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une longue carrière, et mourut le 28 mars i4'3, âgée de quatre- vingt-deux ans. Elle fut ensevelie en habit de sainte Claire, et son corps fut porté le lundi suivant, 3 avril, par les cordeliers de Tours dans leur église où elle fut enterrée au pied du grand-autel du côté de l'évangile.
Jacques de Bourbon , roi de Naples , qui depuis se fit cordelier, sollicita sa canonisation auprès du pape Benoit XIII, et il en obtint une commission d'informer, qui fut adressée à l'archevêque de Tours Jacques Gélu. Ce prélat fit faire devant La Bruyère, notaire apostolique , une information qui fut envoyée au pape à Avignon. Mais sans doute le schisme qui divisait alors l'église fut cause que ce projet resta sans exécution.
Cependant les religieux de Saint-François de Tours en faisaient une fètc particulière qui était marquée dans leur martyrologe.
Martin Boîsgautier, de Tordre des frères mineurs, lté à Àmboise, a écîit la vie de la bienheureuse Jeanne-Marie de Maillé; mais elle est restée manuscrite. 11 en est fait mention dans le huitième volume du Bollandus, p. 737.
IV. MAILLÉ (Simov de), né en i5i5 au château de Brizay et non de Brézé, comme l'ont dit dans son éloge les frères de Sainte-Marthe. Il fit profession dans l'ordre de Citeaux, à l'abbaye du Loroux, en Anjou, dont il fut ensuite abbéj mais Diane de Poitiers, veuve de Louis de Maillé, comte de Brézé, son grand-oncle paternel , lui procura bientôt l'évèché de Viviers et, en i554, l'archevêché de Tours.
Il accompagna le cardinal de Lorraine au concile de Trente en i562, et y prononça plusieurs discours latins qui le firent considérer comme l'un des plus éloquens prélats de cette célèbre assemblée.
Son zèle pour la religion catholique fut porté si loin qu'on le soupçonna, avec quelque raison, d'être entré dans la faction de la Ligue , contre laquelle la Touraine en général s'était prononcée. Il crut donc prudent de quitter la ville de Tours et de se retirer dans son château de Brizay, où l'étude le con-
sola de cette espèce d'exil volontaire. Il y vécut tranquille sous la protection d'Éléonore de Bourbon , tante de Henri IV, et abbesse de Fontevrault. Ce fut dans ce château qu'eut lieu un événement funesto)|ont il faillit être une des victimes. Le plancher des appartenions qu'il occupait et qu'il avait lui-même fait bâtir vint à s'affaisser pendant la nuit, et dans sa chute écrasa sous ses ruines tous ceux de sa famille qui se trouvaient au rez-de-chaussée. L'archevêque fut tiré de ces décombres sans blessures et même sans avoir éprouvé aucun mal. Il vécut encore long-temps après cet accident, et mourut dans ce même château le 11 janvier 1597, âgé de quatre-vingt-deux ans. Il était le deuxième fils de Guy de Maillé , marquis de Brézé et d'Anne de Louans.
Nous.avons de Simon de Maillé une traduction du grec en latin de» vingt-quatre sermons de saint Basile, dédiée au cardinal de Lorraine : Sancti Basilii Conciones xxiv de vitâ et moribus a Simone metaphraste selectae et à Simone de Maillé, archiepiscopo turonensi latin» facta? ; Parisiis, Guill. More], i558, in-8. Il est encore auteur d'un autre ouvrage intitulé : Dévotieux petit discours adressé aux peuples de Touraine pour s'exercer à l'honneur et crainte de Dieu par la considération de la mort naturelle; Paris, Pierre Tuilier, iSyb in- 12.
On peut voir ce qui concerne son épiscopat à l'article des archevêques de Tours.
MAIXENT (Saint). Pof. Saint-Maximin.
I". MAROJjLES (Claude de), seigneur de la Ronchère Dubreuil, de Noisay, né au château de Marolles en i564, de Claude, premier du nom, et de Françoise d'Érian. Il servit d'abord en qualité de simple officier, mais la bravoure dont il donna des preuves dans différentes circonstances le fit parvenir successivement aux emplois de gentilhomme ordinaire du roi , de lieutenant-colonel des cent-suisses et de maréchal-de-camp. Mais ce qui le rendît surtout célèbre fut son combat singulier contre Jean de l'Ile Marivaut, combat dont peut-être eût-on moins parlé dans toute autre occasion. Il
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avait embrassé le parti de la Ligue au nom de laquelle , en 1589, par un coup de main très-hardi, il s'était emparé tlu château de Montrichard. Dans, la même année il se trouva à Paris à l'époque où Henri l£ fut assassiné. Le premier août s'étant approché des tranchées armé de toutes pièces, il y trouva Mari vaut, l'un des plus braves de l'armée royale, qui demanda s'il n'y avait pas quelqu'un des ligueurs qui voulût rompre une lance pour l'honneur des dames. C'était le prétexte qu'on donnait à ces sortes de duels devenus trèsfréquens. Marollcs accepta pour le lendemain. C'était le jour de la mort du roi. La lice fut ouverte en présence des deux armées dans la campagne , derrière les Chartreux. Les dames les plus illustres des deux partis voulurent être spectatrices d'un combat qui se donnait en leur intention. Marivaut , * vigoureux et dans la force de l'âge , monté sur u» cheval robuste, était armé d'une longue et lourde lance. Marolles, plein d'adresse et âgé seulement de vingt-cinq ans, n'en avait qu'une extrêmement légère, et ayant été obligé délaisser le cheval que le duc du Maine lui avait donné, en montait un si faible qu'il s'abattit en passant le fossé. Le signal donné les deux champions partirent. Marivaut, confiant dans sa force, tenait sa lance en arrêt; Marolles au contraire, se reposant sur sa dextérité, la présentait comme s'il eût voulu courir la bague. Le premier rompit sa lance dans la cuirasse de son adversaire qui en fut faussée ; mais celui-ci , sans être même ébranlé sur sa selle, porta sou coup avec tant de justesse qu'il atteignit Marivaut daus la grille de la visière où le fer et le tronçon de la lance s'enfoncèrent dans l'œil jusque derrière la tète. ^Marivaut renversé expira un quart d'heure après, en disant: « S'il m'eût été heureux de vaincre,. il « m'eût été malheureux de survivre au roi mon maître. » Marolles ne voulut d'autres gages de sa victoire que l'épée et le cheval du vaincu, et rendit à Châtillon son corps, qui fut emporté tristement par les royalistes , tandis que Marolles était reçu dans Paris par les ligueurs au bruit des trompettes et des acclamations publiques. Les chefs de la Ligue ne man-
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quèrent pas de tirer parti de cet événement en répandant qu'il était un témoignage de la protection du ciel et que 'le jeune David avait tué le géant Goliath, Depuis ce moment on ne le nomma plus que le brave Marolles.
Il combattit dans les rangs de la Ligue à la bataille d'Ivry; mais depuis il servit Henri IV avec fidélité et avec sa valeur accoutumée. En i6o4, il accompagna le comte de Laval en Hongrie. Ce jeune seigneur y ayant été tué dans une action en i6o5, Marolles soutint l'effort des Turcs sur l'aile droite de- l'armée chrétienne , et les poursuivit une grande lieue , jusqu'au passage d'une rivière où il leur en tua et noya plus de quinze cents. S'étant défait, en 1614, de sa ebarge de lieutenant-colonel des Suisses, le duc de Nevers le choisit pour gouverneur du duc de Rhetelois son fils. Enfin, en 1627, lorsqu'il croyait avoir renoncé tout-a-fait au métier des armes, il fut envoyé en Italie en qualité de maréchal-decamp avec Laferlé-Imbaut, qui fut depuis maréchal de France. Cette campagne n'ayant pas été heureuse, puisque le but qu'on s'était proposé de secourir Mantoue avait été manqué, Marolles, par sa prudence et son habileté, fit exécuter la retraite de l'armée en si bon ordre que l'ennemi y perdit beaucoup de monde.
