ORDRE IMPÉRIAL DE LA LÉGION D*U0NN£UR
Chevaliers: *
MM. de Lignières, chef d'escadron, vingt-quatre ans de service, trois campagnes ; Vienne, capitaine, vingt ans de service, trois campagnes ;
Arnoult, lieutenant, dix-neuf ans de service, deux campagnes.
Médaillés :
MM. Roussel et Claoué, maréchaux des logis chefs ;
Delpech, maréchal des logis ;
Dauquigny, Chissant, Corrct, brigadiers;
Sapin, Dornier (une blessure), hussards.
Le décret est du 24 juin 4865; ce même décret nommai
cominandear de la Légion d'honneur le colonel Abdélal» du 4^ spahis, notre ancien lieutenant-colonel de 4858 ; officier do 95 janvier 4855; trente-quatre ana de service, vingt-sept campagnes.
4865. — 4®' août. Par décision ministérieile de ce jour, le major du 44* régiment de chasseurs permute avec le chef d'escadron Ricard, du \^ hussards. Ce major est M. de Sérévillo (Louis-Frédéric-Gombaud), que nous allons voir bientôt figurer avec honneur dans nos rangs.
4 865. — 29 août. Par décision ministérielle de ce jour, le général de Moucheton de Gerbrois , ancien colonel du 1 de hussards, est, au sortir du camp de Ghâlons, où il commandait une brigade, nommé à la 2* brigade de la division de cavalerie de Farméc de Lyon (4^ corps), en remplacement de M. Law de Lauriston, qui reçoit une autre destination.
Le général Simon de la Mortière , notre ancien lieutenantcolonel, conunande la et le général comte de Champeronesl à la téte de la division, ayant appartenu lui-même au régiment, comme chef d'escadron.
1865. — novembre. Vu le ralentissement et réloif,niement de la révolte, le régiment de hussards laisse TJemcen et ses autres cantonnements. Il fait mouvement sur Mostaganem et vient y prendre ses quartiers d'hiver. Ses escadrons rayonnent de là dans l'intérieur, à tour de rôle et suivant les exigences du service. Le dépôt accompagne les six escadrons dans leur nouvelle garnison.
4866. — \ janvier. Le régiment entier à Mostaganem. 4866. — 12 mars. A propos de la fête du prince impérial el
par décret de ce jour, l'empereur, sur la proposition du ministre de la guerre, nomme dans TOrdre de la Légion d*honneur, les otliciers du 1 régiment de hussards, ci-dé^igués :
Au grade d' officier :
Le colonel de La Jdille, chevalier du 28 décembre 1854; vingt-cinq ans de service, onze campagnes.
Au grade de chevalier :
Le capitaine Girard, dix-sept ans de seiViee, six campagnes; Le capitaine de Bonnevai, quinze ans de service, deux campagnes, traits de guerre.
Sont médaillés:
Le brigadier Loriant, le hussard Devillc.
Le régiment n'avait pas encore eu le temps d'inscrire sur ses archives ces nouveaux titres de gloire, qu'il faUut marcher en avant.
Sidi-Ahmed-ben-IIaniza s'était remis en campagne avec cinq cents chevaux et mille fantassins ; ce contingent était renforcé d'une autre tribu arabe et de deux tribus marocaines.
Un escadron du régiment est déjà en avant-garde ; ses otlicîers sont : le conunandant de Sérévilie, les capitaines de Joybert et Dauvergne, le lieutenant La Rocfue et le sous-lieutenant Pépin; il fait partie de la colonne volante du colonel de Colomb.
42 mars. — Celui-ci est à Géry ville; il doit protéger un convoi venant de Saîda, escorté par un bataillon du 87* de ligne et un escadron du 2® chasseurs d'Afrique.
1 3 mars. — Le colonel envoie à sa rencontre deux compagnies de zouaves.
44 mars. — D part lui-même de Géryvîlle, avec six compagnies de zouaves et l'escadron du hussards. A huit heures du soir, il arrive au campement arabe, qu'il trouve évacué. Pendant la nuit du 14, il rallie son convoi.
15 mars. — Il laisse son convoi sous la garde des six compa-
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giiles de zouavos raccompagnaient, reprend les deux autres, le iiataîMoQ du 87®, les deux escadrons de cavalerie, une section d*arti!lerie et se porte, à marches forcées, sur les traces de
l'ennemi.
