‹ Histoire de ToulouseChapitre 291 sur 317 · VT · texte numérisé non relu

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Vue du Pont de Tounis

Vue de la porte de Toulouse, côté de l'ouest

et exigent du maire qu'on change, à cette occasion, le spectacle du Théâtre municipal. La vie municipale est très agitée, avec ses Conseils fréquemment changés et aussi les incidents de juillet 1841, provoqués par la nomination du préfet Mahul, l'homme de l'impopulaire Guizot, qui s'était exprimé ainsi à la Chambre des députés : « I^es principaux fonctionnaires publics doivent s'identifier avec le Ministère, parce qu'ils sont la chair de sa chair et les os de ses os .» Le conseil municipal démissionna et fut remplacé par une Commission municipale aux ordres du nouveau préfet; même la préfecture fut assiégée aux cris de (( Démission ! » et les troubles, qui allèrent jusqu'à la barricade (7-13 juillet), obligèrent le préfet Mahul à démissionner La garde nationale fut dissoute (^).

De 1842 à 1846, il n'y eut pas moins de quatre élections législatives avec nomination, dans l'intervalle des dissolutions, de deux Commissions municipales. Toulouse compte un certain nombre de démocrates et républicains, dont le chef est Joly, et une forte minorité de légitimistes qui se recrutent dans la vieille noblesse parlementaire ou capitulaire. Le 9 janvier 1848 a lieu, dans l'ancien couvent des Minimes, un grand banquet de huit cents couverts pour réclamer la réforme électorale et le suffrage universel. Le 10 septembre 1839, le duc et la duchesse d'Orléans, entrant par Saint-Cyprien, visitèrent Toulouse durant trois journées. On se livra à de grandes réjouissances publiques à la tête desquelles le duc et la duchesse se firent honneur de paraître ; il faut aux hommes d'une même ville des jours de commune émotion qui les rassemble.

Les journées de Février sont accueillies avec enthousiasme La République par les démocrates, et sans opposition par l'unanimité (25 fé- ^^ ^^48.

vrier). Les Jeux Floraux se rallient à la République; la magistrature, le clergé l'acceptent. Joly est nommé, par Ledru- RoUin, président de la Commission départementale et municipale, ayant comme assesseurs Vivent, Pégot-Ogier, Bernard Mule et Gatien Arnoult. Ils organisent la garde nationale, désormais composée de tous les citoyens valides de vingt-cinq à cinquante ans. Plusieurs clubs se fondent : Les Droits de

I. Elle comptait, en 1832, 3.780 hommes; elle comprenait des bourgeois en très grande majorité.

l'Homme, le plus important ; La Voix du Peuple, le plus avancé. I^a vie politique devient ardente (^). A côté des journaux modérés [Journal de Toulouse) ou royalistes [Le Midi), des journaux démocratiques paraissent [L' Emancipation, d'A. Duportal), même des feuillets socialistes [L'Ouvrier, L' Education sociale). Des ateliers nationaux s'ouvrent, alimentés par des souscriptions; un Comptoir d'Escompte est créé pour favoriser le commerce. On plante des arbres de la Liberté, que les prêtres bénissent. Cinq Comités électoraux de diverses nuances préparent les élections à la Constituante; la députation de Toulouse comprend Pégot-Ogier, Bernard Mule (^), Malbois,

1. Cependant le plus grand ordre et la modération n'ont cessé de régner, d'après le Journal de Toulouse, 25 février 1848.

