‹ Histoire de tous les régiments de hussardsChapitre 22 sur 27 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

BISTOIRB DU 4*^ RÉGIMBNT DB HUSSAEBS» ANCIBN-BEECHVIIT.

Composition de la tète de colonne au i*r juin 1860. — 1«r régiment

de hussards, toujours colonel, de Mouchelon de Gcrhrois; lieulenanlrcoloiiel , de MoDlarby (Aoloine-Louis-Uaude). — Le régiment entier à Beauvais*

Le lieutenant«colonei Abdelal, da 4^ de hussards, ayant été, dans le cours de Tannée précédente, nommé an commandement du l®*" de spahis, avait eu pour successeur M. de Montarby, sortant comme major du 5® de chasseurs à cheval.

4860. — 25 juin. Les 4 escadron^ de guerre et l'état-major du 1*' régiment de hussards arrivent au camp de Châlonssur-Mame.

CSamp de CMIons-sor-liaroe (1800)* —Commandant en chef, maréchal

de Mac-Mabon. — Division de cavalerie légère, géoéral Dupucb de FeleU.

Brigade Dalmas de la Pérouse : de hussards, colonel

MoQcheton de Gerbrois, 5* de hussards, colonel de Montaiga; *

Brigade de Vernon : 4« de chasseurs, colonel de Montfort, 7« de chasseurs, colonel d'£sUennes de Chaussegros de Lioux.

4** batterie du 47* d'artillerie à cheval:

Les I régiments de cavalerie montés en chevaux arabes.

4860. — 6 août. Depuis un mois et demi, les divisions d'infanterie et de cavalerie du camp de Cbâlons se livraient tranquillement à leurs évolutions et à leurs manœuvres pacifiques^ quand tout à coup le mot d'ordre change. Ce n*est plus la paix, c'est la guerre, l'effusion du sang ; ce sont des victimes et des victimes chrétiennes dont le sang coule ; c'est du secours à leur porter incontinent. L'empereur a laissé Paris en toute hâte; il est déjà au camp de Châlons.

Allons, mes trompettes, encore une fois le boute-selle et rapidement; allons, mon 4^' hussards, à cheval et au galop, n'entendez-vous pas les échos du Liban répercuter la poiidre; en avant.

Puis, les tambours du 5® et du 43® de ligne avaient battu le rappel ; ces régiments sont sous les armes, en tenue de campagne et sac au dos. C'est le premier noyau d'une expédition en Syrie; c'est la revue qu'en va passer l'empereur. On écrit en effet du camp de Châlons :

7 août 1860, 1 b. 25 m. du soir.

« Ce matin, à dix heures, l'empereur a passé la revue de » départ du 5* régiment, de ligne, colonel Caubert. du 43*

» régiment de ligne, colonel Darricau, et du 4®*" escadron du » 4«^ régiment de hussards, capitaine Stockly. »

Avant le défilé, les troupes se sont rangées en carré ; Tempereur s'est placé au centre, les drapeaux et les états-mijors

face à Sa Majesté, Pois, NapolëoB HI a pris la parole et parlé

en ces tenues.

« Soldats 1

» Vous partez pouf la Syrie et la France salue avec bonheur » une expédition qui n'a qu^un but, celui de (aire triompher » les droits de la justice et de rhomanité.

» Tons n'allez pas, en effet, faire la guerre à nne puissance » quelconque, mais vous allez aider le sultan à faire rentrer » dans l'obéissance des sujets aveuglés par un fanatisme d*nn » autre siècle. Sur cette terre lointaine, riche en souvenirs, » vous ferez voire devoir et vous vous montrerez les dignes » enfants de ces héros, qui ont porté glorieusement dans ce » pays la bannière du Christ. Vous ne partez pas en grand » nombre, mais votre courage et votre prestige y suppléeront ; » car, partout aujourd'hui, où Ton voit passer le drapeau de la » France, les nations sayent qu'il y a une grande cause qui » le précède et un grand peuple qui le suit. »

£n même temps, une étincelle de feu transmet Tordre de partir au 46* bataillon de chasseurs à pied, garnison Toulouse.

Ceux-ci se mettent au pas gymnastique de celte ville à Marseille. On dirait la charge déjà sonnée paries clairons. La môme étincelle court au sommet de TAtlas; les zouaves, les chasseurs d*Afrique et les spahis sont en avant-garde ; partout le feu sacré se communique ; des wagons vomissant la flamme emportent nos soldats au milieu des terres ; des vaisseaux de fer et de fen les font voler an milieu des eaux ; on dirait des monstres dévorants qui les enlèvent, et pourtant ils vont porter la paix ; ils sont à destination de Beyrouth

Le général de brigade marquis de Beaufort d'Hautpoul commande en chef Texpédition. Avant de partir de Fraoce, il

adresse à ses troupes Tordre du jour suivant, daté de Marseille, le 7 août 4860.

Corps expéditionnaire de Syrie. — Ordre général. « Soldats !

» Défenseur de toutes les nobles et grandes causes, Tempe- » reur a décidé, au nom de toute l'Europe civilisée, que vous

» iriez en Syrie aider les troupes du sultan à venger Thuma- » nité indignement outragée. C'est une belle mission dont vous » êtes fiers et dont vous saurez vous montrer dignes. ^

» Dans ces contrées célèbres, berceau du christianisme, » qu'ont illustrées tour à tour Godefroy de Bouillon et les » croisés, le général Bonaparte et les héroïques soldats de la » République, vous trouverez encore de glorieux et patrio- » tiques souvenirs.

» L*£urope entière vous accompagne de ses vœux. Quoiqu'il » advienne, j'en ai le ferme espoir; l'empereur et la France » seront contents de vous. Vive Tempereur !

• Le général commandant en chef,

» Marquis Db Beàufort d'Hautpoul. »

Corps expécWlionnaire de Syrie. — Commandant en chef, général de • brigade, puis de division, marquis de Beaufort d'Hautpoul; cbel d'éiat-major, Osmont, colonel; Boyer, chef d*escadron; GéliSf Seigland, de Chamloois, Blaignerie, capitaines. — lofanlerie : Gommandant» général de brigade Dacrot; aide de camp, capiuine Le Goat de Saint-Haonên.