Il avait ce courage chevaleresque qui dans tout autre aurait pu paraître de la rodomontade. Son fils prétend qu'il disait qu'un homme de guerre ne devait mourir que les armes à la main. C'est ce qu'ont dit plusieurs guerriers; mais il ajoute que lorsqu'il se faisait saigner, pour ne pas démentir cet axiome, il se tenait debout et appuyé sur sa pertuisane qu'il avait au chevet de son lit pour lui servir de bâton. Ce trait, pris de son côté ridicule , aurait pu figurer dans Don Quichotte. Quoi qu'il en soit, il mourut dans sou lit le 8 décembre i633, âgé de soixante-neuf ans et quelques mois, avec la réputation d'un des plus braves capitaines de son temps. Il fut marié deux fois; de sa première femme, Agathe de Châtillou, il eut six eufans, dont le quatrième fut l'abbé de Marolles qui fait l'ol)jet de l'article suivant.
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II. MAROLLES ( Michel de), fils du précédent, ne au château de Marolles le 22 juillet 1600. Comme il était le troisième des garçons, on le destina à l'état ecclésiastique, vers lequel semblèrent également le porter de bonne heure ses goûts et ses inclinations. L'amour de l'étude devint chez lui uuc passion que l'âge ne ralentit point. Son érudition était assez vaste, mais mal digérée. Il traita beaucoup de sujets divers, parce qu'il n'avait de talent prononcé pour aucun. Mais son plus grand défaut fut de manquer de goût; il ne mit par conséquent aucune correction dans son style , et c'est ce qui explique le nombre considérable de volumes qu'il publia pendant l'espace de soixante ans. A la vérité, quand il commença à écrire, la langue française ne comptait encore aucuns bons prosateurs; mais il ne se perfectionna poiut, malgré son commerce habituel avec les grands et les gens de lettres, et l'on trouverait difficilement quelque différence entre le style de sa jeunesse et celui de son âge mûr. Dénué d'imagination , les traductions et les compilations furent exclusivement son domaine. On lui eût su gré pourtant d'avoir été le premier à faire passer dans notre langue les classiques latins, s'il eût pu se pénétrer de l'esprit des originaux et si, dans l'impuissance d'en reproduire les beautés, il eût su du moins en rendre le sens exact et les faire parler correctement et noblement dans l'idiome qu'il leur prétait; mais il semble qu'il n'ait pris à tâche que de rendre des mots par d'autres mots. Ce vice se fait principalement sentir dans ses traductions des poètes, qui, sous sa plume, ne sont plus que de véritables squelettes. Sa version d'Athénée fut long-temps recherchée9 non pas parce qu'elle était bonne,' mais parce qu'elle a été la seule jusqu'à ce que Lefebvre de Villebruuc, en 1789, eût fait paraître la sienne, dans laquelle il ne dit pas un mot de l'abbé de Marolles. Il faut convenir cependant que c'est à ce laborieux écrivain qu'appartient le mérite d'avoir ouvert cette carrière, et que ses travaux, tout imparfaits qu'ils sont, n'ont pas été inutiles à beaucoup de ses suc-
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cesseurs qui n'ont rien dit de lui, ou qui n'en ont parle que pour le maltraiter.
Il eut également le mérite d'être l'un des premiers eu France qui s'occupèrent de rassembler les estampes ou gravures des difterens maîtres anciens et modernes. Peu riche, mais économe et borné dans ses besoins, les revenus de ses abbayes de Beaugerais et de Villeloin lui permirent d'en consacrer chaque année, l'excédant à l'accroissement de sa collection , qui, commencée en i I > j j, se montait déjà, en 1666, à plus de cent vingt mille , et il nous apprend lui-même qu'il en avait acheté d'un seul coup pour mille louis d'or à la vente d'un curieux. Ce précieux recueil, dont il 3 publié deux catalogues en 1666 et 1672, est passé tout entier dans le cabinet du roi. Marolles nous apprend encore, à la fin du premier de ces catalogues, qu'il se proposait de donner au public une histoire de la vie des peintres, sculpteurs et architectes, en vingt-quatre livres, dont il indique les divisions; mais il n'en a jamais rien paru , non plus que de son histoire de la Touraine dont il avait rassemblé les matériaux, avec l'aide d'André Duchesne, en plus de 8 volumes in-fol. La perte de ces matériaux est très-probablement plus regrettable que l'histoire elle-même.
L'abbé de Marolles était de mœurs pures , d'un caractère doux , et d'une société agréable. Il avait l'esprit assez vif, beaucoup de franchise et de coudesccndance pour ses amis dans la conversation ; mais il était ferme dans son opinioa pour soutenir ce qu'il croyait être la vérité. Du reste, sans autre ambition que celle de se faire un nom dans les lettres , croyant de bonne foi qu'en fait de productions littéraires la quantité équivalait à la qualité. «^ï'ai fort aimé la gloire, .< dit-il dans ses mémoires , et il n'y avait aucune chose pos- « sible au monde que je n'eusse entreprise pour la mériter et h pour l'obtenir. » Cependant il se trompa dans les moyens, et quoiqu'il proteste autre part qu'il ne fait pas grand état de tout ce qu'il a mis au jour , on voit en cent endroits qu'il
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était loin d'être convaincu de sa médiocrité ; mais s'il fut en butte aux critiques , s'il y fut sensible , il ne les repoussa jamais arec amertume, et se consola , comme tant d'autres, par la persuasion qu'il n'était critiqué que parce que son mérite était envié ou méconnu. Sa prévention à cet égard était telle qu'il dit en parlant de ses vers qui sont tout ce qu'il a fait de plus mauvais : « Je crus facilement que le moindre de ces « ouvrages aurait honoré quelque nom que ce pût être, et « que le mien aurait eu bonne part à cette petite gloire ; mais « au contraire , on dirait que toute la terre s'en est offensée et « que pour n'en vouloir seulement ouir parler, elle a pro— « testé qu'elle n'en lira pas un seul vers. »
Quoi qu'il en soit, l'amour de l'étude et le désir de la renommée lui firent négliger tous les moyens qu'il aurait eus de parvenir aux premières dignités de l'église, auxquelles sa naissance et son mérite personnel , appuyés du crédit que son père avait à la cour, pouvaient lui permettre de prétendre; mais il eut la modération de savoir se contenter de ses deux petites abbayes, qui ne lui produisaient guère plus de six à sept mille livres , et sans doute il n'en fut que plus heureux; et pourtant, ainsi qu'on l'a vu, il sut encore distraire de ce revenu assez modique de quoi satisfaire son goût pour les livres et les gravures.
Si l'abbé de Marolles n'eût pas aspiré au renom d'auteur volumineux, il est probable que sa réputation y eût gagné et qu'il eût pu nous laisser quelques nionumens plus durables du savoir qu'après tout on ne peut lui contester.
Il mourut à Paris le 6 mars 1681, âgé de quatre-vingts ans sept mois douze jours, çt fut enterré dans l'église de Saint- Sujpicc, à côté du chœur, entre les deux chapelles. Avant la reconstruction de ce temple , on y voyait son portrait en marbre blanc posé sur un tombeau de marbre noir jaspé, et soutenu par un Génie tenant d'une main un flambeau éteint, et de l'autre essuyant ses larmes. Ce portrait était accompagné d'une mitre, d'une crosse et de quelques livres, le
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tout en bronze , et au-dessus , sur une table de marbre noir selisait son épitaphe.