46 mars. — A 8 heures du matin, le colonel de Colomb apprend que Sidi-ben-Hamza vient d'enlever un douar appartenant à nos alliés ; il court se poster à Ben-Athab, pour lui couper la retraite. A neuf heures , Tennemi se présente sur sa droite. Sans s*inqniéter de nos tirailleurs, les cavaliers de Ben- Hamza se jettent au galop de leurs chevaux, jusque dans nos lignes. Les fantassins marocains .les suivent au pas de course. La mêlée devient afiîreuse ; on se bat corps à corps, mais la baïonnette française est là; on sait, depuis des siècles, que rien ne lui résiste. D'autre part, la charge sonne, l'escadron du 4®'^ hussards et celui du chasseurs d'Afrique se précipitent sur Tennemi et le poussent à outrance ; les pieds de nos chevaux semblent cille urer la terre. Les cavaliers ennemis, deux fpis plus nombreux que les nôtres, s'arrêtent, résistent, parent nos coups et en portent de terribles. Les sabres volent en éclat, le sang coule de toute part ; les iruerriers mordent la poussière, rimpitoyable mort frappe indistinctement et les Français et les Arabes ; tout semble confondu, jusqu'à ce que débordé et serré de tous les côtés, l'ennemi tourne bride et prend la fuite en désordre. JSos hussards et nos chasseurs le poursuivent pendant trois heures, font vingt prisonniers, dont un cheik et quatre chefs inférieurs ; le nombre de ses morts est de cinquante hommes, dont six iicrsonnages importants des Ouled-Ziad et des Trafi ; il a plus de cent blessés.
De notre côté, les pertes que nous subissons dénotent h chaleurde l'action. Vingt-deux tués, dont le sous-lieutenant Pépin, du hussards; quarante et un blessés, dont quatre officiers :
MM. de SérévUle, chef d'escadron, de Joybert, capitaine au 4^ hnssards, de Garaman, sous^lieatenant an 2* chasseurs
d'Afrique, et Suquet, médecin au 87^ de ligne.
Glorieux, mais trop sanglant ahniversaire.de la naissance du prince impérial ! Le commandant de Séréville eut le moU^ gauche traversé d'une balle et un coup de sabre à la nuque ; le capitaine de Joybert reçut, dans Taine une balle qui a également traversé la cuisse ; plusieurs autres hussards furent blessés (1).
17 mars. — La colonne rentre à Géryville, où elle est reçue triomphalement par mille huit cents cavaliers de nos goums. Elle prend trois jours de repos, se compte, se refait un peu et sans trop pouvoir combler ses vides, se remet lestement en mouvement.
L'escadron du . 4^ hussards reste au commandement du
lieutenant La U()([ue, seul officier \alide; le commandant de Séréville et le capitaine de Joybert entrent à rhôpital ; le souslieutenant Pépin n*existe plus.
21 mars. — La colonne sort de Géryville et reprend la route du désert.
26 mars. — Elle est ralliée à Nama, par des goums nombreux.
34 mars. — Par une marche rapide qui échappe à Sidi-ben- Hamza, le colonel de Colomb surprend les campements de Sidi* ben-Tayeb à Menaouarat, près d*Eibnig. Douze douars sont atteints, cinq des Ouled-sidi-Brahim, sept des Ouled-sidi-Hamed; douze cents chameaux, trois mille moutons et toutes les tentes tombent en notre pouvoir. L*ennemi laisse vingt-sept hommes sur le terrain, parmi lesquels sont plusieurs chefs. — Nous avons quatre cavaliers tués.
(I) Lettre d*un capitaine du i*^ iiussards, adressée à l'auteur.
Le culanel do Colomb s'attaclie aux traces de Sidi-ben-Haïuza, qui fuit de vaut lui comme une ombre. Impossible de Tatteindre; treize dooars compromis nous arrivent, en implorant Taman ; tout plie devant les forces françaises.
4" et 2 avril. — La colonne est aux environs de Figuig. Là, le campement est établi : des détachements sont lancés dans tontes les directions, à la recherche des fnyards.
\'Z avril. — Le colonel a connaissance qu'une émigration très considérable, dont une partie avait laissé Figuig à son arrivée, est en pleine retraite sur Magar.
