Place L,afayette
Toulouse
se lévolte
de nouveau
contre Montfort.
vallée du Rhône, Raimon VI revient d'Espagne. Cette fois, l'accord des barons du Midi contre l'envahisseur put se conclure. Le comte de Toulouse s'entend avec Rogier, comte de Comminges, avec Isart, l'abbé, et avec les bannis de Toulouse, Guilhem Guiraud, Guilhem Hunaut, Aimeric. Ses troupes, commandées par Roger-Bernard, défont un corps de croisés sur les bords de la Garonne, vers Verdun. Le 13 septembre 1217, par un brouillard qui favorise l'opération, une délégation, ayant à sa tête Uc Joan et Ramon Bernier, l'introduit dans la ville. « On vous attend là-bas comme le Saint-Esprit », lui disent les délégués (^). Toulouse fait à son seigneur légitime une réception enthousiaste. Tous « s'agenouillaient devant lui, baisaient ses vêtements, ses pieds, ses jambes, ses bras, ses doigts ». Le peuple massacre la garnison de la ville; la comtesse de Montfort, ses deux brus et sa belle-sœur sont cernées dans le château avec quelques faibles effectifs; elles envoient prévenir en hâte Simon et Gui.
Les Toulousains organisèrent la défense avec une remarquable rapidité. Les murs abattus sont relevés; on y ajouta dix-neuf barbacanes, établies en avant des portes du bourg et de la ville (^). Un pont de bois fut probablement jeté sur la Garonne, au Bazacle, pour couvrir le gué. On fabriqua des machines, trébuchets, pierrières. Tous travaillent, hommes, femmes, filles, « sergents et trotteurs ». Les timbales, tambours et clarines scandent le r^iihme des travaux; les femmes et les jeunes filles chantent des ballades et des airs jo3'eux. La ville est toute à l'allégresse de sa libération, à l'effort méthodique et puissant qui doit rendre définitive cette délivrance. En voyant besogner de si bon cœur les Toulousains, « la comtesse de Montfort se tenait pensive et triste à la galerie de la tour ». Elle appela son mari : Gui de Montfort et son neveu Guiot, comte de Bigorre, arrivés les premiers, tentèrent une attaque de vive force au val de Montoulieu (porte Montoulieu) : le comte de Foix les ramena vivement. Les Français livrèrent un violent assaut en envahissant les jardins Saint-
1. Quand Raimon VI et ses faidits « aperçurent Toulouse, il n'y eut si vaillant « que l'eau du cœur ne lui emplît les yeux; chacun dit en lui-même : « Vierge impé- « ratrice, rendez-moi le lieu où je fus nourri; mieux me vaut vivre et mourir là que « d'aller par le monde en péril et honni. »