46^ bataillon de chasseurs à pied, chef Ardent du Picq ;

5* régiment de ligne, colonel Canbert ;

43® régiment de ligne, colonel Darricau; 4^' bataillon du 4^ zouaves, chef Lian.

Cavalerie : coiumaodanl du l'reuil, liculeDant-colonel du 1er

cliasseuéS d^Afrique.

4er escadron du 4®' hussards, commandant Stockly ; 5* escadron du 4^ chasseurs d'Afrique;

3® escadron du 3® chasseurs d'Afrique ; 4«r escadrc^n du 2® spahis, commandant Tascher de La l'a- ' geriei

L*artlUerie a deux balt^ries.

5e du ^er régiment ; 4 du 40* régiment.

Le génie fournil la 13® compagnie du 2® régiment.

Enfin, les détachements complémentaires d'un corps en campagne, équipages militaires, infirmiers, administration, force publique, etc.

4860. — 8 août. Le général de Beaufort s'embnrque à Marseille sur YAmériqfie, paquebot des Messageries impériales, relâche le 44 à Malte et arrive le 46 à Beyrout.

4 0 août. — On écrit de Toulon : « Le transport-ccurio » VAubBf prêt à partir, attend, pour lever l'ancre, le 4^' esca- » dron du 4^ régiment de hussards, qui doit arriver le 40. »

4 1 août. — On écrit de Marseille : « Hier au matin a fait » son entrée dans cette ville, un escadron du 4^ de hussards, » à destination de la Syrie. Toulon avait été désigné pour

» son port d'embarquement; mais, l'encombrement du moment 1^ n*ayant pas permis qu'il y prît mer, il a dû revenir dans » notre ville, ot, on effet, iiier, il a pris p«nssage sur le haleau à » vapeur des Messageries iuipcriales ïliydaspe. » Je trouve sur mes notes do voyages et de mouvements de troupes, le passage suivant, relatif à ce 4^' escadron du régiment.

t«r escadron du i*^ régimcul de hiisssrds : l*arU do cani}» de Cbftions, le 8 août 1860; embarqué h Marscl!lc, le 10 août; débarqué à Hey-

rout, le 23 (liuJil : rcscaJron fuii de 2 rupilaincs ; oajùlnînc cominaiulanl Slockly ; 2 lienleiianîs, 3 sous-liciUcnant, G lrompi*t!os, 170 lioiuines, 150 chevaux arabes.

L'embarquement continue en France et en Algérie. Les bâtiments affectés au transport des troupes sont : Y Aube, le

Finistère, la Cérès, le Muf/ador, YAsmodée, le Gange, le Bo rysUièiie, le Jourdain, VHydaspe, le Mersey, le Siamois, la Rein&-Maikildey etc., etc. Plus, dans la rade de Beyrout, 25 vaisseaux de guerre français et d'autres nations.

25 août. — Débarquement des dernières troupes ; le corps expéditionnaire est au complet ; au fur et à mesure de leur descente à terre, elles sont dirigées sur le camp de la forêt des Pins, à 15 minutes de la ville.

Verdure, ombrage, eau, tout se trouve à soubait dans ce bois, qui ne serait nullement déplacé à côté de celui de Bon* logne. Le camp est adossé à un énorme rocher, au pied duquel on a établi les écuries pour la cavalerie ; derrière et à droite, l'artillerie ; derrière et à gaucbe, lé train des équipages ; en avant de leur position respective, les tentes de ces trois armes.

L'infanterie occupe les trois autres côtés ; faisceaux d'armes

et de drapeaux au front do bnndière ; tentes de la troupe en . seconde ligne ; puis, les tentes du petit et grand état-major les cuisines, etc., etc., convergeant vers le point central. L'ambulance est dans un vieux chàteau-fort qui domine le camp.

Le dimanche, quand le temps le permet, messe militaire célébrée, en plein air, par un prêtre lazariste français, le Père Nagean, attaché à la mission de Beyrout et qui fait fonctions d'aumônier.

Que s'était-il donc passé en Syrie ? Une lutte désespérée, celle de la civilisation contre la barbarie; là, au Liban, le fer,

le feu vomissant la mort de toutes parts; 15,000 chrétiens sont dans la poussière, nobles et grandes victimes de la religion et de la civilisation. Un nombre égal est sauvé par notre ancien ennemi, Abd-el-Kîider. En rabsence des français, Ahd-el-Kader h est fait le premier soldat de la civilisation moderne ; il est là avec i ,500 algériens, ses anciens et valeureux soldats : lui, grande et noble victime aussi, il a saisi le drapeau de la France; il enveloppe dans ses plis glorieux, les prêtres, les moines, les jésuites, les lazaristes, les sœurs de Saint- Vincent-de-Paul, les écoles, les orphelinats, 45,000 chrétiens condamnés à mort, tous les consuls européens et leur {)erso]inel.

Telles sont les premières palmes de ce premier triomphe de la civilisation sur la barbarie. Nous accourons pour assurer ce triomphe et venger l'humanité indij^nenicnt outra^rée ; but de l'expédition clairement défini dans rallocutiou impériale du 7 août de cette année.

4860. — septembre. Continuation et fin de l'installation des troupes au camp.

Du 4®' au 40 septembre, 467 individus, coupables d'avoir pris part au massacre des chrétiens, sont condamnés à mort; 56 sont publiquement p^dus, 444 fusillés; le tout à la diligence

do Faald-PAeha, commissaire général de la Porte ottomane. 1 i septembre. — Ce plénipotentiaire arrive au camp des Pins. 43 septembre. — Grande revne de Tannée en son honneur.