Quoique les ouvrages de l'abbé de Marolles, à l'exception d'un petit nombre, soient aujourd'hui condamnés à l'oubli, je crois devoir en donner ici la liste , en suivant l'ordre dans lequel ils ont paru pour la première fois, et sans distinction de matières. Sur quarante-deux qui ont été imprimés, il n'y en a que huit qui ne soient pas des traductions; encore dans ce nombre coin pte-t-on ses deux catalogues d'estampes. i° La Pharsale de Lucain; Paris, 1623, in-8. La troisième édition fut augmentée du panégyrique à Pison , et de la traduction en vers du poème de Pétrone sur la guerre civile, i654 et 1697 , 1 vol. in-8; 2° l'Office de la Semaine sainte en latin et en françois, traduite par M. de Marolles; Paris, 1626, in-12, réimprimé en i656, 1671 et 1680; 3* Constitutions de Tordre de la congrégation de la Vierge, traduites par le même; Paris, 1&26, in-8; /fies Heures Canoniales avec l'office de la* Sainte Vierge , traduites par le même ; Paris , 1628, i65o, in-8; 5° Continuation de l'Histoire Romaine de Coeffeteau jusqu'au règne de Valentinieh et de Valens, avec les abrégés d'Aurélius Victor , de Sextus Rufus , et l'histoire de l'extraciîon d'Auguste par Messala-Corvinus; Paris, Dubray i63o, i65o, in-8; 6° les Tragédies deSénèque traduites en françois; Paris, i644 > in-8, 2 vol. ; 70 livre des Pseaumes et des Cantiques mis en françois avec préfaces, argumens et annotations, et antres traités dont celui de saint Athanase sur les Pseaumes; Paris, Huré, i644, i656\ in-8; 8° le Nouveau- Testament avec une préface et une chronologie (traduit sur la version d'Érasme ) ; Paris, 1649, '653, 1660, in-8, 1 vol. , et en i655 avec le latin à côté ; 90 les OEuvres de Virgile traduites en prose avec des commentaires et des figures par ^Chauveau ; Paris, 1649, *n-f°J« La même traduction avec le latinj Paris, 1662, 3 vol. in-8; io° les six livres de Lucrèce de la Nature des choses, en latin et en françois, avec des remarques et les notes latines de Gifanius , Paris, Dc-
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lu vues, i65o, 165g; in-8, et i663 avec le onzième livre de Diogènj Laerce de la vie de Lycurgue; 1 1° les Épîtres et Évangiles de Tannée avec les oraisons du bréviaire et l'ordinaire de la messe; Paris, i653, in-12 ; 120 les Élégies de Tibulle ealatin et en françois; Paris, i653, iu-8; i3° les .Satyres de Juvéaal et de Perse en latin et en françois, avec des remarques; Paris 9 i653, i658, 1671, in-8; \:[" les OEuvres d'Horace en latin et en françois; Paris, i§53 le premier vol., et 1660 le second , in-8 ; i5° Poésies de Catulle, avec la traduction des Veillées de Vénus; Paris, i653, in-8; 16° les OEuvres de Propercç en latin et en français; Paris,
1654, in-8; 170 Tableaux du Temple des Muses, tirés du cabinet de M. Favercau f dessignés par Diempembeck et gravés par Bloè'maert et autres excellons maîtres, pour représenter les vertus et les vices sur les plus illustres fables de l'antiquité, avec les descriptions, remarques et annotations de Michel de Marolles; Paris, Langlois, i655, in*fol. Cet ouvrage est toujours estimé, surtout en grand papier, malgré l'édition plus belle qui a paru en 1 733 avecles figures gravées 1 par B. Picart ; 1 8° les Épigrammes de Martial en latin et en françois, avec de petites notes; Paris, Deluynes, i655 et 1671, in-8, 2 vol.; 19° Mémoires de Michel de Marolles, contenant ce qu'il a vu de remarquable depuis l'an 1600 jusqu'en
1655, et ses entretiens avec diverses personnes illustres; les généalogies de quelques familles alliées dans la sienne et une suite coutenant douze traités sur divers sujets curieux; Paris, Soramaville, |656, in-fol. Il faut vérifier s'il y a au commencement un beau portrait de Marolles, et à la troisième partie celui d'Agathe de Chatillon sa mère, au trait seulement, ordinairement réunis en un seul. En I7$5, on en a donné une édition en 3 vol. in-12, de laquelle on a élagué les généalogies. Marolles y fait remonter la sienne jusqu'au vingtième degré où il a trouvé qu'il y avait un million quarante-deux mille quatre cent nonante-six quartiers; 20° les Sylves et l'Achilléide de Stace; Paris, Hure, i(>58, in-8; 2i° les Comédies de Plaute, en latin et en françois; Paris,
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Lamy, l658, in-8, 4 vol. ; 22° les Comédies <lc Térence, en latin et en françois, avec des remarques; Paris, 1659, in-8, 2 vol.; 23° le Bréviaire Romain, latin et françois; Paris, 1659, in-8, 4 vol.; 24° les livres d'Ovide de l'Art d'Aimer et des Remèdes d'Amour, et les poèmes sur l'art d'embellir le visage, du noyer, des poissons, de la puce et du langagé des bêtes et des oiseaux, traduits du latin avec des observations; Paris, Lamy, 1660, in-12, deuxième édit. ; 25° les Fastes, les Héroïdes, les Amours, les Tristes,l'Art d'Aimer, le Pont, contre Ibis et diverses pièces d'Ovide traduites en françois; Paris, 1661 , 1680, in-8; 26° Traité du Poème Épique; Paris, 1662, in-8; 270 Histoire des rois de France; Paris, i663, in-12; 28° les Histoires d'Eutrope, de Paul diacre, de Baptiste Egnatius et quelques autres ; Paris , i644 > *n~$ î 29° Catalogue de livres d'estampes et de figures en taille-douce , avec un dénombrement des pièces qui y sont contenues ; Paris, Frédéric Léonard, 1666, in-8. Ce catalogue est rare et recherché ; 3o* Histoire auguste des six auteurs anciens , Spartien, Capitolin , Lampride , Gallian , Pollion et Vopiscus , traduite en françois; Paris , 1667 , in-8 ; 3i° le livre des Spectacles et le premier livre des Épigrammes de Martial , traduits en vers françois; Paris, 1667, in-8. C'est cette traduction que Ménage appelait épigrammes contre Martial ; 32° Considérations en faveur de la langue framçoise , contre le sieur Lucas ; Paris, 1667, in-4; 33° Catalecta ou pièces choisies des anciens poètes latins depuis Ennius et Varon jusqu'au siècle de Constantin, traduites en françois; Paris, 1667, in-8, 1 6^3, in-4- Ce recueil est gire et recherché , quoique l'auteur en général ait traduit beaucoup de ces anciennes pièces sans les comprendre; 34° les Choses Rustiques de Columelle, traduites en françois avec divers épithalames de Catulle traduits en vers; Paris, 1671, in-8; 35° les livres de la Genèse, de l'Exode et du Lévitique (jusqu'au vingt-troisième chapitre), traduits en françois avec des notes; Paris, Sébast.*Huré , 1671, in-fol. L'impression de cette Bible fut arrêtée par
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ordre du chancelier à cause des notes qui sont d'Isaac La Peyrère ; ce qui en a paru est encore recherché des curieux ; 36° Catalogue de livres d'estampes et de figures en tailledouce , avec un dénombrement des pièces qui y sont contenues; Paris, Langlois, 1672, in-12. Il faut joindre ce catalogue à celui indique sous le n° 29, il est également rare; 37° les dix-huit livres qui restent des trente-un de l'histoire d'Ammien Marcellin depuis l'an de N. S. 354 jusqu'en 378, traduits du latin avec des remarques; Paris, Barbin, 1672, in-12, 3 vol. ; 38° OEuvres diverses de Michel de Marottes , savoir: le catalogue de ses ouvrages *, les œuvres de Virgile traduites en vers, ou dissertations, remarques et pièces diverses sur Virgile, traduction en vers de différens endroits de Properce, d'Horace, d'Ovide , de Lucain, de Silius Italicus, de Stace , de Glaudian et de Lucrèce ; aualyse du poème de Lucrèce ; Vie de Lucrèce ; remarques sur Martial , sur Stace , sur les œuvres d'Ovide et autres poètes ; dénombrement et les noms de ceux qui ont été en relation avec * M. de Marolles; remarques sur Horace, lamentations de Jérémie traduites en vers; considérations en faveur de la langue française; Paris, 1673, in«4; 3o,° l'Apocalypse de saint Jean traduite en vers ; Paris, 1677, *n"4 ï 4°* ^es quinze livres des deipnosophistes d'Athénée, ouvrage délicieux , agréablement diversifié et rempli de narrations savantes sur toutes sortes de sujets, traduits pour la première en françois; Paris, Langlois, 1680, in-4» Cette traduction est toujours recherchée, surtout en grand papier qui est très-rare; 4l* les Histoires des anciens comtes d'Anjou et de la construction d'Amboisc, avec des remarques sur chaque ouvrage; Paris , Jacq. Langlois, 1681 , in-4, avec le portrait de l'auteur gravé par Nanteuil, C'est une traduction des deux ouvrages latins de Jean, moine de Marmoutier, et du fragment de Foulques Réchin. Cet ouvrage est rare; 42* l'Histoire des François de saint Grégoire évêque de Tours, avec le supplément de Frédégaire, les livres de la Gloire des Martyrs et des Confesseurs, avec les quatre livres de la Vie de saint Martin
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et celui de la Vie des Pères; Paris, Fréd. Léonard, 1688 , in-8, 2 vol. On doit trouver à la tète du premier un portrait du roi gravé par Edelinck; 4^° les Épigrammes de Martial, traduites en vers français ; Paris, 167 1 , in-8, 2 vol., tirés seulement à cinquante exemplaires, aussi est-il très-difficile d'en rencontrer. Il en donna une seconde édition un peu moins rare; Paris, 1675, in~4> 44° le Festin de Trimaleion, traduit du latin de Pétrone ; Paris, 1677 , in-8; ^5° on lui attribue également le Pétrone traduit en vers et publié sous les initiales M. L. D. B. ; Paris, 1667. On ne peut guère eu effet se méprendre à sa versification.
