Celui de Lasgraisses
2. Voir Desazars de Montgaillard, Bm//. rf^ ZMcaii. des sciences de Toulouse, igig, Toulouse la morte. Cela pi-ut vouloir dire élevé ou bas. L'hypothèse de Jullian est Tel - osa (ou ossa) eau potable (osa, ossa préceltique pouvant signifier eau ou lac). I,es noms de Toulouse, dans Its textes épigraphiques ou manuscrits, sont Tohoosa, Tohîosa, Tolosa, Tolossa (Ciceron, Pro Fonteio, fr. 3, 4, 8; 5, 9. — Strabon, IV, I, 13-14. — Ptolémée, IV, 10, 6. — Dion Cassius, fr. 90). Les noms ethniques de l'habitant de Toulouse : Tolosas [Cœsar, de Ixllo Gallico, t. X, i ; VII, 4. —
Origine Ces conclusions, qui découlent des trouv ailles archéologiques,
de Toulouse. relèguent au rang des légendes amusantes les inventions et^r^alité érudites des Toulousains de la Renaissance (^), selon lesquels
la ville aurait été fondée par l' arrière-petit- fils de Noé, à moins que ce ne fut par le Troyen Tolus ou Tolossus. KUes réduisent à un pur jeu de mots l'hypothèse de l'abbé Audibert (xviii^ siècle), pour qui le mot Toulouse dérive du grec, signifiant ville boueuse. Elles circonscrivent, dans des limites relativement étroites, l'époque de la fondation, que les uns avancent jusqu'au iii^ siècle et que les autres reculent dans ■ • une antiquité très lointaine et très vague. Elles appellent
cette réserve que, malgré la grande rareté des témoignages matériels, il a pu y avoir, avant l'arrivée des Celtes, des groupements fixés aux mêmes lieux, qui, à vrai dire, attiraient invinciblement les hommes. Mais, même en ce cas, il paraît indiscutable que l'établissement n'a pris son importance et son caractère que par l'arrivée des Celtes.
Toulouse Toulouse fut donc un centre important de colonisation
caprtaledes\olkes celtique, capitale d'une tribu de cette race, les Volkes, qui Tectosages. .,?.,. . . -i^a'
dominaient la région comprise entre Moissac, les Cevennes,
le delta du Rhône et les hautes vallées des Pyrénées. Cette
nation était puissante au ii^ siècle, et Toulouse pouvait passer
alors pour une grosse ville, si l'on en juge par les dimensions
du cimetière Saint- Roch et par le témoignage de Posidonius {^).
Elle a fait parler d'elle par les expéditions auxquelles ses
habitants ont pris part au iv^ siècle, qui aboutirent au pillage
de la Thrace, de la Macédoine, de la Grèce et, notamment,
du temple de Delphes (279 av. J.-C.) et à l'établissement en
Orient de quelques contingents gaulois. De cette expédition,
les Volkes de Toulouse auraient rapporté l'or provenant du
sac de Delphes, or enfoui ensuite dans leur lac, à la suite
Justin, XXXVII, 3, 9. — Sidoine Apollinaire, IV, 22; IX, 16. — Notitia Galliafum, XV); Tolosanus (Pline, Hist. nat., 31; 37, 4, 109. • — • Grégoire de Tours, Hist. fr., VII, 32, 29; VIII, 30; IX, 31. — Ennod. vit. Epiph., p. 352. — Corp. Inscr. Lat., 4395, 5390); Tolossanus (Ciceron, De nat. deorum, 3, 30, 74). (Communiqué par M. l,écrivain.)
1. F. Etienne de Gau, dans le Livre Blanc. — Bertrand, Gesta Tolosanorum. — Noguier, Histoire de Toulouse.
2. Philosophe grec et voyageur, qui vécut à la fin du ii*" siècle et au i*""" av. J.-C, cité par le géographe Strabon. (Sur Toulouse, capitale des Tectosages, V. Pomponius Mêla, II, 5,, 75, et Pline, Hist. nat., III, 37 et IV, 109.)
