livres par an, soit 50.000 francs-or
Surveillance
des
administrations.
Enquêteurs.
Contre-ifccaii d\llfonôC île PoUierd coinle de Toulouse
conscription moins étendue : Toulouse et ses environs immédiats. Il avait aussi des pouvoirs financiers, présidait le tribunal de la viguerie ou de première instance, ainsi que le
tribunal municipal. Enfin, un châtelain commandait le château Narbonnais , auquel Alfonse fit faire des réparations importantes, y ajoutant un mur circulaire avec . des tours, château qui demeurait le signe visible de sa seigneurie sur la ville.
vSeuls, les bailes, agents financiers chargés de la perception des taxes, étaient originaires du Midi; ils achetaient leur charge, affermaient le produit des revenus et impôts. Mal recrutés en général, ils participaient à l'impopularité qui s'attachait, sous l'ancien régime, aux agents du fisc. Des clercs, sergents, collecteurs, forestiers, banniers, geôliers, formaient la masse des suppôts indispensables à toute administration.
Contre tous ces fonctionnaires, et singulièrement les plus hauts, le comte prend ses précautions en vue d'assurer la régularité ainsi que la probité de l'administration et dans le but aussi de protéger les administrés. 1,'ordonnance d'avril 1254, un peu antérieure à l'ordonnance de saint lyouis (1254) relative à ses domaines du Midi, impose au sénéchal un serment public et solennel de rendre justice à tous, de sauvegarder à la fois les droits du comte et ceux des particuliers, de ne rien recevoir ni emprunter, de ne pas couvrir les malhonnêtetés de ses subordonnés. Au reste, Alfonse déléguait de temps à autre des clercs enquêteurs pour informer sur les abus et les plaintes. Les résultats de leurs enquêtes étaient transmis au comte, qui se réservait toujours la décision suprême. Ces documents constituent pour le Toulousain, comme les registres des enquêteurs royaux pour le reste du Midi capétien, une source de précieux renseignements sur l'état de nos contrées au milieu du xiii^ siècle.
Les livres de comptes d'Alfonse, qui ont été également Administration conservés, témoignent du même souci d'exacte et probe nnanciere. gestion. Ils appliquent les principes de la fiscalité et de la comptabilité royales tels qu'ils existaient depuis Philippe- Auguste, pareils à peu près aux règles obser\'-ées par les agents raimondins. Ils révèlent un ordre parfait, qui se traduit, en 1254, P^ï" ^111 excédent de recettes équivalant à 2 millions 800.000 francs-or, somme considérable pour l'époque et pour une simple seigneurie, si importante fût-elle. Ils nous fournissent aussi un indice intéressant de la prospérité matérielle de la région toulousaine, trente ans après la fin des ravages de la guerre. Le comte percevait les droits de mutation des f eudataires (^ ) ; les recettes domaniales, cens, commun de paix ou pesade {^), payés par les pa^'sans et tous les propriétaires; la taille, fouage ou queste, rançon de l'exemption du service militaire; la capitation ou impôt personnel, le produit des amendes. Ces ressources lui suffisaient, et bien au delà, à paj^er les gages de ses officiers, les rentes viagères (^), les aumônes aux pauvres et aux établissements religieux, les dépenses des travaux publics et les menus frais. Les recettes, levées par les bailes, transmises au viguier, puis au sénéchal, étaient envoyées au Temple. Les ressources extraordinaires, grâces apostoliques, legs pieux ou restitutions de biens mal acquis, confiscations sur les hérétiques ou les Juifs, formaient une administration particulière à la' tête de laquelle, pour les <( encours », se trouvait Jacques du Bois. Les fouages comprenaient un secours pécuniaire demandé par le comte dans des cas exceptionnels. D'ailleurs, Alfonse en a fort peu réclamé. L'aide féodale aux quatre cas (*) ne s'est jamais acclimatée dans le Midi. A la fin de son règne, Alfonse, à court d'argent, montrera de plus amples exigences.