Indépendamment de tous ces ouvrages imprimés, l'abbé de Marolles avait encore laissé en manuscrit : 1" les Vies des personnes illustres dans les lettres , tant hébreux, grecs et latins que des autres nations ; 2° Traités sur les antiquités des Armoiries et sur plusieurs autres matières ; 3° Généalogie des gentilshommes de Tour ai ne et d'autres familles, en 4 vol. ; 4° Généalogies des siècles héroïques et fabuleux, selon les livres des poètes anciens; 5* l'Histoire des peintres, sculpteurs, graveurs, architectes , ingénieurs , maîtres écrivains , orfèvres et autres célèbres artisans ; 6° une traduction d'Hérodien ; 70 enfin une traduction de la chronique de Cas si odore, Si tous ces ouvrages ne prouvent pas de grands talens, , ils prouvent du moins de grands travaux.
I. MARTEAU (Màktin), carme, du nom de Saint-Gatien , né à Villebourg le 27 janvier i6o3. Après avoir fait ses humanités à Tours, il y prit l'habit de Notre-Dame du Mont- Carmel le 16 juin 161 5, alla faire sa philosophie et sa théologie à Paris, aux frais du chapitre de Saint-Martin, et fit profession le 21 janvier 1619. D'après le titre qu'il prend de prédicateur carme Touraugeau, il paraît qu'il se consacra particulièrement à la prédication ; mais l'extrême crédulité dont il fait preuve dans ses écrits et leur style au-dessous de la simplicité ne doivent pas donner une haute idée de son éloquence en ce genre. 11 a composé : i° le* Paradis délicieux de la Touraine, qui comprend dans une briève chronologie
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se* raretés admirables, parliculièrement les archevêques de Tours et autres choses remarquables , etc. , le tout divisé en quatre parterres qui font quatre parties; Paris, P. Dupont, 1660 , et Louis de La Fosse , 1661 , in-4, 2 vol. en un seul. Notre auteur commence tout simplement à la création du monde et nous donne, à propos de la Touraine, la chronologie* de l'ancien et du nouveau Testament , 'des papes èt des empereurs , des conciles et des rois de France ; et il ne tient pas à lui que tous les RR. PP. carmes de son temps ne soient , des grands hommes. Du reste il ne faut chercher dans son livre ni style, ni critique, ni exactitude. Ce fut assez probablement le jugement qu'on en porta quand il parut , car le bon religieux dit fort naïvement dans le chapitre îv du quatrième parterre : « Je n'en ai fait tirer que fort peu d'exem- « plaires pour mettre à la censure d'un chacun , pourvu « qu'elle soit charitable et non passionnée , comme est celle « de mes émulateurs, qui ne peuvent pas mieux faire que « moi. 11 faut pourtant qu'ils avouent malgré eux que cet « ouvrage est parfait dans sa brièveté, les errata corrigés, au « moins pour ce qui regarde la vie de saint Martin et notre «petite chronologie. >» Or, cette petite chronologie, toute mauvaise qu'elle est , il avoue lui-même l'avoir prise dans La Peyre.
Il trouva cependant quelques apologistes dignes de lui , si l'on en juge par les pièces de vers placées en tête du volume î v ' . .*
Que d'honneurs , de vertus soutient cetle contrée ! On n'y découvre rien que de grand , que de beau : Mais, lecteurs, si tu Veux eu obtenir rentrée, Sers-toi de ce marteau.
Le P. Marteau mourut subitement le 1 1 juillet 1666 dans le grand couvent des carmes de la place Maubert à Paris. 11 était alors sous-prieur du couvent de Melun.
Son ouvrage est quelquefois indiqué sous le titre d'abrégé
BIOGRAPHIE. 3l9
du Paradis délicieux de lu Touraîne avec la date de 1661 ; mais c'est une seule et même édition , et ce dernier titre est celui qui se trouve dans la permission cles supérieurs.
Nous avons encore de lui : 2° la Vie du prélat apostolique et divin thaumaturge saint Martin, troisième archevêque de Tours et second apôtre des Gaulois; Paris, Pierre Dupont, 1660 , in-4 de 88 pages. Outre la Vie de saint Martin , ce petit volume renferme encore: i- le Détail des reliques, châsses , argenteries et ornemens qui forent pillées et brûlées par les calvinistes eil i562; 2* le Petit Office et les litanies- de Saint-Martin. L'aUteut* ne Craint pas d'assurer au commencement que c'est un tëuvre rempli de très-belles , tares et utiles remarques; 3° Abrégé des privilèges, des mérites et indulgences de la confrérie dé la bienheureuse vierge Marie du Mont-Carmel ; Paris, veuve Denis Moreau, 1648, in- 16. Ce petit recueil, digne d'un zèle de carme, est dédié à Marie deBellièvre, femme d'Achille de Harlay; 4° des Choses de la foy Contestée, en forme dialogue françois, dédié à Louis XIV; Paris, Louis de La Fosse, 1662, in-8; 5* le Baillou des Médisans ; Paris, i636, in-16. Le P. Marteau, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même, composa ce petit écrit sur ce que des envieux avaient semé dans toute la Bretagne de faux bruits contre les carmes de Sainte— Anne— d'Àuray , près Vannes, pour empêcher le çoucours des fidèles dans leur église.
Au reste ce bon religieux était un homme simple , plein de candeur, de franchise et d'amour pour la Touraine, mais surtout pour l'ordre des carmes sur lequel il n'entendait pas raillerie.
II. MARTEAU (Jean) , avocat au parlement, né à Tours en 1610. Tandis qu'il suivait le barreau, il publia un poème latin en Phonneur du célèbre Mathieu Mole, premier président au parlement de Paris. Quant à sa Philosophie morale, elle ne fut imprimée qu'après sa mort ; Paris, i656, in-8. Si l'on en croit Sorel , dans sa Bibliothèque française , cet ouvrage fut très-favorablement accueilli dans sa nouveauté.
3aO HISTOIRE DE TOURAINE.
Il avait composé en latin un abrégé de Dumoulin , mais il n'a jamais été imprimé.
Jean Marteau , jeune encore , quitta le barreau pour embrasser Pétat ecclésiastique; il mourut en 1662, âgé de cinquante-deux ans , et fut enterré à Saint-Nicolas-des-Champs, dans l'œuvre, où 011 lisait son épilapbe sur une table de marbre attachée à l'un des piliers.
MARTIGNY (Alex.-Louis-Marie-Joseph Ouvrardde), né au château de Nazelles en 1724. Vivant habituellement à la campagne, il y ocçupa ses loisirs par la culture de la poésie. Mais il se borna à insérer , sous le nom de l'anonyme des environs de Tours, dans les journaux du temps, quelques-unes de ces pièces éphémères connues sous le nom de vers de socie'té. La seule qui sorte de ce cadre est une espèce d'épître imprimée sous ce titre : Au roy , poème, par M. de Martigny de Nazelles; Tours, Fr. Lambert, 1749» i"-4 de onze pag. seulement. Elle ne contient que cent soixante-quatre vers, dont la poésie est assez faible et les idées assez communes. En voici un passage :
Quel déluge de feu! l'air s embrase : la foudre Tombe, éclate, ravage et réduit tout en poudre. L'impitoyable mort vole de rang en rang , Perce les bataillons, teint les fleuves de sang. Le Belge est consterné : ses places sont ouvertes, Ses remparts abattus, ses campagnes désertes. Partout où le soldat promène sa fureur Je ne vois que débris, que carnage, qu'horreur.
Tout le reste du poème a la même teinte de médiocrité. L'auteur est mort à sa terre de Nazelles le 1 7 septembre 1 785, âgé de soixante— un ans.
Le deuxième de ses fils , Louis de Martigny , avec un talent ' bien plus prononcé pour la poésie, n'en a fait qu'un objet de délassement. Mais sa traduction en vers des Satires de Juvénal , s'il se décide à la publier, lui donnera à coup sûr un rang parmi nos meilleurs traducteurs.