2. Bernard Mule. — A ce groupe de jeunes, dont le clicf était Joly, appartenait alors Bernard Mule, mi des organisateurs du banquet réformiste, un des plus probes niilitantsde l'idée républicaine à Toulouse né en 1803, mort en 1887, dont la mmiicipalité a donné le nom à la rue des Juifs (17 juillet 1896). Dès le plus jeune âge, l'esprit ouvert aux idées généreuses, il s'est voué à la cause de la fraternité humaine, à la défense des intérêts du peuple. Devenu un des chefs les plus ardents de la jeunesse toulousaine, il prit part à toutes les manifestations dirigées contre la Restauration; il refusa de I,ouis-Philippe la croix de la Légion d'honneur et, pendant les dix-huit années de son règne, montrant tout ce qu'il y avait en lui de foi républicaine, de bravoure, de désintéressement, il est, par excellence, homme d'action dans les cercles, dans les rangs du peuple, dans la bourgeoisie. Ni les poursuites judiciaires ni les visites domiciliaires ne lassent sa constance et n'ébranlent sa fermeté. Quand éclate la Révolution du 24 février, il était aux côtés de Joly proclamant la République du haut du balcon du Capitole. Adjoint au maire de Toulouse, c'est pendant qu'il accomplissait ces fonctions que se produisit l'attentat de Léotade, Frère de la doctrine chrétienne, qui avait soulevé la réprobation générale. Dans un moment d'exaspération, ime foule énorme se précipita, à 8 heures du soir, vers la maison des Frères, rue Riquet, hurlant des menaces de mort. Cinq cents enfants sont enfermés élans l'établissement, ks plus grands malheurs sont à redouter. Prévenu du danger, Bernard Mule accourt et, seul, au péril de sa vie, se jette dans la mêlée. Il est d'abord menacé, puis, reconnu par ceux qui l'entourent, l'agitation cesse; la parole de Bernard Mule ramène le calme chez les plus exaltés. Tel est l'ascendant de son autorité morale que la foule se retire; la catastrophe est évitée. Cet acte de courage civique et d'humanité est la plus belle page de la vie de Bernard Mule. Sa popularité va, dès lors, grandissant; quoiqu'il se refuse d'aller soutenir sa candidature dans les clubs, le département de la Haute-Garonne l'a élu à l'Assemblée constituante, où il siège à la Montagne, entre Calès et Magnin (de la Côte-d'Or). Au Deux-Décembre, il paya de sa personne avec une activité prodigieuse. Malgré le serment prêté à la Constitution, Bonaparte avait fait arrêter les notabilités des partis républicains et monarchistes; parmi elles figure Bernard Mule, interné d'abord à Ax, puis, après le complot de la machine infernale, dans la tour de Foix, avec Béni Barde, Roquelaine, Sicre, Banguel et autres. I,ibéré, avec obligation de résider à Châteaubriant, loin de sa famille et de ses intérêts, il est compris, plus tard, dans ime amnistie partielle; il rentre à Toulouse pour recommencer la lutte, s'efforcer de réveiller l'opinion publique, avec Emmanuel Arago et Pages (de l'Ariège). Mais l'Empire était au guet, et, lorsque la bombe d'Orsini éclata sous le péristyle de l'Opéra, ce fut le prétexte d'mie nouvelle arrestation de Bernard Mule, qui dut prendre le chemin de la transportation en Algérie, avec Gaillard, Grillon, Pégot-Ogier et autres. E'amnistie générale qui suivit la guerre d'Italie ramena de nouveau Bernard Mule

de Rémusat, Espinasse et Azerm, douze représentants démocrates, Pages, Joly, Armand Marrast, Gatien-Arnoiilt, Dabeanx, Calés. Au plébiscite pour l'élection du Président de la République, Ivcdru-Rollin (7.029 voix) et Cavaignac (2.441) réunirent une proportion des deux cinquièmes contre les trois à lyOuis-Napoléon (15.554), proportion supérieure à la moyenne de la France. Les élections de la Législative, par contre, montrent le retournement de l'opinion publique, alarmée par le socialisme et les émeutes de juin; la liste des députés ne comprend que des membres du c parti de l'ordre ». Les démocrates vaincus ont tenté, à Toulouse, comme à Paris (13 juin), un mouvement informe dont les auteurs furent acquittés par la Cour d'Appel.

Toulouse connut le coup d'Etat du 2 décembre, le 3, par une Le

proclamation de son préfet Maupas, futur préfet de police, Second ISmpire. auquel succéda Pietri, qui devait remplir les mêmes fonctions; il y eut quelques protestations, notamment celle de L'Eniancipation, dont les cinq cent vingt-deux signataires furent arrêtés, et quelques charges de cavalerie sur la place du Capitole. Le plébiscite du 20 décembre compte près de 6.000 non contre 11.000 oui. La Commission mixte de la Haute-Garonne (préfet procureur général de la Cour d'appel, général commandant la 10® région militaire) eut à juger quatre-vingt-sept suspects dont neuf furent expulsés du territoire, dix-neuf internés hors du département, dix-neuf déportés en Algérie et deux à Cayenne. Les principales victimes furent Jol3^ Roquelaine, A. Duportal,

