‹ Histoire de tous les régiments de hussardsChapitre 18 sur 27 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

HISTOIRB OU i" RÉGIlIBNT DE HUSSARDS, ANCIEN BERCBBNV

Royaume de France (I8U-1815). — En 1814, l'ordre du jour esl la Royauté; le mot d'ordre, Louis XVIII; le signe du ralliemeot, la fleur de lis et le drapeau blanc.

Tout cbange ; Dien seul est permaneRl*

J'ai hosoiiî, puur donner plus d'ensemble et de suite à mes opérations, de faire moi-même ici un mouvement rétrograde^ afin de présenter, sons un même coup d*œil, les modifications qae subit à cette épocfue le 4*^ régiment de hnssards.

Cette nouvelle ère fut inaugurée, en ce qui concerne le régiment, par deux célébrités militaires; le oiarquis Oudinot de Reggio et le comte. de Castefiane, Tun nommé colonel, Tautre lieutenant-colonel du corps.

i'^ régiment de hussards, dits hussards du Roi; colonel, le marqttis Oudioot de Reggio; lieuienant-coloael, le comte de Castellane. — A Paris, 1814.

L'ordonnance royale du 44 mai 4844 donnait à l'ancien

hussards, conservé tel qa*il était, la déoôimnation da régiment du Roi, et y versait, pour le compléter, les escadrons da même nom (hussards da Roi), qai vmaient d*étre formés avee des volontaires. Elle assignait aa l*' de hossards, la première tête de colonne que nous venons d'indiquer.

Ces deax officiers supérieurs de haute capacité étaient très dignes da commandement qui leur était confié.

Tous deux connaissaient le régiment, tous deux avaient fait campagne avec lui; le colonel Oudinot de Reggio, à l'armée d'Espagne, en 1810 et 181 4, comme aide-de-camp da maréchal Masséna ; le lieutenant-colonel de Castellane , dans la campagne de Russie, où se trouvait, avons-nous dit, un escadron du i^^ hussards, et où il servait lui-même, dans son même grade, an 4^ régiment des gardes d'honneur. Tous deox ont laissé sor leur écusson les insignes de maréchal de France : le marquis Oudinot, par son père, le maréchal duc de Reggio; lai est devenn général en chef de l'armée française k Rome, en 4849; .le comte de Castellane les a portés lui-même et en propre, depuis le 2 décembre 1852, jusqu'en septembre 4864.

Cet état de choses dura peu de temps. Il y eat on dernier entr'acte dans le grand drame du premier Empire, ce fut les Cent-Jours, du âO mars au 8 juillet 4845.

Napoléon laisse i'ile d'Elbe le 4^ mars; il rentre à Paris et aux Toileries, le dO.

Un décret du 15 avril 1815 rend au 1®' régiment de hussards sa seule dénomination de 4*' de Tarme.

L'ancien colonel Glary en reprend le commandement.

Nous Tavons vu à Fleurus ; son histoire n'enregistrera pas le désastre de Waterloo; le 4«' hussards n'y était pas. Des pages, comme celles de Waterloo, sont toujours de trop dans l'histoire de l'armée française. Il n'y a pas plus de place dans ses fastes.

pour cette néfaste journée» que dans celles de l'Eglise, pour la Saint-Bartliélemy.

Le 8 juillel de cette année 4845, Lonis XVIII fusait de nouveau son entrée dans la capitale. L'aigle française prenait un vol forcé vers l'île de Sainte- Hélène.

Le 46 juillet suivant, une ordonnance royale confirme le licenciement général de Tannée déjà prononcé par celle du 23 mars précédent. Le maréchal Gouvion de Saint-Cyr ne se prêta qu'avec la plus haute répugnance à cette mesure qu'il regardait comme très inopportune.

Le chef d'escadron de Vernon, dont l'historique du 2* de chasseurs à cheval a un mérite incontestable, a, dans cet ouvrage, de trè» belles lignes sur cet article.

J'ai déjà parlé maintes fois d'abnégation , de dévouenienl et de sacrifice , mais ce cachet militaire se trouve partout dans la vie du soldat; c'est le bon grain fructifiant au centuple, et certes, dans cet acte patient et résigné de nos vieux soldats, regagnant leurs foyers un bâton à la main, il y avait plus d'abnégation, de dévouement et de sacrifice, que dans les beaux jours de Wagrâm et d*Austerlitz. Ces vertus ne coûtent guère sur le chemin de la victoire; elles coûtent beaucoup dans le malheur, et la défaite est le grand malheur du soldat; d'autant plus, et ce sont les paroles propres du ministre : < Qu'une f> ardeur infaliguable les animait encore , une patience héroïque » les soutenait, et quand ils quittèrent leurs drapeaux, ils avaient » encore à offrir à la France d'immenses trésors de force et de » bravoure. » (Discours du maréchal Gouvion de Saint-Cyr, à la Chambre des députés, séance du 26 janvier 1818.)

Reprenons. Par ordonnance du 4 6 juillet et du 30 août 4 84 5, les corps de cavalerie sont réorganisés dans l'armée. J'ai dit qu'on avait formé, seulement six régiments de hussards.

