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PROCÈS DE LOUIS XVI

Convention pendant le procès, fut réimprimé à Troyes (1). Le Journal du Département reproduisit l'acte d'accusation, l'interrogatoire, le jugement et le testament de Louis XVI, ainsi que le plaidoyer deDesèze. C'était montrer de quel côté se portaient les sympathies réelles des habitants. Aucune démonstration sérieuse cependant ne paraît avoir eu lieu. Des distributions clandestines de brochures furent signalées dans le courant de janvier; mais, si la majorité des royalistes de Troyes se contenta de former des vœux silencieux pour le salut de Louis XVI, deux d'entre eux eurent l'insigne honneur de s'efforcer de le sauver. Ce furent Guélon- Marc et Sourdat.

Pierre-Prosper Guélon-Marc, né à Troyes en 1752, appartenait à une famille janséniste de la ville (2). Frère d'Augustin Guélon, c'était un honorable négociant, dont les sentiments royalistes étaient inébranlables. Ainsi que le notaire Guyot, il s'était fait inscrire, en août 1791, parmi ceux qui s'offraient en otage pour obtenir la liberté du roi (3). Au mois d'octobre 1792, il signala au mi-

(1) II en existe, aux Archives de l'Aube, une collection de 46 pièces, imprimées à Troyes, par ordre de la Convention. Toutes les lois étaient alors réimprimées au chef-lieu du département, pour être envoyées dans toutes les communes, et comme le nombre en était considérable, le conseil général permanent fut obligé d'employer trois imprimeurs ; il adjoignit la veuve Gobelet à André et à Sainton. Dél. du 26 septembre 1792. Arch. de TAube, K. 1.

(2) Sa sœur, Louise Guélon, avait été guérie d'une maladie chronique, en 1785, à la suite d'une neuvaine faite pour obtenir l'intercession du diacre Paris. — Voir Relation du miracle opéré à Troyes, sur M^* Guélon.

n-12 de 72 p.

(3) Les Otages de Louis XVI, 1814, p. 134. «L'engagement de Guélon, dit l'auteur de ce livre, est un chef-d'œuvre de sensibilité. » L'auteur des Otages de Louis XVI est T. P. Roulage (1769-1820), qui se présenU

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nistre Roland les dangers que couraient soixante « quinze prêtres arrêtés dans une ville voisine au mépris des lois» et qui auraient été massacrés quelques jours plus tard par une bande de Marseillais. Roland loua une démarche « aussi hardie et aussi courageuse, » et donna immédiatement Tordre de faire mettre les prêtres en liberté (1).

Lorsque Guélon apprit que Louis XVI allait être mis en jugement, il écrivit au président de la Convention une lettre dans laquelle il disait : « Que la vie de Louis soit respectée, et les puissances se prêteront à des accommodements qui, seuls, peuvent mener à la paix. Que le salut du peuple, que la Convention dit être la loi suprême, soit la base du décret qui laisse à Louis la faculté d'aller avec son auguste famille se consoler, loin de sa terre natale, par le souvenir de ses bienfaits. Si le décret est porté, ajoutait Guélon, acceptez une victime fière de se dévouer ; que le sang d'un fidèle sujet soit seul versé. J'offre ma tête pour celle du meilleur des rois... » Cette proposition ne pouvait être acceptée, et ne fut pas même communiquée à la Convention. Mais Louis XVI en fut informé, et Malesherbes écrivit en son nom à Guélon : « Votre action vous place au rang des plus grands héros. » Un tel éloge, venant d'un tel juge, fut pour Guélon une récompense plus digne de son caractère et de

comme otage à Âuxerre, et n'échappa à l'échafaud, en 1793, qu'en faisant courir le bruit de son suicide. Il vint se fixer à Troyes vers la fin du siècle, et s'y distingua comme avocat. En 1810, il devint professeur de droit à la Faculté de Paris. — Mém, de la Société académique de VAube, 1842. Biographie générale,

(1) Lettres de Guélon, du 6 octobre 1792, de Roland, du 8. «Anecdote de régime révolutionnaire, » manuscrit de 8 p. à la bibliothèque de Troyes.

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