A 7 heures et demie, le général on chef est arrive, accompagne du pacha. Les tambours ont battu aux champs; les troupes ont présenté les armes. Le général en chef et son escorte sont passés devant le front des régiments; puis, ceux-ci se sont massés à roxtrémitc de la li^oe et ont défilé, rinfanterie par compagnie et la cavalerie par escadron. La tenue était admirable et Texécntion des mouvements ne îaissdrt rien à désirer.

Le 44 septembre, de concert avec les populations calholHjues, Tannée célèbre la fête de TËxaltatton de la Sainte-Croix. Pendant trois jours et trois nuits, des feux sont allumés sur Tes cimes des montagnes. Le spectacle est magnifique. C'était un légitime hommage rendu à la croix, naguère abattue et humiliée ; car la croix est le signe de la rédemption et partant de la civilisation. — Le général en chef ordonne les préparatifs d'une marche en avant.

Le 24 septembre, l'ancien émir Abd-el-Kader reçoit solennellement des mains de M. Scheffer, drogman français, les insignes de grand'croix de la Légion d'honneur.

Le 22, il traverse la ville de Damas, portant sa [>la(]ue et le large ruban rouge qui soutient sa décoration. Il est musulnian et cependant il est heureux de montrer la grande croix de rhonneur; c'est que les hautes idées dont Abd-el-Kader fait profession, il les a puisées à Técole de son ami, M^'^Dupuch [I), ancien évéquc d'Alger.

(1) Le général Dupiich, qui avait été colonel du4« cliassears d^Afriqne et qui commandaH alors, au camp de Cii5lons, les f et S* hussards, était le père de ce prélat.

Marche en •t*dI du corps rspédiliooDkire.

1860. — 25 septembre, ô heures du matin. Les tambours et

les trompettes rappellent, Texpédition se met en mouvement. Une compagnie du \ 6^ baiailluu de chasseurs à pied ouvre la marche.

Suit le général marquis de Beanfort et son état-major. Le

burnous blanc qu'il porte, jeté sur son uniforme, rappelle les campagnes d'Afrique et le désigne au loin, comme autrefois le maréchal Bugeaud d'Isly.

Immédiatement, le reste du bataillon de chasseurs; viennent ensuite les grenadiers et voltigeurs du et du 13^ de ligne; rartiilerie ; deux compagnies de zouaves, le convoi, les ambu* lances et les équipages ; quatre autres compagnies de zouaves sont à Tarrière-garde. Quelques points culminants sont occupés par les compagnies du centre, pour protéger la marche de ia colonne.

Le 26, elle atteint Deir-el-Kaniar.

Le 28, elle est sur le sommet des montagnes et commence k descendre sur les versants opposés.

Le 29, le Liban ayant été franchi, le bivouac est établi sur le bord de cette immense plaine qui conduit à Balbek; c'est là que la cavalerie qui avait décrit un à-droite en avant, rejoint le corps principal. L'escadron du l*' hussards, celui du 4*' chasseurs d'Afrique et celui des spahis en forment l'ensemble.

Le dimanche, 30 septembre, la messe militaire est célébrée devant Tannée, snr les mines fumantes des maisons et des églises, au son d'une musique funèbre et au bruit lugubre du canon.

Une décharge d'artillerie annonce, matin et soir, la présence

et le campement du corps expéditionnaire.

Le 2 oetobre, le campement est porté à Kab-Elias, près do

.prétendu tombeâu du prophète Ëlie, bizarreiueiit taillé dans le roc.

Excursion à Zahlé, village à deux heures de marche, par mi

gros de cavaliers.

L'armée se fractionne on piusieui's petits corps, pour battre, dans tous les sens, la montagne et knposer la terreur de sa présence à ses habitants, les Druses. Cette battue générale dure

du 2 au 4 3 octobre. Cette mission remplie, le mouvement rétrograde commence.

Le 44 octobre, Tarmée revient sur le camp des Pins, pour y prendre ses quartiers d'hiver, en laissant des détachements à Saïda, à Deir-el-Kamar, à Kab-£iias et sur la limite du désert, entre Damas et le lac de Tibériade. Cavalerie et infanterie sont ainsi échelonnées selon le besoin. *

On s'occupe partout de la reconstruction physique et morale du pays; on fait des chemins; on rebâtit des églises, maisons, villages, etc. , etc. Le général de Beaiifort est dans le Liban, pour y chercher et y préparer un point stratégique très important.

Le 24 octobre, les pluies abondantes, les mauvais chemins

rendent toute opération impossible. Il renvoie au camp les hussards et les chasseurs qui forment son escorte et ne garde que l'escadron de spahis, avec lequel il reste quand même. On essaie de transporter l'artillerie à dos de chameau. Le générai est obligé de rentrer; mais il est infatigable. £n décembre il visite Saîda et y est hébergé, avec son escorte de cavalerie, dans un grand couvent de religieux franrais, qui le traitent, Je ne dirai pas au mieux, mais do leur mieux.

25 décembre. — Siver des plus rigoureux et même exceptionnel en Syrie,

Le camp des Pins est dévaste par l'ouragan; le soldat soutYre beaucoap sous la tente; il est là, comme toujours, è son état normal : le dévouement et le sacrifice.

L'empereur, qui sait apprécier ces sentiments, leur donne une haute et nouvelle sanction dans la lettre qu'il adresse au général de Beaufbrt, pour le 4^ de Tan 4861 et qui est portée à Tordre du jour de l-armée, comme suit :

« Mon cher général,

» Quoique roccasion ne se soit pas encore offerte au corps » expéditionnaire de se distinguer par des succès et à vous, » de le conduire à la victoire, votre mission n*en est pas » moins favurahlo. Protéf^(n* une population entière contre un » fanatisme cruel ; la garantir par la seule présence de nos sol- » dats des malheurs qui la menacent encore, c'est, comme vous » le dites, une œuvre grande et utile.

» Soyez donc, je vous prie, mon interprète auprès de ceux. > qui y concourent dignement avec vous et dites-leur combien » j'apprécie leur dévouement.

» NAPOLfiON.

