Camichel, directeur
2. Voir J.VTaàelles. Historique delà Bourse du Travail (1889-1896), Toulouse, 1896.
3. L,e cinquantenaire de l'Ecole laïque a été célébré en 1931.
ont été acquises par la Compagnie des chemins de fer du ]\Iidi, soucieuse d'abolir la concurrence des transports fluviaux et de <:on server à la voie ferrée le monopole du commerce du Sud-Ouest garonnais. Le rachat des deux canaiix par l'Etat a permis de rendre quelque activité à un trafic presque entièrement disparu (^). Mais surtout l'arrivée des chemins de fera Toulouse a contribué à transformer les conditions du commerce et à lui donner une ampleur qu'il n'avait jamais connue jusque-là. Le premier programme des chemins de fer, sous Louis-Philippe, comportait la voie ferrée Bordeaux-Cette; les
La Gare Je l'Accéléré ( i S^ i )
(Port Saint-Sauveur) G. Carpenter à M. Josepli Vaj-sse
terrains de la gare Matabiau furent achetés en vertu d'une ordonnance roj^ale du 15 février 1843. Les bâtiments provisoires s'élevèrent fin août 1856 et, le i^^ septembre de cette année, s'inaugurait en grande cérémonie, sous la présidence du général Roguet, aide de camp de l'empereur (^), le tronçon
1. Dcins le canal du Midi et latéral à la Garonne, le mouvement, en 1932, comprenait 4.766 bateaux chargés pour un tonnage de 398.830 tonnes; la période correspondante de 1931 est un peu plus élevée : 5.963 bateaux chargés pour un tonnage de 429.492 {Journal officiel du 3 mars 1933). C'est en vertu de la loi du 27 novembre 1897 qu'a été effectué par l'Etat le rachat du canal du Midi et de la concession du canal latéral à la Garonne, à dater du i^'' juillet 1898.
2. Roguet fut légèrement blessé dans l'affaire de l'Opéra (attentat d'Orsini ■contre l'emperem:).
de la ligne Toulouse-Valence-d'Agen. Dès lors, le réseau ferré, dont Toulouse est le centre, s'établit aux dates et selon les lignes suivantes : Toulouse-Matabiau-Sète, le 22 avril 1857; Toulouse-Portet-St-Simon-Pamiers, le 19 octobre 1861; Pamiers-Foix, le 7 avril 1862; Portet-St-Simon-Montréjeau, le 9 juin 1862; Montré] eau-Tarbes, le 15 juin 1867; Toulouse-Saint-Cj'prien-Auch, le 22 octobre 1877; Toulouse-Limoges, par Capdenac et Brive, mettant en communication directe notre ville avec Paris, le 24 octobre 1864, et Toulouse- Paris, par Cahors-Montauban, le 10 avril 1884. Depuis lors, les relations ferroviaires se sont singulièrement améliorées, surtout à Toulouse, qui est devenue le débouché des lignes transp^-rénéennes (Puymorens, Salau), une étape nécessaire sur la voie Paris- Barcelone et, plus tard, sur le tracé plus court Paris-Madrid; elle retrouve, par des mo^-ens très modernes, sa destinée du moyen âge, qui faisait d'elle la porte de l'Espagne aragonaise. Toulouse est un centre de tourisme pyrénéen et possède une Ecole hôtelière, dont le renom s'étend jusqu'en Amérique. L'aviation a encore accentué ce caractère; devenue, après la guerre, un des plus grands ports aériens de France (terrain de Francazal) et terrain Latécoère, près Montaudran), notre ville est le point de départ des grands oiseaux qui vont se poser à Barcelone, au Maroc et plus loin, à Dakar, en Amérique (^). Ainsi s'élargissent ses destins, grâce au génie humain, qui triomphe de la pesanteur et se rit aujourd'hui des distances. La vulgarisation des transports automobiles a donné une vie nouvelle aux routes, un moment abandonnées, qui rayonnent de Toulouse dans toutes les directions. Il reste encore des progrès réalisables en ce domaine. Le grand projet du canal maritime Océan-Méditerranée, depuis près d'un demi-siècle agité dans les Congrès du Sud-Ouest navigable, demeure, pour le moment, dans le domaine des hypothèses. Lorsqu'on sait le temps qu'a mis à se réaliser celui du canal du Midi — deux siècles, — il n'est pas interdit d'espérer qu'un jour, Toulouse, port de mer, verra passer, au pied des collines du Calvinet ou de Montaudran, des vaisseaux jaugeant plusieurs milliers de tonneaux.
I. D'ailleurs, il était juste que Toulouse eût sa part des avantages qu'a procurés la conquête de l'air. Non seulement sa position géographique la désignait poxu" un rôle de choix, mais n'est-ce pas à ses portes qu'est né Clément Ader, le père de l'aviation? (Né et mort à Mturet, 2 avril 1 841-13 mai 1925.)
Les transactions ont pris, dans cette seconde partie du xix^ siècle et dans le premier tiers du xx^ siècle, une ampleur sans cesse accrue; des entreprises ont vu le jour, comme le commerce des violettes, qui porte le nom et le parfum de Toulouse dans les lointaines capitales; de grands magasins se sont ouverts; le goût des affaires a succédé à celui du fonctionnarisme, encore très ancré dans la population jusqu'à une époque récente. En 1902, se fondait, dans les bâtiments de l'hôtel Saint-Jean, l'Ecole supérieure de Commerce, soutenue par l'Etat, la municipalité et la Chambre de commerce, réveillée de sa séculaire torpeur, L'après-guerre a agité notre ville, comme tant d'autres, de la fièvre des échanges et des spéculations, heureuses ou malheureuses ; le nombre des banques a beaucoup augmenté. Somme toute, la Toulouse de 1934 est infiniment plus active, plus occupée que celle de 1834. Cette période séculaire, qui fut celle des grandes transformations matérielles dans le monde, a modifié, d'une manière évidente, sa ph^^sionomie économique et peut-être aussi très sensiblement l'esprit de ses habitants, chez lesquels, à la vérité, le sens pratique et la prudence avisée n'ont jamais fait défaut.