En août, le fond du 4®' entra au 4^ de l'arme, de nouvelle formation (hussards du Nord), dont le colonel Oudinot, primitivement de chez nous, eut le commandement.

Notre ancien lieutenant-colonel , le comte de Gastellane , fut nommé colonel du 5® de l'arme (tiussards du fias-Rhin) , qu'il fat ehargé d'organiser.

Quant au nouveau ^^ régiment de hussards actuel, sa formation fut confiée au colonel marquis de Yenevelies , dans les conditions qni vont suivre.

C'est la spécialité de l'histoire du régiment que nous allons reprendre.

Constatons quelques rapports de pins avec le ^ de chasseurs à cheval.

Le 9 juin de cette année 4845, le baron Mathis que nous avons vu plusieurs fois, se distinguer dans les rangs du 4^ hussards, coniino capitaine et chef d'escadron et qui commandait le 2^ chasseurs à cheval, conmie colonel depuis 4807, fut nummé génécal de brigade et remplacé, dans ce dernier régiment, par le baron Roberi-Dnbreml, ancien aide de camp du général Belliard. ancien colonel du 26® chasseurs (i).

D'autre part, en sortant du 4^ hussards conune colonel, le général Merlin avait eu sons ses ordres nne brigade composée des 2® et 7* chasseurs ; à cette époque , le dépôt du 2« est à Niort; il est licencié le 43 novembre 4845, pour faire place an nouveau 4^ de hussards qui vient se constituer dans cette viOe I et qu'il viendra remplacer à son tour, en 1823, à Niort môme.

Ces trois régiments, 4^^ l^ussards, 2® et 7® chasseurs sont i inséparables, on le voit, dans l'histoire de Tarmée.

(1) La famille du colooel Robert était originaire de la ville de Fodtenay-le-Comte (Vendée), où il est mort en 1819, à rUge de irenle-

EnsevelissoBS encore dans celte même période de temps,

puisqu'il lui appartient, le général Franceschi , qui avait si bien conduit, en 1809 et 1810, la brigade de cavalerie où se trouvait Je i^' régiment de bossards, en Espagne. Il moorut dans ce grade de général de brigade, bien capable de monter plus haut. Outre ceux (jue nous avons cités, un des plus beaux traits de sa vie est, qu'en juin 4800, le 9 juin, Je marécbai Soult étant avec 8,000 hommes, cerné par 22,000 autrichiens, lui Franceschi, alors chef d'escadron, fut chargé d'aller chercher du secours et qu'il y réussit, en traversant, comme par miracle, deux divisions ennemies. A la fin de J'action qui s'en suivit, il enleva huit drapeaux et fit mettre bas les armes à 800 hommes.

Ce géaéiul était bien digne de comuiuuder aux vieux Bercheny.

Donnons-lui sa bonne part dans nos larmes et nos regreits.

1er régimeui de hussards, dils hussards du Jura; colonel, le marquis de Yeoevelles; lienienaut-coloaelt le cbevalier de TOrme. — Quatre escadrons à Niort (1816).

L'ordonnance du 46 juillet 4845 qui réorganisait l'armée,

purtait, à la spécialité du I" de hussards, que ce régiment,

six ans, quinze ans de service, douze campagnes. On avait mis sur son tombeau Tépilapiie suivante :

c Intrépide soldat, k son pajs fidèl«,

» Il fut des chevaliers l'honneur et le modèle;

» Colonel à trente ans, il meurt perséculé ;

> Passant, ne le plains pas, ses malheurs ont cessé. »

Qaand on a de pareils éiats de service, on peut bien mourir de regret de voir sa carrière brisée.

tout en conservant son numéro , y ajouterait le nom de hussards lu Jura;

Qu'il serait formé à Niort, département des Deux-Sèvres;

Ët qu'il serait commandé par le colonel marquis de Venevelles ;

Tons points qui furent, comme do droit, observés avec l'exactitude et la précision militaires.

Le 1^*^ régiment de hussards fut donc recruté avec les élements suivants :

4^ Le fond de Tancien 3" de Tarme; Le 3° escadron du 7* id.;

3^ Des engagés volontaires et recrues ;

4^ Avec des cavaliers en congé iUimité ;

.*)•* Eidiii, avec un supplément d'oflicicrs de divers corps, venus de la non-activité ;

Le tout à quatre escadrons seulement.

La tenue était modifiée en ce sens, que le 1" hussards prenait les tresses rouges , espacées do noir, au lieu des tresses blanches; le reste était maintenu, c'est-à-dire pelisse et dolman bleu ciel, pantalon rouge, ceinture en [)oil de chèvre rouge avec agréments blancs, schako rouge pour les quatre escadrons, le kolback réservé aux trompettes et aux musiciens, comme' nous Tavons expliqué en son lieu.

L'aniicment : sabre avec sabretacbo, mousqueton, [)istolct.

Outre les colonel et lieutenant-colonel sus-nommés, les officiers supérieurs étaient : les chefs d'escadrons Vidal de Léry et de Suzainnecourt ; le major vicomte Lodin de Mauvoir.