13 avril. — Cet officier supérieur laisse son camp aux ordres du commandant de La Ville-Hervé, du 2^ de zouaves, et se porte, avec une colonne légère et les goums, vers le point indiqué.
14 avril. — Après avoir marché tout le jour et toute la nuit, on atteint i émigration, à qui on enlève douze douars, deux mille cinq cen)s chameaux, vingt mille moutons, chevaux, tentes et bagages ; on leur tue un grand nombre d'hommes ; nos goums n'ont qu'un tué et trois blessés. Los fractions qui adhèrent encore à Sidi-ben-Hamza, sont désorganisées et dispersées dans le Sud.
Ces coups multipliés tenniiioiit pour le moment la campagne.
La colonne revient à Uéry viiie et prend ses quartiers d'été ; car, en Afrique, on prend ses quartiers d*été, plus encore que SOS quartiers d'hiver. Dans cette saison, la retraite sonne à dix heures du matin et la diane à quatre heures du soir. C'est a peu près Tinverse en France. Le monde est rempli de tant d'inversions physiques et morales.
4866. — 8 mai. Le lieutenanl-culonel du Bessey de Contenson, du régiment de hussards, est nommé conunandant supérieur du cercle de Saïda.
iO juin. — Les récompenses de la campagne précédente ne
se firent pas attendre. Par décret dudit jour, sur la propositiott
de Son Excellence le mardchal ministre de la guerre, la croix de chevalier de la Légion d'honneur fut décernée :
4^ régiment de hussards : au capitaine Dauvergne, dixsept ans de service, six campagnes; au lieutenant de La Roque, treize an^de service, six campagnes, une blessure; signalé pour sa belle conduite au combat de Ben-Athab ;
2® régiment de chasseurs d'Afriijue : au sous-lieutenant de Garaman, deux ans de service, une campagne, une blessure ; cité, pour sa valeur; au même combat ;
87* de ligne : au médecin aide-major Suquet, classe de son grade, onze ans de service, sept campagnes, deux blessures.
La médaille militaire le fut : au maréchal des logis Gay, une blessure ; aux hussards Vaussué, Girard et Baslien, chacun une blessure, tons ceux-ci de chez nous.
L'avancement fut réservé pour la fôte do l'empereur ; en conséquence :
4866. — 42 août. Par décret de ce jour, et sur ta proposition
du ministre de la guerre, furent nommés :
4^ r^iment de hussards : le chef d'escadron Gombaud de Séréville, lieutenant-colonel au 6^ cuirassiers ;
Le capitaine de Joybert, chef d'escadron au régiment ;
Le lieutenant Leieu, capitaine, en remplacement de H. Germain, capitaine au corps, mais passé dans Tétat-major des places, comme adjudant de 4'^ classe, à Lyon ;
Le Ueutenant de La Roque, capitaine, en remplacement de
M. Dauvergne, nomme adjudaiit-major ;
Le sous-lieatenant ïhomassin, lieutenant, en remplacement de M. de La Roque, nonuné capitaine ;
Ëniîn, le maréchal des logis Boanet, sous>Ueutenanl au r^iment, passé depuis an 7* de Tarme.
Ainsi, nous conservions tous nos ofliciers, excepté le commandaut de Séréville, qui ne tardera pas à nous rejoindre, comme nous i'alions voir bientôt.
Le lieutenant Belluiné fut aussi nommé chevalier de la Légion d'honneur, et le musicien Groté eut la médaille militaire.
45 ao«h. — Le capitaine de Varaigne da Bourg commande
le escadron du 1^'' hussards, au heu et place du capitaine de Joybert, promu.
45 octobre. — Le sous-lieutenant Salats, du régiment, sort n® 4*^ de la division des sous-lie u tenants d'instruction de récoie de cavalerie de Saumur.
45 novembre. — Une permutation est ordonnée entre MM. les heutenants-colonels du Bcsscy de Contenson, du 4*^' hussards, et Grombaud dé Séréville, du cuirassiers. En conséquence, cet officier supérieur nous retourne avec son grade de heutenant-colonel. Il pourra de nouveau contempler ses dignes hussards de Ben-Athab, qu'il avait si bien conduits à la victoire.
Le sous-lieutenant Bizot demeure détaché à Saumur, comme porte-étendard de Técoie de cavalerie.