d'épidémies qui leur parurent une vengeance des dieux. Au temps des guerres puniques, les Volkes apparaissent comme séparés en deux nations : les Tectosages (Toulouse), les Arécomiques (Nîmes). Les uns et les autres semblent en proie à des divisions qui les ont fort affaiblis. Ils gardèrent, en général, la neutralité entre Rome et Annibal. Les Tolosates, en particulier, ne pouvaient guère s'intéresser à une querelle qui se déroulait loin de leur ville, placée à l'écart des routes directes d'Espagne en Italie. Nous savons peu de chose sur l'organisation des Volkes Tectosages : Toulouse était la capitale et l'oppidum d'une contrée divisée en cantons ou pays. La constitution de la nation était démocratique; les affaires inij^ortantes se débattaient dans des assemblées auxquelles assistaient tous les hommes libres en armes et même les femmes; ces assemblées nommaient des magistrats annuels, que les Romains appelaient «reguli » (petits rois). Une institution originale était celle des tribunaux de femmes, qui jouaient un rôle d'arbitres dans les différends. Les Volkes avaient emprunté aux Grecs leur écriture et imitaient grossièrement leurs monnaies. Au ii^ siècle, ils adoptèrent les caractères latins. Leur religion nous est à peu près inconnue. Ils ont assez vite adopté les croyances des peuples voisins, puis de Rome, en confondant les dieux nouveaux et leurs divinités anciennes; ils adoraient les arbres, les sources, les fontaines, les eaux et leur offraient des présents. C'est ainsi que les Tolosates mettaient leur or dans le « lac de Toulouse '), probablement les marécages du Sauzat (faubourg Saint-Michel) (i).
C'est là que le consul romain Cépion, Q. vServillius Cœpio, Iv'or de Toulouse, vient le saisir un peu plus tard, dans l'intention de se l'approprier et non de le verser au trésor du Sénat. L'or de Toulouse lui porta malheur puisque, battu par les Cimbres, vers Marseille où un convoi transportait ces richesses, convaincu de vol, Cépion fut dépouillé de ses biens et ses filles réduites à la prostitution (2). Etait-ce l'or du pillage de Delphes qui
1. Desazars pense que cet or était enfoui dans un petit lac situé à Vieille-Toulouse, près d'une fontaine, non loin de Pouvourville. Il est bien possible que cette fontaine ait été aussi sacrée.
2. Cœpio, Q. Servilius, consul, l'an io6 av. J.-C, fut envoyé dans la Gaule uarbonnaise pour s'opposer aux Cimbres. En 105, il fut défait par les Cimbres.
romaine.
justifia la condamnation? Et cet or était-il une réserve, un trésor confié aux eaux, dans l'attente de son utilisation, ou une offrande que l'on s'interdisait de récupérer ? I^es historiens n'ont pu encore s'accorder sur ces points.
La conquête Après la deuxième guerre punique, les Volkes tombèrent sous l'hégémonie des Arvernes, qui dominèrent presque toute la Gaule dans les deux premiers tiers du ii^ siècle. Toulouse fut la vassale de Gergovie. La puissance ar\^erne s'écroula, il est vrai, sous les coups des Romains (^). Ceux-ci constituèrent, avec le pays allobroge et volke arécomique, la prepière province de Gaule, la Provincia, la future Narbonnaise, et fondèrent les colonies d'Aix et de Narbonne. La prudence les obligeait à en surv^^eiller les avenues; c'est ainsi qu'ils imposèrent aux Tolosates un traité d'alliance — ou mieux de protectorat — qui fit d'eux des fœderati ou alliés, et changea simplement leurs maîtres. Une garnison romaine occupa l'oppidum. Où se trouvait-elle casernée? A l'endroit appelé Castéra (Castra)? Au lieu dit Auzil (Auxilium)? Dans l'ancienne enceinte fortifiée? Nous l'ignorons. Mais il n'est guère probable qu'on l'ait cantonnée ailleurs qu'à Pech-David. Le joug romain ne fut pas unanimement accepté à Toulouse. Quand les Cimbres, ayant envahi la Gaule avec les Teutons, traversèrent le pa^^s toulousain pour passer en Espagne, les ennemis de Rome n'osèrent pas encore se déclarer. Au retour des Cimbres, ils levèrent le masque et massacrèrent la garnison romaine. Averti par ses partisans, le consid Q. Servilius Caepio résolut de tirer vengeance d'un tel attentat. Pénétrant par surprise dans Toulouse, il mit la ville au pillage et confisqua l'or qui devait lui être si fatal. Marins, investi peu après du commandement des forces romaines en Gaule, traita durement les Tectosages, et ceux-ci formèrent désormais une cité sujette, soumise à la volonté du gouverneur de la pro-
80.000 scldats et 40.000 suivants d'armée périrent, dit-on, dans cette rencontre. Cépion échappa au carnage. Mais, dix ans après (95), il fut traduit en justice, par le tribun C. Norbanus, pour rendre compte de sa conduite dans la guerre. Condamné, jeté en prison, sauvé par l'intervention d'un tribun, puni de la confiscation des biens, il vécut en exil à Smyme. C'est par la ruine et par la vengeance des dieux que, selon Timagène, Strabon dit que ses fiUes devinrent des prostituées (Strabon, IV, 188; Just., 32, 3).