Le corps d'oiiiciers ayant été promptement et parfaitement constitué, on se hâta d'établir, sUr le meilleur pied possible, les quatre escadrons , et de donner aux hommes Thomogénéité et l'esprit de corps qui fait le régiment. <y ^ L'habillement , l'équipement , la remonte en chevaux surtout ,

emportèrent m temps eensidérable ; enfin , quand le régiment

eut pris mine, l'ordre du jour fut à la reconnaissance du colonel, à la constatation de Texistencedu régiment, à la revue et à l'inspection, place de la Brèche, à Niort. La troupe étant assemblée , le général procède à l'accomplissement de chacune de ces formalités , reconnaît le colonel et les autres olliciers , déclare que le corps existe et qu'il doit être connu sous le nom de 1*^ régiment de hussards. Puis, les trompettes sonnent au drapeau ; le général leur remet solennellement l'éteudard , re<^oit le serment de fidélité au roi et fait défiler.

Le régiment continue de tenir garnison à Niort , jusqu'en 4818. Alors, l'ordre arrive de partir pour Sclielestadt ; c'était, pour le 4^^ hussards, traverser la France entière dans sa largeur; l'étrenne était bonne, pour apprendre aux jeunes soldats à gagner leurs éperons.

D'un autre coté, le colonel de Venevelles nous laissa après deux ans de présence au corps , qu'il avait commandé de 4846 à 1818.

Un oilicier supérieur qui reçoit la mission d'organiser un régiment, qui en a Thonneur et qui en prend la peine, a toujours de grands mérites ; l'organisation , fille du génie , laisse toujours de grandes dilllcultés à vaincre; le régiment n'oubliera pas la reconnaissance qu'il doit sous ce rapport et sous bien d'autres au colonel marquis de VeneveUes, ainsi qu'au major vicomte Lodin de Mauvoir.

fer régiment de hussards : colonel de Verdières; lievtenattt- colonel de rOrme, à Schelesladt (1619); aumônier, M. l'abbé Didier (Jean).

En môme temps qu'avaient paru les ordonnances royales

— us —

portant réorganisation de Tarmée, avîiit émané du Cabinet de Sa Majesté, celle rétablissant raumùuerie militaire, biffée d< nos cadres depuis 4 793.

Excellente institution! mais qui, pour être bien rëaKsée, s besoin d'ùire bien comprise et qu'on ne devrait jamais improviser. Pour le service religieux de Tarmée, il faut des hommes spéciaux, par conséquent des études spéciales; on a vu imf)ri>viser dos officiers; des aumôniers, raroinenl, à moins que, [»ar une permission de la Providence, on soit né tel et qu'on puisse dire effectivement : Ego autem et natus sum (4). J*en ai parié au long et exposé mes idées dans VAumônier expéditionnaire et ï Aumônier de Régiment, par un ancien aumônier du 4^^ de hussards.

Ainsi , chaque corps de toutes armes allait avoir son aumônier, avec le rang, de capitaine. La grande aumônerie était aux ordres du cardinal prince de Croi, archevêque de Rouen.

4849. — Celui donné au 4^ hussards était Fabbé Didier (Jean^.

1820.. — Le vicomte de la Malle est nommé lieutenantcolonel au régiment, 29 novembre.

1821 . — Le l**"^ de hussards est à Tbionville. Nomination du major Corréard, 5 décembre.

48â2. — M. Tabbé Didier donne sa démission d*aumônier.

1823. — M. l'abbé Daênen (Pierre-Joseph) le remplace au régiment en la même qualité.

48Î3. — Le régiment à Gray, en Franche-Comté; ce fut la dernière garnison du colonel de Verdières qui, après Tavoir conduit en cette ville, remit le hussards aux mains du colonel Simoneau, qui comptait déjà dix ans dans ce grade , sa première promotioa étant du S8 septembre 4843.

(1) Je suis né pour eeb. (Actet des ApOtres, xui-S8.)

Ut^posons-nous ua iaslant sous nos armes, pour rappeler un souvenir du passé.

Nous sommes à Gray, là même, où quarante-sîx ans auparavant, en 1777, nos pores les hussards tlo Bercheny avaient reçu leur feuille de route pour T Amérique, campagne qu'ils ne purent effectuer, on le sait; plus heureux cette fois, le jeune régiment va partir de Oray, entrer en Espagne et enregistrer cette nouvelle expédition à Tentète de son histoire d'alors.

4823 (janvier). — A Qeîne arrivés à Gray, les escadron^sont portés au coni[)!et de guerre, sur Tordre reçu du ministère f]ne le 1" de hussards est désigné pour faire campagne. En février, départ pour l'armée d'Ëspagne. Il y avait juste dix ans que le 4^ hussards de TEmpire en était sorti. La voie était encore fraîche.

Campagne d*Espagne (1823). — Armée des Pyrénées. — 1*"' corps aux ordres da maréchal Oudinot, dac de Reggio* — Division de cavalerie do général Bonrck* — Brigade La Rochejacqiielln; i«r régiment de hussards, colonel Simoneau; 7« régiment de chasseurs, colonel de Wimpfcn ; Bl. de la Malle, lieutenant-colonel au régiment.

•«••• Ui, mil huit cent vingt-trois!

