‹ Histoire de ToulouseChapitre 36 sur 317 · m. II ; Notre-Dame de Paris, 23 mètres · texte numérisé non relu

m. II ; Notre-Dame de Paris, 23 mètres

2. l,a tour Mauran dépendait des anciens bâtiments du collège du Périgord (xiv* siècle). EUe faisait partie du logis des nobles et riches bourgeois dont le légat ordonna la démolition des tours qui les protégeaient. (Voir ci-dessus, chap. iv. Missions pontificales à Toulouse.)

d'ogive, et l'on n'a pas de peine à retrouver sur ses murs la trace d'anciennes fenêtres géminées de style roman. Au reste, toute la partie du bourg comprise entre les deux sanctuaires et l'ancienne muraille romaine devait être, au début du xii^ siècle, assez peu peuplée : les grands espaces libres et les jardins n'y devaient pas manquer. lyà s'installeront, après la croisade, les principaux ordres religieux et surtout l'Université avec tous ses collèges.

Le faubourg Saint-Cyprien n'avait pas alors d'enceinte comme le bourg. Plus petit qu'aujourd'hui, mais encore plus exposé aux dégâts périodiques des inondations, il se serrait autour de la rivière, que bordaient les deux hôpitaux Sainte-Marie et de la Grave, ce dernier mentionné dans un acte de 1197, et où les graviers formaient la berge pour le port des pêcheurs.

Plus loin, les maisons s'aggloméraient autour de la vieille église Saint-Nicolas qui porte le vocable du protecteur de la navigation et de la pêche (^). Le sanctuaire, dont l'église actuelle n'est qu'une reconstitution (xiv^ siècle), était luimême l'héritier d'un oratoire bâti aux temps barbares pour abriter des reliques des martyrs saint Cyprien {^) et sainte Justine, et qui fut peut-être réédifié à l'époque romane et dédié à saint Nicolas. C'est là, selon la Chanson de la croisade, que Simon de Montfort entendit la messe quelques instants avant d'être tué à la porte Montoulieu.

L'enceinte de la ville et du bourg ne circonscrivait pas toute la commune toulousaine. L'autorité des consuls s'étendait à la banlieue immédiate et prétendait même accaparer une banlieue plus lointaine. La Salvitas ou Sauveté, créée

r. D'après Chalande, la construction de l'église Saint-Nicolas appartient à trois époques s'étendant du xii<= au xv!" siècles. Il ne paraît rester de l'ancienne église que la base du clocher {xn« siècle) et une chapelle à gauche, en face de la porte d'entrée, dont l'ogive et les nervures de la voûte se confondent presque avec du plein cintre. L,a chapelle de sainte Germaine accuse le style de transition romano-gothique. Les chapelles et le maître-autel ont été remaniés au xviii® siècle et au siècle dernier. A quelle date la nouvelle église fut-eUe construite? I^'ogive élancée de l'ancienne porte s'ouvrant dans la petite rue Saint-Nicolas (façade ouest) et la grande nef de cinq travées aux arcs en tiers-point sont du plus pur gothique, qu'on peut attribuer au xrv^ ou au xv« siècle pour nos églises du Midi. 1,'archéologue Brunel, dans une étude documentée parue en 1871, date cette église de la fin du xiv*> siècle.

2. Saint Cyprien le Magicien et non saint Cyprien évêque de Carthage. Saint Cyprien, dit le Magicien, et sainte Justine subirent le martyre le même jour, sous Dioclétien, ce qui confirmerait l'origine du nom du faubourg Saint-Cyprien.

Saint-Cyprien.

Eglise Saint-Nicolas.

La Sauveté.

par Alfonse- Jourdain autour du Château Narbonnais s'est agrandie en 1195 et 1226 jusqu'à comprendre la région avoisinante. I^a limite du début du xiii^ siècle part du confluent du Touch et englobe la rive gauche jusqu'à la fontaine de lyaramet et à la croix de Cugnaux; elle atteint la Garonne sous Pouvourville ; de là elle dessine un grand arc de cercle par Balma et la vallée de l'Hers (^). I^a limite de 1226 atteint Portet, la Salvetat, Pibrac, vSeilh, Novital, Bruguières, Gratentour, Montberon, Castelmaurou, Dremil-Lafage, I^es Pujols, Escalquens, Pinsaguel. La première ligne circonscrira le gardiage de Toulouse et la juridiction capitulaire, la seconde sera celle de la Viguerie, juridiction comtale et royale.

Population de Toulouse.

Commerce.