I. MARTIN (Pierre) , médecin , né à Chinon vers la fin du seizième siècle. Il exerça sa profession à Saumur où il fit imprimer son livre intitulé: Ostéologie Historiale, ou Description du corps humain ; Saumur, 161g , in-^. C'est tout ce que Ton sait de lui.
Un chirurgien nommé René Brion de la Relandière a publié l'Anatomie en vers François, contenant l'ostéologie , la myologie et l'angiologie ; Chinon , Pierre d'Ayrem , 1688, in-8 de i33 pag. , sans compter les' préliminaires ; mais je n'ai pas la certitude que Fauteur soit né en Touraine.
II. MARTIN (Dom Claude), religieux de la congrégation de Saint-Maur, né à Tours lè 1 avril 161 9. Il perdit son père à l'âge de six mois , et n'avait que douze ans lorsque Marie Guyert sa mère se fit religieuse. Le jeune Martin, n'ayant alors d'autres ressources que dans les bienfaits de sa famille , conçut de bonne heure le dessein d'embrasser l'état monastique. Il avait tenté d'entrer dans la Compagnie de Jésus ; mais le supérieur , l'ayant vu , éluda les promesses qu'on avait faites à sa mère avant son départ pour le Canada , en lui observant qu'il ne pouvait être reçu parce qu'il annonçait des symptômes de surdité, et qu'en outre il n'avait pas assez d'esprit pour être jésuite. En effet , cette Société était bien moins curieuse de compter parmi elle des saints que des hommes de génie. Enfin il parvint à être admis dans la congrégation de Saint-Maur, où il se distingua par de grandes vertus plutôt que par de grands talens , quoique pourtant on ne puisse pas dire qu'il fût dénué d'un véritable mérite qui le fit nommer successivement supérieur des Blancs- Manteaux de Paris, prieur de Saint-Germain- des— Prés , de Saint-Denis , de Marmoutier, et plusieurs fois assistant. IL allait être élevé au grade de général de Tordre , lorsque la cour fit signifier son exclusion au chapitre général qu'il présidait en 1687. D. Martin reçut cette défaveur non méritée avec toute la résignation et toute l'humilité chrétienne. Ce fut le même sentiment joint à ses infirmités qui lui fit solliciter et obtenir sa déposition du prieuré de Marmoutier où
3*3 HISTOIRE DE totjraine.
il continua à vivre en simple religieux jusqu'à sa mort, arrivée le 9 août 1696 à l'âge de soixante-dix-sept ans quatre mois et huit jours. Il en avait passé cinquante-six en religion , dont quarante-quatre dans la supériorité.
C'est eh quelque façon au zèle de D. Martin qu'on est redevable des excellentes éditions de saint Augustin, de saint Ambroise, de saint Jérôme, de saint Athanase, de saint 71 ilai re , et l'on peut dire de toutes celles que les bénédictins ont données par la suite, puisque ce fut lui qui eu inspira le dessein , qui combattit les objections , qui surmonta les difficultés que devait nécessairement faire naître une si grande entreprise, et qui en pressa et facilita l'exécution. C'est une justice que le savant D. Martène s'est plu à lui rendre.
Nous avons de D. Martin plusieurs ouvrages où l'on remarque toute l'onction d'un bomme vraiment pieux, plus que le talent d'un bon écrivain : i° Méditations Chrétiennes; Paris , 1669, in-4 , 2 vol. C'est le même ouvrage que celui dont il est parlé par D. Martène sous le titre du Pasteur solitaire. 20 Vie de Marie de l'Incarnation , première supérieure des religieuses ursulines de la Nouvelle-France , par D. Claude Martin son fils; Paris, 1677, in-4; 3° la Pratique de la règle de Saint-Benoît; Paris, 1674, in-8; 4* Conduite pour la retraite du mois qui se pratique dans la congrégation de Saint-Maur; Paris, 1670, in-12; 5° Méditations pour la fête et l'octave de sainte Ursule; Paris, 1678, in-16; 6* Méditations pour la fête et l'octave <le saint Norbert ; Caen , 1679, in*1^ » 7° Oraison funèbre de M. de Pompone de Bellièvre, premier président au parlement de Paris, prononcée dans l'église de Saint-Germain-des-Prés , le 14 avril 1657 ; Paris, Savreux, 1657, in-.j. Il avait de plus composé des exhortations et des conférences qui n'ont point été imprimées ; mais ce qui l'a été de lui laisse peu de regrets à cet égard.
D. Martène, son disciple et son ami, a consacré à son éloge un volume de 4<>5 pages qui aurait pu facilement être réduit à une cinquantaine. Il est intitulé : La Vie du véné-
biographie. 3a3
rable Père D. Claude Martin, religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, décédé en odeur de sainteté au monastère de Marmoutier; Tours, Pbilbert Masson, 1697, in-8. Cette Vie fut supprimée par ordre des supérieurs de la congrégation , sous prétexte qu'elle avait été faite sans leur participation , mais réellement parce que l'auteur y montre une crédulité peu digne de son savoir , et parce que les dé* tails en sont beaucoup trop puérils» On aurait peine en effet à reconnaître la sagacité de D. Martène dans le passage suivant où l'on voit qu'il voudrait faire considérer comme miraculeux un fait très-simple et très-naturel qui même , placé partout ailleurs , pourrait être envisagé sous un côté ridicule. « Il y avait, dit-il pag. 98, dans ce monastère un « cheval qui avait rendu du service à la maison , et qui était « tombé si malade qu'on l'avait traîné sur un fumier pour le « faireécorcher, et sauver du moins sa peau. Comme le prieur « et quelques-uns de ses officiers regardaient ce cbeval avec m des yeux de compassion , à cause du service que l'on en « retirait , ce bon frère qui était portier , vint avertir le père « prieur qu'on le demandait, lequel se tournant versce^re- « ligieux , lui dit : Mon frère , pourquoi laissez-vous mourir « ce pauvre cheval; commandez-lui de se lever et de s'en « aller à l'écurie. Ce jeune religieux, sans examiner le com- « mandement de son supérieur , poussa ce cbeval du pied et « lui dit : Sus , levez-vous , et allez-vous-en à l'écurie servir « le monastère, puisque le père prieur le commande. Dans « le même instant le cbeval se leva sain , alla à l'écurie , « et servit encore fort utilement pendant quelques années. »»
Quelques morceaux de cette nature suffisaient seuls pour faire applaudir à la prohibition , un peu tardive à la vérité, prononcée par les supérieurs d'une congrégation si recommandable par ses lumières.
MASLAHD ( Jean ) , maître écrivain à Tours où il est né au commencement du dix-septième siècle. Il joignait à sa profession l'étude des belles-lettres et l'amour des sciences exactes, dans lesquelles il avait la réputation d'être très-in-
3*4 HISTOIRE DE TOURAIIOE.
struit. II avait réuni dans sa bibliothèque , assez nombreuse d'ailleurs, tout ce qui avait été écrit jusque-là sur les mathématiques. On ne connaît de lui cependant qu'un ouvrage dans le genre de celui des Comptes faits de Barrême auquel il en a probablement fourni l'idée puisqu'il était imprimé long-temps avant le sien. Il est intitulé : le Trésor parfait d'Arithmétique composé par J. Maslard , maître écrivain et arithméticien à Tours, dédié à M. Isaac Touchelée, premier président aux bailliage et siège présidial de Tours; La Flèche, Gervais La Boë, 1657, in-8. Il fut réimprimé à Tours en 1661.
L'auteur est mort en 1679.
MAXIMIN (Saint), né en Touraine dans le troisième siècle, ainsi que saint Maixent et saint Jouin qui étaient ses frères, suivant la tradition du pays. Si l'on en croit Henri- Louis de la Roche-Posay , éveque de Poitiers, dans ses notes sur les Litanies de son diocèse, saint Maximin serait né dans la paroisse de Sillé dont l'église a depuis été mise sous son invocation. Il fut élu évêque de Trêves où il reçut saint Athanâse lorsqu'il y fut exilé par l'empereur Constantin après le concile de Tyr, en 335. Saint Maximin mourut à Trêves le 24 mai , environ l'an 349.
Il y a eu un saint Maixent que l'on dit avoir été évêque de Poitiers ; mais celui dont il s'agit ici doit être un autre personnage , puisque l'évêque de Poitiers est mort dans le sixième siècle, vers l'an 5i5 , et qu'il ne pouvait par conséquent être frère de saint Maximin. Sa fête est célébrée le 26 juin , et celle de notre saint Maixeut l'est le i" janvier.