dans sa ville natale. Une énergie moins bien trempée que la sienne eut cédé sous les coups qui l'avaient atteint ; mais Bernard Mule ne coimut jamais de défaillances. En 1863, à la veille des élections, il reprend en mains la direction de son parti avec Charles de Rémusat, ancien ministre, et Marie, ancien membre du Gouvernement provisoire de 1848; l'année suivante, il forme une coalition de tous les adversaires du régime de Décembre; il fonde l'Union démocratique en face de l'Union libérale; il ressuscite L'Emancipation et en confie la rédaction en chef au plus audacieux et au plus brillant de ses amis politiques, Armand DuporLal, acceptant ensuite pour lui la présidence du Conseil d'administration de cette feuille. I,e 4 septembre, il siège à la Commission municipale, rentre ensuite au Conseil municipal et, par deux fois, les électeurs du canton Centre l'envoient siéger au Conseil général. Entre temps, le gouvernement de la République lui décerne la croix de la Légion d'honneur. l,a droiture de sa vie et sa réputation d'honnêteté, d'austérité même, lui ont valu une grande lonsidération. Aussi, retiré de la vie politique, il emporte dans sa retraite l'estime profonde de tous ceux qui l'ont coimu, coreligionnaires et advors drcs politiqu s. Il y eut certainement dans le parti répnblicahi, à Toulouse, des personnalités plus éminentes; il n'y eut pas de scr\'iteur plus passionné et plus désintéressé de la démocratie.

Bernard Mule, Ch. de Rémusat. Le 4 et le 5 octobre 1852, le prince-président passait à Toulouse, y était acclamé aux cris de «Vive l'Empereur ! », recevait des pétitions tendant au réta- • blissement de l'Empire, entendait une ode de Vestrepain, une cantate dont les paroles étaient de Mengaud. Le plébiscite

Darnarc) Jlulé Ivcprésentant Ju Peuple

pour l'Empire ne réunit que les trois cinquièmes des citoyens inscrits et recueillit à Toulouse 1.241 non et 428 bulletins blancs pour 13.952 oui(i). De 1852 à 1870, la ville ne nomma à

I. Eugénie de Montijo, que l'empereur épousa en 1853, avait étd, avec sa sœur, l'élève du pensionnat des dames Berryer, rue Donne-Corailh ou Espinasse. Sa mère avait habité place Saintes-Scarbes.

la Chambre que des candidats officiels ; la municipalité, composée par le préfet, eut à sa tête, au début, des militaires. Mais, aux élections municipales de 1865, la liste non officielle passa tout entière; à celles de 1869 et de 1870, la victoire des républicains fut éclatante, et aux élections législatives de i86g,le nombre des voix républicaines est en progression marquée. L,e plébiscite du 8 mai 1870 montre le triomphe, à Toulouse, de l'opposition à l'Empire. Les deux tiers des inscrits ont voté : 12.500 non, 9.128 oui. Dans la première partie de l'Empire, il n'existe

Entrée Ju i (/^ Je ligne à Toulouse (l856) Guerre d'Orient

(Musée des Toulousains de Toulouse)

que deux journaux organes officiels : Le Journal de Toulouse et L'Aigle. Mais, en 1868, après la suppression de l'autorisation préalable, xe-psuaitL'Emaficipation; des poursuites incessantes sont dirigées contre ses rédacteurs, notamment contre Louis Ariste, que vient défendre Gambetta à propos de sa brochure : Les Hommes du jour. A la veille de la guerre de 1870, se fonde Le Progrès libéral; les journaux royalistes étaient alors La Gazette du Languedoc,Le Messager et L Echo de la Province.

La guerre permit à la Haute-Garonne de faire revivre les traditions de la Révolution. Le département fournit trois bataillons de mobiles ; le troisième (Toulouse) fut envoyé à

La guerre de 1870.

