‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 126 sur 351 · ROUSSELIN A LA COMMUNE · texte numérisé non relu

ROUSSELIN A LA COMMUNE

mission (1). Le procès-verbal de la sixième section fut au contraire approuvé à l'unanimité, malgré les conclusions du procureur de la commune, malgré la présence de Rousselin.

On publiait à la même heure, sur les places publiques, la proclamation de Gâchez. La sixième section fait arrêter le trompette qui en donnait lecture; il est conduit à la maison commune (2). La seconde section défère la proclamation au conseil général. Elle lui demanda s'il la connaît et s'il l'approuve. Rousselin, interpellé, déclare que le matin même il s'est expliqué sur ce manifeste, qu'il s'en est avoué l'auteur, et que s'il ne l'a pas signé, il le fait de vive voix ; aussi compte-t-il sur l'approbation du conseil. Il espère ainsi l'intimider et le réduire à la soumission. Mais les députés des sections et les assistants sont indignés ; on a peine à faire taire leurs murmures. Un membre du conseil propose de mettre la question aux voix; on procède au vote par appel nominal, et à l'unanimité des membres présents, la proclamation, faite au nom de la municipalité, et à son insu, est désapprouvée.

Cet acte de courage civil augmente la confiance des sections, qui toutes ont adhéré aux délibérations de la sixième. La population troyenne, qui a supporté longtemps le joug de Rousselin et de ses amis, reprend possession d'elle-même; elle le fait au nom des principes d'honnêteté et de liberté.

(1) C'étaient ces mots : Prendre les mesures de salut public dans les lieux adjacents. Arch. de Troyes. On constata que ces pouvoirs, quoique portant la date du 21 brumaire, n'avaient été visés au département que le !•' nivôse.

(2) Rapport de Rousselin, p. 39.

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