(ImcripUon au dt apeau da hufsards.)

Avant d^entrcr en campagne, nous avons aussi à jeter un coup d*œil d'ensemble sur notre haut état-major; nous avons

de nouveaux rapprochements à ajouter à ceux que nous avons signalés déjà, de nouvelles pierres précieuses à placer auprès de celles que nous avons déjà vu briller dans notre récit ; de grands noms à enregistrer à côté des noms passés.

Et d'abord, nous avons dit qu'en 4814, le marquis Oudinot,

fils aîné du maréchal duc de Reggio, était colonel du \ hussards ; aujourd'hui (4823), c'est le maréchal iai-méme, père de notre ancien colonel, qui commande le corps d'armée, où se trouve le régiment. Citer le maréchal Oudinot, c'est, sans contredit» citer une des premières célébrités du premier Empire.

Le général Bourk, notre divisionnaire, est un vieux soldat qui a gagné tous ses grades à la pointe de son épée ; qui a fait toutes les guerres depuis quarante. ans; a servi sous tons les généraux de TEmpire et personnifie leur vieiUe expérience des camps.

Enfin, dans cette campagne, notre chef de brigade est le général de La Rochejacquelin, parent par alliance de l'ancienne

famille des Bercheny, noble de cœur, de sentiments et d'épée, comme eux.

J'avais annoncé que je parlerais, en son lieu, du balafré de la

Moskowa ; ce balafré, c'est le général de La Rochejacquelin que je nomme.

La Rochejacquelin avait reçu de l'empereur, pour la campagne de Russie, en 1812, le brevet de sous-lieutenant au

régiment de carabiniers. Ce jeune officier fit cette campagne avec distinction ; mais, à la bataille de la Hoskovira, son escadron s'étant trouvé distancé, fut chargé et cerné par un corps de cavalerie supérieur en nombre ; La Rochejacquelin se défendit en vrai soldat qu'il était ; il allait peut-être échapper» quand, désarçonné et tombé de cheval, il reçoit, étendu par terre, cette belle balafre qui décore si bien sa noble figure militaire. Resté sans défense et presque sans vie sur le champ da bataille, il demeura prisonnier de guerre à l'ennemi (4).

A sa promotion au grade de général de brigade (maréchal de

(1) JUciU dei veillées du chàUau du ParihSoubise.

camp, sous la Restauration), il était colonel du régiment de grenadiers à cheval de la garde royale. Tout lecteur initié à

Tétude de l'armée, sait que la tenue de ce corps était magnifique.

On se rappelle la peinture grandiose que j*ai faite du colonel

do Bercheny, de sa haute taille et des mille parures d'or ou d'argent de son uniforme ; eh bien 1 La Kuchejacquelin ne lui cédait en rien, et si vous Toussiez vu, avec son long bonnet à poil et son plumet blanc, sons le costume de colonel du 4®*" régiment de grenadiers de la garde à clieval, lui, haut de près de six pieds et couvert des plus riches brandebourgs, vous l'eussiez pris, sans peine, pour un nouveau Bercheny.

Avant d(3 laisser son régiment, La Ruchejacquelin voulut donner à sa dame le spectacle d'une grande revue. Elle eut lieu à Paris. Madame la comtesse y parut à cheval, vêtue en amazone. Madame de Bercheny en avait fait autant à Metz, en 4775, comme Je Tai dit ailleurs.

On eut pu se tromper encore là, s'il n'y avait pas eu la distance du temps et la différence d'uniforme.

La noblesse, quand elle est digne d'elle, fait toujours bien ce quelle fait.

n restera, dans mes meilleurs souvenirs, celui d'avoir, un

jour, reçu dans mon presbytère, la précieuse visite du général de La Kochejacquelin et celui de l'avoir entendu parler de la campagne présente et de mon 4^ hussards. Je puis, dans ma

vie, avoir vu d'aussi belles figures de soldat ; jamais de plus martiales.

Biais j'allais oublier que nous faisons partie du 4^^ corps d'armée et que nous sommes conséquemment d'avant-garde; allons, mes petits trompettes du nouveau Bercheny, vous avez appris à sonner le boute-selle, vite à cheval et en avant! Le

V de chasseurs qui fait brigade avec nous, est déjà en bataille ; honneur à vous, 7* de chasseurs; nos pères se rappellent avec bonheur, qu'ils ont été autrefois réunis dans la même brigade, dans les mômes lauriers et dans la même citation à eux décernée par ordre du jour daté de Berlin (7 novembre 4806), contenant la satisfaction de l'Empereur. C*est d*un I^m augure pour l'avenir ; serrons nos rangs et en avant.

L'année firançaise entre en Espagne et franchit la Bida^soa

(7 arril 1833).

Les avant-postes des Espagnols sont sur l'extrême ligno de frontière. — Qui vive? — France ! — Quel régiment? — l*' de hussards 1 — Quelle destination? — Guerre d*£spagne! — * Halte aux Français.... c'est l'ennemi ; et la baïonnette demeure croisée.