La Commune.

l'armée de la Ivoire(2o6 corps), prit part au combat deBeaune la-Rolande, puis fut versé à l'armée de l'Est, dont il suivit la triste odyssée (Héricourt et la retraite de Pontarlier). Les deux batteries d'artillerie mobile (capitaines Mariage et Blot, lieutenant Ancely), parties le 8 octobre 1870, se couvrirent de gloire à Belfort et eurent vingt-quatre morts et quarantecinq blessés. Cependant, le 4 septembre, l'Empire s'effondrait et la République était proclamée à Toulouse (^). Duportal était nommé préfet, Gatien-Arnoult président de la Commission municipale. Comme Bordeaux, Toulouse forma avec les départements voisins (^) une fédération, la Ligue du Sud-Ouest, dont le Congrès se réunit dans la ville. Il s'agissait de galvaniser le sentiment patriotique, d'assurer le maintien de la République et d'organiser la guerre en province, le cas échéant. La Fédération n'eut qu'une vie éphémère. L'armistice signé, le département envoya à l'Assemblée nationale, à Bordeaux, une députation de l'Union nationale, très modérée et même réactionnaire (ex-bonapartistes ou orléanistes, sauf Ch. de Rémusat). Mais Toulouse avait donné la majorité à Gatien-Arnoult, Gambetta, Humbert, Bayard et Calés, républicains. L'Assemblée vota la paix et entra en lutte avec Paris. Toulouse eut aussi sa tentative communaliste le 25 mars. Duportal, avec l'aide de quelques gardes nationaux, occupa l'Hôtel de Ville qu'il abandonna, du reste, assez vite, devant les sommations de la troupe concentrée sur la place du Capitole. Cette tentative avait entraîné quelques barricades, de la confusion et du désordre, sans causer ni effusion de sang ni extrême violence. Une instruction fut ouverte contre Armand Duportal, ancien préfet, Castelbou, ancien maire de Toulouse, l'acteur Saint-Gaudens, capitaine de la garde sédentaire, Cavarré, ancien directeur de la sûreté, et trois autres, tous inculpés d'attentats contre la liberté individuelle et la forme du gouvernement, et aussi d'exci-

1 . l,e préfet de l'Empire, de Prévost de I^aunay, annonce les événements (constitution du gouvernement de la Défense nationale) à la foide, place Saint-Etienne, en ces termes : « Ce matin, j'étais préfet de la Haute-Garonne, maintenant, je ne stiis plus rien; j'attends mon successeur; je suis avec vous. » I^e médaillon représentant Napoléon I" fut enlevé du Capitole le i8 septembre.

2. Tam-et-Garonne, Tarn, Aude, I/)t, lyOt-et-Garonne, Dordogne, Gers, Ariège, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales, Gard, Hérault.

tation à la guerre civile. Ces prévenus, traduits au mois d'août devant la Cour d'assises de Pau, furent tous acquittés.

Malgré la pression opérée par le gouvernement de l'ordre moral (1873-1876) et l'installation d'une municipalité d'opinion conservatrice (1870), malgré le rétablissement temporaire d'un régime autoritaire pour la presse, la ville n'a cessé d'affirmer, par ses votes, son attachement au régime répablicain; les élections municipales de décembre 1874 ont donné la victoire définitive au parti qui a lentement, mais sûrement, conquis les masses urbaines en France, en attendant qu'il ait conquis les campagnes ; aux élections sénatoriales de 1876, la Haute- Garonne a nommé deux républicains sur trois, aux

Toulouse.

Régime

républicain, (i)

I. Sénateurs. — 1876 : MM. Humbert, sénateur inamovible; Sacaze, général Pourcet, de Belcastel; — 1879-1888 : Humbert, de Rémusat (Paul), Hébrard (Adrien), Camparan, Ferai, S. I. (1886); — 1888-1897 : ^de Rémusat (Paul), Hébrard, Camparan, Ferai, décédé; Constant (1889); — 1897-1906 : Abeille (Valentin) (1897), décédé; Bougues (Victor) (1902), Camparan, Constans; — 1897- 1906 : Oumac; — 1906-1920 : Oumac, I,eygue (Raymond), Bougues, décédé; Bepmale (1907), Gaze, décédé; I^eygue (Honoré) (1907);- — 1920-1924 : Blaignan, Cruppi, Duchein, I^eygue (Honoré); — 1924-1933 : Saint-Martin, décédé; Blaignan, Duchein, Feuga (Paul); — 1933-1942 : Carrère, Rouart, I^ucien Saint, Savignol.

