I. Rue Sesquière ou du Coq-d'Inde
qui, au moyen âge, ont valu à l'artisanat toulousain sa grande réputation. Le fer des Pyrénées et des Corbières, hautement estimé, arrivait à Toulouse tout préparé des forges du pays de Foix, du Donezan ou du Capcir. Les faures ou forgerons, enfants de saint Eloi, dont la confrérie avait la Daurade pour siège, ont formé une tradition dont de belles pièces de ferronnerie, encore aujourd'hui visibles, montrent la force et la qualité. Les grilles de Saint-Pierre de Cuisines (^), œuvre de l'époque romane, celles de Saint-Sernin et de Saint-Etienne laissent regretter la disparition des fers forgés qui devaient orner les innombrables puits dont la ville était semée {^). Les armusiers ou armuriers, brigandiniers, bonetiers (^) fabriquaient des équipements de guerre réputés. Le roi Charles IV possédait plusieurs fers de glaive forgés à Toulouse. Les espasiers-fourbisseurs (1465), fabricants d'armes offensives, comme les épées, dévots de Notre-Dame des Neiges, à la Daurade, pouvaient rivaliser avec les ouvriers italiens ou espagnols; leur quartier, au xv^ siècle, était la partie ouest de la rue des Tourneurs, la rue des Armusiers. Près de la Trinité, où leur confrérie avait son siège, se groupaient les serruriers. Si l'on juge de leur habileté par la serrure de la grille de Saint-Sernin, il y avait parmi eux, au xv^ siècle, de véritables artistes. Les couteliers et ciseliers (1374), les rasoriers (1379) peuplaient la rue qui a gardé leur nom. Les spilliers ou épingliers (1466) avaient leur chapelle aux Carmes et honoraient sainte Ursule et les onze mille vierges. Quant aux peyroliers-chaudronniers (statuts 1379), réunis dans la rue Peyrolières, ils avaient pour patron saint Dominique et célébraient leurs offices aux Frères Prêcheurs. Ils avaient obtenu qu'on défendît la vente des vieux chaudrons réparés. Les estagniers ou fondeurs d'étain se groupaient rue des Estagniers (des Arts). Les lanterniers-ferblantiers, formés seulement au xvi^ siècle en corporation, ont laissé leur nom, non loin de la Daurade, à la rue Lanternière.
La corporation la plus aristocratique de Toulouse était, à Orfèvres-
coup sûr, celle des orfèvres-argentiers. Les statuts des argen- argentiers.
1. Chapslle du Purgatoire et chapelle des Fonts Baptismaux de l'actuelle égliss de Saint-Pierre.
2. Il en reste un du xvi« siècle dans une cour du 12, rue Temponières.