‹ Histoire de ToulouseChapitre 8 sur 317 · Corp. Inscr. AtUc, III · texte numérisé non relu

Corp. Inscr. AtUc, III

4. Vase en plomb, avec inscription, acheté par M. de Sevin à un anticiuaire (Histoire de l,anguedoc, XV, page 412).

Agen ou par Aucli et Bazas, vers Agen par Lectoure, vers Dax et Bayonne par le Comminges, vers Cahors et, enfin, vers Narbonne. La ville était aussi un port fluvial. Celui de la Daurade, centre de la batellerie dès le début du moyen âge, doit dater de l'époque romaine.

Si l'art local paraît assez médiocre, à en juger par les décorations architecturales de Martres, si les belles œuvres viennent des ateliers d'Italie et de Grèce, du moins Toulouse avaitelle la réputation d'une ville intellectuelle. Il faut mentionner spécialement Marcus Antonius Primus, la «gloire de Toulouse», selon Martial, dont il fut l'ami et le protecteur, bien qu'il fût déchu de sa réputation. On l'avait surnommé « Bec de coq » (Becco). C'était un des meilleurs généraux de son temps. Dans la crise qui a suivi la mort de Néron, c'est lui qui, a^^ant vaincu Vitellius, assura le triomphe de Vespasien et eut pu arriver à l'Empire (^).

Des mœurs et des croyances, nous savons peu de chose. Mœurs

La fusion des races s'opère à Toulouse comme dans le religion,

reste de la Gaule, plus vite sans doute, comme dans tout le Midi. L&s inscriptions montrent l'union des noms romains et gaulois. Pour la religion, elles nous ont révélé le nom de dix-huit dieux romains ou romanisés et cinquante génies locaux. Le plus populaire était le dieu au Maillet, entouré de déesses, d'un loup ou d'un chien et portant un tonneau, oblitération d'un grand dieu gaulois, devenu un génie des petites gens et de la campagne, confondu avec le Romain Sylvain. Au 11^ siècle, le syncrétisme religieux était aussi parfait dans nos pays que dans le reste de l'Empire. On adorait la triade égyptienne. Hercule, Cybèle, Esculape, Hygie, surtout Isis et Mithra, les deux divinités les plus populaires parmi les femmes et les hommes. Le taurobole était pratiqué, sacrifice du taureau et purification de l'initié régénéré par une sorte de baptême païen, ainsi qu'en témoignent les textes épigraphiques de Lectoure. Nous possédons bien douze inscriptions chrétiennes, dont quelques-unes du ii^ siècle et du iv® siècle de l'Empire; mais elles ne nous renseignent pas sur l'introduction et sur le développement de la nouvelle religion. Les

I. Martial, Epiq. 9-99. — Suétone, Vitellus, 18. — Tacite, Hist. II, 86; III, 2-86; IV, 2-68-80.

Lacunes

de nos

connaissances.

rites funéraires continuent à être observés; on pratique l'incinération, lyes sépultures ne contiennent, du reste, que peu de mobilier; on pratique l'inhumation dans des sarcophages; on réserve même des nécropoles spéciales pour les enfants morts avant que soient percées leurs dents; leurs ossements sont accompagnés de tuyaux en poteries, fermés d'une pierre où sont déposés leurs jouets.

Il faut nous résigner à beaucoup ignorer de Toulouse antique. Si importante qu'elle semble avoir été, c'est une ville à peu près sans histoire. Les vestiges laissés par ces siècles obscurs et lointains sont rares et disparates, si l'on excepte Martres-Tolosane. Il faut attendre et espérer, du hasard de trouvailles nouvelles, la possibilité d'enrichir et de préciser ce chapitre de nos annales.