Quant à saint Jouin , s'étant retiré dans le diocèse de Poitiers, il y fonda, dit-on, un monastère où il fut enterré et que Ton appelle maintenant l'abbaye de Saint- Jouin. Mais cette circonstance doit paraître très-apocryphe puisqu'il est généralement reconnu qu'il n'y eut aucun monastère en France avant celui que saint Martin, dans le siècle suivant, établit à Ligugé près Poitiers.
Sa fête est célébrée le t" juin. Il ne serait pas étonnant que ce saint fût le même que saint Yon , en latin sanctus Joninus, qui vivait dans le quatrième siècle.
MENARD (PIerre), seigneur d'Izernay et des Grands-^ Champs, avocat au parlement de Paris, né à Tours en 1626. C'était l'un des hommes de sou temps qui passait pour avoir le plus d'érudition, et des connaissances aussi variées que solides. Il ne possédait pas seulement les langues grecque, latine , italienne, espagnole et allemande, mais aussi les mathématiques, l'histoire, et même la poésie latine dont il faisait l'objet de ses délassemens.
Indépendamment de cela , son habileté dans les affaires lui fit confier la direction de celles des maisons d'Aiguillon , de Bassompière, etc. Le maréchal de ce nom l'affectionnait particulièrement, et Ménard de son côté lui témoigna le même attachement, surtout pendant sa détention à la Bastille. Il trouva même pour anagramme du nom de François de Bassompierre , France je sors de ma prison. Il en composa un sonnet que le maréchal voulut qu'il vînt lui présenter le jour où il recouvrerait sa liberté. Il ne manqua pas de s'y trouver en eflfetavec plusieurs grands seigneurs qui étaient venus pour féliciter Bassompierre , dont on sait quelle tut la faveur après la mort du cardinal de. Richelieu. L'auteur du sonnet le réduisit ensuite à ces quatre vers :
Enfin sur l'arrière-saison La fortune d'Armand s'accorde avec la mienne : France , je sors de ma prison Quand son ame sort de la sienne.
Après avoir paru avec éclat au barreau de Paris, l'amour de l'étude et de la tranquillité le détermina à se retirer dans sa patrie où il épousa Madelaine Houdry, d'une des meilleures familles de Tours. Il fut nommé maire de cette ville eu i665, et il y est mort en 1701 , regretté de tous ses concitoyens pour sa probité et ses lumières,
3l6 HISTOIRE DE TOU RAINE.
De beaucoup d'ouvrages sortis de sa plume , il n'a été imprimé i° que son Académie des Princes; Paris, 1678, in-8» composée lors de la jeunesse de Louis XIV ; 20 la Nouvelle science des Temps, ou Moyen de concilier les chronologues ; Paris, 1675, in-12. Il mit depuis ce même ouvrage en latin en y ajoutant le traité de la chronologie d'Eratosthène , mais quoiqu'il l'eût promis , il ne l'a point fait imprimer. 3° Elogium Gabrielis Michel de la Roche-Maillet. Cet éloge se trouve dans la Bibliothèque des Coutumes, pag. 59. 4° Grégorii Turonensis Chronologia cum notis; 5°Vita beati Martini per annos digesta ex Sulpicio et Gregorio quorum concordia declaratur. Ces deux derniers opuscules sont insérés dans i'Ecclcsia Turonensis de Maan , pag. 2i5 et 220, où le nom de l'auteur est latinisé par celui de Petrus Menander.
Au nombre de ses ouvrages manuscrits on compte : i* la Vie des Philosophes Grecs, en 2 vol. in-4 ; 2* la Philosophie de Pythagore ; 3° un Commentaire latin sur Aulu-Gelle ; 4° une partie de l'Anthologie Grecque traduite en vers latins ; 5° un livre d'Épigrammes latines dédié au duc de Saint— Aignan gouverneur de la Touraine. On ignore aujourd'hui ce que sont devenus tous ces manuscrits.
I. MENOU (Pierre ou Perrinet de), second du nom, chevalier, seigneur de Boussoy et de La Forge, naquit en Touraine au château de Boussay vers 1370. La grande réputation qu'il s'était faite dans les armes sous Je règne de Charles VI , le fit élever au grade de grand-amiral de France par le dauphin Charles qui avait pris lcsrênesdu gouvernement du royaume pendant la maladie de son père. C'est peut-être cette circonstance qui fait qu'on ne trouve pas son nom dans la liste des grands-amiraux du quinzième . siècle. André Duchesne et l'abbé de Marollcs assurent cependant que l'on conserve précieusement dans les archives du château de Boussay une vieille vitre où l'on voit encore les armes de Menou au bas desquelles est écrit , « Armes de Pierre Menou admirai de « France et de dame Marguerite de Brosse sa compagne et « épouse. » Mais cette légende se trouve en contradiction
avec la généalogie de cette maison , par laquelle on voit que ce Pcrrinet épousa , le q août 1 4o 1 , non Marguerite de Brosse, mais Agnès de Gallardon , en sorte qu'il est fort incertain s'il a véritablement été pourvu de l'office dé grand-amiral. Ce qu'il y a de plus sûr, c'est que Jeau de Menou sou iils reçut de Charles VII l'ordre de se jeter dans Orléans pendant le siège de cette ville, avec cent lances qu'il commandait, ce qu'il exécuta avec autant de hardiesse que de bravoure.
II. MENOU (René de), troisième du nom, chevalier, seigneur de Charnisay , écuyer de l'écurie du roi , était l'un des plus habiles cavaliers de son temps. Il fut choisi pour être gouverneur des deux enfans du duc de Nevcrs. Ce fut pendant ce temps qu'il se déclara le défenseur de la méthode de Pluvinel , à qui la France était redevable des académies d'équitation , dont on était obligé d'aller apprendre les principes chez l'étranger. Le chevalier de Menou publia à ce sujet un ouvrage intitulé : Pratique du Cavalier pour bien dresser un cheval ; Paris, 1614, in- 12. La seconde édition cstdeLyonv 1619, in-12; mais, en i65i , il en parut une autre édition à Paris de format in~4 avec des figures.
René de Menou était né vers 1577 ou 1578, de François de Menou et d'Earine Du Ragnier. On ignore en quel temps il mourut.
Lenglet Dufresnoy, dans sa Méthode , dit qu'après la renaissance des lettres commença de même à refleurir l'art de
l'équitation , perdu pour ainsi dire dans les siècles barbares. Il reparut en Italie, et surtout à Naples où l'on vit se former une école célèbre. Ce fut de là que Salomon de La Broiie et Pluvinel rapportèrent en France les principes de cet art , pour lequel quatre académies furent fondées à Paris, à Tours, a Bordeaux et à Lyon , et bientôt après dans plusieurs autres villes.
III. MENOU (Louis de), né en i63o au château de la 1 Bourdillière, commune de Genillé. Après avoir consacré
quelques années au métier des armes , il se maria étant jeune encore ; mais devenu veuf à l'âge de trente ans, il embrassa
3a8 HISTOIRE DE TOUR AINE.
l'état ecclésiastique et fonda à la Bourdillière , en prieuré perpétuel, une communauté de filles de Tordre de Citeaux. Lorsqu'il eut obtenu l'agrément de l'archevêque de Tours , Victor Le Bouthilier, ainsi qu'on le voit par ses lettres du 18 avril 1662, il dota cet établissement en se réservant la nomination de la supérieure. Il avait sept sœurs dont plusieurs étaient déjà religieuses : il obtint la permission de les retirer de leurs monastères pour les placer dans celui qu'il venait de fonder, et présenta pour première supérieure à l'archevêque de Tours Claude de Menou qui n'était que la cinquième de ces sept sœurs. Lorsque les quatre filles de Louis de Menou furent en âge , elles s'y firent également religieuses, ainsi que treize de ses nièces, de manière que dans son principe cet établissement ne fut composé que de personnes de la famille du fondateur, au nombre de vingtquatre. Louis de Menou obtint par la suite des lettres de confirmation pour ce monastère sous le nom de Notre-Dame de la Bourdillière. Il remit en même temps au roi son droit de nomination , ainsi qu'on le voit par des lettres patentes du mois d'avril 1688. Le roi fit le premier usage de cette collation en nommant pour coadjutrice Catherine de Menou, l'une des filles du fondateur , et depuis ce moment le couvent de la Bourdillière fut érigé sur le pied de ceux de fondation royale.
