‹ Histoire de ToulouseChapitre 44 sur 317 · Chanson de la croisade · texte numérisé non relu

Chanson de la croisade

2. Indiqué comme compagnon de Simon de Montfort par VHistoire Générale de Languedoc, t. VI (voir table).

Trahison

de Folquet.

Combats

dans les rues.

inclinaient au pardon mo3^ennant une contribution d'un quart ou d'un cinquième des biens, qui servirait à reprendre Beaucaire. Mais Montfort, soutenu par Folquet, se proposait de réduire la ville à merci et de la ruiner.

Pour y parvenir, il eut recours à la trahison. L'évêque de Toulouse se proposa comme médiateur entre les Toulousains et leur vainqueur irrité. Folquet, aidé de Jourdain, abbé de Saint- Sernin, réunit les Toulousains, leur promet le pardon s'ils vont le demander à Montfort. Mais ceux qui sortirent furent, au fur et à mesure, arrêtés; la rumeur se répandit qu'on s'assurait ainsi des otages. « Si vous vous laissez prendre ici dehors, dit-on l'un à l'autre, vous agirez en sots. » Tandis qu'on se consulte, les gens de Montfort et de Folquet entrent partout et se mettent à piller les maisons des habitants; ceux-ci murmurent, secrètement, <( entre leurs dents : Dieu ! comme vous nous avez livrés à Pharaon ! » Les dames et les enfants se lamentent. Mais, tout à coup, retentit le cri de révolte : « Barons, prenons les armes. Voici l'heure où nous avons à nous défendre contre un lion farouche. Mieux vaut mort honorable que vie en prison. » Aussitôt, les rues étroites se couvrent de barricades; les huches, les coffres, les tonneaux, les poutres et chevrons s'amoncellent ; chacun s'emploie à la besogne; tout le monde s'arme. Un combat acharné commence, les Français se ralliant au cri de « Montfort '», les Toulousains criant : « Toulouse, Beaucaire, Avignon ! >

Iv'émeute, victo.rieuse, obligea les soldats de Simon à s'enfermer dans le château, son lils à prendre la fuite. Montfort, furieux, ordonne alors : « Mettez le feu partout, partout. » Les quartiers Joutxaigues, Saint-Remésy, Saint- Etienne, furent ainsi livrés aux flammes. Tout en combattant l'incendie, les Toulousains cernent les Français dans la tour Mascaron, le logis de l'évêque, et dans l'hôtel de Comminges. Simon de Montfort, magnifique de vaillance, rallie les siens réfugiés à vSaint-Etienne ; le combat reprend à l'olm Santa Scarbos, « où les charges furieuses font trembler la terre «, rue Droite, se dirigeant vers la croix Baragnon où les Français attaquent si violemment qu'ils rompent les barrières. vSimon essaya ensuite de forcer la porte Sar-

dane {^) pour pénétrer dans le bourg et opérer un mouvement tournant. Il est repoussé et, « triste et pensif )>, se retire alors au château. Si les otages n'obtiennent pas la soumission de la ville révoltée, il les menace de mort. Folquet l'empêcha d'exécuter sa menace et le persuada d'user de ruse.

L'évêque et l'abbé de Saint-Sernin décidèrent le peuple à capituler moyennant promesse de paix, d'amitié et restitution des biens volés. Les conditions de l'accord furent débattues dans un parlement tenu au pré Villeneuve {^) et, le lendemain, à l'hôtel de ville; un sauf-conduit devait être accordé à ceux qui voudraient quitter Toulouse. L'évêque et l'abbé se portaient garants du rétablissement de la paix et des engagements pris. Alors, Simon désarma les habitants, saisit les tours, où il plaça des garnisons, fit arrêter les principaux de la ville, confisqua leurs biens, en exila un grand nombre. « Hélas ! noble Toulouse, gémit le poète de la Chanson, comme Dieu vous a livrée, pour vous rompre les os, aux mains de méchantes gens ! » Simon n'eût pas laissé pierre sur pierre de la cité, s'il n'eût cédé aux objurgations de son frère. Un dernier parlement se tint à Saint-Pierre des Cuisines, où les Toulousains durent se résigner à acheter leur pardon d'une énorme amende, montant à 30.000 marcs d'argent. « Quel cœur, dit encore la Chanson, peut concevoir un si étrange parlement ! » Ecrasés par cette contribution, surveillés par les hommes d'armes de leur vainqueur, privés de leurs citoyens les plus considérables qui étaient incarcérés ou exilés, accablés d'impôts que lèvent désormais, au lieu des communaliers, les sergents de Montfort, les Toulousains dévorèrent en silence leur humiliation et leur haine, attendant l'heure des justes revanches (juin-septembre 12 16).

Elle ne tarda guère à sonner. Tandis que Simon de Montfort guerroie dans le pays de Foix, puis, en 1217, dans la

Capitulation des Toulousains.

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de Raimon VI

à Toulouse.

1. ha porte Sardane se trouvait au milieu de la place Victor-Hugo, entre la rue du Salé, la rue Rivais et la rue de la Petite-Brasserie. Démolie sur l'ordre de Montfort, elle fut remplacée, lors du relèvement des murailles, par une tour, la Cansalade ou Pondaison, ainsi nommée parce qu'on y fondait le suif des chandelles (rue du Salé, auparavant de la Cansalade). (V. Chalande, Communication, Bull. Soc. archéologique du Midi, 1924, pp. 49-192.) De Malafosse (Le siège de Toulouse, Revue des Pyrénées, 1892) place la porte Sardane du côté de Montoulieu, ce qui paraît contestable.

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