BIBI^IOGRAPHIE

Il n'existe pas de bibliographie générale de l'histoire de Toulouse; mais il a paru récemment une excellente Bibliographie critique de l'histoire municipale de Toulouse, des origines à 1789, par M. Limouzin-Lamothe {Paris, Didier ; Toulouse, Privât, 1932, îw-S", iig p., thèse complémentaire de doctorat). Nos lecteurs y trouveront, méthodiquement classés, les sources et ouvrages les plus importants jusqu'à la Révolution. Nous signalons, comme ayant une valeur générale et méritant confiance, de Lahondès, Les Monvunents de Toulouse {Toulouse, 1920); Gachon, Histoire de Languedoc (1921). On trouvera en tête de chaque chapitre la liste des études auxquelles nous nous sommes référés. Nous ne nous flattons pas qu'elle soit complète, il y a certainement des lacunes en un sujet si complexe ; du m.oins, espérons-nous n'avoir rien négligé d'essentiel. Nous nous sommes fait une règle de réduire les noies et références au minimum.

Histoire générale de Languedoc, par D. Cl. DEVIC et D. J. VaiS- SETTE, Toulouse, édition Privât, t. I (1872), t. II (1875), notes des nouveaux éditeurs : Colonnes romaines de la Narbonnaise, 436; les Volkes Tectosages, 401; Numismatique gauloise, 420; Origines de Toulouse, 528; — T. V. (1875), Inscriptions et XV (1892), Epigrapliie; — Corpus inscriptionuin latinariim, t. XII (siutout p. 636). — Abbé AuDiBERT. Dissertation sur les origines de Toulouse, Toulouse, 1764. — DE MONTÉGUT. Recherches sur les antiquités de Toulouse (Mémoires de l'Académie royale des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, t. I, 1782). — E. Roschach. Musée de Toulouse. Catalogue des antiquités, 1865. Edition revue par Racliou, 1912. — • T. DE vSevin. L'amphithéâtre de Toulouse. (Mémoires de la vSociété archéologique du Midi, t. XI). — L. J0UI.IN. Histoire des fouilles de Martres-Tolosane (Mémoires de l'Académie des Sciences de Toulouse, 1897, 96 série, t. IX) ; — Etablissements romains de la plaine de Martres (Bulletin de l'Académie des Sciences de Toulouse, tt. I, II et III, 1897-98-99, 1899-1900). — Léon Joui^lN. Les établissements antiques de Toulouse, Paris, 1905; — Stations antiques des coteaux de Pech-David (Mémoires de l'Académie des Sciences de Toulouse, 1902) ;

— Les découvertes archéologiques de Toulouse {ibid., 191 7); • — • La protohistoire de la France du Sud et de la Péninsule hispanique [ibid., 1922); — Les origines de Toulouse : les sculptures antiques de Martres-Tolosane [ibid., 1925) ; — Les établissements antiques du bassin supérieur de la Garonne (Revue archéologique, Paris, 1907) ; • — Les âges protohistoriques dans le sud de la France [ibid., 1910 et 1911); — Les sépultures des âges protohistoriques [ibid., 1912). — • Baron DESA- ZARS DE MoNXGAn<i.ARD. Toulouse la Morte (Mémoires de l'Académie des Sciences de Toulouse, 1916, 191 7, 1918, 1919). — H. Graillot. La villa romaine de Martres-Tolosane , Toulouse, 1908. — Lyzop. Tête de statue gallo-romaine trouvée rue du May (Bulletin de la Société archéologique du Midi, no 46, 1924, pp. 45-52). — L. DE SanTi. Le Crimen Vinarium, dans le procès de Fonteius; fragment d'une étude sur le Pro Fonteio (Mémoires de l'Académie des Sciences de Toulouse, 1923, p. 9) ; — La limite nord du « Pagus Tolosanus » [ibid., 1900).

— Aug. CasTAN. Les Capitales provinciaux du monde rom,ain. Besançon, 1886. — Ern. Desjardins. Géographie historique et administrative de la Gaule romaine. Paris, 1876-93. — C. JULLIAN. Histoire de la Gaule.

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