r. Le roi Bituit fut vaincu par les consuls Domitius Ahenobarbus et Fabius Maximus, au conflu:.'nt du Rhône et de l'Isère (121).
vince. C'est ainsi qu'en 70 le propréteur Fonteius, un des types les plus caractérisés de l'avide aristocratie qui comptait à ce moment dans ses rangs le célèbre Verres, connaissant la richesse du pays toulousain pour en avoir tiré, peu avant, des grains destinés aux troupes de Metellus et de Pompée, guerroyant en Espagne contre Sertorius, imagina de frapper d'une taxe et d'un droit de circulation les vins expédiés de Toulouse en amphores. Ces impôts atteignaient les Toulousains dans leurs intérêts les plus essentiels, car le commerce des vins fut toujours une de leurs principales ressources; ils se plaignirent, parmi bien d'autres victimes du propréteur, que Cicéron devait défendre devant les tribunaux de Rome {^).
Celt de Colomun Découvert en 1878 sur la seconde terrasse de la rive gauche.
vSoumis aux levées d'argent arbitraires, les Tolosates devaient aussi fournir des contingents à l'armée. En 56, César les employa, sous les ordres de Crassus, contre les Aquitains. « Braves soldats », dit-il d'eux, dans ses Commentaires, et cet éloge d'un connaisseur n'est i^as sans prix.
A dater de César, Toulouse devient romaine; elle fait partie Toulouse romaine, de la province Narbonnaise dont elle est, à l'ouest, le dernier grand centre. Auguste, au cours de son troisième séjour dans la Provincia (16-15 av. J.-C), fit d'elle, probablement, une colonie quiritaire, comme sa voisine Carcassonne; mais aucune inscription ne l'atteste, et Pline comme Ptolémée la
I. Voir cicéron, Pro Fonieio, fr. 3, 4, 8,5,9 — et l'article excellent de M. de Senti : le Crimen Vinarium, programme d'ime étude sur le procès Fonteius [Mém. de V Acad. des sciences de Toulouse, 1923, pp. 9-26).
Faibles vestiges
de
cette époque.
mentionnent comme colonie latine (^), Ptolémée, simplement comme colonie. Bile reçut, sans doute, un contingent de colons romains ou italiotes, qui s'absorbèrent rapidement dans une population indigène nombreuse. ly' ancien territoire des Volkes fut divisé en sept « civitates », grandes à peu près comme un département, dont Toulouse resta une des plus importantes (^). Dès le i^i" siècle de notre ère, selon Pomponius Mêla P), elle passait pour la plus opulente de la Narbonnaise. Elle devint assez vite un centre de latinité pour que le poète Martial la qualifiât de Palladienne, ou aimée de Pallas, déesse de la culture intellectuelle, épithète que Toulouse a été la seule à joindre à son nom (*). Comme tout le reste de la Provincia, elle s'est assimilé si complètement et si rapidement la civilisation des vainqueurs qu'en Narbonnaise on se sentait plus en Italie qu'en Province, selon le mot de Pline.
Moins heureuse que Nîmes, Arles ou même Autun et Bordeaux, la Tolosa romaine n'a conservé debout aucun des monuments de son antique splendeur, ni le Capitole dont parlent les actes du martyre de saint Saturnin, ni la Curie, ni les temples, ni l'amphithéâtre, ni les bains publics, bâtiments qu'on trouvait dans toute ville romaine. La faute doit en être attribuée, sans doute, aux invasions barbares, à l'utilisation des matériaux antiques pour des constructions de l'époque wisigothique ou romane, peut-être aussi au
1. M. JuUian croit qu'elle fut érigée en colonie par Auguste {Hist. de la Gaule, IV, 76-77). lyCS médailles avec inscription « Toulouse, colonie latine » sont une invention d'un Hollandais du xvii" siècle. Le droit latin comportait les droits civils, mais non les droits politiques.