Députés. — 1872 : MM. Gatien-Anioult, de Rémusat (Paul), Humbert, Piou, baron de I<assus, comte d'Auberjon, Sacase, comte de Brettes-Thurin, de Belcastel, de PejTre; — 1874 • Gatien-Amoult, de Rémusat (Paul), Humbert, Piou, baron de I^assus, Sacase, comte de Brettes-Thurin, de Belcastel, Depeyre, de Rémusat (Charles); — 1878 : Constans, Duportal, comte d'Ayguevives, Niel, lycnglé, Tron, lyamothe; — 1881 : Constans, Duportal, Montané, Niel (C), I^englé, Tron, Caze; — 1885 : Constans, Duportal, Montané, Germain, Bougues, I,atour, Caze; — - 1887 : Niel, Piou (Jacques), Germain, Constans, Abeille, Calés, Calvinhac; — ■ 1893 : I,eygues, Calvinhac, Mandeville, de Rémusat (Pierre), Piou, Abeille, Caze; — 1896 : IvCygues, Calvinhac, Mandeville, de Rémusat (Pierre), Bepmale, Abeille, Caze; — 1898 : I^eygues, Calvinhac, Mandeville, de Rémusat (Pierre), Bepmale, Ruau, Caze; — 1899 I,eygues (R.), Calvinhac, Cruppi, l,eygue (H.), Piou, Ruau, Caze; — 1903 : I,eygue (R.), Serres, Cruppi, I,eygue (H.), Bepmale, Ruau, Caze; — ■ 1907 : Bedouce, Couderc, Cruppi, I,eygue (H.), Bepmale, Ruau, Auriol; — 1908 : Bedouce, Couderc, Cruppi, Gheusi, Bougues, Ruau, Auriol; — 1911 : Bedouce, EUen Prévôt, Cruppi, Gheusi, Bougues, Ruau, Auriol; — 1912 : Bedouce, EUen Prévôt, Cruppi, Gheusi, Bougues, Ruau, Auriol; — 1915-1920 : Auriol (Henri), Auriol (Vincent); — 1924 : Barès, Bellet, Ducos, Gheusi, Rendu (Ambroise); — 1925 : Aiuriol (Henri), Atiriol (Vincent), Bedouce, Ducos, I,abatut, Rieux; — 1929 : Amat, Aiuiol (Henri), Amriol (Vincent), Bedouce, Beluel, Ducos;

— 1934 : Amat, Ainriol (Henri), Auriol (Vincent), Bedouce, Berlia, Ducos. Maires de Toulouse. — 1870 : MM. Gatien-Amoult, Cousin, Castelbou; —

1871 : Valette, Bégué (J.), délégué, Fabre, Ebelot; — 1874 : vicomte Toussaint;

— 1876 : Ebelot; — 1877 : vicomte Toussaint; — 1878 : Ebelot; — 1881 : Castelbou (I,.), Bartliélemy; — • 1882 : Ferai, provisoire; Hue; — 1884 : I,avigne, provisoire; Sirven; — • 1888 : Oumac; — 1892 : Serres; — 1894 : I<abéda, président de la délégation provisoire; Serres; — • 1896 : Coumoul, délégué; Serres; — 1905 : Tranier, premier adjoint faisant fonction de maire; — 1906 : Causse, délégué; Bedouce, Rieux; — 1908 : I^cygue (R.) ; — 1912 : Rieux; — 1919 : Feuga (Paul); — 1925 : Billières (Etienne).

élections législatives quatre sur sept. En 1885, c'était cinq sur sept que le département envoyait au Palais-Bourbon. La vieille cité royaliste de 1815 a achevé son évolution politique. Elle se passionne pour les luttes d'idées et de partis, comme en témoigne la floraison de ses journaux de toutes nuances (8en 1881), de La Réforme, déjà radical, et de La Dépêche qui, depuis 1870, a commencé sa carrière, jusqu'au Messager,L'Echo de la Province et L'Union méridio7iale, royalistes et bonapartistes (^). Le goût de la politique dans le régime nouveau de liberté et d'opinion demeurera un des traits marquants du caractère local.

