ÉTAT DES ROUTES
du conseil général. « Les chemins sont affreux, disait-il ; jamais on ne les vit plus mauvais ; l'état de dégradation où ils se trouvent est tel, que le transport des denrées et des marchandises peut être entravé au premier instant; que les courriers et les voyageurs sont retardés; que les convois militaires n'arrivent qu'à grands frais et diflScilement; qu'enfin le service de la République est à la veille d'être suspendu, et les communications interrompues. » On attribuait cette situation déplorable à des pluies abondantes, à la suspension des travaux d'entretien, au manque de bras, aux fréquents passages des troupes et des convois militaires (1). A la fin de septembre, Hion avait dû requérir les cultivateurs et les chevaux des environs d'Arcis pour leur faire réparer d'urgence la route de Châlons (2). Le conseil général s'efforça d'apporter à ce service, par une réforme du système d'adjudication et d'entretien des routes, les améliorations indispensables ; mais il eut le tort de vouloir maintenir la réduction du nombre des ingénieurs et des conducteurs, et d'assujétir les tournées des premiers au contrôle des municipalités rurales. Il en résulta de vives observations de la part de l'ingénieur en chef Montrocher, homme de talent et d'esprit, qui avait été l'antagoniste littéraire de Grosley, et qui avait publié plusieurs écrits satyriques (3). Le conseil, irrité de sa résistance, demanda sa destitution au ministère. Montrocher
(1) Procès-verbal.,., pp. 216 et 224.
(2) 26 septembre 1792. Arch. de l'Aube, K. 1.
(3) Entre autres les Ramponides. — Voir Mémoires sur les Troyens célèbres, II, p. 208.