En même temps, un parti de transfuges se présente à nos avant-postes, porteur d'un drapeau tricolore, pour ébranler la

fidélité de nos soldats. Le général Yallin les reçoit par une volée de mitraille (4). *

Le gros de l'armée se porle sur Tolosa, où il est passé en i*evue par le duc d'Angoulèine, général en chef.

Puis, la division Bourk, où se trouve la brigade La Kochejacquelin, rompt à droite, s'empare de la citadelle de Fontarabie,

(I) Je ferai remar^ter iei» puisque fat» dans cet oumge, souTent parlé du château du Pare-Soubisc, que cVst an artilleur natiT de Mon-

chaiiip^i, commune où se trouve ce chùleau, qui lira le premier coup de canon contre les pnHendanls. — Moucliamps, arroudissomeni dt- Napoléon -Vendée. (Archives de cette commuDC» itt-4o» par Fauteur de cette Histoire.)

du port ditduPassnge, refoule rennenii ]iisqu*à Saint-Sébastien, bloque les Espagnols et les déloj^^e.

Ce n'était pas si mal commencé pour de jeunes soldats; les vieux de l'Bmpire tressaillaient déjà, sous leur tombe, de les

voir s'illuslror sitôt et si bien.

Le 47 avril, la division est à Guetaria, qui lui ouvre ses portes sans coup férir ;

Le 9 mai, elle atteint Biirgos;

Le l*^"^ corps d'année poui*suit sa route sur Madrid, qui capitule le 24 mai ; le duc d'Angoulème y entre triomphalement.

De Burgos et pour foire diversion en avant, à droite, la division Bourk est lancée à la poursuite des ennemis qui, conune les Anglais, en 4809, se dirigent vers la Corogne.

Ici commencent, pour le 4^ régiment de hussards, les mêmes étapes de gloire que son prédécesseur, le l^"" hussards de 1809, . avait parcourues à cette date. On dirait que les jalons en avaient été laissés exprès par son devancier pour marquer la route de nos jeunes hussards. En 4809, c'était les jalons, sinon toujours de la victoire, du moins toujours de la hravoure et de la valeur. Ici, en 4823, ce sera Tun et l'autre; chaque jalon 'rajeuni aura son laurier.

Le 2 juin, le I®'" de hussards touche aux portes d'Astorga. ' Le chef d'escadron Vidal de Léry, qui commande les pelotons d'extrême avant-garde, les lance sur l'ennemi, sabre au poing; celui-ci hésite, se déhande et fuit devant une poignée de hussards. Ce commandant et le iieutenaut Joieau ont ii3S honneurs de la journée.

Le 26 juin, le régiment est à Mansanalès ; il pousse l'ennemi l'épée dans les reins ; ce n'est plus en retraite, c'est en fuite que sont, encore une fois, les Espagnols.

Le 43 juillet, la division, qui suit à marches forcées, atteint le

gros des forces ennemies. Retranchés derrière des rochers

presque inaccessibles et des hauteurs escarpées à pic, les Espagnols nous attendent de pied ferme, l'arme en arrêt. Le 7* léger est en tète de colonne, formé par édielons.

Derrière, à druite et à gauche, sont en bataille :

Les 45% 3Û« et 35« de ligne.

Les généraux Bourk, La Rochejacquelin, les colonels Lambot, du 7*^ léger, de Rascas (1), du 15*^ de ligne, etc., etc., ont mis pied à terre : « Soldats, s'écrie le général Bourk, en montrant > les collines hérissées, d*où pleuvait la mort, c'està voos qu'est

» réservé l'honneur d'enlever ces retranchements.... L'ennemi » est là.... £n avant, à la baïonnette et au pas de charge. »

n dit. Les généraux et les colonels dirigent l'assaut; on marche, on grimpe, on s'élance sous une pluie de balles. N'importe, les hauteurs sont couronnées, les rochers escaladés et l'ennemi, stupéfait de tant d'audace, s'enfuit dans toutes les directions qu'il peut rencontrer.

La division s'y couvrit de gloire; la principale en revint au 7* léger.

L(j lendemain, 14 juillet, le 1®' de hussards, toujours en avant-garde à la poursuite des Espagnols, les atteint à Bétauzos et les sabre d'importance ; leurs débris se renferment dans la Gorogne.

Cette place est immédiatement investie. Le général Bourk commence le feu de ses batteries, le 6 août; la justesse de notre tir contraint l'ennemi à mettre bas les^ armes ; dnq jours après, il demande à capituler.

Le i2 août, la division fait son entrée dans la Gorogne.

(1) Le baron de Rascas était beau-i^e de MM* de Chabot, du

Pârc-Soobise,

Pendant ce temps, le régiment de hussards, décrivant lui arc de cercle à gauche, se porte en toute hâte sur Vigo, pour ne laisser aucun repos à Tennemi. C'était précisément le même mouvement qu'avait opéré le régiment en 1809, lors de la poui'suite des Anglais et la reddition de la même place de la Gorogne. Tout ce qui se passa dans ces deux places, en ces deux campagnes, est d*une identité frappante.

Cette |)ointe sur Vigo dura du 27 juillet au 3 août suivant.