1'^'' novembre. — Le 1**'" régiment de hussards est toujours et partout d'av^int-garde, quand il s'agit du devoir d'homme et du devoir de soldat. La patrie lui laisse-t-elle un intervalle de légitime repos, il l'emploie au soulagement de l'humanité souffrante. Ën voici une preuve de plus, il passe ce mois à préparer les étrennes du premier de Tan prochain ; pour qui l... pour les inondés de France.
43 décembre. — Il les gagne, ces étrenn^, en donnant une
représentation théâtrale» qui lui fournit 884 francs. Voici le narré du fait :
Le digne colonel de La Jaille avait pris l'initiative de tout, et c'est grâce à ses soins et à la manière intelligente dont il a été secondé par ses officiers, et ses hussards, que son œnvre a été couronnée du plus beau succès. Toute la population de Mosta^ ganein avait voulu prendre part à cette réjouissance. ' ' L'entrée et le théâtre étaient habilement pavoisés de drapeaux et de trophées d'armes; les honneurs en étaient faits par les officiers, avec toute la grâce qui les distinguent.
Les deux pièces : le Tmur de Lion et la Tour de Nesle ont été jonées avec beaucoup d'entrain et de verve. L'excellente musique du régiment a exécuté, avec un talent remarquable, la Traviata et les Huguenots ; de son côté, la Société chorale a parfaitement chanté la SaintrUuJbertr Enfants de Paris et le Favori de la Favorite.
Une deuxième représentation a eu lieu, dans le mois suivant, avec les mêmes applaudissements.
Et ce sera une des gloires du colonel de La Jaille, d'avoir si bien su unir ensemble la feuille de chêne et la feuille de laurier ; on reconnaît là les hussards français ^ du reste, c'est de tradition dans l'armée.
20 décembre. — M. Andrieu, major du hussards, passe au commandement du dépôt de recrutement du Finistère (emploi de 4'^ classe).
SIS! décembre. — Le maréchal des logis Wihmel reçoit pour étrennes la croix d'honneur, et le hussard Bailleul la médaille militaire.
26 décembre. — Mort du général de brigade de Vemon,
ancien sous-lieutenant au régiment. Comme ce général avait débuté par être officier chez nous, il s'en suit que sa biographie
a sa place ici et c'est un grand honneur pour le \" hussards, que de la faire connaître.
Paul-Edouard Damiguet de Yeroon naquit à Clobars-Fouesnant (Finistère), le 6 février 1810.
D'abord élève de marine en 4827 et 1828; nommé souslieutenant en 4834, incorporé au régiment de hussards, avec léquel il fit la campagne de Belgique, en 4834 et 4832;
Passé au 3® chasseurs d'Afrique, en 1833 ; lieutenant et deux citations, en 4835 ; campagne de Gonstantine, en 4 836 et 4 837; chevalier de la Légion d'honneur et capitaine au 4* chasseurs d'Afrique, en 1839; quatre citations pour faits de guerre, 1840, 1841 , 1842, 1843; proposé cinq fois, pour chef d'escadron, de 4844 à 4846 ; chef d'escadron au 4^ spahis, en 4846 ;
En 4848, se trouvant en congé à Paris, il combattit comme volontaire et fut blessé ; lieutenant-colonel dans la garde répuhUcaine, quelques jours après;
* Chef de la 2* légion de gendarmerie, en 4849; lieutenant-colonel, chef de la légion d'Afrique, en 1850;
Colonel de l'arme et ofhcier de la Légion d'honneur, en 4854 ; grand-prévôt à l'armée d'Orient, en 4855 et 4856; décoré du Medjidié de Turquie, du Bain d'Angleterre et de la Valeur militaire de Sardaigne.
Successivement commandant la 24^ et la 9^ légion de gendarmerie, en 4859 ; grnnd-prévôt à l'armée d'Italie et commandeur de la Légion d'honneur à Solférino, en 4859 ;
Général de brigade, en janvier 4860 ; commandant une brigade de cavalerie en Lombardie, puis au camp de Châlons, où se trouvait, cette môme année, son ancien régiment, le l^*" hussards; la subdivision de Saône-et-Loire, jusqu'en 4864 ; celle des Côtes-du-Nord et de k Haute-Saône, en 4 865 et 4 866 ; c'est dans ce dernier commandement qu'il est mort le 26 décembre
4866, emportant tous les regrets de ceux qui l*ont connu.
