », six conseillers auditeurs, un procureur général impérial, un avocat général et cinq substituts. Non seulement elle reçoit les appels de quatre départements, mais elle enregistre les actes officiels, comme l'ancien Parlement.

1. V. l'Annuaire administratif du département de la Haute- Garonne, par Paillon, 1807-08, 2 vol.; V Annuaire statistique et administratif de Dantigny, i8ii; VAlmanach de la Cour impériale de Toulouse, chez Manavit, 1812 et 1814.

2. Commandant se disait pour commandeur sous le premier Empire.

3. Le Généra] Chabran a remplacé Gudin, appelé au commandement d'une des divisions du corps de Davout.

Quatre-vingt-huit avocats, vingt-deux avoués sont établis près d'elle. A la Cour d'assises, où le jury d'accusation a disparu, remplacé par le Parquet, s'ajoute la Cour spéciale du département de la Haute-Garonne, composée de cinq juges, de deux officiers titulaires (un chef d'escadron et un capitaine) et de trois officiers suppléants; elle connaît les crimes de brigandage ou insoumission. Au tribunal de première instance, avec ses dix juges et ses deux suppléants, son procureur impérial et ses deux substituts, sont attachés vingt-huit avocats et vingt-cinq avoués; quatre juges de paix sont affectés aux quatre arrondissements de la ville. Nord, Centre, Sud et Ouest. I^e Tribunal de commerce compte un président, quatre juges et quatre suppléants. Il y a à Toulouse quatorze notaires impériaux, huit agents de change, dix courtiers. I^es fonctionnaires financiers comprennent le directeur des Contributions, l'inspecteur et quatre contrôleurs pour l'arrondissement, assistés de deux arpenteurs, le receveur général du département, le préposé ou payeur général. La direction de l'Enregistrement et des Domaines nationaux ne compte pas moins de treize fonctionnaires principaux, sans compter les commis; deux autres sont attachés au poinçonnage et à la vérification des poids et mesures (rue des Arts). La direction des Droits réunis ou impôts indirects en dénombre cinq; l'entrepôt des sels, trois; l'agence des poudres et salpêtres, un commissaire en chef pour huit départements et cinq employés ; la manufacture des tabacs, quatre; les Ponts et Chaussées, quatre ingénieurs de i^®, 2® et 3^ classes, trois conducteurs et trois commis; la conservation des Forêts, un conser\^ateur et un sous-inspecteur demeurant à Toulouse, sans compter les gardes généraux et les arpenteurs-géomètres. La Monnaie, qui fonctionne de nouveau comme devant, compte un directeur, un commissaire, un contrôleur, un caissier. Enfin, en 181 1, la Loterie impériale est surveillée et dirigée par un fonctionnaire. Tout ce personnel hiérarchisé, pourvu dans les hauts degrés de titres nobiliaires (chevaliers, barons, comtes) et de grades dans la Légion d'honneur, est sévèrement discipliné et soumis à une obéissance passive. La justice elle-même, réorganisée par la grande loi du 20 avril 1810, n'e.st pas libre : avocats, avoués, notaires, huissiers.

courtiers et agents de change forment des ordres ou corps strictement surveillés dont cette loi a réglementé les attributions et les devoirs.

Vide de la vie I^a vie politique de Toulouse est nulle. I^s seuls événements

politique. ^^^^ j^ célébration, par des pompes officielles, des victoires

impériales ou des traités de paix, de la Saint-Napoléon, fixée au 15 août (l'Assomption), le rétablissement du calendrier grégorien (2 janvier 1806; sénatus-consulte du 22 fructidor an XIII). Il n'y a plus qu'un journal, le Journal de Toulouse, fondé en 1804, et qui parut pendant tout le xix^ siècle; c'est une feuille officielle. Les collèges électoraux, par le sénatusconsulte de thermidor an X, remplacent les anciennes listes de notabilités; les membres en sont désignés par les assemblées de canton (tous les citoyens), à raison de un électeur par cinq cents habitants domiciliés dans l'arrondissement et un par mille dans le département ; ils sont nommés à vie et présentent chacun deux citoyens pour former la liste sur laquelle le Sénat choisira les membres du corps législatif. Le président du collège électoral delà Haute-Garonne, désigné par le souverain, fut, jusqu'en 1808, le maréchal Pérignon,et jusqu'en i8i3,le maréchal Bessières, duc d'Istrie (^). La Haute-Garonne est représentée — si l'on peut s'exprimer ainsi — au Sénat par le sénateur Demeunier, richement doté de sa sénatorerie, et au corps législatif, par quatre députés (en 18 12 : de Beccaria- Pavie, de Bellegarde, Marcorelle, Marcassus de Puymaurin). On sait que ces divers personnages étaient désignés par le Sénat et choisis sur les listes de notables nationaux. En fait, ils tenaient leur nomination de l'Administration ou de l'empereur. Aucune vie municipale (^) ; le maire, ses quatre adjoints, les vingt-neuf conseillers devaient leur mandat au gouvernement. Ce sont des administrateurs subordonnés au préfet. Beaucoup viennent de l'ancienne noblesse parlementaire ou capitulaire; on connaît le goût de Napoléon pour les survivants de l'ancien régime qu'il s'est efforcé de rallier à sa dynastie.

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