Le 4 ®' hussards et le 7* chasseurs, ainsi détachés de hi division, occupée au siège de la Gorogne, eurent fort à faire contre des ' ennemis nombreux et bien armés. Mais ils furent là, comme toujours, les enfants de la vaillance, de l'honneur et de la victoire.

Le 48 août, le lieutenant Joleau s'attache, avec 25 hussards, aux traces de Tennemi, prépare le beau mouvement de la brigade sur Orense et y entre le premier ;

Le S8, il s'acharne à sa poursuite et le conduit hattant devant lui, d'Orense à la Puebla de Sanabria.

Pendant que le gros de la division Bourk, après avoir soumis la Galicie, se dirigeait vers la vieille Gastille, le général de La Rochejacquelin, avec sa brigade, se rabattait sur le Tage, prêt à toute éventualité. Son but était de couper l'enneuài, de Tempécher de franchir le fleuve ou de le traverser lui-même et de l'aller chercher dans l'Estramadure. D n'eut pas la peine d'aller bien loin. Il apprend (|ne les Espagnols sont près (h AUnaras, dans la vallée de Puerto del Mirabete, rangés en bataille, présentant outre leur infanterie, nne ligne de huit escadrons de cuirassiers et d'autre grosse cavalerie.

La Rochejacquelin n'a que son 7*^ léger, son 1^^ de hussards et son 7® de chasseurs à leur opposer. A son commandement, on passe le Tage et le colonel Lambot, avec ses carabiniers, couronne les hauteurs.

Puis, la charge sonne ; on s'aborde avec impétuosité de part et d'autre ; les cuirassiers espagnols arrivent lourdeinent, la iaite en avant. Nos hussards et nos chasseurs 8*élancenl, croisent le sahre ; la mdlée est générale ; elle devient affreuse ; c'est UQ combat d*homme à homme ; chacun prend son adversaire ; c*est un grand duel, cent et cent fois reproduit; c'est le travail individuel de l'Afrique. Le colonel Simoneau, à la tête du 4" hussards et le colonel de Wiiiipfon, avec ses chasseurs, font le coup de feu et de sabre avec des oiliciers supérieurs ennemis» auxquels ils font mordre la poussière. Bientôt, ces fiers Espagnols font honteusement demi-tour devant notre ca- * Valérie ; Içur déroute est complète, et ils laissent entre nos mains leur artillerie et un grand nombre de prisonniers.

C'est ainsi que le 4^ hussards se montrait toujours digne de lui-même et de son numéro.

Ce beau fait du 30 septembre 4823 termina, par ce dernier laurier, la série des actions d'éclat du régiment, pendant cette campagne.

Le duc d'Angouléme revint en France, le 23 novembre et fit, à la tôte de notre jeune armée, son entrée solennelle à

Paris, le 2 décembre suivant.

Telle cette belle campagne d'Espagne, effectuée dans moins d'un an.

Le lieutenant-général Bourk fut nommé pair de France.

Dans son ordre du jour sur l'affaire du 30 septembre, le général de La Rochejacquelin témoigna sa satisfaction et offrit ses félicitations au 4^ régiment de hussards tout entier ; c'était une belle perle attachée à son nouveau drapeau, et cita, pour a'ètre plus spécialement distingués :

Le colonel Simoneau ;

Le lieutenant- colonel Vidal de Léry, nouvellement promu;

Le chef d'escadron de Suzainnccourt; •

Le capitaine adjudant-major Clerc, grièvement blessé ;

Le capitaine Courtois, grièvement blessé ;

Le capitaine de Vigneras ;

Le lieutenant Reibell, blessé;

Le soQS-lieatenant de Marcé (4) ;

Le maréchal des logis chef Qoinson ;

Le maréchal des logis Daclin ;

Les brigadiers Samat et Kauffmann ;

Les hussards OUiger, Imbrieo, Dumoulin, Hervy ; enfin, le maréchal des logis Baron, digne athlète des anciens temps, qui, attaqué par quatre cuirassiers espagnols , parvint à les désarçonner et à s*en défaire, malgré la grièveté de ses blessures.

Telles les glorieuses agrafes du régiment de hussards, pendant cette campagne de 1823.

La campagne n'était pas terminée que, le 4 1 septembre 4823, le lieutenant-colonel de la Malle, du 4^ hussards, passait, avec son grade, aux lanciers de la garde royale ;

Colonel du 4^ chasseurs à cheval, le 26 novembre 4823 (2) ;

Colonel des chasseurs de la garde royale, le 29 octobre 4828 ;

Maréchal de camp, le 11 août 1830 ;

Le général de la Malle est décédé, le 4 avril 4863, au château de Tremblay, commune de Chaulnes, département de la Nièvre.

Il eut, pour remplaçant, la chef d*escadroii Vidal de Léry,

(I) Il y a aujourd'hui (1867), au 8= hussards, uu jeune sous-lfeutenant de ce nom, vicomte de Marcé, natif de la Vendée, y engagé volontaire eo 18ô8.<— Soit dit en soa venir de non amitié pour lui et son - régiment.

