N°' 6 et
4. Hôtel Castellane, qui a remplacé l'ancien hôtel de Michel du Faur de Saint- Jory, juge mage au xvi<^ siècle, construit par Baclielier.
vieux hôtels rappellent leur souvenir quand ils n'ont pas donné leur nom à la rue elle-même (^).
Rue d'Astorg, c'est Raimon-Arnaud de Villeneuve, au xiv^ siècle, descendant probable du Pons de Villanova des débuts de notre histoire municipale; au xv^ siècle, ce sont les Astorg (^), dont le nom est ainsi devenu historique. Place Saint- Etienne, derrière la façade banale de l'hôtel Catel P), se dissimule, dans la cour, une belle façade gothique avec une tour hexagonale aux mâchicoulis aveuglés. C'était, au XV® siècle, le logis de Jean Catel, « hoste de la Campane » en 1498, dont le fils Jean fut capitoul et s'anoblit, dont la descendance peupla le Parlement et s'enorgueillit de l'annaliste Guillaume Catel. Rue Croix-Baragnon, au n^ g, habitèrent les La Jugie : Bertrand, «cambrador» en 1477, et, précédemment, son ancêtre Pierre, capitoul en 13 14.
Les Prohenques, dont on rencontre sans cesse le nom dans nos annales du xiv® au xvii® siècle, possédaient des immeubles rue Peyras; cette famille d'aubergistes et de marchands
Les Astorg,
Catel, La Jugie,
Prohenques,
Bosredon,
Brucelles.
1. Ysalguier et le Niger. — 1,'un des fils de cette famille d'un grand renom, dont l'hôtel existe encore rue P;'\Tolières, Anselme Ysalguier, aurait-il découvert le Niger au xv** siècle et séjourné huit ans à Gao, capitale de l'empire de Sengaï, aujourd'hui tête de ligne des caravanes transsahariennes, pour revenir à Toulouse avec des richesses considérables, traînant à sa suite un harem, une première favorite d'origine prindêre, la négresse Salam-Cazaûs, avec laquelle il aurait eu plusieurs enfants, des casines, des nègres, des eunuques, dont l'un, Aben Ali, pour\-u de quelque talent en médecine, opérait des cures mer\'eilleuses et aurait guéri en cinq jours Charles VII (1416), tombé malade à Toulouse? Ce voj^age, s'il a été effectué par Ysalguier, était hérissé de difficultés sur mer comme sur terre, par le cap Jubj»-, la Mauritanie, le Sahara. Cependant, il n'était pas impossible. En tout cas, cette entreprise ne paraît pas présenter un caractère suffisant d'authenticité. Le récit nous en a été fait, au xv^ siècle, par Guillaume Bardin, conseiller au Parlement de Toulouse, dans une chronique sur l'Afrique, à cette époque du xv« siècle. Mais le manuscrit, disparu, dit-on, sous la Révolution, n'a pas été retrouvé. Plus tard, au xvm^ siècle, le fantaisiste Dumège, de Toulouse, Lamothe-Langon, le chanoine Anthelme de Tricard, dans son ouvrage Essais de littérature pour la connaissance des livres, se basant sur une prétendue copie de ce manuscrit, émaillent cette relation de voyages de détails et d'événements, dont quelques-uns, invraisemblables, permettent de supposer qu'on a rétabli par conjecture un texte adiré. Aucune généalogie, aucun document d'archives, ni les Annales de Toulouse, ni Catel, ni aucun papier de famille ne font mention de cette merveilleuse aventure. Aussi, semble-t-il qu'à défaut du manuscrit Bardin. et jusqu'au jour où les archives révéleront l'existence de cet épisode de la vie d'Anselme Ysalguier, il convient d'user de réserves. — De la Roncière, Une idylle franco-nègre au Niger et La Découverte de l'Afrique au nioven âge. — L'Auta, février 28. — Bull. Soc. Géogr. toulousaine, 1929. — Galabert. Anselme Ysalguier est-il allé au Niger au XV" siècle? (Mém. Acad. des Sciences, 1933).