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Aux lieux dits le Cluzel et Estarac

recouverte d'un plat en forme de tronc de cône. Cette agglomération, la plus ancienne, couvrait un hectare environ de ses huttes de bois et de boue séchée.

A l'époque plus récente de la Tène {^) (iv^, iii^ et ii^ siècles), l'agglomération augmente et s'étend vers l'est. Ses vestiges consistent, d'abord, en débris de grands vases grossiers, gris, bruns ou noirs, en monnaies à la croix d'origine nettement gauloise; les sépultures à incinération contiennent des urnes noires. A cette période paraît appartenir la grande enceinte fortifiée, d'une contenance de 200 hectares, qui se trouve entre Vieille-Toulouse et la rivière, avec ses murs de terre, ses escarpements naturels retaillés par les hommes et surtout les trois cavaliers qui défendent, du côté de Vieille-Toulouse, l'accès de la place. Au versant nord de Vieille-Toulouse s'étend, enfin, une agglomération très importante, couvrant 22 hectares, et divisée par le relief en ville haute et en ville basse. Elle est caractérisée par l'apparition des amphores italo-grecques d'une céramique fine, parfois artistiques, mais d'importation étrangère; par les monnaies, très nombreuses surtout au « planhol », sorte de foirail; ces monnaies, très variées, comprennent des médailles grecc|ues et marseillaises, celtibériennes, gauloises, et enfin romaines (^), jusqu'au premier siècle de notre ère. Ici ont été découvertes des substructions maçonnées, des aires d'habitations, recouvertes de briques ou de mosaïques, des objets gaulois ou gallo-romains. C'est le centre le plus récent, sur lequel nous aurons à revenir.

En même temps que la ville haute se créait, se développait la ville basse. La limite du sud-ouest en paraît marquée par l'immense nécropole de Saint-Roch, au quartier dit du Férétra. Elle s'étendait, selon M. Joulin, sur 16 hectares. Mais, depuis le xvii^ siècle, les trois quarts de la superficie primitive ont été détruits par l'exploitation de la terre à briques ou couverts de constructions. Les cent cinquante tombes fouillées révèlent, comme à Pech-David, trois étapes de civilisation. L'époque de Hallstadt est marquée par les tombes individuelles avec coupes, plats tronconiques et mobi-

Agglomération de Saint-Roch

et de Toulouse-B asse .

1. Canton de Neuchâtel (Suisse), principal gisement de la deuxième époque du fer, auquel on a donné son nom.

2. Voir Catalogue, par Roschach; principales : Rhoda, Emporiuni, Marseille, Carthage, Panorme, monnaies volkes et gauloises d'autres peuples.

Autres

agglomérations

dans la région

toulousaine.

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lier de vases grossiers à dessins géométriques. ly' époque de la Tène se distingue par de grandes sépultures collectives, des sortes de silos profonds; on y trouve, d'abord, des poteries locales assez fines, imitées des modèles grecs, avec des céramiques importées d'Espagne ou d'Italie. A côté du vase funéraire, ont été découverts des récipients à parfums, des os et des pépins provenant d'offrandes, des objets usuels ou des parures de bronze, de fer, d'argent, des perles de verre colorié. Enfin, les tombes les plus récentes ne sont meublées que d'amphores italo-grecques d'importation, sans autre mobilier. L'agglomération des vi^-v^ siècles paraît avoir contenu quinze mille tombes, celle des iv^-ii^ siècles, quarante mille. De toute évidence, c'était là le cimetière d'une grande cité, qui s'étendait le long de la courbe de la Garonne, sur la rive haute. On a pu 5' découvrir, çà et là (^), des couches à débris préromains, des vestiges de poteries analogues aux modèles de Saint- Roch et de Pech- David, des monnaies gauloises, espagnoles et romaines. Mais il est évident qu'ici la persistance d'une grande ville, des temps romains jusqu'à nos jours, a fini par faire disparaître les restes des habitants primitifs et rend, en tout cas, les investigations archéologiques difficiles.

Toute la région toulousaine a été occupée, aux périodes de Hallstadt et de la Tène, par des populations de même civilisation. Couches à débris de poteries, monnaies, objets divers analogues aux trouvailles de Pech-David et de Saint- Roch ont été mis à jour à Saint-Michel-du-Touch, Lalande, Pinsaguel, la Cépière. A Fenouillet fut exhumée, en 1840, une urne cinéraire contenant un trésor en or des iii^-ii^ siècles

Alarj (feuille- Touloiu^e) Découvert dans la vallée.

I. 1907, en creusant un égout sur la place Intérieure-Saint-Michel; 1848, sur l'emplacement de l'enceinte romaine, à Saint-Etienne, on a repéré mie ancienne nécropole. Une autre est le cimetière Saint- Aubin, gallo-romain et antérieur, découvert en 1847.

(torques ou colliers, fibules ou attaches, bijoux), aujourd'hui au musée de Toulouse. A Saint-Sulpice-de-la-Pointe a été explorée une nécropole de l'âge de Hallstadt, en tout analogue à la partie la plus ancienne de Saint-Roch. Les plateaux environnant Albi ont aussi livré un contingent assez important de restes des mêmes époques (Montans, Lavène, Puygoujon), notamment le second trésor gaulois du musée (^). La vallée supérieure de la Garonne (nécropole de Bordes-de- Rivière, près Montréjeau), les coteaux de la rive gauche de la Garonne (Lectoure, Brignemont) sont considérés aujourd'hui comme des habitats semblables au groupe proprement toulousain.

Quelles sont ces populations? Ce sont des Celtes, descendus Populations du Massif central, au vii^ ou vi^ siècle avant notre ère, appor- ^^^ Celtes, tant avec eux l'usage du fer nouveau dans ces régions, colonisateurs de la vallée de la Garonne où ils ont soit éliminé, soit recouvert les occupants antérieurs. Ligures, Ibères. Les deux villes toulousaines furent vraisemblablement fondées par eux, non au ui^ siècle, époque admise jusqu'ici pour l'arrivée des Volkes dans nos régions, mais bien plus anciennement. L'une fut un oppidum, comme il en existait tant à l'époque gauloise, une place forte, un refuge en cas de danger ; l'autre fut la ville des trafiquants, au point d'intersection de la voie d'eau et de la voie très ancienne qui, par Badera (Baziège), se dirigeait vers Narbonne et la Méditerranée. Toutes deux petites et assez misérables au début, avec leurs huttes de clayonnage, surtout la ville basse, qui devient alors beaucoup plus importante que la ville haute. En même temps, l'activité de leurs relations avec le monde méditerranéen et ibérique est attestée par le nombre de monnaies et de poteries importées ou imitées. Quant au nom même de Toulouse, il est fort vraisemblable qu'il vient des Celtes, sans qu'on en puisse fixer avec certitude le sens {^).

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