La Comme l'histoire proprement dite, l'histoire de la vie intel-

vie inteUectuelle. lectuelle et artistique de Toulouse au XJX^ siècle reste à faire (2).

Si aucun écrivain de grande classe n'est issu de notre ville, elle

continue à manifester le goût le plus vif pour toutes les choses

1. I,es joumaiix politiques quotidiens sont actuellement : La Dépêche, L'Express du Midi, Le Midi, La Petite Gironde (édition de Toulouse). Le Télégramme, fondé le I'''' janvier 1895, avec l,ouis Latapie comme rédacteur en chef, a disparu ces dernières années.

2. Parmi les personnalités disparues dont Toulouse s'honore, qui se sont élevées au siècle dernier par leurs mérites et leurs talents, citons, avec la restriction qu'impose le cadre de cet ouvrage et indépendamment de celles mentionnées en notes ou dans le texte : Baour-I,ormian (1770-1854), de l'Académie française, poète et auteur dramatique; Romiguières (1775-1847), illustre avocat du barreau toulousain, procureur général à Toulouse, conseiller à la Cour de cassation, député sous la Révolution, créateur de V Antiterroriste, pair de France; Philippe Ferai (i 795-1 858), avocat distingué, fréquemment élu président de l'Assemblée départementale; Prospcr Timbal (1805-1891), avocat de grande valeur, principal collaborateur du Dictionnaire de législation Dalloz; de Belcastel (1821-1890), député monarchiste, célèbre orateur; de Rességuier (1789-1862), excellent poète, fondateur de la Muse française pour l'école romantique; Alexandre Fourtanier (1805- 1864), avocat éminent, procureur du roi à Toulouse, maire de Toulouse, représentant du peuple à l'Assemblée législative; le Père Caussette, célèbre prédicateur, polémiste distingué, recteur et fondateur de l'Institut catholique de Toulouse; Florentin Ducos (né à Toulouse le 28 avril 1780, décédé àCuguaux, près Toulouse, le 8 novembre 1873), écrivain fécond dont l'activité s'étendit jusqu'au second Empire. Ses principales oeuvres sont : L'Epopée toulousaine ou la guerre des Albigeois, poème en vingt-quatre chants (2 vol., Toulouse, 1860); ses Fables, des poèmes lyriques divers (Sur les obsèques et la translation de Napoléon, 1840; Abdel-Kader ou les martyrs de Syrie, 1860), des stances {Sur la démolition de la vieille tour du Palais, 1856; Sur la mort de Jules de Rességuier, 1862; La Douleur, 1859; Adieux à la campagne, 1863); un Hymne à Clémence Isaure, 1869. (Voir ses œuvres dans le Recueil de l'Académie des Jeux Floraux dont il était membre.) De nombreux peintres de valeur : Théodore Richard, Bida, Valenciennes, Roques, Jacquemin, Dupont, Saïu-ines, Bénazet, etc.

de l'esprit, à produire des hommes de talent et à justifier le nom de Palladienne qu'elle mérita dans l'antiquité et au xv^ siècle. Les époques les plus brillantes de la vie littéraire furent la Restauration et la fin du xix® siècle, celle des romantiques déjà signalée sous l'Empire, celle de la jeune génération de poètes de 1890 à 1900, groupés autour des revues L'Effort et L'Ame latine : IMaurice et André Magre, Muchard, VioUis, François Tresserre, Armand Praviel, Rozès de Brousse, Emmanuel Delbousquet, Marc Lafargue, récemment disparu, dont les vers de L'Age d'Or, de La Belle Jouvence, des Plaisirs et des Regrets chantent en bien des cœurs (^). La langue occitane n'est pas abandonnée; le xix^ siècle, qui a vu se fonder le félibrige, fut pour elle une époque de renaissance {^), avec Olympe Bénazet, Louis Vestrepain, Lucien Mengaud, surtout Auguste Fourès, qui n'est pas indigne d'être cité à côté de Mistral, son disciple Prosper Estieu et son ami Perbosc, trois poètes rafiinés; enfin Léon Géry, lé Garrélou, chez qui s'épanouissent la ver\^e narquoise et la gauloiserie patoisantes populaires. Dans un autre domaine, on ne peut nier que, malgré son origine albigeoise, le célèbre Jaurès n'appartienne à Toulouse, où il professa et fit sa première expérience politique dans l'administration municipale. L'activité des corps savants dit l'intérêt que la société instruite attache aux recherches de tout ordre. A la vieille Académie des vSciences, s'ajoutent, le 2 juin 1 831, la Société archéologique du midi de la France, dont le Recueil est une mine inépuisable pour le chercheur, l'Académie de Législation (ler mai 185 1), la Société franco-hispanoportugaise (1880), la Société de Géographie (1882). C'est là qu'on pourrait trouver ceux qui, à défaut de grands poètes ou de grands orateurs, assurent néanmoins à Toulouse, par leur haute valeur, une place très honorable parmi les centres provinciaux d'érudition et de science : du Mège, surtout Molinié, Roschach, de Malafosse, de Lahondès, Monseigneur Douais, Emile Cartailhac, pour citer seulement quelques-uns

