SOURDAT
son courage que la place de commissaire de police qui lui fut donnée dans sa ville natale, au retour des Bourbons (1). Lorsqu'il mourut, en décembre 1822, ses concitoyens lui firent élever, dans le cimetière de Sainte-Jule, un monument d'un style simple, destiné à perpétuer le souvenir de son généreux dévouement.
Sourdat n'oflFrit pas sa vie pour sauver celle de son roi ; il savait qu'une telle offre était inutile ; mais il mit à sa disposition sa science juridique et sa parole. François-Nicolas Sourdat, né à Troyes en 1745, avait exercé dans cette ville les fonctions de lieutenant-général de police, de 1781 à 1790. On a vu avec quelle énergie il contribua à la suppression du comité et à la poursuite des auteurs des troubles et des crimes du commencement de la Révolution. De l'aveu même de ses adversaires, c'était un homme à talents peu communs et à grand caractère (2). Après le 10 août, il fut inscrit sur la liste des citoyens suspects. Il réussit cependant à quitter Troyes et à se rendre à Paris, où il se trouvait, lorsque la Convention décida que Louis XVI pourrait avoir un défenseur. Sourdat écrivit aussitôt au président de la Convention pour offrir de remplir une mission « que le sentiment de l'innocence de Louis XVI et de la justice lui inspirait le désir d'aborder avec le zèle nécessaire. » Sa lettre fut lue dans la séance du 1 3 décembre, à la
(1) II exerça peu de temps ces fonctions, et au moment où on lui donna sa retraite, un magistrat distingué lui dit : « Jouissez du repos; vous êtes trop aimable pour faire un comnissaire de police. » Moniteur du 5 janvier 1823.
(2) Réflexions (s'il réussit),.» d'un citoyen célibataire,., p. 2.