4867. — 4^ janvier. Le 4^ régiment de hussards commençait, en Afrique, une année qu'il no devait pas y voir finir. Ses trois années r^lementaircs de campagne se terminaient en mars, pour 4 escadrons, et en juin pour les deux autres. Je fus informé de la probabilité de son retour vers le mois de juin de celle année 4867, par lettre émanée d'un capilaine du régiment, sous la date du S4 décembre 4866.
Mais la nouvelle formation du 4* chasseurs d'Afrique, qui devait nous remplacer à Moslaganeui, vint hâler notre rappel en France.
Mostaganem avait été en effet, de tout temps, pendant sa
première existence, la garnison otîicielle de ce corps ; rendu de nouveau ù la vie, il la revendiquait de droit. En conséquence, le 4®' hussards n'avait plus qu'à rallier ses escadrons et à faire ses préparatifs de départ.
6 février. — Formation du 4*- chasseurs d'Afrique, par décret impérial dudit jour. Le colonel Dubois de Nansouty, du 8* lanciers, est mis à sa tête. «— Le chef d'escadron 6ay de Vernon, du 2*" chasseurs de France, ancien ollicier au i^^ hussards, y rentre avec son grade (4).
42 février. — On annonce la mort à Paris, du général Morin (Petrus-Victor). Au témoignage d'un général de division qui l'avait eu sous ses ordres, c'était un parfait oflicier de cavalerie. Il appartient au 4®' régiment de hussards, en ce sens qu'il y avait été capitaine-instructeur de 48i7 a 4840 et qu'en cette qualité il avait fait, dans ses rangs, la campagne de Belgique. Il avait été, depuis, colonel du 9® hussards. J'établirai sa biographie à l'histoire de ce régiment, à laquelle elle va de droit.
(1) M. de Vernon est Técrivaio militaire, aateur de Tbistorique Uudit régiment, qae J'ai cité page 8.
mars. — Le iiiaréclial Niei ayaut reçu le portefeuille de la guerre, le. général de di vision comte de Goyon, aide de camp de Temperenr, sénateur, ancien colonel du 3* dragons, ancien major au l^"" hussards do IS39 à 1844, remplace ce ministre dans Je commandement du G"* corps d'armée, à Toulouse.
6 mars. — Le maréchal des logis Destouches, maître sellier, est décoré de la médaille militaire.
4 { mars. — Cette date nous donne un nouveau major dans la personne de M. Gihert, sortant, comme capitaine, du 4* hussards, emploi vacant par la nomination du major Andrieu, cidessus iudi«[uée.
46 mars. — Le capitaine de Varaigne du Bourg permute avec le capitaine Giquet de Pressac, des chasseurs de la garde, ol vient rejoindre, dans ce rcginient, le commandant Charreyron, qui avait été longtemps aussi capitaine au i^** hussards.
25 mars. — Le départ du régiment est annoncé de Mostaganem pour Fr;iiu'e; les colonnes doivent prendre la mer du au 45 avril, débarquer à Port-Vendres et se rendre àAuch, pour y tenir garnison.
Le 4^' régiment de hussards terminait là sa seconde campaj^nie d'Afri(|Lie. Là aussi Unit la longue campagne que ma plume et surtout mon cœur avaient entreprise, pour son histoire depuis le commencement de son existence comme escadrons en 1689, et depuis son existence comme régiment en . 4720, jusqu'à nos jours.
J'ai dit que le 4^ régiment de hussards avait toujours, pendant cette longue carrière, pratiqué les vertus militaires qui sont l'abnégation, le dévouement, le sacrifice; je l'ai prouvé par des témoignages nombreux, incontestables.
Dans cette dernière expédition d'Afrique, les mêmes témoignages lui ont été rendus par :
Le général Rose, insurrection des Flittas ; Le général Deligny, colonnes dn sad ;
Le général Legrand, colonnes d'hiver, sur les frontières du
Maroc.
C'est le bouquet d*adieu offert au 4^ régiment de hussards
par ses illustres chefs, et, pour terminer de si nohies pages, le maréchal de Mac-Mahou, gouverneur général do TAIgérie, vient, en résumant ses gloires, d'y ajouter la plus belle palme,
dans l'ordre du jour suivant :
An quariier-général, à Alger, le i^r avril 1867.
« Les 77«, 82^, 83* de ligne et le 1^ hussards rentrent à
» l'intérieur.
