‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 154 sur 351 · DESTRUCTION DES OBJETS PRÉCIEUX · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DES OBJETS PRÉCIEUX

gnaient se trouvait un maître-maçon, muni d'un marteau à taillants et de ciseaux ; à l'aide de ces outils, Rondot fit briser les châsses, enlever le métal qui les recouvrait, détacher les pierreries qui les ornaient. Tous les objets précieux furent apportés par ses ordres dans la sacristie des messes basses et successivement déposés sur une table, dans une chambre à feu voisine que Ton appelait la chambre du prédicateur. Le chef de saint Loup fut brisé le premier; la croix que les comtes de Champagne avaient rapportée de Constantinople fut mise en morceaux. Dans une des châsses, on trouva le squelette de sainte Mâthie, réduit en poussière ; dans une autre, celui de sainte Hélène presque entier, dont la tête et les pieds reposaient sur des coussins de taffetas rouge pâle. Les bois des châsses furent brûlés ou donnés aux suisses, les ossements qu elles renfermaient livrés aux flammes ou portés dans l'ancien charnier de Saint-Jacques. Un assistant déroba au feu quelques procès-verbaux contenus dans les châsses. On jeta pêle-mêle dans un panier à bouteilles les morceaux de cuivre et d'argent, et les pierreries furent recueillies dans des corbeilles à pain bénit (1).

Les tombeaux des comtes de Champagne Henrile-Libéral et Thibaut III étaient justement célèbres (2). Ces chefs-d'œuvre de l'orfèvrerie artis-

(1) Dépositions Lédaoté, Chanté, Charpentier, Brion, sacristain, tous témoins oculaires. Dossiers du tribunal criminel.

(2) On trouvera la description de ces deux tombeaux et le dessin de celui de Henri I** dans le Voyage archéologique d'Arnaud, p. 29. — Voir aussi : Bistoire des Dues et des Comtes de Champagne, par M. d'Arbois de JuBAiNviLLB, t. III, p. 311, ct t. lY, 1" partie, p. 91.

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