2. Le territoire de la Civitas tolosana était immense, avec une population très mélangée (Celtes et Ibères, V. Ausone, Urbes, 98-106, et JuUian, II, 507, note i): mention de très nombreuses tribus d'après Pline ou Diodore. Il commençait, du côté de Narbonne, à xxxrv mille pas de la ville (Table de Peutinger), à Bram (Hebromagus) ; il comprenait, sans doute, toute la vallée de l'Ariège, celle de la Garonne jusqu'à Martres-Tolosane, qui semble lui appartenir plutôt qu'à la cité des Convenae. De nombreux pagi allaient justiu'au Massif central et aux Cévennes, mais on ne peut fixer exactement la frontière entre la Narbonnaise et les très Gallise ; sans doute, le Thoré, l'Agout, le Tarn jusqu'à Moissac. La frontière atteignait la Garonncaunordde Verdun, la franchissait, descendait parallèlement à l'ouest de la Garonne, englobant la vallée du Touch, de la Save, puis coupait de nouveau la Garonne au confluent du Salât, englobant Martres-Tolosane, excluant les Convenai et les Consoranni. (Communiqué par M. Lécrivain.)
3. Son Traite de Géographie, bien informé et bien ordonné, à été écrit vers 43. Cf. II. 5, 75.
4. L'épithète Palladia (Martial, Epig., IX, 09; — Ausone, Proj., 18, 7; — Parent, 5, 11. — Sidoine Apollinaire, Panégyrique d'Avilus).
hasard, ou au mode de constructiou propre à ce pays d'argiles plastiques, gros producteur de briques. La brique dure moins que la pierre et se prête moins, dans l'ensemble, aux belles architectures du style ancien; les Romains la revêtaient de marbres qui ont dû disparaître assez vite. Il faut donc reconstituer l'ancienne Tolosa par un effort d'imagination, en s'aidant des textes, de la topographie actuelle, où se retrouvent encore bien des traits primitifs et des vestiges archéologiques, qui sont nombreux dans la ville et dans la banlieue. Ainsi pourra-t-on se faire une idée — forcément sommaire — de la cité aux trois premiers siècles de l'Empire.
Le premier fait incontestable est la décadence et l'abandon. Vestiges romains très probablement dès le temps d'Auguste, de l'oppidum ^ ^^ - a\ici. celtique de Pech-David; ce qui s'est produit à Toulouse s'est de roppidxim. passé également en maints endroits de la Gaule conquise (^). La ville haute gauloise est délaissée au profit de la ville romaine, ville de plaine. Sans doute, il demeure à Pech-David des traces assez visibles de la romanisation ; les monnaies romaines s'y rencontrent nombreuses, comme les poteries, latines d'importation ou de fabrication; le mur oriental de la grande enceinte semble avoir été refait après la conquête, car il est farci de débris de ces céramiques. En 1879, on a trouvé près d'une fontaine, un peu au-dessus du « Planhol », un fragment d'inscription datée de 47 avant J.-C. et mentionnant la construction ou la réparation d'un temple et l'édification d'un solarium (cadran solaire) (^) par un collège d'esclaves et d'affranchis aux noms latins. C'est la plus ancienne inscription latine de la Gaule, fait assez remarquable. Un autre fragment, trouvé dans les mêmes lieux et cité par de Montégut, un des fondateurs de l'Académie des sciences de Toulouse, au xviii^ siècle, rappelait le souvenir d'un prêtre, peut-être d'un Augustal p). Mais l'énorme majorité
1. Bibracte remplacée par Autun (Augustodunum) ; Gergovie, par Clermont- Ferrand (Augustonemetum). C'est, probablement, une mesure générale prise par Auguste. L,e nom de Tolosa est celui de l'oppidum cjui s'est étendu à la ville basse.
2. Voir Corp. Inscr. Lai., XII, 5388. L'inscription est mutilée; elle mentionnait, probablement, douze magistri, dont les premiers sont ingénus ou affranchis, les autres esclaves; ces personnages sont analogues aux magistri ministrique fanovum de Campanie {Corpus, Lat., X, 367), de caractère religieux.
3. Sacerdos Augustalis, prêtre chargé dans la cité d'assurer, avec les membres de son collège, le culte impérial. I^'inscription provient de Narbonne (Cf. Corp. Inscr. Gr., XII, 4395). Il s'agit de G. Tullonius Tolosanus, sévir augustal.
des monnaies trouvées s'arrête à Néron (57-66 ap. J.-C); quelques-unes, peu nombreuses, qui sont postérieures (Hadrien à Constantin), ont été déterrées sur le Planhol, près de substructions de maisons romaines avec aires recouvertes de briquettes sur champ. Toulouse-Haute est restée une agglomération urbaine, encore très gauloise, mais pourvue, au moins quelque temps, d'une garnison, mêlée, par suite, d'éléments italiques, vraisemblablement de figulini ou potiers transalpins. Mais la « paix romaine » a rendu très vite inutile la protection que ces lieux faciles à défendre accordaient aux populations. Pech-David a perdu sa raison d'être sous un régime d'ordre et de sécurité, et la ville basse, bien mieux située, beaucoup plus susceptible de s'étendre, attirait les populations, qui abandonnaient ce site pittoresque, mais reculé et incommode. A partir de la fin du i^^ siècle, il ne reste plus sur ces croupes désertées que quelques fermes, quelques villas gallo-romaines, probablement clairsemées (^). Et Pech- David est devenu, sous les Antonins, ce qu'il est resté jusqu'à nos jours, un site pittoresque de la banlieue toulousaine.
