‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 148 sur 351 · POURSUITES CONTRE PARENT · texte numérisé non relu

POURSUITES CONTRE PARENT

soutenir les prêtres insermentés, de chercher à éluder la loi qui confisquait les revenus des émigrés, et d'avoir donné asile à Gillet, à Sourdat et à Gaulard, déclarés suspects (1). Les révolutionnaires de Chaource, qu'il avait combattus avec énergie, étaient vivement irrités contre lui; ils profitèrent d'une panique, qui, à la fin de mai 1793, se produisit dans le canton, pour le faire arrêter.

Quelques habitants avaient vu circuler sur la lisière des bois, au point du jour, plusieurs personnes que Ton crut reconnaître pour des émigrés. Une paysanne raconta qu'elle avait été arrêtée et volée dans les mêmes bois par deux hommes, dont l'un était habillé en femme. Il n'en fallut pas davantage pour causer une panique, qui fit évaluer à vingt mille le nombre des émigrés qui se trouvaient dans les forêts d'Aumont et de Rumilly. Les gendarmes envoyés de Troyes, les habitants armés des communes limitrophes, les fouillèrent dans tous les sens; ils ne découvrirent rien. Mais un des émigrés dont on avait cru reconnaître la présence. Damoiseau, était le beau-frère de Parent, et ce fait seul suffit pour provoquer la mise en arrestation de ce dernier, qui eut lieu le 28 mai 1793 (2).

Parent essaya en vain de se défendre. « Aucun décret, dit-il dans un mémoire chaleureux, ne m'a dit de tuer ma sœur et ma nièce pour cesser d'être l'allié d'un émigré. » Des perquisitions furent faites dans ses maisons de Troyes et de Chaource; on y

(1) Notes sur les accusés. Arch. de l'Aube, L. 1509. — Dénonciation de la municipalité de Chaource contre Parent.

(2) Pièces diverses. Arch. de l'Aube, 4. Q. 105.

du collège; quatre ou cinq professeurs eux-mêmes s'absentèrent ou furent arrêtés. A la fin de la Terreur, rétablissement était presque désert (1). Il comptait de trois à quatre cents élèves au commencement de la Révolution ; il en restait douze en 1795 (2).

Le régime de la Terreur n'avait pas été plus favorable à l'instruction primaire. La Convention l'avait rendue obligatoire, sans augmenter le nombre de ceux qui y participaient. Les frères des écoles chrétiennes avaient dû fermer leurs écoles le 27 septembre 1792; ils avaient été remplacés par des instituteurs qui continuèrent à donner aux enfants les instructions du Catéchisme jusqu'à la suppression des cultes (3). Les livres que Ton mit alors entre les mains des enfants pour leur apprendre à lire, furent le Catéchisme français républicain, la Déclaration des droits de Vhomme, la Constitution et le Calendrier métrologique du département de VAube (4) . Aux termes de la loi, il devait y avoir une école de filles et une école de garçons par section. On prescrivit l'inscription des enfants des deux sexes au-dessus de six ans sur un registre, afin de pouvoir poursuivre

(1) Lettre de l'agent national de la commune, du 5 thermidor an ii. Arcb. de Troyes.

(2) Compte-rendu d'Albert, p. 13.

(3) Deux maîtres des écoles de charité, payés sur les revenus des paroisses, reçoivent 541 1. 13 s. pour 4 mois. Comptes de Saint-Jean et de Saint-Pierre. Collection de M. L. Pigeotte. — Le 5 nivôse, les recteurs des écoles dites des frères viennent demander si, suivant le désir des parents, ils peuvent donner aux élèves les instructions du catéchisme. Reg. de la Permanence.

(4) Une institutrice présente ces livres au comité de la 3** section, le 18 ventôse. Le 26 frimaire, la commune, manquant de fonds pour acheter des livres pour les écoles, propose d'en prélever sur le montant de la quête faite pour les indigents par les comités de surveillance. — Dél. mun.

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