‹ Histoire de ToulouseChapitre 35 sur 317 · Le premier est de style corinthien grossier · texte numérisé non relu

Le premier est de style corinthien grossier

2. Ainsi nommée parce qu'elle se trouvait près des fonts baptismaux.

Quartier

de Saint-Pierre

des Cuisines.

Assemblées.

Tour Mauran.

porte Miégeville ou des Innocents, dont le premier chapiteau représentait le massacre ordonné par Hérode, et les autres l'Annonciation, la Visitation, Adam et Eve; sur le tympan, un beau bas-relief montrait le Christ s'enlevant sur un nuage, escorté par des anges et au-dessus de ses apôtres en adoration. La nef centrale, avec ses onze travées voûtées en berceau, son triforium aux arcades géminées, sa hauteur presque égale à celle des vaisseaux gothiques du Nord (^), étonnait par sa robuste et simple majesté. De cette nef, la vue se perdait dans la mystérieuse et lointaine pénombre du chœur incliné légèrement [vers le nord. I^' abside et le déambulatoire, avec le transept, étaient d'une beauté aussi rare. Et, du dehors, l'œil montait le long des degrés que formaient les collatéraux, se reposait sur les courbes ascendantes des absidioles qui constituent la base du socle gigantesque portant la tour octogonale du clocher, pour suivre dans le ciel la montée des étages de briques à fenêtres romanes géminées, surmontées, à la fin du xii^ siècle, de deux rangs superposés d'ogives mitrées et se remplir l'esprit des teintes admirables dont le soleil couchant se plaît à revêtir cet ensemble unique.

Près de Saint-Pierre des Cuisines, les habitations dévalaient jusqu'à la rivière; pauvre quartier de pêcheurs, de blanchisseurs de cuir, de maraîchers. Pourtant, les comtes semblaient aimer ces petites gens, puisque, trois fois au moins, les textes nous apprennent que des réunions générales eurent lieu devant l'église, avant ou pendant la période albigeoise. Entre l'église Saint-Sernin, auprès de laquelle se tenait un marché autorisé par les consuls, et la vieille basilique du Taur, s'étendait un quartier plus riche, autour de la rue venant de la Porterie. Il ne nous en reste, aujourd'hui, au coin de la rue Périgord, que la tour Mauran (^), second exemplaire des logis fortifiés de l'aristocratie toulousaine, avant leur destruction par ordre des légats pontificaux. La tour Mauran, carrée comme la tour Vinhas, a perdu ses étages supérieurs; mais la salle basse subsiste avec sa voûte d'arête en arcs

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