On jugera d'après cela que la famille de Menou n'était pas moins nombreuse qu'elle était ancienne, et l'anecdote suivante en fournit une nouvelle preuve. Un Menou ayant sollicité successivement trois bénéfices pour trois de ses parens, le ministre lui répondit avec humeur qu'il n'entendait parler que de cette famille et que tous les bénéfices du royaume suffiraient à peine pour elle. « Le roi s'est-il plaint, dit le « solliciteur , que trente-deux militaires de mon nom aient « été tués à son service à la bataille de Malplaquet? »
Louis de Menou mourut vers la fin du dix-septième siècle.
IV. MENOU (Jacques-François, baron de), né à Boussay en i^5i , de la même famille que les précédens qui se
trouve être aujourd'hui la plus ancienne de la Tourairie. Destiné par sa naissance à la carrière des armes, il était déjà parvenu, à l'âge de trente ans, au grade de maréchal-de-camp. En 1 787 , il fut nommé membre de l'assemblée provinciale de Touraine , et en 1 789 l'un de ses quatre députés de la noblesse aux états-généraux.
Le baron de Menou avait de l'instruction et beaucoup de libéralité dans les idées; Aussi fut-il un des premiers qui sentirent la nécessité de faire le sacrifice de ces privilèges gothiques contre lesquels la masse de la nation s'était enfin soulevée , et que les progrès de la civilisation proscrivaient également. Chargé de présenter les motifs qui légitimaient la réunion à la France du comtat Venaissin et de la ville d'Avignon , ce ne fut qu'après de longues recherches historiques qu'il soumit son rapport à l'assemblée constituante , d'après lequel celle-ci prononça la réunion.
Après la journée du 10 août il vint commander à l'armée de l'Ouest dans son grade de général de division. Mais malheureux autant que brave , il ne s'exposa pas une seule fois au feu de l'ennemi sans en être atteint. Il reçut au bras, en 1794, une blessure qui le retint long-temps à Tours dans l'iuactivité. Peut-être aussi lui dut-il de n'avoir pas été, comme tant d'autres généraux , sacrifié par ce comité qui , tout en semblant vouloir l'éteindre , alimentait ce foyer de guerre civile.
Nommé commandant de l'armée de l'intérieur, après la journée du 1 3 vendémiaire an iv , il fut dénoncé comme prévenu d'intelligence avec les chefs de la section Lepelleticr, traduit à la commission chargée de les juger, mais solennellement acquitte de l'accusation. Menou en effet pouvait quelquefois être faible, mais il é|ait incapable de trahir son devoir.
Il fut l'un des généraux employés dans l'inutile et impolitique expédition d'Egypte, et commanda la gauche de l'armée qui investissait Alexandrie. Mais toujours peu favorisé par les hasards des combats , il reçut , ayant qde d'entrer
330 HISTOIRE DE TOURAIWE.
dans la place, sept blessures à la vérité peu dangereuses.
Le général Mcnou étant gouverneur de Rosette y épousa une musulmane fille du maître des bains de cette ville , et depuis ce temps il fit précéder son nom de celui d'Abdallah. Il ramena cette épouse en France, lorsque après la mort du général Klcbcr auquel il succéda dans le commandement de l'armée, il se vit dans la nécessité d'évacuer l'Égypte par la capitulation honorable qu'il fit avec le général anglais Huttchinson au mois de fructidor an vin. On sait que l'armée française était dans une telle position, dans un tel dénuement et tellement affaiblie que , même avec de plus grands talens militaires , Menou n'aurait pu la sauver de son entière de- «truction ; il eut du moins la sagesse de savoir capituler à propos. D'ailleurs son ascendant n'était pas assez fort , son caractère assez ferme et sa réputation militaire assez grande pour étouffer ou même comprimer la désunion qui avait éclaté dans l'armée après l'assassinat de Kléber.
Quand il fut de retour à Paris , le premier consul approuva ses opérations et le retira du tribunal où il venait d'être élu en 1802, pour le nommer administrateur général du Piémont. Ce fut pendant le séjour qu'il y fit qu'il offrit au conseil général du département d'Indre-et-Loire un troupeau de vingt-cinq béliers mérinos purs , destinés à être distribués aux propriétaires du département qui seraient jugés capables d'en tirer le meilleur parti pour le croisement des races.
Il est mort à Venise, dont il était gouverneur, le i3 août i3io, âgé de cinquante-neuf ans, laissant sa femme et son fils daus le dénuement le plus absolu.
MESME (Laurent), né àChinon en 1594. Il n'est guère connu que sous le nom de Mathurio de Ncuré qu'il prit en sortant de la chartreuse du Budray où il resta trente ans qu'jl employa principalement à se former dans la science des mathématiques. Ses succès en ce genre furent si heureux qu'il eut la réputation d'être l'un des plus habiles mathématiciens de son temps.
Après avoir quitté l'habit monastique, il chercha à se
pourvoir dans le monde sous le nouveau nom de Neuré. Le célèbre Gassendi, avec lequel il avait eu occasion de se lier, le fit entrer en qualité de précepteur clicz l'intendant d'Àix; mais cet emploi lui convenait très-peu , ainsi qu'il le témoigne dans une lettre latine qu'il écrivit à Gassendi le 19 août i643. Elle fut imprimée dans la première édition des œuvres de ce philosophe a laquelle, pour la supprimer, Neuré fit faire des cartons par la petite vanité de n'être pas connu pour avoir été précepteur d'un simple particulier.
Étant venu dans la capitale , il y fut chargé de l'éducation des jeunes princes de Longuevillc , et lorsqu'elle fut terminée, la princesse leur mère l'en récompensa par une pension. Cependant cette pension ayant été diminuée dans la suite, Neuré fit un pamphlet contre madame de Longueville; mais l'original et les exemplaires en furent si promptement supprimés que le livre fut à peine vu de quelques personnes.
Son amitié et sa reconnaissance envers Gassendi le mirent eu opposition avec Descartes, contre lequel cependant il ne paraît pas qu'il ait rien publié. Il n'en fut pas de même dans la querelle que le docteur Jean-Baptiste Morin suscita à Gassendi au sujet du mouvement, et de l'expérience que celui-ci avait faile en laissant tomber une pierre du haut du mât d'un vaisseau marchant avec vitesse. Il prouva que la pierre tombait toujours au même endroit précisément où elle tomberait si le bâtiment était en repos. Morin , d'un caractère violent et peu mesuré dans ses écrits, n'ayant point de raisonnemens solides à opposer à Gassendi , le traita d'hérétique, parce qu'il est plus facile d'injurier que de réfuter. Celui-ci se crut obligé de faire son apologie, et elle allait être imprimée lorsqu'il eut la générosité de la supprimer dans la crainte de faire trop de peine à son adversaire. Morin s'étant vanté depuis devant Neuré et le prieur de La Vallette d'avoir réduit Gassendi au silence, ceux-ci résolurent de faire paraître Fapologie dont ils avaient le manuscrit. Elle fut en effet imprimée à Lyon en 1646. Mais retenus par la crainte de déplaire à leur ami, ils ne la* rendirent publique
qu'en 1649, avec une longue lettre de Neucé en forme de préface. Morin exhala sa bile dans une lettre pleine d'injures à laquelle Neuré répondit sous le pseudonyme du sieur de La Roche. Morin répliqua à cette lettre, ce qui lui en attira une autre de Neuré dans laquelle il ne déguisa plus son nom.
Malgré la réputation de savoir dont jouissait Neuré, il n'est connu que par ces écrits polémiques dont j'ai cru devoir donner l'origine. Il cultivait aussi la poésie latine. Marolles loue ses vers pour leur élégance et les choses philosophiques qu'ils contiennent ; mais on sait que les jugemens du bon abbé ne sont pas les arrêts du goût; il est bien plus vrai que le grand vice du style de Neuré soit en vers , soit en prose, est l'enflure et l'affectation. Le même auteur dit aussi qu'il avait écrit la Vie de Gassendi , mais elle n'a jamais été imprimée, ainsi que son Histoire de la maison de Longueville qui était fort avancée, suivant le témoignage de Moisant de Brieux.