1. De Malafosse, Les salons et les cercles littéraires de Toulouse; Souvenirs du personnel de la haute société toulousaine de la Restauration au second Empire (Revue des Pyrénées, t. XXIII, 191 1, p. 122. — De Santi, Lamothe-Langon, déjà cités.

2. Voir Documents sur Toulouse {Congrès pour V avancement des sciences, 1910, vol. I); Poètes languedociens de Toulouse, par Armand Praviel et Rozès de Brousse. — Voir Ariste Passerieu et Braud, pp. 699, sq.; Genty Magre, Les Artistes de Toulouse, Toulouse, 1865.

des principaux disparus. Les publications de ces Sociétés, les Annales du Midi, la Revue des Pyrénées, la Revue Historique de Toulouse, apportent aux curieux ou aux savants une moisson plus riche que dans bien d'autres villes. Le magnifique don fait aux Sociétés savantes de Toulouse par le banquier Ozenne et qui a permis de les réunir dans le décor merveilleux de l'Hôtel d'Assézat, prouve le prix qu'on attache chez nous à la haute culture (^). L'instruction publique s'est, du reste, généralisée, gagnant les masses jadis illettrées; les deux écoles primaires gratuites d'enseignement mutuel de 1830, les cinq écoles (dont une pour les filles) de la ville de 1833, auxquelles s'ajoutaient sept écoles congréganistes, au surplus mal installées, ont multiplié singulièrement depuis les lois de 1880-1882 (153 écoles publiques ou privées en 1910). Si le Lycée, agrandi des locaux de la rue Malbec en 1855 et des Jacobins en 1872, garde encore vivante l'image du passé, l'Université, après avoir végété tout le long du xix^ siècle, a retrouvé avec son nom, au xx^ siècle, sa splendeur du moyen âge en se modernisant et en s' adaptant, par ses divers Instituts, aux nécessités de la vie moderne (Société d'Histoire naturelle et Muséum en 1865, Institut de Chimie agricole et électrotecb nique. Station de Pisciculture, Observatoire du Pic du Midi, etc..) (^). Toulouse est redevenue et reste, plus que jamais, un centre de culture régional, un des plus importants de France (^).

I,a Elle est restée aussi un centre d'activité artistique. Son

vie artistique Hcole des Beaux- Arts a été dotée (31 mars 1850) de trois grands prix conférant aux titulaires un poste de pensionnaire de l'Ecole de Paris, de nombreuses bourses communales, départementales, ministérielles ou privées. Le chiffre de ses élèves a dépassé cinq cents. En 1892. à la suite du percement de la rue de Metz, elle quittait le couvent des Augustins pour se fixer à l'ancienne Manufacture des Tabacs. L'Ecole gratuite de mu-

1. I<e legs du généreux bienfaiteur Ozenne a été fait en faveur de la ville de Toulouse pour l'établissement de ses Académies et Sociétés littéraires et sdentiflques. Ainsi l'hôtel d'Assézat, après restauration par le professetu: Deloume, exécuteur testamentaire de Théodore Ozenne, donne asile à l'Académie des Jeux Floraux, à l'Académie des Sciences et Belles-I,ettres, à l'Académie de Législation, à la Société de Géographie, à la Société de Médecine, Cliirurgie et Pharmacie, à la Société archéologique du midi de la France.

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