» Le général commandant le corps expéditionnaire est cer-

^ tain ^pie ce témoignage de satisfaction et de haute hionvoil- » lance sera, pour tous, un puissant encouragement à persé- » vérer dans la voie du devoir et de l'abnégation.

» Au quartier-général, à Beyrout, 8 janvier 4864.

» Signé; Marquis de Bbaufort d'Hautpoije.. »

Dès le mois de décembre précédent, le général en chef avait

autorisé, dans son corps de troupes, les pèlerinages aux lieux saints des chrétiens. C'est que l'armée française est aussi l'armée

chrétienne, qu'elle est la fille des anciens croisés et qu elle sait aussi prier. Dix caravanes d'officiers et de soldats français forent successivement oi^anisées. Presque à toutes» une escouade du 4" de hussards.

Une des premières fut conduite par le lieutenant-colonel de Landreville, du 5* de ligne; il avait avec lui dix officiers et un

détachement pris dans plusieurs régiments.

Mais la plus renommée fut incontestablement la dernière, celle présidée par le général Ducrot, sous la date du SI5 mars

1861 et qui eut lieu dans la semaine sainte et les fêtes de Pâques.

Il avait pour état-major une trentaine d*officiers et pour

escorte une cinquantaine de soldais, dont six hommes, un maréchal des logis et un oilîcier du l^** régiment do hussards. Cette caravane s'était rendue à Jérusalem par terre, en passant par le mont Carmel, le Thabor et Nazareth (1).

£n môme temps, y arrivait par Jaffa et la voie de me^ un autre convoi d*officiers et de soldats de marine ; puis, un autre de pèlerins civils français, dont le Père Gagarin était Taumonier ; c'était un triple bonheur ; trois caravanes à la fois, composées des enfants de la France. Mais laissons la parole à un officier du pèlerinage ; nous ne sommes pas hors de noire sujet, puisque là aussi, se trouvait une dëputalion du régiment. € Jérusalem est une grande ville, à rues étroites, sales» mal ou » non pavées... Elle a un mur d'enceinte très ancien et une » garnison turque d'un bataillon... Ce qui m'a le plus frappé, » c'est le saint sépulcre, où je suis retourné plusieurs fois. » Nous y avons entendu la messe et assisté à la procession du

(1) Cest à cet officier de chez nous et à un soldai de l'escorte spé> ciale du ^'éuéral, que je dois une partie de ces détails.

» vendredi saint. Ce saint sépulcre a quelque chose de gran*

» diosc, (l'admirable.

» Nous avons parcouru la vole douloureuse, en faisant les » quatorze stations du Sauveur.

» Nous nous sommes promenés dans le jardin des Oliviers, » p;ardc par un frauciscam. Je rapporte du bois et des ieuilles » de huit ohviers, qui ont, dit-on, mille huit cent soixante et » un ans d'existence ; nous sommes allés ensuite sur le mont et » nous y avons vu le lieu précis, d'où Jésus-Clirist s'éleva dans » les cieux.

» Tout un jour a été consacré par nous à la visite de

» Bethléem ; on nous y a montré l'endroit où le Sauveur naquit » et l'emplacement de la crèche, qui a été transportée à Rome.

9 Je rapporte des croix, des chapelets qui ont été hénis sur » le saint sépulcre et plusieurs autres objets précieux. Mon

sabre a été également béni. Je suis très satisfait de ce » voyage. »

Le 28 mars, jour du jeudi saint, nos pèlerins assistent, dans l'église des franciscains, à un Te Deum solennel, chanté eu actions de grâces et au nom de Tempereur.

Le 29, jour du vendredi saint, ils prêtent Fhonneur de leur présence à la cérémonie et à la procession du saint sépulcre ; eux-mêmes, plus honorés encore de cette insigne faveur.

Le 31 mars, saint jour de Pâques 4864, ils entendent en armes, la messe de M^' Valerga, patriarche latin de Jérusalem; à un instant donné, le général et tous les officiers déposent spontanément leurs sabres et leurs épées sur Tautel; ils appellent sur leurs personnes et sur leurs armes les bénédictions du Dieu des années, par les mains du patriarche,- qui les y fait descendre avec bonheur.

Partout leur attitude est belle, digne, édifiante; vraiment les

croisi^s ont du se réjouir dans leur tombe , sous les pas de leurs nobles enfants.

Le même jour, 34 mars, messe slolenneUe au camp des Pins^

devant le corps expéditionnaire ; 20,000 spectateurs étaient à cette cérémonie, où Ton avait déployé tout l'appareil militaire possible. Le défilé qui la suit est magnifique, tant ^ar la variété que par la richesse des uniformes et des costumes; notre premier escadron est en tete de la colonne de cavalerie ; suivent les chasseurs d'Afrique et les spahis, l'artillerie, etc., etc.

45 avril. — Une forte reconnaissance de cavaliers, pris dans tous les escadrons, pousse justju'à El-Ouié, sur les bords du Jourdain, à 50 kilomètres du camp..

25 avril. — Inspection par le générai en chef de tous les postes établis dans la montagne ; toujours la cavalerie pour escorte; toujours un maréchal des logis du hussards pour son porte-fanion.

9 mai. — Fin des inspections. On parle de l'évacuation de -la Syrie par les troupes françaises.

Sur l'avis reçu du ministère de la guerre, le général porte cette évacuation à la connaissance du corps expéditionnaire, dans Tordre du jour suivant, daté du 1^^ juin 1861 :

« Soldats!

» L'impartiale histoire dira comme une question d'humanité » est devenue une lutte purement politique,

» Au milieu d'une situation difficile, vous, du moins, vous » n*avez rien à vous reprocher. Votre discipline a toujours été » parfaite. *

» Mal installés, sans distraction pendant un rude hiver, après » des chaleurs exceptionnelles, au milieu d'une inaction qn^ » vous pesait, vous avez su comprendre que voire devoir se

> bornait à attendre avec confiance, à être toujours prêts à » obéir. Vous avez aussi prouvé que vous possédiez le senti- » ment du deeoiTf du détouement et de V abnégation ^ qualités » plus rares et non moins précieuses que le brillant cuurof^e (fui » vous distinguo et qui fait de vous d'incomparables soldats. » Les populations du Liban ont appris à vous aimer et à vous » estimer. Je n'ai pas besoin de vous dire à quel point je » regrette de n'avoir pas eu l'heureuse chance de vous conduire » au combat. Je sais tout ce que je pouvais attendre de vous.

