P , ,, . son consulat
amende de 50.000 livres tournois, somme fort coquette a
cette époque, le roi consentit à pardonner. Philippe VI partait, du reste, pour le Languedoc; les lettres de rémission sont datées de Brive, 27 décembre 1335; à la mi-janvier 1336, il était à Toulouse, où il paraît avoir séjourné une quinzaine de jours. La ville obtint encore de lui la remise de 10.000 livres sur l'amende; les 40.000 restant à payer devinrent exigibles en plusieurs échéances. Le consulat fut rétabli sur le pied des ordonnances de Philippe le Hardi et de Philippe le Bel. Tous les termes de la réconciliation furent confirmés par des lettres royales datées de Béziers (février 1336). Le Valois besogneux avait employé un moA^en sûr de se procurer des ressources; il connaissait la richesse de Toulouse et du Languedoc. La leçon de cette pénible affaire ne sera pas perdue pour nos rois. En 1338, les capitouls obtinrent, en payant 12.000 livres, le pardon général de toutes infractions aux ordonnances monétaires, la faculté de tenir des fiefs sans payer aucun droit et l'exemption des réquisitions de blé et de vin pour les troupes. Comme les commissaires royaux avaient imaginé de poursuivre les usuriers afin d'en obtenir de l'argent, un usurier de Toulouse s'exonéra de toutes poursuites en versant i.ooo livres. Ainsi commencent ces exactions financières qu'on couvrait du prétexte de sauvegarde des droits du roi et qui devinrent rapidement intolérables.
La guerre avec le roi d'Angleterre Edouard III allait les amplifier. L'ancienne querelle ouverte en 1328, entre Philippe et son cousin, prétendant comme lui à la couronne de France, querelle un instant apaisée, se réveille dès 1331. En Guyenne, en Flandre, en Ecosse et bientôt en Flandre, les deux rois se trouvent en conflit. En Guyenne, le gouvernement français poursuivait une politique d'envahissement, sournoise et procédurière.
Commencement
de la guerre anglaise.
lyorsque la rupture (^) se produisit, en 1337, tout était prêt dans le Midi pour une campagne dont le I^anguedoc devait faire les frais. En quelques années, Philippe VI envoie dans notre province une nuée de commissaires ou de lieutenants pour en soutirer des soldats et des subsides. En juillet 1337, le sire d'Arqueri et Etienne le Galois de la Baume, grandmaître des arbalétriers, réquisitionnent à Toulouse des machines de guerre et des munitions (artilharia), dont l'arsenal de la ville était mal approvisionné. L'année suivante, 1338, Toulouse est le quartier général du nouveau lieutenant Gaston, comte de Foix. En 1340, la masse des forces françaises étant groupée dans le Nord, c'est Pierre de la Palu, sénéchal de Toulouse, qui commande dans le Midi. De 1340 à 1344, se succèdent Jean de IMarign}-, évêque de Beauvais, et Louis, comte de Valentinois. La guerre, portée au début dans le Bordelais, se rapproche, en 1340, du Toulousain. Les Anglais prennent Mézin (Lot-et-Garonne) et assiègent Condom. La noblesse de la province les oblige à la retraite. L'armée française du Midi est, en 1340, sous les ordres de Bertrand, comte de risle- Jourdain, un des capitaines renommés de l'époque; sa composition est presque entièrement méridionale. L'infanterie consiste en 10.000 bideaux (^) du Toulousain et en nobles de la région, les Comminges, les Carmaing, les Lautrec, les Villemur, les Bruniquel. Partie de Toulouse en avril, cette armée ravage quelques terres du Périgord ou du Bordelais. Armée éphémère qui se disperse après la campagne, opérations sans portée et que n'inspire aucun dessein stratégique. L'intérêt de la lutte est ailleurs, en Flandre, en Bretagne.
L'expédition Voici qu'après une trêve de deux ans (1343-1345) l'atten-
^^ tion du roi d'Angleterre se porte sur le Midi, où les ferments
' ■ de mécontentement pouvaient déterminer des défections en sa faveur. Il prépare une importante expédition qui débarquera à Bayonne, en juillet 1345, sous un chef de valeur, le comte de Derby. Dès 1344, en prévision de ces événements, Philippe VI nomme, au titre de lieutenant en Languedoc, son propre lils, Jean, duc de Normandie, qu'il investit d'une