Nous avons de lui un opuscule assez curieux sur quelques superstitions bizarres qui se pratiquaient à Àix lors de la procession de la Fête-Dieu : i° Mathur, Neuré Quaerela ad Gassendum de parum christianis provincialiura suorum Ritibus , minimumque sanis eorum moribus : ex occasione ludicrorum quœ Àquis-Sextiis in solemnitate Corporis Christi ridicule celebrautur, i645, in-4 de 61 pag. ; 20 Réponse d'un ami de M. Gautier, conseiller au parlement de Provence, à la lettre de J .-B. Morin , médecin et professeur en astrologie; Paris, 1649, in-8; 3° Lettre à M. Luiilier, conseiller au parlement de Metz, au sujet de la réplique du docteur J.-B. Morin; tyon, 1649, *n"^' Ces lettres ont été réimprimées dans un volume qui a pour titre : Recueil de Lettres des sieurs Morin, de La Roche, de Neuré et Gassendi touchant la question de motu impresso a motore translate, où. par occasion il est traité de l'astrologie judiciaire ; Paris, Aug. Courbé, i65o,in-4«
Laurent Mesme , dit Neuré, est mort en 1676 ou 1677.
MÉTTRÀY (Pierre de), docteur en théologie, né en Touraine vers les premières années du seizième siècle, et probablement dans la commune de Mettray , à une lieue de Tours , fut curé de la paroisse de Saint-Benoît de Paris. C'est tout ce que l'on sait de lui. Il est auteur d'un discours prononcé en i55o devant la reine de Navarre, et imprimé en latin chez Michel Vascosan , Paris, i55i , in-4-
MEUSNIER DE LA PLACE (Jean Bapt. Marie-Charles); né à Tpurs le 19 juin 1754. Il fut envoyé de bonne heure à Paris pour y faire ses études que, par une inclination trèsprononcée , il dirigea principalement vers la connaissance des sciences exactes. Entré dans le génie militaire , il ne tarda pas à s'y faire distinguer par des plans utiles et des inventions ingénieuses. Malgré sa jeunesse, Je gouvernement ne craignit point de l'employer aux importans travaux du port de Cherbourg , et les grands talens dont il y fit preuve justifièrent complètement la confiance qu'on avait eue en lui. En 1784, il fut reçu membre de l'académie des sciences, d'après plusieurs mémoires qu'il avait communiqués à cette illustre compagnie. Il était déjà lieutenant-colonel du génie à l'époque de la révolution. En 1790, le ministre de la guerre le chargea du soin d'imaginer et d'établir des signaux qui pussent avec rapidité communiquer les nouvelles qu'il importait à l'État de recevoir ou de transmettre par des procédés plus prompts que les ydies ordinaires. C'est au perfectionnement de ces premiers procédés qu'est due l'invention des télégraphes.
La réputation méritée dont jouissait Meusnier le fit passer rapidement du grade de général de brigade à celui de général de division dans son arme. Ce fut en cette qualité qu'il servit, en 1792, à l'armée du Rhin où il inspira cette coufiance que les vrais talens donnent toujours au vrai courage. Chargé de défendre contre l'attaque des Prussiens le petit fort de Kcenigstein , qui n'est qu'une espèce de rocher, il le fit avec une intrépidité digne d'un plus heureux succès. A peine le roi de Prusse fut-il arrivé devant ce fort qu'il fit
sommer, par un parlementaire , la garnison de se rendre. Meusnier, qui commandait, assemble ses soldats , au nombre de quatre cents , et leur dit : « Camarades , si vous restez « inébranlables, comme je n'en doute point, nous défen- « drons Kœnigstein tant qu'un seul de nous conservera la « vie; mais si, contre mon attente, je vous trouvais faibles, « parlez, ce moment serait le dernier de ma vie. » En même temps il leur montre deux pistolets qu'il appuie sur son sein. « Vaincre ou mourir , » s'écrie la garnison d'une voix unanime. Meusnier se tourne alors vers le parlementaire prussien , témoin de cette scène : « Allez rapporter à votre « prince, lui dit-il, ce que vous venez devoir et d'entendre. »» Cependant le fort fut obligé de se rendre faute de vivres, seule circonstance où le courage devient inutile. Échangé presque aussitôt, il entra dans Mayence dont l'ennemi ne tarda pas à faire le siège. On lui confia la défense deCassel, dont les fortifications n'étaient pas ce qu'on les a vues depuis. Cependant il la dirigea avec son habileté accoutumée ; mais l'ennemi ayant tenté une atfaque sur l'île de Saint-Pierre au milieu du Rhin, entre Cassel et Bieberick, il y eut la cuisse emportée par un boulet de canon le 9 juin 1793, et mourut le 1 3 du même mois.
Les débris de l'armée de Mayence passant à Tours au mois d'août suivant pour aller combattre la Vendée , les concitoyens de Meusnier honorèrent sa mémoire par une pompe funèbre qui eut lieu le 27 août, et à laquelle assistèrent tous ses compagnons d'armes dont le général Auber-Dubayet se rendit l'interprète. M. Xavier Audouin , qui avait recueilli ses cendres dans une urne fort simple, en fit depuis hommage au département d'Indre-et-Loire où elles sont conservées. '
Nous avons de lui : i° Mémoire sur la Courbure des Surfaces, lu à l'académie des sciences, les 1 4 et 21 février 1776. Il est imprimé au tom. x des savans étrangers, pag. 477 ' avec deux planches. L'auteur, alors âgé de vingt-deux ans, était membre correspondant de l'académie et lieutenant en
premier au corps royal du génie. 2* Mémoire où l'on prouve par la décomposition jle l'eau , que ce fluide n'est point une substance simple, et qu'il y a plusieurs moyens d'obtenir en grand l'air inflammable qui y entre comme principe constituant j lu à l'académie des sciences le 21 avril 1777, et imprimé dans le recueil de ses mémoires, année 1780, avec une planche ; 3° Description d'un Appareil propre à manceuvrer différentes espèces d'air dans les expériences qui en exigent des volumes considérables, imprimé dans les Mémoires de l'académie des sciences, année 1782, pag. 465 des Mémoires et p. 3 de l'Histoire, avec deux planches; 4° Mémoire sur les moyens d'opérer une entière combustion de l'huile , et d'augmenter la lumière des lampes, en évitant la formation de la suie à laquelle elles sont ordinairement sujettes : imprimé dans le même recueil, année 1784 9 pag. 3o/>.
Si les hasards de la guerre n'eussent pas enlevé Meusnier à l'âge de treute-neuf ans, tout porte à croire que les sciences exactes l'auraient compté au nombre de ceux qui dans notre siècle en ont tellement avancé les progrès.
MICHEL (Guillaume), dit de Tours, poète et traducteur. Quoique cet écrivain soit une des plumes les plus fertiles de la Touraine au seizième siècle, les particularités de sa vie n'en sont pas plus connues pour cela, et l'on ignore également la date de sa naissance et celle de sa-mort. On juge seulement par le temps où parurent ses premiers ouvrages qu'il dut naître sur la fin du quinzième siècle , et parles derniers qu'il a publiés, qu'il ne passa pas le milieu du seizième. Ainsi il n'écrivit que sous le règne de François I**.
Il preud ordinairement le nom de Michel de Tours, ce qui ferait croire qu'il est né en cette ville. Cependant, d'après l'épître dédicatoire à Antoine, duc de Lorraine, de sa traduction de Josèphe, il paraîtrait qu'il était de Châtillonsur-Indre, petite ville sur les confins de la Touraine et du Berry.
Tout ce que nous pouvons conjecturer à son égard , c'est
qu'il était professeur d'humanités et que c'est ce qui l'engagea à entreprendre ses traductions de Vy-gile. L'abbé Goujet remarque qu'au frontispice de l'édition des Bucoliques de 1529, il est représenté un rouleau à la main, entouré de jeunes gens auxquels il paraît donner des leçons. On voit aussi par quelques-uns de ses écrits qu'il était lié d'amitié avec Michel d'Amboise son compatriote.
Le Nouveau Dictionnaire historique n'a consacré aucun article à Guillaume Michel, dont cependant il est fait mention dans La Croix du Maine, Duvcrdier et Goujet. Ce dernier le juge très-sévèrement et peut avoir raison quant à ses poésies. En effet, à ses fictions morales, à ses allégories mystiques , on croirait que cet auteur a écrit au commencement du quinzième siècle , et non au temps de Clément Marot. . C'est le même genre et le même style que Jean Bouchet , le traverseur des voies périlleuses.
Michel étant assez peu connu , on jugera de son goût et de sa manière par le morceau suivant , tiré de sa Forêt de Conscience. C'est une espèce de tour de force qui consiste en ce que le second de chaque vers doit présenter, avec un sens différent, les mêmes mots à peu près que ceux du vers qui le précède, du moins quant à la prononciation de ce temps-là.