ENVOI DES DÉPOUILLES DES ÉGLISES
tique du moyen-âge avaient été déposés dans la chapelle Notre-Dame. Dans la nuit du lendemain, Rondot et ses complices complétèrent leur œuvre de destruction en les brisant à coups de marteau. Les châsses de saint Savinien et de sainte Hoïlde furent également mises en pièces. Les pierres et les émaux furent réservés. On les joignit aux pierreries détachées la veille, et deux sergents de ville les portèrent à la maison commune dans les corbeilles à pain bénit où elles avaient été rassemblées (i ).
Les objets enlevés de Saint-Pierre furent déposés au trésor de la commune, sans procès-verbal de réception, ni récolement. Rondot acheva d'extraire Tor et l'argent de quelques morceaux des bois des châsses en les brûlant. Ce ne fut qu'après cette opération que l'on procéda aux pesées en présence de plusieurs commissaires. 21 marcs 2 onces d'or, 512 marcs 3 onces d'argent doré et 402 d'argent, 620 de cuivre doré et 870 de cuivre, furent enfermés dans des tonneaux pour être expédiés à Paris (2). On les joignit à d'autres dépouilles des églises, qu'une députation de la Société populaire et des corps administratifs remit le 7 février à la Convention. 7,794 marcs d'or et d'argent, et 13,461 marcs de cuivre furent à cette date versés par elle à la Trésorerie. « Il nous en reste encore, dirent les députés, qui vont de même accourir au creuset national, et en vous re-
(1) Dépositions Lédanté et Chanté. — Récit cité par M. A. Aafauyre. Almanach de Troyes, 1848, p. 40.
(2) Mémoire de Rondot, Dél. mun. du 5 pluviôse. Le marc de Franee équivalait à huit onces ou 245 grammes 5 décigr.