» Ce n'est pas sans amertume que je vous dis adieu : conser- » vez un bon souvenir de votre général, qui sera toujours lier » de vous avoir commandé.

» Au quartier-général, à Beyrout, le 1"^^ juin 1861.

» Est signé : le général commandant le corps expéditionnaire

j> de Syrie :

» Marquis de Beaufort d'Uautpoul. ^

Chaque corps de troupe reçoit immédiatement Tordre d'opérer son retour sur France et sur la garnison qui lui est assignée. Ceux d'Afrique sont dirigés sur Alger.

Pour le escadron du régiment de hussards, la feuille de route porte : de Beyrout pour Marseille, et, de là, pour Clermont-Ferrand.

Donc, embarqué à Beyrout, le 3 juin ;

Débarqué à Marseille, le 4 3 juin ; ^

Dix jours et autant de nuits en mer ;

De Marseille à Clermont, 47 jours de marche, sans compter les séjours ;

Arrivé à Clermont, le 4 juillet, ramenant tout son personnel ,

puis, en plus 50 chevaux syriens; le tout sur le Gomer^ frégate à vapeur.

Revenons a présent à la portion principale du corps. Noos

avons laissé le l^"" régiment de hussards au camp de Ghâlons, le 7 août 1860. Il y resta jusqu'au mois de septembre, époque à laquelle la division de cavalerie fat dissoute ; Tordonnance ministérielle portait: les régiments qui font partie de celte division se mettront en route, savoir ;

4^ de hussards, les et 23 septembre, pour se rendre à Beauvais et Senlis ;

i)^ (le hussards, les M et 23 septcoibre, pour Chartres et Châteaudun;

4* de chasseurs, les 22 et 23 septembre, pour Provins ;

7® do chasseui's, le 25, pour Chàlous-sur-Marne, etc., etc.

Le régiment de hussards hiverna dans les deux villes que j'ai citées à son endroit. Mais, quand le printemps fut revenu, il fallut de nouveau voyager. Le Moniteur de C Armée [i\ mai 4861), annonçant les mouvements de troupes en cours d'exécution, désignait sa nouvelle destination, en ces termes :

4*' de hussards : état^major et 5 escadrons, de Beauvais à .Clermont-Ferrand. J'ai parcouru un grand nombre de villes de garnison, j*ai remarqué, qu'il y a quelques années, les casernements faisaient presque partout défaut. Sous ce rapport, Clenuout se trouvait passableiiionl en arrière et l'on fut obligé de cantonner le 2^ escadron à Hiom ;

Les 3« et I® escadrons et état-major à Glennont ;

Les 5*^ et 6^ escadrons à Billom ; *

Le 1 escadron, arrivant de Syrie, occupa un quartier neul que Ton venait terminer à Glennont même. Nous avons dit qu*il y avait fait son entrée le 4 juillet; mais ce que nous n'avons pas dit, c'est qu'il était dans sa tenue d'Asie, barbe et moustaches à tout crin, avec toutes les modifications que comporte un régiment en campagne. Le brave commandant

Stockly, une des plus belles figures que j*aie vues, était superbe d'expression, avec l'encadrement de barbe longue et frisée.

On eut (lit une vraie figure-type de Turc ou de spahis d'Afrique.

le rejoignis le 4®' hussards le 9 Juillet et le même jour, j'eus le plaisir d'assister à la revue de cet escadron, en grande tenue, à cheval, passée par l'intendant militaire. Celle des chevaux syriens et des effets suivit. Pendant ce temps, je serrai la main à mes amis et je fus invité à déjeuner avec les officiers ; je vis avec bonheur ces sabres bénis au saint-sépulcre et à Jérusalem ; je passai avec eux des instants bien doux. Il y avait juste onze mois moins trois jours, qu'ils avaient laissé le camp de Châlonssur-Marne.

0 camp de Châlons! ô chapelle du quartier impérial! 6 chapelle de TambulanceLé église du grand et du petit MourmelonI . je n'oublierai jamais les fonctions d'aumônier militaire que j'ai remplies, dans votre enceinte, à diverses O[)oques de mon existence, ni l'édification que j'en ai recueillie ; je n'oublierai jamais cet ex f>oto suspendu là aux pieds de la mère du Sauveur, par les soldats de l'expédition de Syrie, pour en perpétuer le souvenir. Sentinelle avancée près de Dieu, pour vous, soldats, mon cœur demeurera là aussi de garde, tous les jours de ma vie.

Cette expédition a cela de spécial, qu'elle vainquit sans tirer répée r autant le moral l'emporte sur le physique, autant cette campagne pacifique brille au-dessus de celles où le sang coule. Aujourd'hui, la France est assez grande pour triomplier dans le monde par sa seule influence, et c'est encore un beau fleuron à sa couronne, que le fleuron pacifique de la Syrie.

Ciiaque corps, soit pendant, soit après la campagne, eut aussi sa palme de récompense.

Le Père Najean faisant fonctions d'aumdnier, fut décoré.

En ce cpii concerne Tescadron da 4*^ de hussards, forent

nommés chevaliers de la Légion d'honneur :

MM. Leleu, sous-iieutonant,

Simonin, maréchal des logis.

Roçurcnt la médaille militaire :

MM. lioriion, maréchal des logis, Veil, hrigadier, Giotto, hussard.

A LHi ail d'intervalle [8 juillet 1864), allait se renouveler pour le l*""^ régiment de hussards, l'événement mémorahle auquel il avait pris part à Niort, le 43 octobre 4854 ; je veui dire l'entrée solennelle de l'empereur et de Timpératrice dans la ville de Clermont.