(^) Le colonel de la Halle vint prendre possession do !«>' ehassears

à Libourne et passa, en 18:2i, à Fontenay-le-Comte, à la lète de ce beau n^gimeut allaul de Libourne à Hennés.

du 4^ hussards même, nommé en Espagne, pendant la campagne, pour les beaux faits qu'il venait d'y. accomplir à la tête de nos détachements d'avant-garde.

Rentré en France» le 4^ hussards reçoit Tordre de se rendre

à Valenciennes.

Du Portugal à Valenciennes, la route était précisément l'inverse de celle qu'avait fait, en 4794, le régiment, appelé des confins de la Belgique au cœur de l'Espagne.

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I*f Hégiuieul de liiissardst dits iiussards de Uiarli'es; colonel, S» A. * le duc de Chartres, depuis duc d'Orléans et prince royaL — Toujours titulaire du régiment, le colonel Simonean; lieutenantcolonel Vidal lie Léry; aumônier, M. Tabbé Daënen; 4 escadrons à Valenciennes (18âi}.

Par ordonnance du 2^ septembre 1824, le régiment de hussards ajouta à cette dénomination, le nom de Chartres ; il

dôl cet honneur à la promotion de S. A. le duc de Chartres, au grade de colonel du corps ; cette nouvelle position du prmcc ne changeait rien aux attrihutions du brave Simonean, qui demeurait colonel permanent.

L'ordonnance du 27 février 4825 portant que les régiments de cavalerie cessaient d*ôtro appelés par les noms de départements, qui leur avaient été donnés à leur formation du 16 juillet 1815 et qu'ils ne seraient plus désignés que par les numéros qui règlent leur rang dans l'armée, cette ordonnance, dis-je, n'atteignit pas le régiment, en ce qu'elle avait d'analogue. Le 1" de hussards resta, quand même, hussards de Chartres. U y a de nobles exceptions ici-bas pour le^rands de la terre; ces exceptions sont honneur sans doute, mais elles sont devoir, car noblesse ohlige.

Philippe-Louis-Cliarles-Henri , fils aîné de Louis- Philippe, depuis roi des Français, et de Marie-Amélie, duc de Chartres, né à Païenne en 4 84 0, avait alors quatorze ans. Le brillant unifonue de colonel du 1*^ de hussards devait lui aller à merveille. Son père, duc d'Orléans, était alors colonel-général des hussards, titre créé, comme nous Tavons dit, pour son grand-père, le 22 novembre 1778; c'était une politesse et un cadeau de Louis XVL

Ainsi, la sabretache était conune innée dans la famille, et»

si 1*011 peut dire qûe celle offerte à l*aîeiil était on cadeau de

Louis XVI, que celle offerte au père on était un de Louis X VIII, on peut ajouter que celle offerte par Charles X, en 4824, au jeune duc de Chartres, était un de ses cadeaux de prise de possession du trône, puisqu'il y montait cette ann<^c-là même.

Les familles princières vont vite en éducation et eu instruc- Uon. Elles sucent, pour ainsi dire, Tune et l'autre avec le lait. Le jeune prince apprit bientôt à être soldat, chef de corps et général.

L'armée et le régiment surtout, lui rendent le témoignage qu'il sut élever, en sa personne, ces trois échelons de l'armée

nu niveau de son rang. C'est beaucoup dire, mais l'armée, dans ce genre, est un appréciateur qui s'y entend.

Laissons le jeune colonel s'étudier lui-même et étudier sa position ; il ne pouvait avoir de meilleurs guides que le colonel Simoneau et le lieutenant-colonel Vidal de Lérv.

4824. — Le 4*' hussards a deux nouveaux chefs d'escadron : M. Lestoquoy (Adrien-Louis), en remplacement du lieutenantcolonel Vidal de Léry ; M. Arbory de Mamony (Armand-Louis), capitaine au régimenti Qn remplacement de M. de Suzainnecourt.

1825. — Toujours à Valenciennes.

4826. — Le régiment part pour Verdun.

4827. — A Verdun

4828. — II va tenir garnison à Bolfort.

Le capitaine de Suremain passe chef d'escadron, en lieu et place du commandant de Mamony.

4829. — n est à Neuf-Brisac.

Le 22 mars de cette année, notre ancien petit collégien de Sorrèase, notre engagé de 4800 au 4^ de hussards, est nommé colonel du 8* régiment de chasseurs, alors en garnison à Fon-

tenay-ie-Gomte ; il succédait au baron Lelong, y décédé le 7 mars précédent. On se rappelle que son nom était de Marbat,

Je relaterai, quand il sera temps, ses glorieux états de service.

iM9* — Aumônerie mUilaire.

A cette date, florissait en grand Taumônerie militaire» établie par la Restauration. J'ai recueilli dans mes notes tous les

noms des aumôniers militaires de ce temps, et bien que je fusse très jeune encore, la Providence toujours bonne, la Providence qui coordonne tout à ses fins, me ménagea *le bonheur d*en connaître personnellement plusieurs. Je faisais alors mes études et c'était comme un premier stage de la vocation d'aumônier à laquelle Dieu m'appelait et que je désirais voir réaliser au 4^ régiment de hussards, à cause, je le répète, de mes quatre parents qui y avaient servi. C'est donc à ce titre et à celui de la bienveiUance de mes lecteurs militaires, que je réclame l'indulgence, si les. circonstances m'obligent ici à parler de ma personne, dont l'existence, on le voit, a tant de traits d'union avec la vie du soldat.