La ville basse, Toulouse-Basse, la vraie ville, s'est développée depuis le port Saint- Antoine, agglomération primitive des huttes de pêcheurs (Moulin du Château), jusqu'au gué du Bazacle (Vadaculum), passage commode entre les deux rives. Conformément aux usages romains, la ville laissait, hors de ses limites, ses nécropoles, Saint-Roch et Guilheméry, où l'on a continué à ensevelir les cendres des morts pendant la période gallo-romaine. Les maisons se groupaient autour de la route conduisant, au nord, vers Divona (Cahors) et, au sud-est, vers Narbonne, par Badera (Baziège), Sotomagus (Castelnaudary) et Carcaso (Carcassonne). Cinq bornes milliaires, trouvées aux environs de Villenouvelle et à Pouvourville i^), que leurs inscriptions datent des règnes de Maximien, Constantin, Valentinien II, Théodose et Arcadius (iv® siècle de notre ère), attestent que, jusqu'à la fin de l'Empire, cette voie, raccordée par Narbonne à la voie d'Espagne et de Marseille {via Domitia), n'a cessé d'être fréquentée et entre-
X. Les substructions mentionnées plus haut appartiennent à une de ces villas.
2. Deux au musée de Toulouse, ime dans l'église de Baziège, une dans l'église
d'Ayguesvives, la dernière à Pouvourville {Corp. Inse. Lat., XII, 5673-76 et 5677)-
son développement
tenue. Au gué du Bazacle, commençait aussi la navigation sur la Garonne moyenne, active dans l'antiquité, malgré l'irrégularité du fleuve. Ainsi serrée près de la rivière, Toulouse s'est étendue, sur la rive droite, vers le nord et vers l'est. Au sud, son extension se trouvait limitée par les marécages du vSauzat, ancien lit de l'Hers, le faubourg Saint- Michel actuel.
L'axe fondamental de la ville, la voie précitée, était mar- Les voies
que par les rues allant du Salin à Saint-Sernin, les rues Pha- principales raon, des Filatiers, Saint-Rome, du Taur; ce sera la Grand' Rue du moyen âge. Deux autres voies couraient parallèlement : à l'est, les rues du Vieux-Raisin et des Chapeliers (la rue de Languedoc actuelle) ; à l'ouest, les rues de la Fonderie, de la Dalbade, des Couteliers, Peyrolières. Ce sont là, avec les chemins transversaux reliant ces trois routes, les traits les plus anciens de notre ville, dont le tracé régulier, épousant la large courbe de la rivière, ne s'embarrassait, dans la platitude du sol, d'aucun accident de relief . Les limites successives de la cité, qui ne cesse de s'agrandir, apparaissent dans le tracé demi-circulaire des rues Nazareth, Mage, Bouquières, de la Trinité et du Coq-d'Inde; puis, plus tard, dans celui des rues Nazareth, Perchepinte, Fermât, Boulbonne, de la Pomme, Gambetta, Peyrolières; mais nous ne croyons pas qu'il y ait eu plusieurs enceintes (^), les villes romaines n'ayant eu de murailles, en général, qu'à dater du règne de Dioclétien. Saint-Cyprien formait un faubourg relié à la rive droite par un pont aqueduc, celui de la Reine Pédauque, qui se trouvait sur l'emplacement du médiéval Pont- Vieux, un peu en amont du Pont-Neuf actuel {^).
C'est dans ces limites qu'on a trouvé, à différentes époques. Vestiges romains, de nombreux objets de la période romaine : sous le sol de la Aqueducs, place des Carmes, des substructions, des aires de maisons à mosaïques; place Saint-Etienne, un sarcophage sculpté, un autel orné de bas-reliefs; rue de Metz-Prolongée, des monnaies impériales; place Esquirol, une patère en argent. Aucun monument n'a été découvert. Le lit du fleuve a pu restituer,
1. Chalande, qui mentionne ces deux tracés circulaires, croit à deux enceintes successives.