ACTES DES COMITÉS DE SURVEILLANCE
municipalités les arrêtés des comités de salut public et de sûreté générale. Le directoire s'en acquitta avec une ardeur naturelle aux sentiments exagérés de la plupart de ses membres. Il veut savoir si les comités de surveillance ont mis tous les suspects « hors d*état de nuire. » « L'heure de la vengeance nationale est sonnée, dit-il; exerçons dans l'intérieur contre les ennemis du peuple... le terrible droit de la guerre, qu'ils nous ont forcé de substituer aux douces maximes de la justice distributive. » Il adresse en même temps aux comités de surveillance des questionnaires auxquels le plus grand nombre fait des réponses vagues ou négatives (1). Ceux-ci avaient besoin d'être stimulés; quelques-uns poussaient la modération jusqu'à relâcher des suspects. La société populaire régénérée les dénonça à la commune, et l'invita à les faire rentrer dans les limites de leur devoir (2). Aussi de nouvelles arrestations furent-elles décidées par les comités dans le courant de janvier et de février 1794. Elles portaient à la fois sur des aristocrates et sur des hommes du peuple. D'anciens nobles, d'anciens prêtres, sont incarcérés en même temps qu'un charbonnier et un sellier, dont le plus grand crime, on le déclare, est « d'aimer à boire. » On arrête l'avocat Tetel, parce que deux ans auparavant il a dit que le pape excommunierait ceux qui iraient à la messe des intrus; Mitantier est conduit en prison parce qu' « une femme avait entendu dire dans son voisinage que
(1) Lettre du ?3 nivôse. Arch. de l'Aube, L. 1509, 1501 et 1565.
(2) Del. mun. du 22 nivôse. Arch. de Troycs.