Les casernements ayant été poussés activement, les escadrons détachés à Billom avaient pu, à cette époque, venir les occuper, de façon (jiio le régiment entier se trouvait à Clermont, sauf le 4*^' escadron, celui de Syrie, qui tenait garnison à Riom.

On ne peut rien imaginer de plus beau que cette entrée impériale. Un fort détachement de cent-gardes ouvrait la marche; puis venaient les voitures de Leurs Majestés, à la Daumont; le ïïl^ régiment de ligne formait la haie sur tout le parcours et le l'^'" de hussards était massé par escadrons de distance en distance ; les musiques dans la cour de la préfecture. La marche était fermée par plusieurs compagnies de gendarmerie à cheval, précédées d'un trompette à aiguillettes rouge-hlanciie. La teuue de toutes ces troupes ne laissait inen à désirer. J'avais pris rang à la cathédrale, à la suite du clergé, 'à la tête duquel Ms^ Féron, évéque de cette ville, attendait l'empereur. Plus de 300,000 personnes étaient descendues des montagnes de l'Auvergne et offraient, comme masse et conune spécialité de détail, un spectacle inusité. Le défilé dura jusqu'à plus de dix heures du soir.

Le vieux iiKtréchal <le CastoIInno était accouru de Lyon, pour participer à la léte et se trouvait une fois de plus, hélas ! c'était la dernière, dans les rangs du 1^ hussards, dont il avait été, avons-nous dit, lieutenant-colonel, en 4814. Avec nos cœurs de soldats, les souvenirs sont toujours permanents chez nou^.

J'eus l'honneur, le lendemain 9 juillet, d'être reçu par le colonel de Gerbrois, auquel je présentai la pièce de vers, qui est à Tenlète de cet ouvrage, avec le complément à scm adresse propre. £t, à propos de mes papiers de famillle et de naturalisation au régiment, qui portaient la date de 4780 et qu'il voulut bien signer : « Savez-vous, me dit-il, monsieur l'abbé, » que moi-même j'avais, vers celte épof[ue, un parent de mon » nom, lieutenant aux hussards do Bercheny?» Et comme nous étions arrivés à parler du colonel de Juniac de Bép;ougne qui était de la même promotion que lui ; il ajouta : « Lorsque je . » fus promu colonel du i^' hussards, j'avais en lui un redou- » table concurrent, par ce que son père l'avait commandé » pendant plusieurs années. » M. de Juniac lit à ce sujet une réclamation à Tempereur, qui lui dit : « Si on eut pensé, au » ministère de la guerre, à cette particularité de l'existence » de M. votre père, il n'y eut pas eu de difficulté; vous auriez » été placé, comme colonel, au 4^' de hussards. » Les nominations faites suivirent donc leurs cours.

Pour mon compte, j'avais eu depuis longtemps cette pensée et je conserv ais le regret de n'avoir pas vu le colonel de Juniac, nonuné au i^' de hussards. Quand je sus, de la propre bouche de M. de Gerbrois, qu'il était, aussi lui, par ses antécédents de famille, un vieux de Bercheny, j'en fus consolé.

Arrêtons-nous un instant; pourquoi faut-il encore ici déployer le drapeau noir et compter nos morts inscrits dans ses plis? C'est que la mort ne pardonne à personne; sa faux n'a

pas de saison pour moissonner. Nous, nous fauchons au printemps et nous récoltons en été ; sa moisson* à eUe, est de tous

les temps et de tous les jours.

Ëlle nous enlève en 4864 :

MM. le général de brigade de Lantlionnet, ancien lieutenaïitcolonel au 1^*^ de hussards, eu ^831 ;

Le général de brigade Vidal de Léry, même grade, campagne d*Ëspagne, 4823;

Le général de brigade Simoncau, notre colonel de cette même campagne d*£spagne; en 486i, le maréchal de Castellane (4), et le général de division de Richepanse, tous deux lieutenantscolonels au cor()s; le premier, en 1814, je l'ai indiqué tout à l'heure; le second, en 4844 ;

£n 4863, le maréchal de camp, vicomte de Lamalle, lieutenant-colonel du 4*^ hussards en 4820

Et puis([ue je viens de réunir ici, sous le mémo linceul, plusieurs de nos anciens officiers supérieurs, qu'il me soit permis, pour faire diversion à nos chagrins, de réunir à présent, sous la même rosette de la Légion d'honneur, ou plutôt sous le nièm»» ruban en sautoir, les deux noms cbers aux régiments dont j'ai parlé naguère. Par décret du 34 décembre 4864, sur la proposition du ministre de la guerre, ont été nommés commandeurs:

4«f de hussards : M. Moucheton de Gerbrois, colonel, officier

(IJ Je dois constater ici un bon soavenir à Tendroit du maréclial de Castellane.

C'est moi-même qui lui ai dit, le f 0 mai 186â, au camp de Satbonay,

1.1 dernière messe qu'il y ait entendue, à la tète de* la 3« division d'in-

faulcrie de rarniée de Lyon et de la cavalerie qu il avait amené de celle fiUe :

Escadrons des S**, 3« lanciers, 8» et il« dragons. Il roonrul en septembre suivant.

(la octobre 4858; trente-huit ans de service eiïectifs; 4 campagnes;

Régiment de lanciers de la garde impériale : M. de Juniac

de Bégougnc, colonel, oflicier du 5 octobre 1857 ; trente-quatre ans de service effectifs ; 4 campagnes.

Un régiment est quelque chose d'essentiellement nomade. Il participe de l'arabe qui voyage toujours. Adieu donc, Clermont- Ferrand et les montagnes de l'Auvergne, semées autour de ton enceinte comme autant de Ibrts détachés» ou ressemblant de loin à ces dunes de sable dans le désert du Sahara ; adieu, superbes coteaux de Royat ; le Rhône jaloux nous onvie ; il nous tend les bras et nous ouvre ses bouches multiples pour nous signifier son désir et son appel. Déjà Fécho de ses rives fait entendre un muiiimre d'impatience; partons; en avant. L'adjudant a la feuille de route en main ; elle porte remplacement comme suit, sous la date des premiers jours de mai 4863 :

4* de hussards : état- major, 2 escadrons et dépôt, de Clermont-Ferrand à Tarascon; 1 escadron de Clermont-Ferrand à Marseille ; i escadron à Lunel ; 2 escadrons à Montpellier ; chaque fraction du régiment était comme une sentinelle avancée sur les bords du Rhône, ou à Tentour; dans de telles conditions, ses rives étaient bien gardées.