Colonie juive.

C'est dans le cadre qui vient d'être décrit qu'a vécu une société prospère, amie de la vie et de la poésie. La population ne devait pas être inférieure aux 50.000 habitants de l'époque romaine. Elle comprenait un nombre considérable d'artisans (ouvriers du cuir, du textile, du métal), de bouchers ou mazelliers, de maraîchers, de vignerons. Les noms des rues, aussi bien que les actes, témoignent de l'importance de tout ce menu peuple actif et industrieux. Au-dessus de lui se plaçaient les marchands, nombreux et influents dans une ville située à un carrefour de routes, proche de la Méditerranée si parcourue au moyen âge, et considérée, d'autre part, comme une étape pour les pèlerins qui allaient à Saint- Jacques-de- Compostelle. Les reliques de Saint-Sernin, au reste, attiraient elles-mêmes beaucoup de vo3''ageurs. L'importance du commerce, par eau sur la Garonne et par terre sur les routes, est attestée par l'existence à Toulouse d'une forte colonie juive.

I. Voir Roschach, Inventaire des archives communales, 1891, p. 19. Limites du xiie siècle : début église Sain t-Michel-du- Château, Riaustrans, le gué des Bordes, fontaine de I,aramct, clôtures de Saint-André, croix de Cugno, Saulonars, la croix de Saint-Guillem, Arnaud du Pont, la Garonne sous Pouvourville; vallon de Bonneval, la Barthe de Guy, le chemin de Toulouse, le vallon de la Castanadeta, ruisseau de Saint-Aignan, fontaine Cerdane, fossé de Messire Hugues de Palais, l'Hers au gouffre de Gorbe, le terroir de Ribaute, châtaignes entre Ribaute et Boville; ly'Espinasse, I^a Devèze, Malesbole; anciennes clôtures de Balma, Garrigue, Montredon, ruisseau de Sauce jusqu'à son confluent avec l'Hers; l'Hers jusqu'à Launac, pont d'Annet, métairie de Fontaine, pointe de la Mascotte. (V. I,imouzin-l,amothe, G. C, 223.)

et riche bourgeoisie.

Dans le Midi, les Juifs vivaient en bons rapports avec une population tolérante. A Narbonne, au x^ siècle, l'archevêque Dalmace les protégeait. A Toulouse, Raimon VI confiait à un juif la gestion de son trésor. En 1180, un consul, Héliazar, est juif. Ils avaient leur cimetière et leur quartier avec leur synagogue (^). Sans doute, le préjugé traditionnel contre eux existait toujours; à Pâques, il était d'usage de donner un soufflet à un Juif en souvenir de la Passion et de la Résurrection du Christ. Chargé de ce soin en 1013, Aymeri, vicomte de Rochechouart, y mit un tel cœur qu'il fit tomber, dit-on, les yeux et la cervelle du patient. Mais, au xii^ siècle, cette vieille et déplaisante coutume avait déjà été remplacée par une leude que payaient les israélites au profit de Saint- Sernin. Au début du xiv^ siècle, ils acquittaient une redevance de 44 livres de cire à la cathédrale, où elle était employée pour le luminaire pascal.

C'est la classe des marchands qui a fait la prospérité de Petite noblesse Toulouse et contribué le plus à la conquête de ses libertés. C'est elle qui bénéficie de la liberté des transactions, de l'abolition ou du rachat des leudes et péages; c'est elle qui a réglementé le commerce dans les stabilimenta, de façon à garantir autant qu'il se peut la lo^^auté des transactions et la sécurité des trafiquants étrangers à la ville. Les plus riches d'entre eux se plaçaient à peu près au niveau de la petite noblesse urbaine, chevaliers ou petits feudataires. Comme en Italie, ces deux catégories sociales se sont vite rapprochées et même mêlées; les mœurs méridionales ne s'accommodent guère de l'orgueil de caste; chez nous, la familiarité rapproche les distances; le préjugé de naissance domine moins les rapports sociaux que dans le Nord. Nous ne pouvons pas dire si c'était à la petite noblesse ou à la grande bourgeoisie d'affaires qu'appartenaient tous ces personnages que les chartes mentionnent comme témoins ou acteurs des transformations ou des drames politiques de la cité, les Karaborda, les Pons de Villeneuve, les Arnaud-Bernard, les Baragnon, les Mauran, les Guillem Hunauld, les Roaix. Cette dernière famille, dont le premier représentant, Raimon, est cité dans un acte de II 75, a fourni à Toulouse cinquante-six capitouls en quatre

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