» Venus en Algérie dans des circonstances difficiles, ces ré- » giments ont noblement accompli leur tâche sur la terre d*A-
» friqiie et rendu des services, que je me plais à rappeler par la » voix de l'ordre général.
» Le 77* a pris une part considérable à toutes les opérations » de guerre dirigées contre les insurgés, pendant la période de » 4864 à 4866. Au comhat d'Aïn-MalakoU, il contribuait puis- » samment au succès de la journée.
» A peine débarqué dans la province d*Oran en 4864, le 82* » infligeait de rudes leçons aux Flittas révoltés et livrait de » glorieux combats autour de la redoute de Dar-ben-Abdallah, » confiée à sa garde. Les expéditions de 4864 sur notre fron- » tière de la Tunisie, colle de 4864 et 1865 dans la Kab\lie » orientale, ont ajouté de belles pages à l'historique miUtaire du » 83* de ligne.
» Le 4*' de hussards peut inscrire avec orgueil sur ses états » de services, le combat de Garat-Sidi-Chirck, où fut tué le » marabout Si-Mohammed-HamZyetceluideBen-Atliab, où nos
» hardis cavaliers repoussaicDt, par une charge hrillante, un » ennemi bien supérieur en nombre.
» Soldats des 77*, 82*, 83* et du 4 de hussards, sur les » champs de hataille, comme dans les marches, comme dans » toutes les épreuves que la guerre impose, vous avez déployé » les plus solides qualités militaires. Soyez fiers de votre passé » et n'oublioz pas, à l'heure du danger, que vos régiments ont » une belle réputation à soutenir.
» Je suis sûr que la France et Tempereur pourront toujours » compter sur votre dévouement.
» Le gouverneur général de l'Algérie,
» Maréchal De jVIàc-Mahon, » Ddc de Magenta; »
Je n*ai pas voulu, dans cet ordre du jour, séparer le 4*^
hussards des régiments de ligne, 1® parce que nos soldats doivent demeurer inséparables dans leur gloire ; parce que j'en avais fait la promesse au commencement de cette histoire et que je la tiens ; parce que, dans le cours de ma vie, je me suis trouvé en contact avec ces trois régiments et qu'en particulier j'ai dit, le dimanche i8 août 4864, au 82^ de ligne et à la division où il se trouvait au camp de Sathonay, la dernière messe qu'il y ait entendue, alors qu'il allait rejoindre, en Afrique, le hussards.
Ceci posé, une lettre que nous devons à l'obligeance d'un capitaine du régiment, va nous donner les détails de son mouvement sur France.
Le hussards a laissé Mostaganem sur trois colonnes, du l*'au4ôavriH867;
La 1 colonne, 1 et 2® escadrons, commandant de Verninac, le 6 avrd ;
La ^ colonne, 3* et 4^ escadrons et mosiqae, colonel de La
Jaiile, le 8 ;
La 3^ colonne, 5® et 6*' escadrons, lieutenant-colonel de Séré- ^lle, le U;
Les 1*^'" et 2^ escadrons ont fait la traversée sur le Calvados; Les 3^ et 4^ sur le Far, qui est retourné à Oran prendre les ' «• et 6«.
Nous avons laissé une centaine de chevaux et quelques iiommes au 4*^ chasseurs d'Afrique.
Oe Port-Yendres à Aueh, par Toulouse, il y a quinze étapes, que le régiment a lestement franchies, pour arriver au chef-lieu de sa garuison, où les habitants l'uut re(;u avec enthousiasme et lui promettent des jours heureux et les douceurs d'un repos bien gagné. (Lettre du 25 mai 4867, signée Dblmont, capitaine adjudant-major.)
C'est là que le 4^ hussards va se refaire de ses fatigues en attendant de nouveaux lauriers à cueillir. C'est là que Fauteur de son histoire espère avoir l'honneur de le revoir et de lui en présenter les fastes, prêt, s'il le faut, à l'accompagner dans de nouveaux combats et à mourir dans ses rangs pour la religion et la patrie. Car, je le répète en finissant, les devoirs du prêtre et du soldat sont toujours les mêmes :
▲bn£gation, dévouement, sacrifice.
La pratique de ces vertus fait toute la valeur de l'un cl de l'autre et élève leurs facultés à Tapogée de leur puissance.
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