4863. — 45 août. Le 4» régiment de hussards donne un superbe carrousel dans les arènes de Nîmes, à propos de la fête de l'empereur. L'enceinte de la lice représente une ellipse assez restremte (66 mètres sur 37] et qui eût été insuffisante pour le développement des figures usitées pour 48 cavaliers, partagés en quadrilles; aussi le front^de 4 a-t-il été avec raison réduit à 3 et c'est sur les pivôts de ces rangs, qu'ont été fondées la composition et la décomposition de la majeure partie des mouvements. Le travail exécuté par les hommes et les chevaux

a été d'une variété et d'une justesse des plus remarquables : galop assis, cadencé, changement de direction, arrêt, changement de pied, formatioD, ploiement, déploiementi tout a été fait comme dans le mnnoge le plus renommé.

Les spectateurs venus de toute part, au nombre de ââ,OOÛ, ont surtout accueilli avec enthousiasme les attaques en colonnes, suivies de conversions par rang de six, le déploiement successif en six cercles de deux colonnes, sur un front de trois cavaliers et leur reconstitution, les ailes de moulin, les ailes de moulin brisées, la défense d*un carré mouvant par les tirailleurs, la mêlée, enfin la fantasia arabe.

Les cavaliers du i^' de hussards n*ont rien, sous œ rapport, à envier aux hôtes du désert. Aussi bien qu'eux, ils se dressent, face en arrière, sur leurs étriers, pour ajuster un ennemi qui les poursuit; aussi bien qu'eux, ils lancent et reprennent au galop leurs fusils et enlèvent leurs coursiers par de hardies courbettes; sous le pittoresque costume arabe, ils ne pourraient être distingués do ceux qu'ils sont parvenus à égaler.

Entre les deux reprises de ces évolutions, ont eu lieu trois courses : celle des bagnes, celle des tètes et edie des javelots. L'adresse et la vigueur des concurrents ont été admirables, et il est juste de proclamer leurs noms et les prix dont les a honorés M. le préfet, au nom de la ville de Ntmes :

M. Deles[)aud, maréchal des logis, a gagné une très belle boite de pistolets Devisme ;

M. Quibel, hu^rd de 2* classe, un révolver, dans son étni de campagne ;

M. Malmazet, hussard de classe, une montre en or de Leroy;

Un nécessaire de voyage, en cuir de Russie, a été offert à M. Bérard, hussard de V° classe;

£nfin, M. Pion, hussard de V* classe et M. Sapin, hussard de 2* classe, ont eu chacun une cravache d*honneur.

La coinpositiôn et l«i direction de ce carrousel font le pliw grand honneur au colonel de Mouchcton de Gerhrois et au capitaine-instructeur Zeude. L'excellente musique du régiment, qui a remporte un prix au dernier concours de Nîmes, et sou habile chef, ont re(^u de vifs et justes applaudissements.

Ainsi, la religion chrétienne, en passant par le monde, depuis dix-huit siècles, avait laissé là, comme partout ailleurs, des traces de la civilisation dont elle est la mère ; ces arènes destinées autrefois aux combats des gladiateurs, des hôtes féroces et au supplice de nos martyrs, étaient devenus, sous son influence, tout simplement des cliainps-clos de combats pacifiques et des arènes d'exercice et d'habileté militaire ; c'est un des grands bieniaits du christianisme.

Le colonel, les officiers, la musique et Tescadron d'évolution partent de Nîmes pour Tarascou, au milieu de l'ovation générale des habitants.

4B63. — 20 octobre. Le lieutenant Bellomé, officier d'armement au 1" hussards, est, à l'inspection, désigné d'une manière particulière pour le zèle avec lequel il a rempli ses fonctions.

Même citation et pour le même motif, à l'adresse du chef

armurier Salle.

1863. — 30 octobre. Les emplacements du régiment sont modifiés de la manière suivante :

Etat-major, 2«, 3®, 5® escadrons et dépôt à Tarascon ; escadron à Lunel ; escadron à Montpellier ; 6^ escadron a Marseille*

Année 1864. — fcr^l janvier.

Belles étrenncs du i^*" régiment de hussards aux pauvres de Tarascoa. La parole est au chef de la municipalité de cette ville, en ces termes, qu'il adresse au Moniteur de l'Armée :

« Monsieur,

» M. de Moucheton de Gerbrois, colonel du '1^'' de hussards, » actuellement en garnison à Taraseon, vient de m'envoyer, » pour être distribuée aux pauvres de la ville, la somme de » 250 francs, avec une lettre explicative, dont je vous adresse » ci-joint la copie.

» Vous comprendrez, à la lecture dé cette lettre, les motifs » qui me fout vous en demander la publication. Le premier de » tous, c'est en faisant connaître à l'arDiée un acte généreux » de qnelques-runs de ses membres, de lui faire connaître aussi » la vive gratitude dont cet^c générosité a pénétré la population » Tarascounaise.

» Agréez, etc. •

• Le maire de Taraseon, » Signé : Drujon. »

Suit la lettre adressée à ce maire par le colonel Moucheton de Gerbrois :

« Monsieur le maire,

» L'administration supérieure de Paris-Lyon-Méditerranée » ayant insisté pour me faire accepter une somme de 250 francs, » à titre de gratitude, pour les militaires du 4^ de hussards, » qui ont porté secours à la Compagnie, lors de l'incendie de » Garasou, j*ai Thonneur de vous prier, en leur nom, de vou- » loir bien agréer cette somme pour les bureaux de bienfaisance » de votre ville.

