ENQUÊTE CONTRE LES SECTIONNAIRES
c'était peut-être lui qui avait engagé son jardinier à vendre son habit de garde national. » L'inculpation était si vague et si puérile que sa section le fit mettre en liberté. Le 31 janvier, on fit faire un recensement pour la délivrance des cartes civiques. De nouvelles listes de suspects furent dressées, et plusieurs femmes furent incarcérées comme parentes d'émigrés ou inculpées d'aristocratie (1). Le district poursuivait de concert avec la société populaire l'enquête ordonnée par Bô contre les sectionnaires. De nombreux témoins se présentèrent; on prétend qu'on refusait d'entendre les dépositions favorables aux accusés, qui étaient au nombre de quatre-vingt-trois (2). Les pièces de l'enquête furent envoyées à la fin de janvier au comité de sûreté générale; elles devaient lui faire connaître les fils de l'intrigue aristocratique qui avait amené ce qu'on appelait « l'espèce d'insurrection du 2 nivôse et jours suivants. » L'enquête ne paraissait pas cependant suffisante au district, car il en demandait une seconde pour achever « de déconcerter les projets des conspirateurs (3). » En attendant que l'on recueillît des preuves sérieuses contre eux, soixante citoyens, accusés de partager les sentiments des sectionnaires, furent consignés aux portes de la ville. Leurs adversaires dominaient dans les sections, qui, se réunissant les jours de décade seulement, avaient été désertées par les modérés. Dans la huitième, on profita
(1) Del. des comités des 3", 4' et 5* sections.
(2) Liste des témoins. — Liste des sectionnaires contre lesquels il a été déposé dans l'enquête. — Arch. de l'Aube, L. 1551 et 2. 0. 367.
(3) Lettre du district. Id. Séance du t3. Id. L. 46.