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CONSEIL GÉNÉRAL DU DISTRICT

fut en effet remplacé aii mois de juin par l'ingénieur Lamarle, mais, sur le refus de ce dernier (1), il continua d'exercer ses fonctions à Troyes, pendant plusieurs années encore.

A l'exception de ces différends avec l'ingénieur en chef, de laf destitution des employés suspects, et de quelques déclamations, inspirées surtout par la vente des biens nationaux, le conseil général de 1792 resta en dehors des passions violentes de l'époque. Il se consacra à l'étude des questions administratives avec autant de zèle, de régularité et d'aptitude que ses devanciers. Ce fut la dernière application d'une institution excellente de 1790, qui avait été inspirée par les assemblées provinciales, et qui fut à la fois l'essai et le modèle de nos conseils généraux actuels.

La session du conseil général du district de Troyes dura sept jours, du 4 au 11 janvier 1793. Quelques-uns de ses membres avaient été aussi renouvelés par l'élection. Deux des plus influents, le docteur Collet et Paupe, étaient morts. Le directoire fut composé de Brocard, qui resta président, de Labouret, d'Antoine et de Sutil, ancien commissaire du roi près le tribunal criminel de l'Aube (2). François Loyez, ancien membre du directoire, fut élu procureur-syndic.

(1) LeUres du ministre Garât, des 27 juin et 26 août 1793. Arch. de TAube, L. 1435.

(2) Le Conseil était composé en outre de : Lasneret, Chanssin, Vernier, Gervais, Adnot, Genevois, Lacroix et Gérard. L'Assemblée électorale du district se tint du 18 au 23 novembre 1792. Le nombre des votants était de 85. Labouret eut 49 voix: les autres moins de 35. L'Assemblée nommt aussi le directeur de la poste aux lettres; l'oflicier municipal Ventrillon ftit élu. Arch. de TAube, L. 1595.

On organisa, vers la même époque, le service de rétat-civil, décrété par l'Assemblée législative, avant de se séparer. Le clergé n'avait plus désormais le privilège d'enregistrer les naissances, les mariages et les décès. Quatre officiers publics furent chargés par le conseil général de la commune de Troyes de recevoir les déclarations des citoyens et de les inscrire. L'un de ces officiers fut le vicaire-épiscopal Bramand; les autres étaient trois négociants : Dussaussay-Rabiat, Âdam-Poulet et Bertrand-Brajeux (1).

Les élections municipales, qui eurent lieu dans les premiers jours de décembre, furent plus laborieuses que les élections administratives et judiciaires. Lalobe préférait les fonctions d'administrateur à celles de maire. C'était à qui chercherait à se dérober au dangereux honneur de le remplacer. Le 2 décembre, Bertrand-Brajeux fut élu maire par 387 voix sur 700 ; il refusa le mandat qui lui était confié, en alléguant des motifs d'intérêts. Le 3, nouveau scrutin, à la suite duquel il y eut bail otage entre Tezenas-Delaporte et Zacharie Jacquet. Tezenas l'emporta de quelques voix ; mais, comme Bertrand-Brajeux, il n'accepta pas. Enfin, le 5, Jacquet ayant réuni 400 voix sur 555, se rendit aux vœux de ses concitoyens (2). Les élec-

(1) Journal du département du 31 octobre. Il reproduit en entier la loi du 20 septembre. Le pouvoir exécutif dut rappeler plus tard les prêtres à l'observation de la nouvelle loi. Proclamation du 30 mars 1793. Voir Discours du citoyen Lejeune.,. à ses paroissiens, sur l'exécution de la loi qui détermine le mode de constater Vétat-civil des citoyens. Troyes, 1792, in-8» de 10 p.

(2) Scrutin du 2 décembre 1792 : Bertrand-Brajeux, 387 ; Jacquet, 89 ; Déan l'aîné, 53; Mignot, 34; Corps Dessain, 8; etc.

tions des officiers municipaux et des notables ne furent pas moins longues ; elles durèrent du 6 au 1 1 décembre. Au premier tour de scrutin, aucun des candidats ne réunit la majorité absolue, de sorte qu'il fallut procéder à de nouvelles opérations électorales. Le nombre des votants était peu considérable; celui des candidats Tétait davantage. Dans la section de Saint-Nicolas, 36 votants sur 443 électeurs inscrits portèrent leurs voix sur 295 candidats (1). C'était un symptôme saisissant de l'anarchie qui existait dans les esprits, et de la difficulté qu'éprouvaient les citoyens à se grouper et à s'entendre.

Parmi les officiers municipaux élus se trouvaient deux professeurs. Bouille et Goujon, trois bonnetiers, sept négociants ou fabricants, parmi lesquels étaient Tézenas et Mignot, un bourgeois et le chirurgien Bergerat (2). Truelle-Sourdat fut nommé procureur de la commune, et Bourgoin, substitut.

Avant d'être installé, le nouveau maire rendit hommage à l'influence de la Société des Amis de la Constitution, en réclamant d'elle « l'honneur d'être inscrit parmi ses membres. » Il fit valoir que « de-

3 décembre : Votants, 5t7. Jacquet, 248; Tézenas, 61f; Savin, 28; Mignot, 26; Galvi, 36; Duchatel-Berthélin, 14;'— Point de résultat.

4 décembre : Votants, 608. — Tézenas, 303; Jacquet, 300.

5 décembre : Votants, 555. Jacquet, 400; Calvi, 89; Savin, 20; Mignot, 3. — Arch. de Troyes. — Simon Calvi, qui réunit 89 voix dans ce dernier scrutin, était un ancien trésorier de France à Dijon, qui était venu habiter Troyes vers 1791.

(1) Dans la seconde section, 90 votants portèrent leurs voix sur 235 candidats. Le nombre des abstentions est partout considérable. Arch. de Troyes.

(2) Ils furent nommés dans l'ordre suivant : Mignot, Bouille, Dallemagne, Gueuin, Lièvre, Laurans-Chatel, Phillebert, Déan père, Lefebvre- Dalichamp, Cauchy, Dussaussay-Rabiat , Bergerat fils, Tézenas et Goujon.

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