Nous ne saurions en faire un meilleur usage, que de la » destiner au soulagement des pauvres, dans la rigoureuse sai- » son de Tbiver.

» Veuillez agréer, monsieur le maire, l'assurance des sen- » timents, etc.

> Le colonel da l«r bunards,

» Signé : Mouchston de Gerbrois. »

De pareils actes sont aujourd'hui passés à Tordre du jour

de l'armée, ses annales en sont pleines. Quand une armée comme la nôtre sait unir les qualités militaires aux vertus chrétiennes, on doit être doublement fier de l'uniforme.

4864. — 1®' avril. Nouveaux emplacements des escadrons du régiment.-

Etat-major, 4^, 6* escadrons et dépôt à Tarascon ; 2* à Marseille ; 3^ à Montpellier ; 5^ à Lunel.

A cette époque, le i^' de hussards était fort de 860 hommes, dont 400 engagés, et de 676 chevaux arabes.

1864. — 7 avril. Commencement d'une formidable révolte en Algérie.

La colonne de Géryville, composée de 100 tirailleurs indigènes, d'un escadron de spahis et des goums, aux ordres du lieutenant-colonel Beauprétre, est au bivouac, à 5 lieues-est de cette ville.

Le 8, elle est presque anéantie par des forces supérieures ; le colonel est au nombre des morts. La révolte a des ramifications dans une grande partie de l'Afrique française. Le l*^"^ régiment de hussards reçoit l'ordre de former immédiatement ses escadrons de guerre.

S5 avril. — n doit faire partie d*une colonne mobile qui sW ganise et part comme suit :

1" de hussards : étal-major, 3®, 4<^, 5*^ et 6* escadrons de Tarascon pour Toulon, de là dans la province d'Uran ;

42* de ligne : état-major, 4^, 2* et 3« bataillons, de Paris pour Toulon, de là en Algérie, province d*Oran;

82® de ligne : élat-major, 1*^% 2® et 3® bataillons, de Lyon pour même destination.

Le point de ralliement de ces trois régiments est Mostaganem ; leur chef est le général Roze, délaciié à cet effet de la garde impériale.

C'était la deuxième fois que le colonel Moucheton de (jer-

brois ('(nidiiisait son régiment on Afrique. L'idée de combattre à la téte d^ine colonne volante allait parfaitement à nos bus- . sards. Le soldat est ainsi fait qu*il sourit toujours aux occasions, même les plus dangereuses, d'ajouter une nouvelle page de gloire à son livret ou à celui du régiment.

25 mai. — Cette brigade légère, portée par les vaisseaux de rÉtat, a successivement mis le pied sur la terre d'Afriffue.

Les chevaux arabes de nos hussards send)lent honnir de bonbeur, en revoyant la patrie ; les trompettes des anciens Bercheny vont de nouveau réjouir le désert et faire trembler l'ennemi ; c'est leur bonne coutume à toujours.

La colonne réunie à Mostaganem, avec 3 pièces d'artillerie, le général Roze en prend le commandement et se met en marche.

4®' juin. — Elle part pour Relizane, on se portant au cœur de la tribu des Flittas insurgée, pour la punir. Nos moyens d'action sont si puissants que la tribu promptemeni châtiée

remet ses armes, donne ses otages et proteste de sa âdélité future.

La brigade occupe, pendant près d'un mois, le territoire des Flittas, pour assurer la soumission.

juillet. — Le 4» régiment de hussards évacue le terrain et prend garnison à Tlemccn. Les 4 escadrons et l'étal-major y sont au complet et de ce centre rayonnent, au besoin, dans tous les sens de la circonférence.

22 juillet. — Le transport lM?v/r(7ic, commandé par M. Mer, capitaine de frégate, embarque les 4^% escadrons et dépôt du régiment, pour rejoindre la partie principale du corps, à Tlemccn. Cet efloclif conij)i"('n(i -2 ofïiciers supérieurs, i4 ollîciers et 219 hommes de troupes. L'un de ces officiers supérieurs est le major Andrieu et l'autre le commandant marquis de Gallifet, officier d'ordonnance de l'empereur, arrivant dn Mexique d'abord, puis d6 Vichy, où il avait remis à Sa Majesté les drapeaux pris au Mexique même, par l'armée française. Sa nomination de chef d'escadron au de hussards est datée de Yichv, le 23 juillet, même année. îSous rappelons ici, connue histoire comparée, qu'il était entré au régiment en 4848, comme engagé volontaire.

4864. — 12 août. Notre lieutenant-colonel, M. de Monlarhy, est nommé colonel du 3^ de chasseurs d'Afrique, en remplacement du colonel Margueritte, qui passe au 4^ de cette dernière arme.

Môme date. — Est promu lieutenant-colonel du corps, le chef d'escadron L'Hotte, écuyer en chef à l'école impériale de cavalerie, et en remplacement de cet officier supérieur, qui est

maintenu dans ses fonctions, avec son nouveau grade, le commandant Uouher, sortant des guides de la garde.

20 décembre. — Par décret en date de ce jour, l'empereur donne les étoiles de général de brigade à M. Mouchcton do ■Gerbrois, colonel du l***" régiment de hussards,

Le colonel de Juniac de Bégoogne les avait depuis le 4 S août précédent.

Par le même décret, est désifoié pour commander le régimeat, le lieuteuant-colouel Guépratte» attaché à la première circonscription de remonte; et, en place de celui-ci, conservé aussi dans son poste et mis hors cadres, M. de La Jaille, lieutenant-colonel du 3^ de chasseurs d'Afrique ; vingt-cinq ans de service, onze campagnes; chevalier de la Légion d'honneur du 28 décembre 4854.

4864. — Enfin, le 26 décembre, le capitaine adjudantmajor Delmont Reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur; vingt ans de service, cinq campagnes ; et les maréchaux des logis Borda et Marfaing la médaille militaire.

C'était bien finir Tannée 4864 en ce qui concerne le régiment de hussards et inaugurer, par d'excellentes étrennes, Tannée qui suivait.

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