J'ai connu M.Fabbé Watrelos, aumônier du 42^ chasseurs à cheval, ancien capitaine audit régiment, décoré, nommé chanoine de Luçon, au litre lionoraire seulement, par M*' Soyer;

M. l'abbé Gôassy et M. l'abbé Blanchard, successivement aumôniers du 8* de môme arme ;

M. l'abbé Lecunte, aumônier du 9^ de cuirassiers, etc., etc.

Je me souviendrai aussi de vous, digne aumônier d'inianterie, de vous qui, un jour , ayant précédé l'arrivée de vos soldats, vîntes attendre le régiment au bureau de mon père ; puis, allâtes à leur rencontre, portant inaperçu , sous la soutane, un

flacon d*eaaHle-vie, que voiu distribultes aux plus fatigués. Je

me promettais bien tout bas d'en faire un jouf autant et je l'ai fait, grâce à Dieu, étant devenu prêtre (4).

H. Tabbé Daônen remplissait de son côté les fonctions d'aumônier militaire au régiment de hussards. Je dois à sa mé- ^moirc quelques détails de famille et de confraternité. Ce n'est pas m*éioigner de mon sujet que d'en parler, puisqu'on droit comme en fait l'aamônier appartient à son régiment.

M. l'abbé Daënen (Pierre- Joseph), aumônier du l*''" régiment de hussards de 4823 à 4830, conséquemment pendant la campagne d'Espagne, a servi sept ans. Retraité comme custode des

toniheaux de la famille des ducs d'Orléans, à Dreux, en 1830;

A revu pour la derrière fois le régiment en 4856, lors du retour du 4^ hussards de Grimée et de son arrivée à Chartres, où 1 excellent aumônier s'était rendu et où les ofiiciers lui ont fait une magnifique réception, à cause de ses anciennes fonctions.

Mort à Dreux en 4863.

Je dois ces deux particularités de son existence à un officier

du régiment qui me fit le plaisir de m'en donner connaissance, le jour de ma réception, par ces messieurs, à Clermont, en 4862, lors de l'arrivée du 4^' escadron de la campagne de Syrie et pendant le déjeuner qu'ils m'avaient offert.

Quand la révolution de 4830 fut consommée et que les aumôniers de l'armée furent licenciés, M. l'abbé Daënen pria son jeune colonel, qui venait de prendre le titre de duc d'Orléans, de lui procurer une position. Ç'est à la bienveillance du jeune prince, qu'il dut la laveur d'être nommé custode des tombeaux de sa fiimille.

(1) l«r fol. des Gorrespoodances militaires de ranteur, ln-4o, p. 6,

Là, il vécut en paU, onlre la vie et la mort, en se livrant dux douceurs de. la science et de la vertu. L'abbé Daënen était un bon prêtre, le "prêtre do devoir ; mais il paraît qu'il n'avait pas, pour les spécialités militaires, tout l'attrait d'un amateur.

Avec mes goûts, mes affections, plein du feu sacré qui m'anime, je voulus savoir s*il n'avait pas laissé quelques notes sur le régiment de hussards ; ces notes, bien entendu, étaient à l'adresse do cet ouvrnjîe. Je prends donc mon annuaire ecclésiastique; chercber le clergé de Dreux fut l'affaire d*nn instant; son nom..., absent. Je conclus qu'il n*était plus probablement de ce monde; ma plume et mon cœur vont donc directement s'adresser à l'Udtel-Dieu de cette ville. Les Hôtels-Dieu, en général, sont le refuge de ceux qui sont en peine ; la porte là ost toujours ouverte, parce que c'est l'hôtel de Dieu, qui est Charité. Je pris donc la liberté d'écrire au digne aumônier de la maison, pour les renseignements que je désirais. Voici sa réponse :

Dreux, 20 août 1865.

«.Monsieur le curé,

» Je regrette vivement de vous avoir fait attendre si long-

» temps ma réponse, mais indépendamment de la besogne que » j*ai eue depuis la réception de votre lettre, je voulais voir les » nièces du bon M. Daënen, dont vous me parlez ; il les a Im- » sées pour ses héritières il y a deux ans; ceTles-ci n'ont jamais » entendu dire à leur oncle qu'il eut pris des notes sur son an- » cien régiment ; elles ont encore beaucoup de papiers, qu'elles » n'ont point pris le loisir d'examiner ; je les ai priées de jeter » un coup d'œil, le plus tôt possible, sur ces écrits, et si elles » trouvaient quelque chose qui eût trait au sujet de votre » lettre, de m*en informer. Elles me Tout promis. Si donc, » vous ne recevez pas, avant le octobre, quelques rensei-

» gnements de ma part, vous en concluerez que M. Daëiien » n'a pris aucune note sur le 1" hussards.

» Ce monsieur était tellement occupé de botanique et d'iûs- » tofre naturelle des insectes, que j'ai la conviction qu*il u*a

» rien fait sur Tobjet de votre demande.

» Daignez agréer, etc.

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